La démone et le souverain [Pv: Ophélia]

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Dim 01 Oct 2017, 17:42


Installé mollement dans son fauteuil, Kenshin avait les yeux fermés. La tête prise entre ses mains, il tentait de réfréner une terrible migraine. Depuis des heures maintenant, elle le faisait souffrir. La douleur était si grande qu’il avait annulé le repas du soir pour manger seul dans son bureau. Il ne voulait voir personne. Ni sa femme, ni ses enfants, ni la moindre petite mouche à merde qui composait la Cour. Il avait mal et voulait être au calme. Il avait demandé à son médecin personnel de venir le soigner, mais rien n’y avait fait. L’homme n’était pas magicien et à en croire ses dires, seule une magie réparatrice saurait le soulager. Foutaises ! Ce médecin n’était qu’un incompétent comme les autres. Pourquoi devoir toujours s’en remettre à la magie ? Le souverain trouvait ridicule de justifier son manque de compétence de la sorte. Furieux, il avait congédié le docteur sans le moindre tact. Alors qu’il continuait de ruminer sa rage, quelqu’un frappa à la porte.


« Quoi ?!? » hurla Kenshin de toutes ses forces.


Avec délicatesse, la personne de l’autre côté de la porte l’ouvrit. L’air aussi noble qu’à son habitude, Tetsuhiro pénétra dans le bureau. la tête haute et les bras croisés dans le dos, il jeta un regard sévère au monarque. De son côté, le jeune roi peinait à garder les yeux ouvert pour regarder son intendant en face. En sueur, il affichait un air furieux malgré son état de faiblesse évident.


« Tu te moques de moi ? demanda-t-il. Je t’ai expliqué que je voulais rester seul. Tu n’es pas du genre à braver mes ordres. J’espère que c’est important... laissa tomber Kenshin à voix basse.


- Je puis vous affirmer, Sire, que je ne viens point vous importuner sans raison, expliqua l’intendant avec calme.


- Eh bien parle donc ! s’agaça le roi.


- Une jeune femme s’est présenté il y’a peu de temps aux portes du château. Elle désire s’entretenir avec vous et se présente sous le nom d’Ophélia Creuset, dit Tetsuhiro.


- Ophélia ? répondit Kenshin étonné.


- Si ma mémoire est exacte, vous m’aviez ordonné de laisser rentrer demoiselle Creuset si elle venait à nous rendre visite. C’est ce que j’ai fais, affirma le centenaire. Elle attend présentement en salle de doléances.


- Fais la venir ici. Mais pas de suite... se reprit-il rapidement. Je dois me changer. Je... Fais venir deux serfs pour m’aider à enfiler des vêtements plus décent.


- À vos ordre Sire », conclut l’homme en s’éloignant.


Alors qu’il refermait la porte derrière lui, Tetsuhiro laissa son monarque seul. Bien que son mal de tête ne soit pas passé, la venue d’Ophélia en son royaume l’emplissait de joie. Ainsi donc elle avait fini par venir. Depuis combien d’années attendait-il un tel évènement ? Bordel, pourquoi cela devait arriver ce soir ? Les choses auraient été bien plus simples si elle était arrivé un autre jour. Pourtant, il ne voulait pas remettre cet entretien à plus tard. Il était important qu’il la brosse dans le sens du poil. Il avait besoin d’elle à bien des égards. Du moins, on pouvait dire qu’il attendait beaucoup de cette jeune demoiselle qu’il avait rencontré à Rubis. Elle avait en elle une puissance immense, il en était persuadé.


Interrompant les pensées du roi, deux servantes firent leur irruption dans le bureau après que Kenshin les ait autorisé à entrer. Sans perdre de temps, elle aidèrent le monarque à se lever. Malgré son état pitoyable, elle n’eurent pas grand mal à le changer. Conformément aux exigences du roi félin, elle lui firent revêtir un kimono noir et or d’une de grande facture. Enfin, l’une d’elle plaça sur sa tête un diadème où trônait fièrement une merveilleuse pierre de jade. Quand elles eurent terminé, le souverain les congédia sans la moindre politesse. Kenshin n’était déjà pas le plus agréable des hommes, la chose empirait largement quand il se trouvait être malade.


Perdu dans ses pensées, il attendit une dizaine de minutes l’arrivée de son invitée. Bien sûr, ce temps lui sembla durer une éternité. Quand finalement il entendit frapper à la porte, il se leva en posant ses mains sur le bureau pour s’appuyer. D’une voix forte mais tremblante, il demanda à ce que l’on entre. Quand la porte glissa sur ses gonds, Kenshin put voir celle qu’il attendait devant lui. Il constata instantanément qu’elle avait bien grandi en seulement quelques années. D’un geste de la tête, il fit signe à son intendant de prendre congé. Obéissant, Tetsuhiro tourna les talons et referma la porte derrière lui. Incapable de rester debout beaucoup plus longtemps, Kenshin ne perdit pas de temps.


« Je vous en prie demoiselle Ophélia, prenez place », demanda poliment le roi en pointant du doigt le siège qui se trouvait devant son bureau.


Sa demande formulée, il se laissa retomber avec fracas contre le dossier de son siège. Quel honte qu’un effort si ridicule le mette dans un tel état. Pourquoi devait-il tomber malade ce jour-là ? Kenshin était fou de rage en son for intérieur. Toujours en sueur malgré les soins offerts par ses servantes, le monarque se servit un verre d’eau en attendant que la démone prenne place face à lui. Alors qu’elle s’avançait, il la regarda plus attentivement. Nul doute qu’elle avait grandi. Bien qu’elle soit encore un peu jeune, elle était déjà très belle. Ce qu’il avait soupçonné quelques années auparavant se confirmait. la jeune femme allait effectivement faire des ravages dans le coeur des hommes d’ici quelque temps. Les yeux rouges et une affreuse pâleur au visage, Kenshin gardait la tête haute en faisant au mieux fi de la douleur.


« Vous me voyez ravi de votre présence. Je ne vous attendais pas avant encore quelques années pour être franc. Il m’avait été conté que la formation dispensée à la Tour durait plus longtemps, expliqua le souverain. Peut-être ai-je mal été informé. Quoiqu’il en soit, vous êtes la bienvenue au royaume de Jade et plus spécialement au Coeur Pourpre, ce magnifique château qui est le mien. Je demanderai à mon intendant de vous faire préparer une suite quand nous en aurons fini, offrit-il avec un léger sourire. Bien, demoiselle Ophélia, puis-je connaitre la raison de votre présence », demanda l’homme en pensant déjà connaitre la réponse.






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Dim 01 Oct 2017, 22:40


Le voyage avait été long, mais ce qui avait été pire fut la séparation avec son frère Aegis. Le pauvre petit, semblait mal supporté que sa sœur –adoptive- quitte le Royaume pour de nouvelles contrés. Ce n’étais pas comme si c’était une surprise et encore moins comme si elle ne lui en avait jamais parlé. L’avait-il sous-estimé? L’avait-il cru incapable de faire une telle chose? Si tel était le cas, c’était assurément mal la connaître, vraiment et puis tant pis pour lui. De toute façon, elle en avait assez de le couver. Il devait bien finir par devenir un homme et puis, il n’aurait pas le temps de s’ennuyer maintenant qu’il était devenu Apprenti à son tour, en espérant que ce soit plus utile que pour elle sinon elle se demanderait sincèrement à quoi servait ses foutu Mages s’ils n’étaient même pas capable de cerner les besoins d’un base d’un élève! En tout cas… Sa en était fini de tout sa de cette… Prison inutile. Perte de temps. Encore heureux qu’elle fut Immortelle.

Quoi qu’il en soit, elle était partie seule, comme une grande de toute façon, qui l’aurait empêcher? Ses parents résidaient en Rubis et sans doute qu’en vue de son départ la pluparts ne la connaissant point suggérait qu’elle quittait pour se Royaume, mais en fait, elle se dirigeait vers son voisin, Jade afin de rencontrer le Roi Kenshin, qui lui avait fait une sorte de promesse il y avait de cela quelques années déjà. Le temps passait sans doute vite et pourtant elle le trouva franchement trop, trop lent, mais c’était assurément la faute de son Maître inutile. Tout était de sa faute, durant les cinq dernières années. Qu’avait-elle franchement appris? Que l’eau, c’était mouillé? Peu importe. C’était du passé et elle préférait ne pas arriver dans ce Royaume qu’elle n’avait jamais pour l’heure encore visité avec une expression aigrie au visage.

Bref, le soleil commençait à s’écraser dans l’horizon lorsqu’elle mit enfin pied en Jade, enfin, son cheval. Elle observait le paysage avec une attention toute particulière. Elle devait avouer que ce petit bout de continent était fort unique et se démarquait beaucoup de ceux qu’elle avait visités… Qui ne se résumait qu’à Émeraude, Rubis et Turquoise –où ses souvenirs étaient un peu flous-. Elle n’eut bien entendu aucun mal à trouver son chemin jusqu’au Château, puisque celui-ci se dressait devant elle au loin et sous les regards de quelques habitant curieux, la jeune Démone continua sa route, ne leur prêtant pas la moindre attention.

Une fois arrivé à la Herse, ont lui demanda de s’identifié, ce qu’elle fit sans la moindre hésitation, utilisant bien entendu son nom de Creuset et non de Jérianeth comme elle avait presque failli le faire, comme d’habitude. On lui demanda bien entendu la raison de sa visite, visiblement, le Roi n’attendait personne. Un bref sourire en coin se dessina alors sur ses lèvres, tandis qu’elle porta une main à sa poitrine, où reposait la chaînette retenant la Chevalière du Roi sous son corsage. Leur dictant la raison de sa venue, les deux Gardes s’observèrent un instant, puis se tassèrent de sa route afin de la laissé entrer dans la grande cours extérieure. Bien. Elle n’avait pas envie d’expliquer à Kenshin pourquoi deux de ses gardes avaient fini sous les sabots de sa monture… Ou calciné.

Une fois arrivé au bas des escaliers menant au Château, un domestique descendit les marches tandis qu’un Palefrenier agrippait les brides de sa monture qui releva la tête, peu favorable à ce contact. La jeune Démone caressa doucement l’encolure de sa jument et accepta volontiers la main qu’on lui tendait afin de descendre, même si elle pouvait très bien le faire seule. Le Domestique lui fit signe de la suivre, lui assurant que ses effets seraient amener dans les appartements où elle séjournerait durant sa visite, si elle restait. Sans plus de mot et se contentant brièvement d’hocher de la tête, la jeune Mage suivis l’homme jusqu’à une salle de Doléance –visiblement- où elle attendit un peu après que le domestique lui ai demander si elle était désireuse d’avoir quelque chose à boire en attendant que le Roi ne soit disponible.

-Un Thé. Très chaud je vous prie.

Demanda-t-elle tout simplement, préférant se dégourdir les jambes en observant la décoration plutôt que de prendre place sur un fauteuil. Bien qu’ils semblaient fort confortables. Elle se dirigea vers le feu de foyé qui trônait dans la pièce, même si elle n'avait pas vraiment froid malgré la température fraîche à l'extérieur. Elle n'avait pas ce problème et elle n'avait plus à se retenir de quoi que ce soit. D'être normalement tiède, comme une humaine, ce qu'elle n'étais aucunement. Elle attendit donc un bon moment. Peut-être une vingtaine de minutes environs où entre temps ont était venu lui apporté son Thé et qu’un grand homme à la chevelure ébène, se présentant comme l’Intendant du Roi et répondant au nom de Tetsuhiro était venue s’enquérir de sa présence. Elle avait été un peu déçue de ne pas y voir apparaître le Roi, mais sans doute avait-il beaucoup à faire. De plus, elle ne lui avait pas écrit, question de lui annoncer sa venue et même si elle aurait dû, elle avait préférée éviter la chose, au cas où elle ne change d’idée en cours de route. Elle n’avait pas envie de se sentir obligée de quoi que ce soit... Pour faire changement.

Ainsi donc l’intendant fini par revenir et l’invita à le suivre, lui mentionnant que le Roi l’attendait et lui soufflant gentiment qu’il n’était pas au meilleurs de ces jours aujourd’hui. Il semblait sous-entendre qu’il n’était pas de très bonne humeur. Est-ce que cela était censé la rendre nerveuse? Elle pouvait bien le comprendre, elle était souvent dans un état similaire, surtout ces dernières années. Ils marchèrent donc un moment dans les couloirs, Tetsuhiro lui posant quelques questions à savoir pourquoi elle venait rencontrer le Roi en cette soirée. Elle se contenta de lui jeter un brève œillade, lui faisant comprendre silencieusement que cela ne le regardait pas. L’homme l’observa un moment de la tête au pied, d’un regard qu’on lui jetait de plus en plus, maintenant puis, il finit par s’attarder sur son regard et elle crut remarquer qu’il eut presque un mouvement de recul. Cela ne fit que laisser ses lèvres afficher un sourire presque carnassier. Elle adorait sentir qu’elle créait ce genre de sentiment incertain, voire de peur chez certains.

Ils arrivèrent finalement devant la grande porte qui menait à une pièce inconnue pour la jeune Démone et l’intendant leva légèrement le bras afin de toquer à la porte et il n’y eut aucun délai à ce qu’une voix masculine qu’elle reconnaissait fort bien l’invite à entrer. Ressentant une pointe de nervosité –ou plutôt de frénésie- l’envahir soudainement, elle poussa un bref soupire et passant devant l’homme qui l’avait invité à passer après avoir agripper la poigner et pousser la porte qui s’ouvrit sur une pièce qui était sans aucun doute le bureau du Souverain et bien que son regard Vermeille caressa un bref moment la pièce, il finit bien rapidement par s’arrêter sur le concerné et elle ne put s’empêcher de laisser trôner un fin sourire sur ses lèvres. Il n’avait pas changé! Celui-ci invita aussitôt son Intendant à disposer d’un geste de la tête, ce que le concerné fit sans se faire prier tout en refermant la porte derrière lui, les laissant seuls.

Faisant une brève révérence comme le demandait bien entendu l’étiquette, Ophélia se dirigea vers le fauteuil que lui indiquait le Monarque tandis qu’il reprenait lui-même place sur son siège derrière le bureau, s’y laissant presque tomber. Il lui sembla étrangement alors qu’il avait l’air souffrant. Ses traits semblaient plus tiré que lorsqu’ils c’étaient rencontrer et son front était recouvert d’une fine couche de sueur. Ses yeux étaient aussi légèrement rougis et elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Visiblement peu soucieux de s’en formaliser lui-même, il lui souhaita avant tout la bienvenu dans son Royaume et plus précisément au Cœur Pourpre, le Château de Jade pour lui préciser qu’il lui ferait préparer une suite pour son séjour et elle avait la nette impression qu’il ne la ferait pas nécéssairement dormir avec les Domestiques…

Escquissant alors un bref sourire, elle porta une main à son cou et tira doucement sur la chaînette doré qui y trônait, laissant de par se mouvement apparaître la Chevalière qu’elle ne laissait que très rarement traîner par-dessus ses vêtements. Peu désireuse de se faire questionner à son sujet. Son frère l’ayant déjà fait et ce, avec insistance. Elle passa la chaîne par-dessus sa tête et poussa sa longue tignasse chocolat, puis se releva légèrement afin de tendre la main vers le Souverain qui tendit bien entendu la sienne. Ophélia la déposa dans celle-ci et frôla légèrement la main de Kenshin dans la manœuvre. Stoppant son mouvement, à demi penché par-dessus le bureau, elle plongea ses prunelles dans celles du Souverain. Si elle n’avait pas répondu verbalement à sa question, elle le fit de par ce geste qui valait biens tous les mots, non? Mais visiblement, quelque chose la tarauda aussitôt.

-Êtes-vous souffrant?... Vous êtes glacer.

Fit-elle, se redressant finalement entièrement et contournant le bureau avant de s’arrêter au côté de celui-ci et de porter le revers de sa main à son front. Ce n’était pas comme si la santé des autres l’importait vraiment, mais étrangement, celle du Monarque… C’était peut-être parce-qu’elle était tout simplement désireuse de savoir ce qu’il attendait d’elle depuis tout ce temps. Surtout qu’il semblait surpris de la voir ici, croyant que sa formation aurait duré plus longtemps. Par instinct sans doute –comme elle l’avait siiiii souvent fait pour son frère, qui souffrait constamment de ce froid qui lui prenait les tripes-, elle augmenta la température de son corps ce qui ferait assurément déjà une différence pour le Souverain, tandis que le foyer éteint qui trônait dans la pièce s’alluma instantanément, sans même qu’elle n’ait besoin d’y jeter un coup d’œil. Chose faite, elle repris une distance convenable avec le Roi de Jade, choisissant de contourner de nouveau son bureau, pour observer les chandelles éteintes, qui s’allumaient une par une selon son bon vouloir alors que son regard les observait. Ce n’étais pas cela qui allait lui offrit plus de chaleur, mais… Voilà.

-Ma formation en tant qu’Apprentie à dure cinq longues années. Encore heureux que cela ne fut pas plus long. C’était fort inutile et ennuyant. Je n’ai absolument rien appris, si ce n’est que de travailler ma patience à ne pas tout faire crâmer… Mmmhh… Attendez. Non, même pas.

Elle se dirigea vers le foyer et se tourna vers le Monarque.

-Si je peux me permettre, Roi Kenshin, vous devriez prendre place sur ce fauteuil, vous vous y sentirez mieux, je vous assure.

Il avait assurément prit froid, car la fièvre semblait l’avoir pris d’assaut. Elle n’était pas médecin et loin d’être une guérisseuse, mais elle savait reconnaître ce genre de symptôme, elle avait deux glaçon parmi les Creuset! Elle connaissait aussi quelques bonnes concoctions, mais elle préférait en savoir d’avantage sur son état avant de lui proposer quoi que ce soit. Il devait sans doute avoir un médecin attitré exclusivement pour la famille Royale… Et celui-ci semblait bien piètre.

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Lun 02 Oct 2017, 16:34


Toujours assis, Kenshin ne quittait pas son interlocutrice des yeux. Pour seule réponse à sa demande, Ophélia se leva. D’une main, elle sortit une chaine en or de son corset. Le souverain se demanda un instant ce qu’elle faisait avant de comprendre ce dont il s’agissait. Accrochée à la chaine se trouvait une bague. Il ne fallut qu’un instant à notre homme pour la reconnaitre. Alors que la démone s’avançait par dessus le bureau, il tendit sa main vers elle. C’est là qu’elle y posa le bijou, non sans effleurer sa peau. Le roi se montra par ailleurs très surpris de constater la chaleur qui émanait de son corps. Quittant la jeune femme des yeux, le jadois observa la chevalière de son grand père. Elle était en parfait état. Visiblement Ophélia en avait pris grand soin. Avant qu’il n’ait le temps de faire quoique ce soit, l’adolescente s’interrogea quant à l’état de santé du monarque.


« Ce n’est rien, je vous assure... », tenta-t-il de convaincre la démone sans grande conviction.


Il ne voulait pas qu’elle s’inquiète à son sujet. Après tout, il restait le roi de ce pays, il n’avait donc pas le loisir de se montrer faible face aux autres. C’était bien pour cette raison qu’il avait cherché à ne voir personne. Son comportement rappelait assurément ceux des félins, connus pour se cacher en telles circonstances. Au vu de son héritage pardusse, une telle chose n’était pas réellement surprenante en y repensant.


Peu convaincue par les paroles du souverain de Jade, la démone s’avança en contournant le bureau. Arrivée au niveau de Kenshin, elle porta le revers de sa main à son front. N’ayant pas vu venir le coup, ce dernier ne sut que dire. La bouche légèrement entrouverte, il fixait son interlocutrice en silence. Pourquoi agissait-elle ainsi ? Il n’y était pas habitué. S’agissait-il de compassion ou de pitié ? Cherchait-elle peut-être à la manipuler ? Non, cela n’avait aucun sens, elle devait simplement s’inquiéter. Maintenant qu’il y pensait, le monarque ne parvenait pas à se souvenir la dernière fois qu’une personne s’était montré si gentille envers lui. Les gens qu’il côtoyaient ne se souciait pour la plupart de lui qu’à cause de sa couronne. Pourtant, il sentait qu’Ophélia était au dessus de cela. Se trompait-il ? Il n’arrivait pas à le savoir.


« Je... », balbutia le souverain de manière presque inaudible.


Sans même que la démone ne semble le vouloir, le foyer du bureau s’embrasa. Ses pouvoirs étaient décidément très impressionnants. En comparaison, Kenshin n’était qu’un chaton quand elle faisait officie de lionne. Bien que sa fierté soit toujours meurtrie en présence de mages plus puissant que lui, il ne pouvait s’empêcher d’être admiratif. Pourtant, il oublia bien vite tout cela. La peau de la démone sembla soudainement se réchauffer. Presque instantanément, sa chaleur se répandit en direction du corps du souverain. Ce dernier cligna frénétiquement des yeux en ressentant cette sensation à la fois surprenante et agréable. Sans trop pouvoir expliquer comment, il se sentait légèrement mieux. Sa vue redevint moins trouble et son mal de tête s’amenuisa.


Toujours debout, la magicienne s’écarta finalement du roi pour retourner de l’autre côté du bureau. Par la pensée, elle fit s’allumer les chandelles qui n’étaient pas encore allumées. Naturellement, elle ne cessait de faire démonstration de ses pouvoirs. Elle devait se souvenir de ce qu’il lui avait dit dans le passé. Ou bien agissait-elle toujours ainsi ? Comment le savoir, il ne la connaissait au final que peu. Qu’importe, cela n’avait pas d’importance, il aurait tout le temps d’apprendre à mieux la connaitre.


La démone expliqua alors tout le bien qu’elle pensait de la Tour des mages et de la formation qu’elle y avait reçu. Kenshin ne s’étonna pas de son agacement. Après tout, il fallait qu’ils soient bien stupide pour avoir confié une démone à un mage spécialiste de l’eau. Quels foutus imbéciles. Qu’il s’agisse de l’ancien Ordre d’Emeraude ou de cette Tour absurde, tous semblaient stupides aux yeux du monarque. N’y avait-il que lui et son royaume pour relever un peu le niveau ? Tandis que Kenshin ruminait en pensées, son interlocutrice s’avança du feu dans l’âtre. Elle désigna alors les deux fauteuils qui lui faisait face et lui proposa de venir s’y installer. Selon elle, il serait bien mieux devant le feu. Ce n’était pas idiot. Malheureusement, le roi n’était pas sûr de pouvoir s’y rendre sans risquer de tomber. Devait-il prendre ce risque ? Il n’arrivait à se décider. D’un autre côté, passer pour un faible devant cette femme ne lui disait rien. Il devait donc prendre sur lui pour rejoindre ce fauteuil.


Faisant fi de son état, le monarque plongea dans sa force féline. Sourd face à la douleur, il se releva en s’appuyant fermement sur ses accoudoirs. Il sentait que ses jambes chancelaient, mais le chemin était court, il allait y arriver. La démarche chancelante, Kenshin parcourut les quelques mètres le séparant du foyer. Toujours aussi mollement, il s’écroula sur la fauteuil de tout son long. Parfait, il l’avait fait sans tomber. Quel exploit... Son regard se porta vers le feu qui crépitait dans l’âtre. Sa chaleur lui faisait effectivement beaucoup de bien. Il avait eu raison de croire en l’avis de la jeune femme.


« C’était une bonne idée, Demoiselle Ophélia », lâcha le roi le souffle court.


Alors qu’il relâchait le poing, il se rendit compte que la chevalière de son grand père était toujours présente. Il s’y était fermement cramponné visiblement. Avec délicatesse, il plaça l’anneau autours de son annulaire droit. Cela faisait des années que son poids lui manquait. C’était comme d’être soudainement nu. Les retrouvailles avec la bague étaient vraiment très agréables. Sans avoir besoin de dire le moindre mot, Kenshin invita Ophélia à s’assoir à ses côtés en lui montrant le fauteuil vide. Ce n’était pas là un ordre et nul doute qu’elle le comprendrait aisément. Une fois qu’elle se soit assise, le roi s’adressa de nouveau à elle.


« J’espère que vous avez tout de même appris quelques choses durant votre formation chère demoiselle. Notre entrevue n’aurait aucun sens le cas échéant, tenta d’ironiser le souverain. En vous donnant cette chevalière, je vous avais fais une promesse. Je suis bien disposé à l’honorer, affirma-t-il avec sérieux. Ophélia Creuset, votre formation est à présent terminée et en me rapportant cette bague, vous êtes devenue, comme je l’avais promis, mon égale, expliqua Kenshin en la fixant droit dans les yeux. En tant que telle, je veux vous faire une proposition. Rejoignez moi. Devenez la magicienne officielle du royaume de Jade, offrit-il. Vous serez ici chez vous et je vous ferai traiter avec le même égard dont je peux jouir. Vous vivrez dans le luxe, le faste et la démesure. Mais surtout, vous serez enfin libre d’agir comme vous le souhaitez. Jamais je ne chercherai à vous brider, ni moi ni personne sur mes terres. C’est une promesse que je vous fais », conclut le jadois en prenant sa chevalière entre ses doigts.







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Mar 03 Oct 2017, 00:17


Elle avait plongé ses prunelles rougeoyantes sur le Monarque qui semblait hésitant. Elle se demanda l’espace d’un instant pourquoi. Elle savait qu’il ne la craignait pas enfin, pas encore. Ce n’étais pas qu’elle comptais que ce soit le cas, simplement, il n’avait encore rien vue de ce qu’elle était en mesure de faire, si elle n’avait pas à ce retenir à cause de ces foutue Mages de la Tour, qui était maintenant bien loin derrière…. C’était l’une des raisons principales pourquoi elle était si curieuse de rendre visite à Adonis –aussi- outre le fait qu’il l’attirait comme un aimant. Après tout, c’était un Démon pur. Comme elle. Les Démons sur Irianeth semblaient bien plus épanouis. Le seul hic, c’était cette hiérarchie des genres qui ne lui plaisait aucunement. Sa mère avait été la première Alpha. Elle en ferait de même, que ce soit sur Enkidiev ou Irianeth.

Réalisant qu’elle s’étalait un peu dans ses songes, elle remarqua en fait que Kenshin hésitait à venir prendre place parce-qu’une fois debout, elle put assurément noter ses jambes légèrement tremblante. Il était affaibli par la fièvre. Par un coup de froid. C’était horrible. Cela lui rappela aussi le fait qu’il n’était qu’un humain et mortel de surcroit, mais, il avait un pouvoir sur le feu, tout comme sur la métamophose en vue de la moitié de son sang Pardusse et son caractère était appréciable. C’était un Roi certes, mais il n’était pas comme les autres. Il était même plus intéressant que le peu qu’elle avait entre vue de son jeune frère. C’était ça, sans doute, se reconnaître entre personnes ayant des desseins dit… Particuliers, sans doute.

Dans tous les cas, elle le laissa s’avancer seuls, ne jugeant pas nécessaire de l’aider. Il ne fallait pas trop en demander à la jeune Démone qui n’était d’avance que très peu empathique envers les autres. Déjà, elle c’était inquiété pour le Monarque comme s’il aurait été un membre de sa famille adoptive qui somme toute, avait eu besoin de plusieurs années pour l’amadouée. Enfin, Arkdae surtout et encore, elle ne savait pas si elle saurait se montrer si avenante à son égard. Elle lui en voulait personnellement encore pour ces bains forcés dans son enfance. Sinon, si elle-même serait dans un état similaire, elle refuserait catégoriquement qu’on lui tende un bras et quelque chose lui disait que le Roi était aussi comme ça. Elle n’était pas désireuse de l’insulté gratuitement de la sorte. Après son parcours qui semblait difficile, Kenshin réussi finalement à prendre place sur le fauteuil sous un soulagement non dissimulé. Ophélia afficha donc un petit sourire en coin à son commentaire.

-Je sais bien.

Fit-elle tout simplement en observant le Souverain qui remettait –enfin- sa Chevalière. Cela lui pinça légèrement la poitrine. Elle avait gardé ce bijou de si nombreuses années, qu’elle s’y était en quelque sorte attaché. C’était d’un ridicule à bien y pensé, mais combien de fois l’avait-elle glissé entre ses doigts, songeuse? En tout cas, c’était grâce à cela, à s’accrocher au fait qu’ailleurs il pourrait y avoir quelque chose pour elle qu’elle n’avait tout simplement pas pété les plombs et tout embraser dans la Tour –ou son Maître-. C’était parfois à se demander comment cela se faisait-il que le portail la laissait encore entré.

Quoi qu’il en soit, le Roi lui fit signe de prendre place sur le fauteuil à ses côtés, ce que la jeune Démone fit. S’y déposant avec grâce, elle gâcha sans doute le tout en ramenant ses pieds sous elle, non sans au moins replacer sa robe afin de s’assurer qu’aucun mauvais pli n’y trônait. Kenshin pouvait alors avoir l’impression de se retrouver aux côtés d’un second feu de foyer, tant la chaleur dégagé était similaire à celui devant lui. C’était à la base de toute façon pour elle, une chaleur tout à fait acceptable, mais qu’on lui réprimait trop souvent, donc si cela lui faisait du bien, elle ne pouvait en être que ravie.

À peine fut-elle installée, que Kenshin repris la parole. Sa voix était un peu rauque, encore un peu essoufflé, mais cela lui reviendrait lentement. Il n’aurait pas à bouger de nouveau avant un moment. Les paroles qu’il prononça en tout premier lieux la firent légèrement tiquer… Jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’il tentait d’ironiser. Ophélia ne connaissait pas encore énormément le sens de l’humour du Roi et quant au siens, s’il n’était pas sombre, elle avait du mal parfois, mais elle laissa échapper un bref gloussement malgré tout. Encore heureux, elle aimait bien l’ironie. Il continua en lui indiquant qu’il lui avait fait une promesse en lui prêtant cette Chevalière et qu’il comptait la tenir. Alors… Il avait été sérieux? Non pas que cela l’étonnais, enfin oui. Un peu. Étrangement, cela changeait bien des choses pour elle. Elle croyait presque qu’il aurait oublié, mais non. Il avait réellement vue le potentiel que tout le monde tentait d’étouffer, ici.

Satisfaite de le réalisé, Kenshin ajouta qu’il était désireux de la considérée comme son égale. Si la pensé du fait qu’elle était supérieure à lui en vue de sa race lui effleura l’esprit, elle comprit toutefois où il voulait en venir… Enfin, elle n’était pas très sûre pour dire vrai. Il ne parlait sans doute pas de son humanité. De son sang Royal, peut-être ou le fait qu’il était un Roi? Ah, il y avait une condition soit celle de le rejoindre et de devenir la Mage du Royaume de Jade. À mesure qu’il parlait, son regard semblait s’enfoncer d’avantage dans celui doré du Souverain, comme si elle pourrait y lire son âme. Enfin, c’était sans doute un peu possible, mais elle ne le fit pas. Elle n’avait pas besoin de le faire, elle sentait qu’il disait vrai. Puis, il lui fit des promesses.

Pouvait-elle le croire? Le cas échéant, elle lui glisserait aussi aisément qu’une flamme pouvait réduire une brindille à l’état de cendre. Il était difficile pour elle d’assimilé le fait qu’un humain pouvait sincèrement chercher à ne pas brimé la Démone qu’elle était. Étais-ce en lien, peut-être avec son pouvoir de feu? Elle n’en était pas convaincue non plus. En fait, maintenant qu’elle y pensait, tout le monde lui avait toujours demandé de la retenue, même Roxanne, mais celle-ci craignait assurément qu’elle ne devienne comme sa mère biologique. Pourtant, Ophélia n’y voyait elle aucun mal et jamais elle n’en avait vue. Étais-ce cela, être une mauvaise personne? N’avoir aucun remord à brûler tous et tout le monde pour un oui ou pour un non?

-Je me demande surtout si vous êtes conscient de vos paroles, votre Altesse.

Fit-elle en changeant de position, retirant doucement ses chaussures. Ses mots n’étaient en aucun cas là pour offensé le Souverain, elle voulait surtout s’assurer qu’il comprenait bien tout ce que cela impliquait. Certes, elle n’était pas si pyromane que cela. Elle ne brûlerait pas le Château et les Domestiques… S’ils ne la provoquaient pas. En général, ça allait plutôt bien. Elle avait surtout du mal avec les personnes qui la sous-estimais, cherchait à la rabaisser ou pire encore, la provoquait. Elle étira finalement ses jambes et appuya ses pieds de façon à ce que les flammes les lèches. Sincèrement, elle espérait avoir un foyer plus grand si c’était possible, dans ses potentiels futurs appartements…

-J’ai souvent entendu le fait que le but n’étais pas de me brimé et pourtant on l’a fait. Elle haussa les épaules. Je crois que c’était la majorité du temps, pour certains du moins, plutôt inconscient de leur part, mais le fait est que la majorité des personnes craignent le feu et craignent mon pouvoir, ma capacité à en faire ce que je souhaite, à embraser une pièce si cela me chante et tous ceux s’y trouvant ou même une forêt entière sans même sourciller, ni me fatigué. Phénix s’y mettant de pair. Même certains Démons me craignent –ou me considère comme un danger publique-, c’est pourquoi certains ne m’ont jamais accepté et ont eux aussi, tenté de me brimé -et d'autres me tuer...-

Elle lui jeta une brève œillade. Elle ne savait pas vraiment comment il interprèterait ses paroles. Tant qu’il ne les voyait pas comme une menace. Cela la décevrait un peu, surtout que lorsqu’elle en faisait, il était rare qu’elle en lance des voilées.

-Je ne comptais dans tous les cas absolument pas rester en Émeraude. Je dois vous avouer que je ne savais même pas si je comptais rester sur Enkidiev…

Un sous-entendu porté vers Irianeth? Peut-être, s’il avait un esprit simplet. Il y avait aussi Jérianeth, mais ce n’étais pas un choix qui lui plaisait sincèrement. De ce qu’on lui avait raconté de cet endroit, elle ne s’y plairait étrangement même pas. Surtout qu’elle finirait, au mieux, dans le harem d’un Démon pur ce qui était totalement inacceptable pour elle.

-Je me demande aussi quel genre d’utilité vous croyez que j’aurais à vous «servir» en tant que Mage? Ce n’est pas coutume depuis des années qu’un Mage réside en un royaume et ne le «serve» de façon exclusive.

Elle avait pris soin de prononcer le mot avec une attention particulière, observant sa réaction au passage. N’avait-il pas dit qu’elle serait traitée comme son égale? Qu’en dirait-il, de cela? En ce qui concernait cette exclusivité qu’il lui avait donné l’impression d’être désireux d’avoir, elle se demandait bien pourquoi. Les Royaumes n’étaient-ils pas tous alliés? Et s’il ne désirait pas la partager? Cela ne serait pas non plus considéré comme la brimé, si elle était désireuse de portée main forte à un autre Royaume?... Et elle ne pensait pas uniquement aux Royaumes non-conquis. Elle généralisait. C’était plus simple ainsi.

-Sinon, avant que vous ne me répondiez, sachez que c’est surtout que je crains que vous ne regrettiez votre offre lorsque vous réaliserez peut-être «réellement» ce que je suis.

Comme tous les autres, sauf sa mère, sauf Adonis –et encore, elle ne pouvait le garantir pour le Démon-. Pour le reste, elle n’avait croisé personne ne ressentant aucun danger la concernant, mais voyait tout ceci comme un réel potentiel. Et puis, quand à Kenshin, elle se souvenait qu’il avait semblé totalement fasciné en réalisant la première fois qu’ils c’étaient rencontrer qu’il était face à une Démone, mais était-il bien informé? Jusqu’à quel point? Elle était un peu méfiante, non pas qu’elle ne croyait pas ses propos, mais voilà. Elle n’avait pas forcément envie de perdre son temps. Ironique, pour une Démone peut-être. Dans tous les cas, elle avait assurément hérité de l’impatience de sa mère sur le peu de tolérance sur sa personne. Kenshin était assurément l’un des rares choyés, en vue de leur atomes crochus de leur première rencontre. Elle espérait que cela ne change pas. Cela lui… Changerait.
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Dim 22 Oct 2017, 13:00


Avait-il conscience de ses paroles ? Le roi Kenshin était-il vraiment au fait de ce qu’il demandait ? La question de la démone était légitime. Elle qui toute sa vie durant avait été brimée par le monde entier, pouvait-elle croire cet homme qui lui faisait face ? Ce simple roi humain, ce pauvre mortel qui pensait avoir conscience de sa nature profonde était-il dans l’ombre ?


S’il était vrai que le souverain de Jade ne connaissait que peu son interlocutrice, la réciproque était tout aussi juste. Ophélia ignorait tout de la nature profond de Kenshin. Loin d’être comme les autres monarques du continent, sa nature profonde était des plus sombres. Insensible à la douleur des autres et ne donnant de la valeur à la vie humaine que parmi ses sujets, il faisait office d’homme sans coeur. Impitoyable malgré ses bonnes apparences, Kenshin était prêt à tout pour arriver à ses fins. Si Jade devait perdurer en dépit de la destruction du reste du monde, il en assumerait les conséquences.


Silencieux, le roi observait la jeune femme finir de parler. Elle exprimait ses craintes et il l’écoutait patiemment. Elle expliqua aussi sa relation avec les autres démons de ce monde. Durant son monologue, l’une des phrases intrigua cependant bien le monarque. Ophélia parlait de la possibilité de quitter Enkidiev. En dehors du fait qu’une telle chose serait dramatique pour lui, il se demandait bien ce qu’elle voulait dire. Parlait-elle d'Irianeth ? Qu’aurait-elle à y faire ? Peut-être encore parlait-elle de Jérianeth ou de terres dont les noms lui échapperaient même s’il les entendait. Quoiqu’il en soit et ou qu’elle songe à aller, il se devait de l’en empêcher.


Bien que malade et dans son fauteuil, le Roi devait mener bataille. En effet, il se trouvait face à un ennemi qu’il devait terrasser: l’hésitation de la démone. Elle devait le rejoindre, lui et son royaume. Avec brio, Kenshin userait de son éloquence et de son intelligence pour l’en convaincre. Il n’avait pas le choix, Ophélia serait une alliée d’une puissance incommensurable qu’il ne pouvait laisser lui glisser entre les mains. Par chance, il savait très exactement quoi lui répondre.


« Comme je vous l’ai dis précédemment, je vous considère comme mon égale, aussi serai-je avec vous d’une honnêteté sans failles », annonça le monarque dont le regard devenait plus sérieux.


Alors que la situation s’intensifiait, le roi sentait qu’il allait mieux. Tout du moins, la présence apaisante et chaleureuse de la démone atténuait son mal d’une agréable manière. Il était temps d’y aller, il devait frapper fort et juste.


« Avant tout, il est selon moi primordial de clarifier une chose, commença-t-il la voix rauque. Jamais je ne vous ai demandé de me servir. Ma proposition ne prévoit pas que vous vous mettiez à mon service, seulement que vous rejoigniez mon royaume afin d’en devenir la mage officielle, expliqua Kenshin avec sincérité. Si vous êtes maligne, et vous l’êtes, vous pourrez me soutenir que c’est une façon détournée de dire la même chose. Sachez que ce n’est pas le cas. Je veux que vous me rejoigniez de votre plein gré afin de servir Jade, non pas pour moi, mais parce que vous en aurez envie. Mon désir est de vous voir travailler en ma compagnie dans un seul but: servir Jade, vous et moi, dit-il en faisant une pause. Bien que Roi de Jade, je suis et resterai toujours son serviteur. »


Les mots de l’homme étaient forts et leur but avait pour but de convaincre son interlocutrice. Pourtant, il était bien sincère. Il ne voulait pas lui mentir et ce n’était pas ce qu’il faisait. Bien qu’il enjolive un brin les choses sous de belles paroles, il était bien un sens un serviteur de ce royaume. Délaissant un instant le regard de la démone, Kenshin s’attarda dans le feu qui brûlait dans l’âtre. Il était temps de passer la prochaine étape.


« Ceci étant dit, je peux maintenant pleinement vous répondre. Vous me demandiez ce que je pourrai attendre d’une mage au service exclusif de mon royaume. La réponse est simple: son pouvoir. Vous êtes, à n’en pas douter, l’un des plus puissants mages sur Enkidiev et en ce monde. Je veux votre force, Ophélia, laissa tomber le suzerain en replongeant son regard dans le sien. Le continent est dirigé par Emeraude depuis maintenant trop longtemps. S’il est vrai qu’ils ont un temps été de bons éléments et que leur Ordre de chevaliers nous a sauvé il y’a des siècles, ils ne sont plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’ils étaient et l’Ordre est dissous, expliqua Kenshin avec mépris. Il est grand temps qu’Enkidiev retrouve un dirigeant digne de ce nom. Je serai cet homme... Jade s’emparera de la place d’Emeraude. Voilà ce que j’attends de vous, que vous me rejoigniez dans la lutte contre la faiblesse. Ensemble, nous écraserons les royaumes réfractaires pour unifier Enkidiev tout entier sous notre bannière. Alors, nous détruirons pour de bon Irianeth ! », conclut le roi en serrant le poing et haussant la voix.


Était-il sage de dévoiler toutes ces choses à une femme qu’il connaissait si peu ? Assurément pas. Pourtant, Kenshin avait confiance en elle. Il voulait croire en elle. Il avait grand espoir de la voir le rejoindre dans sa conquête du monde. De plus, se montrer à ce point honnête était une façon de lui montrer qu’il ne cherchait ni à lui mentir ni à la manipuler. Il serait et resterait toujours d’une honnêteté sans failles avec elle.


« Vous craignez que je puisse regretter un jour mes mots ? Vous pensez que votre puissance ou votre nature m’effraient ? Ce n’est pas le cas, affirma Kenshin en toussant légèrement. Je ne veux pas vous brimer car j’ai besoin de vous telle que vous êtes. Je veux voir voir vous enflammer, devenir ce que vous êtes au fond de vous. S’il se trouve des gens pour vous craindre, je les écraserai comme des insectes car nul en mon royaume n’aura plus de valeur que vous, expliqua le roi avec conviction. Que vous soyez une démone n’a pas d’importance. Ma mère était une pardusse et malgré sa peur, le peuple l’a acceptée. Il vous acceptera de même et s’il se montre difficile à ce sujet, je ne lui laisserai pas le choix... Maintenant, j’aimerai que vous fassiez quelque chose. Sondez moi. Utilisez votre magie pour voir au plus profond de mon être. Vous me verrez comme je suis vraiment. Vous verrez ce que j’ai déjà fait et ce que je compte faire. Je vous en prie demoiselle Ophélia, ne laissez rien de côté », demanda Kenshin en joignant ses mains l’air solennel.








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Ven 27 Oct 2017, 00:33


Le Souverain semblait savoir exactement ce qu’il désirait et mise à part sa mention sur le fait qu’elle avait songé à quitter dans d’autres contrés, il n’avait pas sourcillé. Cela le dérangerait-il? Pourquoi donc? Et si l’envie lui prenait tout de même de le faire, pensait-il qu’il serait en mesure de l’en empêcher un jour ou l’autre? Quoi qu’il en soit, il lui mentionna avec assurance qu’il la considérerait comme son égale et qu’il serait alors de la plus grande honnêteté avec elle. S’il insistait sur ce point, il ne fut pas difficile pour elle de comprendre qu’il ne devait l’être qu’avec très peu de personnes, mais Ophélia n’exigeait rien de moins.

Il enchaîna alors en lui précisant qu’il tenait à mettre certaines choses au clair et bien entendu qu’elle voulait savoir de quoi il s’agissait. Elle inclina légèrement la tête de côté, fronçant légèrement les sourcils, attentive. Il précisa alors que le but de sa demande était de servir le Royaume de Jade et donc pire encore, son peuple. Ophélia détestait les gens en général. Elle n’avait en fait tout simplement aucune raison de les apprécier, en plus de ne même pas appartenir à sa race. Après tout, c’était leurs ancêtres qui avaient enfermé dans une espèce de boite de Pandore Roxanne et Adonis, eux qui avaient tenté d’éradiquer la race Démoniaque, car ils en avaient peur et savaient oui, savaient qu’ils étaient inférieur. Cependant, ce faire craindre par un Royaume entier avait quelque chose d’intéressant même si à de nombreuses reprises Arkdae avait tenté de l’effrayer avec ses mises en gardes, précisant que cela pourrait bien venir un jour ou l’autre, surtout si elle ne se tenait pas à carreaux. Elle avait toujours vue cela comme un défi… Mais bon. Elle doutait fort qu’elle pourrait alors calciner à tout va le premier impertinent qui oserait la déranger dans sa recherche de solitude, pour la grande majorité du temps. Elle ne considérait que très peu de personnes pouvant être digne d’elle, même si on avait souvent tenté de lui faire croire le contraire. Il n’y avait pour l’heure que les Démons Purs pour l’impressionnée. Et encore.

Alors. Être une Mage exclusive pour un Royaume, elle ne savait pas trop si c’était intéressant. Elle n’était pas sûre d’aimer ce que cela impliquait. Le défendre au nom de… De quoi? La liberté d’expression? Elle failli presque glousser, mais rien ne le laissa transparaître à travers son visage de porcelaine, enrober de ses bouclettes brunes, mais cette envie disparue bien aussitôt, redevenant sérieuses à la suite de ses propos, répondant finalement à la question qui l’intriguait d’avantage. Pourquoi elle? Et bien à ses dires, elle était la Mage la plus puissante d’Enkidiev? Mmhhh. Elle n’irait pas jusqu’à dire cela. Des Démons par contre, elle en était sûre et n’avait jamais retenue cette pensée, s’il était possible qu’on soit désireux de l’entendre, mais sa mère la surpassait encore sans doute de loin. Elle avait l’expérience et cette maîtrise qu’elle avait, dans ses souvenirs. Elle se sentait si… Petite à côté d’elle. Cela ne lui avait cela qu’avec Zyra. N’avait-elle pas fait trembler Irianeth et Enkidiev? Elle aimerait bien suivre ses traces, peut-être à sa façon.

Et ce n’étais pas rien, continuant, il lui précisa alors qu’il comptait faire d’Enkidiev un seul et unique Royaume unis, ce qui lui arracha un bref sourire en coin. Il était ambitieux! Pensait-il qu’Irianeth cèderait ses terres devant ses rêves? Elle n’était pas dupe au fait qu’il faudrait bien plus qu’elle pour affronter la nuée d’êtres magiques qui la prendraient sans doute pour cible, que ce soit des Royaumes conquis ou non. Elle était certes forte, mais les blessures physiques étaient sa faiblesse… Sans parler de l’eau, chose qui la rendait dorénavant cependant bien plus agressive que terrifiée. Peut-être devrait-elle remercier son père adoptif, ou bien son Maître, au final? Quant à l’idée de détruire Irianeth, cela ne faisait pas réellement partie de ses envies puisqu’encore une fois, qu’est-ce qu’elle y gagnerait? La crainte? La reconnaissance de son nom dans l’histoire? C’était intéressant, mais… Elle ne savait pas trop. Elle ne pouvait s’empêcher de s’imaginer la tête que ferait les Mages ou les Chevalier de la voir attaquer Émeraude sous la bannière de Jade. Il était évident que certains le prendrait personnel et a lui donnait presque envie, juste pour ça.

Et elle ne l’effrayait pas? C’était chose rare. Étais-ce son ignorance qui parlait, ou quelque chose de réellement plus profond? Étais-ce parce-qu’il avait un pouvoir sur le feu, ou bien parce-qu’il savait qu’elle ne comptais pas lui faire de mal –du moins volontairement- pour l’heure? Car bien entendu qu’elle ne pouvait garantir pour le futur. Elle n’était pas devin, comment pouvait-elle deviner ce que la vie lui réserverait au cours de sa longue, longue existence? Elle n’y avait vécu que quinze ans pour l’heure. D’un autre côté il y avait un fait qu’elle ne pouvait nier: Elle appréciait le Roi et avait surtout envie de le voir jouer avec des flammes, de ce laissé consumer par celles-ci. Il lui promettait d’écraser ceux qui oseraient lui porter préjudice, lui mentionnant que nul avait plus d’importance qu’elle à ses yeux. Comment pouvait-elle ne pas être flattée? N’étais-ce que des bonnes paroles? Dans tous les cas, il savait parler aux Démons, même s’il avait voulu bien faire en mentionnant que le fait qu’elle en soit une n’avait aucune importance... Et si son peuple avait jadis craint les Pardusses, les pauvres, elle ne donnait pas cher de leurs petits cœurs fragiles en découvrant ce dont elle était capable, ce qui l’amusa intérieurement, surtout à la mention du Monarque qu’il imposerait le respect de son peuple sur sa personne s’il se faisait réticent. D’un autre côté, cela ne lui offrirait qu’une parfaite excuse, justement pour leur montrer de quoi elle était faite… Car elle avait toujours aimé le montrer.

Et maintenant il lui demandait un service? Si elle aurait pu afficher un air surpris à sa demande de le sonder, elle laissa plutôt une expression satisfaite trôner sur son visage. Ainsi donc, il lui permettait de voir tout ce qu’elle désirait? Elle n’avait pas envie de prendre la peine de lui demander si de ça aussi, il en était sûre. Elle n’était pas la meilleure Sondeuse des âmes, mais elle n’avait pas grandes difficultés à le faire, surtout si on lui ouvrait son esprit et qu’on ne cherchait pas à la repoussé. Kenshin avait-il un quelconque don concernant ce pouvoir psychique? Avait-il d’autres qualités mise à part une piètre maîtrise de feu et ses transformations en fauve? Tiens, la première chose qu’elle alla observer, fut la situation qu’il avait été désireux d’éviter de lui préciser, lors de leur première rencontre. Soit pourquoi il craignait sa propre apparence. Le manque de contrôle? Mais comment pouvait-il se contrôler, s’il ne faisait jamais face à cette nature en lui? Elle n’était pas professeur, ce qu’elle connaissait sur le bout des doigts était le feu, mais cela ne devait pas bien changer, d’une magie à l’autre. Trop de drame tournait autour de tout cela, ne serait-ce pas judicieux qu’il extirpe une bonne fois pour tous ces démons? Ironique…

-Vous souvenez-vous, lors de notre première rencontre, que vous étiez désireux de m’accorder une faveur?

Elle attendit qu’il retourne à cette soirée sur le Balcon alors qu’ils discutaient et qu’elle avait demandé à garder cette faveur accordée dans la poche. Le voyant incliner la tête, elle sourit.

-Autant que ma nature Démoniaque est d’une grande importance et qu’elle me démarque des autres, votre nature Pardusse l’est aussi. Promettez-moi que vous tenterez de l’accepter. Entièrement. Le pleuple serait sans doute surpris, mais vous êtes leur Souverain depuis quand? Votre Royaume n’a que très peu de rébellion et dans tous les cas, tous en ont. Alors pourquoi vous privé? Vous ne pouvez être à votre plein potentiel s’il vous manque quelques morceaux. Je ne craindrais pas de vous garder à l’œil, si tel est votre désir. Bien que vous risquiez quelques blessures si vous vous montrer récaltritrant. Je ne me priverais pas.

Évidemment, elle faisait toujours référence à ses transformations qu’il préférait ignorer ou éviter. Pourtant s’il pouvait écraser ceux qui pourraient tenter de mettre des bâtons dans les roues de la jeune Mage, elle ne comprenait pas pourquoi il ne c’était pas servis de cela pour faire respecter et imposer ce qu’il était. Loi d’un père défunt ou pas. Il n’était plus et cela le brimait. Un jour, cela pourrait même se retourner contre lui. Quoi qu’il en soit, elle s’enfoui d’avantage dans son esprit et y découvrit ce qu’il avait été en mesure de faire par le passé et ce qu’il serait prêt à faire pour écraser Émeraude et prendre ce qu’il désirait. Elle le trouvait plutôt paradoxal sur certaines choses, mais étrangement, elle n’était pas tant étonnée de tout cela. Pourquoi? C’était sans doute parce-qu’il était le seul à voir à ce point son potentiel et le seul qu’elle avait vraiment croisé –mise à part sa mère ou Adonis- qui avaient fait plusieurs horreurs si ont peu dire ainsi et ne s’en formalisait pas outre mesure. Étais-ce donc une coïncidence, ou elle s’entendait bien avec ces personnages qui avaient de grandes visions qui allaient souvent à l’encontre d’une grande majorité de brebis?

-Je ne vois pas en Irianeth un ennemi juré comme beaucoup d’Enkievs. Le conflit entre les deux continents me laisse plutôt neutre, comme n’importe quel autre conflit entre Royaumes. Je ne me sens pas concernée. Peut-être parce-que je ne me suis jamais senti chez moi, peu importe où j’ai vécue. Elle ne s’en plaignait pas, c’était surtout une observation. C’est surtout ceux qui se terrent comme des rats qui m’exaspèrent réellement. Émeraude aurait eu à plusieurs reprises la chance de frapper fort, de démontrer la puissance des êtres garnissant ses rangs, mais ils ont en effet bêtement choisi de supprimé leurs meilleures chances. Ils ne méritent pas vraiment mieux que de se faire écraser. Il y a d’autre chose en ce monde que la simple bonne volonté et la foi en une époque révolu.

Elle fronça les sourcils et observa les flammes un instant dans le foyer, puis rapporta ses prunelles rougeâtres vers le Souverain.

Au lieu de chercher à écraser Irianeth, je me demande pourquoi une alliance ne serait pas plus judicieuse en vue de vos desseins à l’encontre d’Émeraude surtout et pour l’heure, si je comprends bien. À moins que d’autres Royaumes vous appuient dans vos démarche? Rubis? Fal?

Elle ne pouvait que tenter de deviner, bien que ces Royaumes fussent étroitement liés avec le Roi de Jade et que le contraire l’étonnerait plus qu’autre chose. Oh, elle pourrait le sonder et se contenté d’avoir la réponse, mais rien ne l’empêchait de chercher à l’obtenir après la réponse de Kenshin. Peut-être n’apprécierait-il pas ses questionnements, mais elle se le demandait sincèrement. Quant à savoir si elle acceptait ou non son «offre» cela dépendait sans doute de sa réaction à ses questionnements qu’elle considérait légitime. À quoi bon rejoindre un Royaume s’il était totalement à l’encontre de sa vision des choses. Cela le refroidirait même peut-être malgré la température de la pièce. Elle avait plus une dent contre Émeraude –et les Démons y vivant en meute- qu’en Irianeth du moins, pour le moment. Elle était plus intéressée à l’idée d’être l’Alpha d’Enkidiev que d’être une Mage d’un Royaume, mais l’idée lui semblait tout de même intéressante. De toute façon ce qui l’intéressait vraiment dans ces conflits de Royaumes était tout simplement le fait qu’elle avait des excuses pour jouer avec le feu, comme si l’idée de conquérir un continent donnait soudainement tous les droits.

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