Quelle idée royale | Dayle

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Ven 02 Nov 2018, 18:41

Quelle idée
Géniale...

1570 - Début mois 6

J
’étais dans une position plutôt inconfortable. Pour ne pas dire totalement et complètement et assurément inconfortable. Dans ma tête, au fin fond de mon esprit, je savais qu’un jour, je devrais me marier. Avec une noblesse quelconque ou une royauté pour faire des alliances et prospérer ce foutu héritage fallois. Mais dans ma tête, j’imaginais ce mariage encore loin de ma vie, lorsque j’aurais vécu tout ce que j’avais à vivre, eut tous les hommes et les femmes dont j’avais envie – et leur lot de bâtards. J’avais imaginé que ce serait un mariage d’amour – oui, on peut rêver – consentit entre moi et ma future promise. Elle devrait être plus jeune que moi pour pouvoir avoir la force et la santé afin d’enfanter un nombre incalculable d’enfants. Elle devrait également avoir des formes plaisantes, avec de jolies courbes bien proportionnées, une taille haute, et rayonnante de beauté. Notre mariage se ferait lors de la saison la plus chaude, en plein air. Cela semblait légèrement niais, je devais bien l’avouer. Mais, hé, faut bien rêver !

C
omme tu te doutes, cela ne se passa pas comme je l’espérais. Le mariage arriva bien trop tôt – du moins, les fiançailles. Je n’avais que 27 ans ! Trop vieux, d’après ma mère, bieeeen trop jeune d’après mon plan de vie. J’aurais du me marier aux alentours de 50 ans, à la limite 40, avec assez de vigueur pour enfanter ma future femme. Non, 27 ans ! J’étais encore dans la fleur de l’âge, j’avais encore tant à découvrir… on me coupait les ailes avec force et brusquerie, m’emprisonnant dans une tour de givre telle une princesse en détresse. Tour de givre, oui, car pour mon plus grand malheur, on me mariait à un de ces pays un peu trop près des glaces éternelles des royaumes du nord où la consanguinité était une vertue.

T
opaze. Autrefois affilié à Opale, Topaze a donc décidé de faire cavalier seul – enfin, disons plutôt qu’ils ont préféré la Confrérie à l’Alliance. Ce que j’en pensais ? C’était plutôt étrange. Déjà, d’après les renseignements que j’avais eut, les dirigeants d’Opale et Topaze étaient des jumeaux – pourquoi s’étaient-ils séparés ? Ne s’entendaient-ils pas ? Ne voulaient-ils pas réunifier leur royaume ? Ensuite, je devais bien avouer ne pas savoir ce que je préférais entre la Confrérie et l’Alliance. Une part de moi-même avait envie d’indépendance, sans avoir à rendre des comptes à personne, un peu comme un royaume impartial. Puis il y a l’autre partie de moi-même qui n’avait pas envie de trop dépenser de l’énergie en dirigeant un pays à moi tout seul. L’avantage des alliances comme il y avait à la Confrérie, c’était que les régents avaient moins de boulots.
Dualité fortement dérangeante.

« Ne devrais-tu pas t’habiller plus chaudement ? » fit la voix de ma mère derrière mon dos, provoquant chez moi un soupire à fendre l’âme du plus impitoyable des hommes – ou des femmes. Je n’aimais pas lorsque ma mère… remplissait son rôle de mère stricte et sévère. Déjà que je n’ai pas apprécié qu’elle me fiance à la régente de Topaze sans venir me consulter ni me demander mon avis, s’il fallait en plus qu’elle décide de comment je devais m’habiller, ce serait la goutte d’eau qui ferait déborder le vase !

« Soyez contente que je porte au moins quelque chose… » grognais-je entre mes dents.
« Tu peux répéter, cher fils ? » Son ton se voulait léger, mais j’avais très bien entendu les intonations menaçantes sous jacente.
« Je pense que cela ira, » dis-je un peu plus fort en bombant le torse, façon homme fort et fier.
« Ne viens pas te plaindre par la suite alors. »

E
lle partit, me laissant seul devant mon miroir, à observer mes beaux traits. Je pris une profonde inspiration, je me décidais à sortir de ma chambre – qui désormais ne le serait plus – pour enfin aller dans la carriole qui m’emmènerait vers mon funeste destin : Topaze.

A
près quelques jours de voyages peu plaisants pour mon arrière train délicat, nous arrivâmes à Topaze. Ville plutôt austère, sans trop de fioritures. On sent que c’est un royaume plus militarisé que coquet. On peut dire que j’allais détoner avec mes habits un peu trop… cher. (Voir ce lien pour ses habits (flemmededécrire)). Mon arrivée fut annoncée à ma future épouse via un éclaireur, plusieurs minutes avant que la carriole où je siégeais ne s’arrête devant les marches du Château.

L
a rencontre était organisée par ma mère, alors je savais déjà qu’elle avait certainement fait les choses en grand : c’est-à-dire avec une haie d’honneur où se mêlerait soldats et trompettistes, en n’oubliant pas un tapis rouge tiré de l’emplacement de la carriole jusqu’en haut des marches, là où se trouverait certainement Dayle. Je poussais un soupire. Je savais très bien la scène qui m’attendait avant même qu’on ouvre la porte pour que je sorte. La mise en scène serait très certainement exagérée – et très certainement faite pour m’embarrasser d’autant plus – et je n’avais clairement pas hâte de sortir de là.

L
es sons de trompettes se firent entendre, m’enjoignant ainsi à montrer ma jolie tête. Je pris une profonde inspiration pour me donner du courage, puis je sortis, non sans plaquer sur mon visage mon expression la plus impénétrable possible.
Tout simplement car BON DIEU MAIS IL FAIT FROID. Ne rien montrer, a-bso-lu-ment rien montrer. Je n’ai pas froid. Non. Pas du tout. Serres les dents Shay, tout va bien se passer, tout va très bien se passer. Tu montes les marches, tu vas voir l’autre, puis tu fonces droit sur les couvertures les plus proches lorsque tu ne seras plus regarder par 36 milles pairs de yeux. Oui, voilà, on va faire ça.

M
ouvements, du mouvement. Faisant fi du froid avec brio, je montais les marches souplement et lentement comme un félin. Ne pas se presser, pour éviter de montrer à quel point j’étais impatient de me mettre au chaud. Levant la tête, je focalisais alors mon attention sur ma future femme… A la vue des nichons, la pine se souleva (*). Ironiquement parlant – déjà car il faisait froid donc impossible, et ensuite, car il n’y avait pas de seins. Seul le Dieu Bob peut savoir à quel point j’étais déçu. Ma future femme n’avait… rien d’exceptionnel. Pas de seins, petites tailles. Elle avait au moins le mérite d’avoir des cheveux qui dénotaient de la plupart des humains – à moins que ce ne soit un trait de consanguinité, et alors ma théorie de départ est vraie : les peuples du nord sont des consanguins.
Et, bien évidemment, je ne montrais pas le moins du monde à quel point j’étais déçu – j’étais bien trop concentré à ne pas claquer des dents.

A
rrivé à sa hauteur, la différence de taille se fit de plus en plus sentir. Elle devait bien m’arriver aux tétons – qui étaient d’ailleurs étrangement contractés. Comme je l’avais apprit, je me saisissais délicatement de sa main pour y déposer un baisemain respectueux. Tout en me relevant, je lui accordais mon plus beau sourire enjôleur tout en lui tenant la main.

« Ravi de vous rencontrer enfin, Ma Lady. » Applaudissez-moi, congratulez-moi : ma voix n’avait pas chevroté. Rien ne laissait penser que j’avais froid – ah, si, mes lèvres devaient certainement être en train de devenir bleues. « J’ai hâte de faire plus ample connaissance, en privé. » Sous entendant : au chaud, avec si possible un lit et des accessoires. « Je suis certain que notre règne sera sans pareil pour Topaze ! »
‹c› Vanka


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Dayle
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Sam 10 Nov 2018, 19:17


La neige commençait tout juste de fondre dans les jardins, le temps frais était encore présent mais très vite le soleil venait réchauffer les fraîches matinées. Le temps était passé si vite depuis que Dayle avait prit les reines du Royaume, elle n’avait clairement pas pu profiter de l’hiver qui rendait le paysage si majestueux et de pouvoir s’amuser à laisser des traces lors des balades dans la neige. Elle n’avait pas eu le temps de profiter de quoique ce soit, bien trop prise par toutes ces paperasses et la réorganisation de beaucoup de documents. Très vite, elle avait ressenti une forme d’animosité en son égard au sein même des Conseillers du Château… Si au début sa paranoïa face à l’assassinat de son grand-frère et de son oncle avait prit le dessus, elle comprit très rapidement que ces mauvais sentiments n’étaient autre que le reflet de ce qu’elle avait connu autrefois à Opale. Une femme héritière, sans époux pour la seconder et aussi jeune… L’avenir de la Province était en déclin, selon eux. Elle avait mainte fois ouïe des conversations entres les Conseillers, n’appréciant pas tous les efforts qu’elle pouvait mettre en place pour continuer de garder le Royaume la tête haute.
Très vite, la décision du Conseil était tombée : Ils lui suggéraient très fortement de trouver un époux afin de la seconder dans ces tâches administratives éprouvantes. N’ayant pas pu proposer de candidat elle-même, Arold s’était proposé pour envoyer des missives et recueillir des candidatures dignes de ce nom. Dayle n’avait pas pu dire non… Après tout ils avaient raisons, elle avait beau être jeune, l’avenir du Royaume ne serait assuré que par un bon mariage et des héritiers. C’était exactement ce qui était arrivé à son oncle, après tout… Mourir sans héritier direct. Ce n’était clairement pas en passant son temps enfermer au Château qu’elle trouverait bon parti. Elle n’avait même pas eu encore l’occasion de voyager dans la Confrérie depuis. Elle envisageait en revanche de réserver un temps pour aller assister aux Fêtes de Parandar durant la saison chaude. Il était hors de question qu’elle loupe ça !
Pour en revenir à ces histoires de mariage… Dayle reçu rapidement une pile de propositions. Il y avait même des noms dont elle n’avait jamais ouïe dire l’existence dans des familles de Nobles apparemment influentes. La jeune Reine avait laissé ses lettres trainer jusqu’au printemps mais ressenti l’empressement de la part de ses Conseillers d’annoncer enfin son choix. La jeune femme s’y mit donc plus sérieusement, étudiant toutes les demandes. Qu’il était difficile de choisir lorsque l’on savait lire entre les lignes… Elle ne devait pas choisir selon ses goûts, mais selon le potentiel du candidat. Maîtrisait-il la politique ? Était-il riche héritier de terres ? De biens ? Tout un panel de compétences sur lesquelles elle s’était basée pour créer une grille de critères -dont certains avaient été ajouté expressément par Doran- et sélectionner celui gagnant le plus de point.

Étrangement… Lorsqu’elle émit enfin son choix, Arold lui apprit qu’il s’était finalement désisté dans une missive remplie d’excuses. Le deuxième de la liste fit exactement la même chose. Ce qui ne lui laissa plus que le troisième : Shay Pökontë.

Ce fut donc à l’orée de la saison chaude que fut organisée la première rencontre entre les futurs promis. Dayle relu à de nombreuses reprises la candidature du jeune homme. Un Chevalier de formation présentait un certain atout… Autant pour la défense que pour le fait qu’il était bien évidemment doué de magie. Cela leur faisait tout de même un point commun non négligeable. Dayle se demanda avec grande curiosité de quel genre de magie il était doté. Elle se plu également à tenter de mettre un visage à cet homme aux origines Falloises.

Le jour venu, Dayle attendit sagement avec des Dames de compagnies dans le grand salon. Elle n’avait malheureusement pas la tête à faire la conversation et n’écoutait que sommairement toutes les histoires que ces femmes comptaient sur les Fallois. Dayle se sentait grandement stressé de découvrir enfin avec qui elle serait forcée de partager le reste de son existence. Ou peut-être pas… Tout au fond d’elle, son âme d’enfant rêver à un mariage heureux. Un bel homme, bon et charmant, avec qui il ferait bon vivre. Elle s’était longtemps faite à l’idée que les choses ne se passaient pas ainsi dans la vraie vie, loin des contes enfantins. Malgré cela, son optimisme débordant continuait de la faire espérer.

Le bruit des trompettes annonça l’arrivée de la cariole contenant son futur époux. Dayle sorti de sa rêverie et se redressa soudainement, fixant la porte. Un serviteur vint les avertir que Sir Shay venait d’arriver. La jeune femme prit une grande respiration, sentant son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. En se redressant, la jeune Reine prit soin de défaire les plis de sa robe et une de ses Dames de compagnies replaça l’une de ses mèches de cheveux.

- Je suis prête.

Le dos droit et le menton fier, Dayle prit la direction de l’entrée du château afin d’accueillir ses futurs habitants. Lorsque l’homme fit son apparition, Dayle le détailla outre mesure. Son teint était bien trop hâlé pour la saison chaude qui débutait tout juste mais il lui donnait un certain charme. L’homme n’était clairement pas laid mais quelque chose lui fit froncer légèrement les sourcils. Sa famille était-elle en faillite pour qu’il porte aussi peu de vêtements ? Dayle n’avait en ces temps décemment pas besoin de veste, au vu de sa résistance au froid, mais le fond de l’air était frais. Bien trop frais pour ce genre d’accoutrements. Elle espérait en discutant du contrat qu’elle ne découvrirait pas une faillite ou quelconque autre mauvaise surprise. Elle voulait quelqu’un pour honorer le Royaume, pas faire la charité.
Quoi qu’il en était de ces vêtements, elle pouvait voir d’ici qu’il savait s’occuper de sa personne et se maintenir en forme. Ce qui n’était pas désagréable pour les yeux. Pour ce qui était de son apparence, bien que sûrement trop grand à côté d’elle, elle était charmée. Un petit rictus vint apparaître sur ses lèvres lorsqu’elle remarqua que sa peau était parsemée de ce que l’on appelle chair de poules. Il devait être gelé à tous les coups.

- Le Plaisir est partagé, Shay.

Dayle tendit son bras afin qu’il s’en saisisse et qu’ils puissent s’avancer à l’intérieur.

- J’ose espérer qu’il le sera. Je suis disposée à une discussion en privé si vous le désirez. Nous pourrons nous charger des accords politiques et de tout ce qu’impliquera notre union dès ce soir. Le voyage a dû être long et éprouvant, permettez-vous une pose en ma compagnie.

La jeune Reine demanda à ce que l’on apporte rafraichissement aux voyageurs ainsi que pour elle-même et sa compagnie dans le petit salon privé. Tout le monde s’activa à préparer l’arrivée et d’autres serviteurs étaient déjà en route pour ranger les effets personnels des nouveaux venus. Une fois dans le confort du petit salon, Dayle ferma la porte et lâcha un petit soupir. Elle se tourna finalement vers son susnommé futur époux et lui sourit. Il était donc temps de faire connaissance ?

- Bien, Shay. Parlez-moi un peu de vous. J’aimerai apprendre à vous connaître un minimum avant de parler politique. Nous embarquons après tout dans la même galère, prochainement !, finit-elle en riant.

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Rôle : Régent de Topaze, héritier de Fal

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Mar 13 Nov 2018, 14:19

Quelle idée
Géniale...

1570 - Début mois 6

I
gnorant superbement le rictus amusé de ma future femme, je me permettais de mon côté de continuer de la détailler… dans le détail. Clairement, la chose qui me revenait le plus souvent à l’esprit en la voyant, c’était qu’elle était petite – tout était petit chez elle, mais c’est sa taille qui me faisait le plus tiquer. Visiblement, chez cette femme, le con était bien près du trou (*). Euh ! Non, le coup était bien près du tronc… prions pour qu’elle n’ait pas quelques pouvoirs mentaux lui permettant de lire dans mes pensées. Elle risquerait de se méprendre et de me penser pervers. Quoique d’aucun diront que c’était bel et bien ce que j’étais. Personnellement, je me considérai plus comme un adorateur de bonnes chaires et de bons gouts plutôt que comme un pervers. En plus, c’était un mot bien trop déshonorant et obscène pour ma personne.

D
ayle finit donc par me tendre son bras pour m’emmener à l’intérieur. Je pus entendre les fanfarons et les gardes s’en aller discrètement suite à notre départ de la zone public. S’en aller, ou chercher un endroit pour écouter aux portes… Que ce soit ici ou ailleurs, aucuns royaumes n’échappaient au ragot. Et les commères ne pouvaient passer à côté de la rencontre entre deux futurs époux royaux tel que nous. Bien évidemment, je faisais bonne figure, souriant aux serviteurs et gardes tout en tenant fermement le bras de ma future femme. A l’intérieur du Château, j’avais tout de suite plus chaud – c’était d’ailleurs plutôt rassurant. Mais pas aussi chaud qu’à Turquoise, ce qui était bien dommage. Tout en marchant, la régente reprit donc la parole, toujours dans un but purement politique. Les accords et autres paperasses qu’il faudra faire pour notre futur mariage, entre autres choses, avant de finalement acquiescer sur le fait qu’une pause avant de faire toutes ces choses éprouvantes était certainement la bienvenue.

«
Je vous suis, » lui répondis-je toujours en souriant, approuvant par le même fait ce qu’elle venait d’énoncer. Il ne fallait tout de même pas trop se hâter, prendre son temps était une chose primordiale lorsqu’une union royale se faisait. Pour avoir l’esprit clair. Plus encore : il était bien mieux de discuter politique une fois que les deux parties de l’union avaient prit le temps de faire un minimum connaissance.

P
endant que nous marchions, j’observais Dayle du coin de l’œil. Celle-ci semblait indéniablement à l’aise de cette situation. En même temps, ce n’était pas elle qui venait de se faire « expulser » de chez elle pour aller dans un endroit parfaitement inconnu. Si l’on m’avait donné le choix, je serais resté un Chevalier de Jade en faction à Turquoise. Surtout sachant que c’était une zone à risque au vu des nombreuses batailles qui se déroulent aux frontières avec l’Empire. Cela allait être certainement par ici que l’Empereur décidera de passer pour mieux atteindre Jade, ainsi il était primordiale de protéger ce territoire – et si possible, de reprendre Fal. Gagner du terrain, pas à pas. Enfin bref, tout ça pour dire qu’elle semblait dans son élément, ordonnant et me guidant à travers son Château – qui allait bientôt être le mien. Je mis donc un point d’honneur à avoir l’air aussi assuré qu’elle l’était, mémorisant du mieux que je pouvais les visages, éventuellement les noms lorsqu’il y en avait, mais aussi les couloirs. Une part de moi-même soupira, défaitiste, à l’idée que je devrais d’abord commencer par me familiariser avec le château, les soldats, les serviteurs et le peuple en général avant de pouvoir faire quoique ce soit de mon cru.

N
ous arrivâmes finalement dans un petit salon. Simple, confortables. Petit, mais fonctionnel. Il semblait donner une ambiance privatisée à notre petit échange, et j’osais espérer que personne ne se permettait d’écouter aux portes. Mes yeux eurent donc tôt fait de faire le tour de la salle, avant de finalement jeter mon dévolu sur un sofa où je m’installais avec un soupire d’aise, dans une position plus décontractée qu’elle ne devrait l’être. Par la suite, Dayle ferma la porte avant de finalement se tourner vers moi… et me posa une question qui, je devais bien l’avouer, m’arracha un petit rictus mi-figue mi-raisin. Je détestais ce genre de questions. N’était-il pas évident que la seule réponse possible était que j’étais parfait ? Il n’y avait pas à débattre, pas à me présenter : il suffisait de me voir pour comprendre. Mais, comme bien souvent, je me souvins des nombreuses remontrances de mon beau-père et de ma mère elle-même, qui ne cessaient de me répéter qu’il était nécessaire de donner une description de soi… plus détaillée.

«
Asseyez-vous en ma compagnie je vous pris, » commençais-je alors, peu à l’aise à l’idée d’être le seul assis. « Vous y allez fort dès le début à ce que je vois ! » plaisantais-je, autant pour me détendre que pour retarder un peu la chose. « Si je devais me décrire… » Je pris un temps à la réflexion, les yeux dans le vague, avant de finalement m’animer avec un petit sourire. « Je dirais que je suis le plus à mène d’être votre époux ! Je ne suis pas violent et je respecte un minimum les femmes. J’ai des compétences stratégiques et politiques grâce à mon beau-père et à ma formation de Chevalier. Vous aussi d’ailleurs, j’ai quelques rares souvenirs de votre visage à Jade. » Comme à l’époque je passais le plus clair de mon temps à Turquoise, il était rare que je vois les nouvelles recrues de la Confrérie. Néanmoins, il était vrai que le petit minois de la demoiselle ne m’était pas totalement inconnu. « J’aime les couleurs et les fêtes. Ce sera d’ailleurs un des points à relever concernant Topaze : il faudra plus de couleurs, et plus de fêtes avec le peuple. Plus de musiques et de danses. » Puis mon regard dériva vers un coin d’ombre, et d’un léger mouvement de la main, je me mis à condenser l’ombre pour lui faire prendre l’apparence de mes chats qui me suivaient partout. Ils s’étirèrent comme après une bonne sieste, avant de sauter sur le sofa en ronronnant. « Voici Ahm, Stram et Grahm : mes chats d’ombre. Comme vous le voyez, je maîtrise l’élément de l’ombre, et voici une de mes utilisations. Ils sont inoffensifs sous cette forme. » Tandis qu’Ahm et Stram se disputaient mon attention pour les caresses, Grahm se dirigea vers Dayle pour faire connaissance. Je les observais un moment, protecteur envers Grahm, avant de reprendre. « Vous êtes plutôt menue, j’ose espérer que vous saurez porter nos futurs enfants. » Car oui, il y en aura, et oui, pas qu’un seul. Bien que l’idée ne me plaise guère actuellement, je ne pus m’empêcher de faire la critique. « Et vous, parlez-moi de vous. »

‹c› Vanka


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