Most of us are bitter over someone - Shay

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Sam 3 Nov - 20:11

Revenir à Topaze était étrange, revenir à Topaze en tant que Roi d’Opale l’était encore plus. Inquiétant aussi, quand on savait ce qui était arrivé la dernière fois que la Royauté d’Opale et de Topaze s’étaient rencontrées. Il avait quitté la contré où il était né pour la contrée où il avait grandi en passant par le mur, chose hideuse qui coupait un pays en deux pour des âneries. Il n’avait pas pris le cortège royal, préférant un plus petit, plus discret. Arriver en grande pompe dans un pays qui, théoriquement, ne vous aimait pas plus que ça, ce n’était pas évident. Il avait dormi comme n’importe qui, avec un peu d’argent, dans des chambres d’auberges pendant son voyage, autant à Opale qu’à Topaze, et soupirait du si peu de différence qui séparaient pourtant un seul et même peuple. Il était accompagné du capitaine de sa garde, qui lui servait de garde du corps pour l’occasion, et d’une de ses conseillères. Oui, une femme, pour Topaze. Il savait très bien ce qu’il faisait, et puis elle était l’une des rares à ne pas essayer de le manipuler. Il avait confiance en Traja et elle méritait plus que les autres de l’accompagner à Topaze.

C’est en milieu de matinée qu’il arriva au château de Topaze, où il fut immédiatement reconnu par le palefrenier, le même depuis l’époque de son oncle Darius, un homme d’un certain âge qui l’avait vu grandir et le prit dans ses bras pour le saluer, le brisant presque dans son embrassade. Albus, le chef de la garde, vint interrompre les salutations assez rapidement, et Doran demanda au vieux palefrenier des nouvelles du château. Il avait passé quelques années de sa vie ici, avant de partir faire ses années d’écuyer à Jade et revenait désormais dans un tout autre rôle. Cela lui faisait bizarre, et il avait un pincement au cœur en pensant que plus jamais il ne verrait son Oncle Darius entre ces murs. Il irait probablement visiter sa tombe plus tard. Pour le moment il se fit annoncer auprès du château et y pénétra, accompagné d’Albus et Traja ; dans son esprit une seule chose, le fait de revoir Dayle après ces quelques mois sans elle. Il avait l’impression qu’on lui avait coupé une partie du cœur et qu’il allait à nouveau être complet. Mais avant d’atteindre là où Dayle l’attendrait surement, une toute autre compagnie se fit voir au bout du couloir. Avant qu’ils ne fussent trop prêt, Traja lui murmura qu’il s’agissait du futur Régent, donc futur époux de Dayle, Shay de Fal.

Quand ils furent enfin à proximité, Doran lui tendit une main afin de le saluer plus proprement. « Prince Shay, enfin en chair et en os, je suis honoré de vous rencontrer, ma sœur m’a dit beaucoup de bien de vous. » mensonges éhontés cachés derrière un sourire poli et une poignée de main extrêmement ferme. Il n’aimait déjà pas le personnage qu’il avait en face de lui, mais il devait faire avec. Pour le moment.
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Dim 4 Nov - 15:05

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1570 - Mois 6


Q
ui l’eut crut : moi, futur régent de Topaze. Moi qui suis pacifiste, et ce malgré ma formation de Chevalier, j’allais devenir régent d’un royaume militarisé pro-combat pro-guerre. On peut dire que je n’étais pas le meilleur des choix pour ce pays, tout comme je pense que Dayle en régente n’est pas non plus le meilleur des choix. Elle a l’air trop douce, comme la peau d’une pêche. Néanmoins, cela ne m’empêche pas de penser à ce qui serait bon pour ce royaume. Plus de bois pour pouvoir se chauffer en hiver : c’était certainement la première chose de ma check-list. Redorer un peu la façade du château ? Son allure austère et sombre me rend triste, dépressif, et vaseux. Assurément, lorsque je serais régent, Topaze allait avoir droit à un ravalement de façade digne des plus grands stylistes Rubiens.


D
ans un sens, malgré les circonstances, j’avais quand même hâte d’avoir un peu de pouvoirs sur ce royaume. Pour le moment, n’étant que fiancé et non marié à Dayle, je n’avais pas encore le statut. Je ne pouvais que conseiller mes futurs conseillers – ironiques n’est-ce pas ? – sur ce qui se passera lorsque je serais à la tête. Les changements qui devront être opérer. Déjà, j’avais pour idée de faire sauter quelques têtes parmi les conseillers de Topaze – certains me semblaient louches, compte tenu des massacres antérieurs, je préférais me prévenir de potentiels tentatives de meurtre envers moi. Donc, du sang neuf parmi les conseillers. Il allait aussi falloir que je me renseigne sur les gardes royaux qui sont censés surveiller ma sécurité ainsi que celle de Dayle. Mieux valait prévenir que guérir – Parandar seul sait à quel point il serait dur de guérir la mort.

« Il faudra plus de verdures et de décoration ici, » dis-je au conseiller qui me suivait comme son nombre avec son calepin pour noter toutes mes exigences. « On fera venir un décorateur Rubien, ils ont le sens du détail. Plus d’ouverture, c’est tellement fermé qu’on se croirait en prison. Il faudra sûrement abattre quelques murs pour agrandir le Château et redécorer… »
« Hm, c’est peut-être… un peu exagéré… non ? » Le conseiller tentait de me contredire gentiment, pour me faire comprendre que trop de modifications allaient sûrement revenir cher, mais je ne l’écoutais déjà plus.
« Plus de bois ! Il faudra plus de bois, quitte à importer d’autres royaumes. Je veux pouvoir ne pas avoir froid dans n’importe quelle pièce de ce château. »
« Oui, mais, l’argent… »
« On augmentera les fonds en travaillant plus. Enfin, en faisant travailler le peuple plus… Topaze est déjà une grande force militaire, mais il faut élargir la gamme pour rester le plus compétitif et intéressant aux yeux de Jade. »
« Oui, c’est une bonne idée, mais… »
« Lors du mariage, je veux une grande fête, avec… »
« Seigneur Shay, » m’interrompis un serviteur. « Sa Majesté Doran est arrivé. »
« Doran… » Je réfléchis un instant. Ce nom me disait vaguement quelque chose, mais je l’avais oublié, ou rangé trop profondément dans ma mémoire. « Doran… »
« Le frère de Lady Dayle, votre fiancée, Seigneur… » fit mon conseiller d’une toute petite voix. « Vous lui avez envoyé une lettre, rappelez-vous… »
« Une lettre ? Ah, oui, j’avais demandé à un serviteur d’envoyer une lettre de ma part au frère de Dayle. Je m’en souviens. Il est ici donc ? Parfait ! Amenez-moi à lui. »


D
’un geste évasif de la main, je congédiais mon conseiller pour ensuite suivre le serviteur d’une démarche assurée. En soit, je savais très bien que mes exigences concernant le bois et l’argent étaient un peu trop haute. Je n’avais pas encore accès aux comptes du royaume, je ne pouvais que faire des conjectures sur ce que je pourrais faire une fois régent. Assurément, si je voulais faire un peu de tout ce que je prévoyais, il allait falloir bien m’organiser pour ne pas faire couler Topaze à peine serais-je à sa tête. Et surtout, ne pas me faire détester du peuple.

L
orsque j’aperçus Doran, je mis tout ceci de côté. Pour le moment, il n’était plus temps de penser à redécorer le château et à faire de Topaze un royaume plus compétitif qu’il ne l’est déjà dans le domaine militaire, notamment pour surpasser Opale – si tant est que ce soit possible. Pour le moment, seul comptait mon entrevue avec Messire Doran, Roi d’Opale et futur Beau-frère, à qui je serrais chaudement la main, un grand sourire aux lèvres.

« Du bien de moi ? » ne puis-je m’empêcher de souligner en arquant un sourcil. Dayle, parlant en bien de moi à son frère, cela sentait le mensonge et l’ironie. Néanmoins, je n’en laissais rien paraître, et je gardais mon sourire. « Bien heureux de vous rencontrer également. Dayle au contraire, ne m’a pas beaucoup parlé de vous… » Pan, dans les dents. « Trop occupée par le mariage prochain, sans doute. » Bim, le revers. « Vous serez des nôtres bien entendu. » Quel frère oserait manquer le mariage de sa sœur avec un être aussi parfait que moi ? Doran devait, assurément, être très fier de sa sœur et heureux pour elle. Assurément. « Venez donc parler un instant avec moi en privé. Il serait bien d’apprendre à nous connaître, en tant que futur membres d’une même famille. Allons dans un salon – chauffé – les serviteurs apporteront de quoi vous désaltérer et rassasier au besoin. »

J
’indiquais une direction d’un mouvement de bras souple et élégant – oui, tout était souple et élégant chez moi – l’enjoignant à me suivre avec un large sourire. Il faut dire que dans la pièce où nous étions actuellement, il faisait un peu frais, pour un mois de saison chaude – c’était vraiment la saison chaude à Topaze ? Grand Dieu, j’ai peur de l’hiver. Le petit salon faisant office de pièces de détente avec sofa, table basse, cheminée, livres et cigares dans une ambiance très cosy, avec une haute fenêtre laissant voir un magnifique panorama au dessus des arbres – puisque le salon en question était au troisième étage.

‹c› Vanka
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Lun 5 Nov - 16:19

« Cet homme est en réalité invivable. Je ne comprends pas comment quelqu'un puisse autant se permettre de se penser le centre du monde et tout savoir mieux que les autres. » Voilà ce que Dayle lui avait dit de Shay de Fal, et voilà exactement ce que Doran découvrait à l’instant ; il comprenait mieux certaines des émotions provenant de son bracelet maintenant, un mélange de dégout, de mécontentement et de soupirs blasés qui traversaient distances et murs pour arriver jusqu’à lui. Et dire que Dayle allait devoir vivre avec ça jusqu’à un trop long moment sans doute.
Doran ne réagit pas à ses remarques mesquines, quand bien même il en brulait d’envie ; il était le premier à avoir lancé les hostilités après tout, et malgré leur différence d’âge, il était bien déterminé à se prouver plus mature que le futur régent de Topaze. En plus, sans en avoir besoin, il pouvait quasiment lire dans les pensées de Traja à ses côtés, qui devait lui crier mentalement de rester calme et courtois. Il se demandait d’ailleurs comment elle vivait l’instant, après tout, cet homme était le roi de son peuple exilé. Il lui demanderait plus tard, car pour le moment on l’invitait à une entrevue privée, il hocha la tête et suivit Shay dans une pièce qu’il connaissait bien.

« Le petit salon de chasse, bon choix » hocha-t-il après avoir pénétré la pièce, jetant vite fait un œil au feu qui brulait dans la cheminée. A cette saison, vraiment ? Si le prince se couvrait un peu plus, peut-être n’aurait-il pas aussi froid. Il connaissait bien ce salon, c’était le préféré de son oncle, et il y passait des heures à raconter à son neveu et à sa nièce l’histoire du Royaume uni d’autrefois. « Saviez-vous que c’est dans cette pièce que j’ai vu pour la dernière fois le Régent Darius, peu après la mort de mon père, quand je me rendais en terre Opaloise pour lui dire adieu ? » Il ne savait pas non, mais Doran tenait à faire rappeler, de manière claire mais indirecte, son appartenance à ce pays, son affection pour ce dernier et son droit du sang, plus grand et puissant que toutes les espérances et envies du prince Falois.  « C’est aussi là où le Roi Stannis, qui a reconstruit Opale après le grand tremblement de terre, tenait ses plus longues discussions avec son bras-droit. » Aujourd’hui, pour qui s’intéressait de prêt à la vie des rois d’Opale, la relation entre Stannis et son conseiller n’était plus un mystère, mais plutôt une histoire que l’ont exploitait dans les drames, pour souligner la tragédie de la chose à une époque où ce genre de relation pouvait faire choir un Roi, même si ce n’était pas cela qui avait sonné la fin de Stannis. Vraiment, son histoire se sciait plutôt bien au théâtre, et Doran surveillait, par intérêt, les lectures liées à sa lointaine famille, lui qui appréciait la généalogie tout au tant que l’art littéraire. « Enfin, c’est ici-même que s’est préparée la déchirure du pays, quand Adèle d’Opale et son jumeau Adrien de Topaze ne purent se mettre en accord, créant ce mur qui sépare ces royaumes. » Il se promenait dans la pièce, regardant par la fenêtre, étalant sa connaissance de manière certes un peu pompeuse mais aussi génuine. Cela lui faisait plaisir de partager ce savoir à quelqu’un qui l’ignorait, surtout s’il devait assurer bientôt la régence de ce pays. Mais Doran n’oubliait pas, loin de là, l’autre message qu’il faisait passer à travers ses mots.

Il s’approcha d’une étagère et bougea un livre ; une planche du bas glissa sur le côté, dévoilant une partie cachée où se révélèrent alcools et verres de cristal ; « vous avez proposé de nous faire servir quelque chose n’est-ce-pas, mais ne pouvons-nous pas le faire nous-même, si nous souhaitons ne pas nous faire déranger. Je suis sûr que nous avons beaucoup à apprendre l’un de l’eau, mon cher futur beau-frère. »

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Mar 6 Nov - 22:08

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1570 - Mois 6


D
oran ne fit aucuns commentaires lorsque je le titillais un peu. Je devais dire que j’étais un peu déçu. Je m’étais attendu à une petite joute verbale royale où nous mettrions nos verbes à l’épreuve, lors d’une bataille sans merci où le vainqueur ne pourrait être autre que moi. Mais là, rien. J’avais gagné cette manche un peu trop facilement à mon gout, et cela me laissa une sensation amère au fond de la gorge. Cependant, je n’en laissais rien paraître, et je le conduisis jusqu’à la fameuse salle en étant toujours aussi souriant et enthousiaste que lors du début de notre rencontre. Presque un peu niais sur les bords – mais les bords seulement.

A
rrivés dans le fameux salon de chasse, la première chose que je fis fut de m’installer dans le sofa, non loin du feu qui crépitait doucement dans la cheminée. Ce n’était pas un grand feu, juste quelques braises flambées pour réchauffer un peu la salle. Frileux ? Oui, clairement, je l’étais, et ce n’était pas nouveau. Je me sentais d’ailleurs déjà mieux rien qu’en étant près du feu, même si je n’avais pas spécialement froid à la base. J’aimais avoir chaud, donc plus j’ai chaud, mieux je me sens. Bref, tout ceci n’est pas spécialement intéressant. Je m’étais donc assis dans le sofa dans une position mi-décontracté mi-strict (deal with it). Après tout, cette entrevue avec Doran avait aussi une certaine valeur diplomatique, je ne pouvais pas me permettre de me laisser totalement aller comme je le faisais avec Dayle – il faut dire qu’elle a le don de faire ressortir le pire en moi.

F
ort heureusement, Doran m’enleva la délicate tâche de devoir prendre la parole en premier. Je devais bien avouer ne pas savoir par où commencer, et lui demander comment il se sentait vis-à-vis du mariage avec Dayle n’était peut être pas une bonne entrée en matière, ni lui demander s’il était possible de briser ce mur entre Topaze et Opale qui rendait le paysage si peu élégant et encore plus austère qu’il ne l’est déjà. Bref, j’avais en tête des choses qui ne sont peut-être pas bonne à dire lors d’une première rencontre avec son futur beau-frère roi d’un royaume de l’Alliance qui pourrait éventuellement fournir Topaze en bois sachant que la physionomie de son royaume prêtait à penser qu’ils en avaient beaucoup.

B
ref, Doran prit donc la parole… pour parler de l’ancien Régent et de son ancienne appartenance à Topaze. Je ne savais pas trop comment je devais prendre cette question – était-elle mesquine ? Avait-elle un but autre que simplement mettre une ambiance plus légère à cette discussion ? Devais-je prendre cela comme une sorte d’insulte, comme quoi je ne serais pas aussi bon régent que l’était ce bon Darius. Ou bien voulait-il me rappeler qu’il connaissait déjà les lieux, que ce n’était pas un étranger, comme pour me faire comprendre que j’ai été injurieux précédemment ? Ce qui ne m’étonnerait pas, en vérité. Cependant, Doran ne me laissa pas faire un commentaire que le voilà à me réciter des leçons d’histoire, sur l’ancien roi Stannis et son bras droit. Bien entendu, je m’étais renseigné sur les royautés passées dans la régence d’Opale – puisqu’à la base, Topaze était Opale – cependant je ne savais pas pour son bras droit, et quelque chose me disait que les sofas n’étaient pas utilisés que pour se reposer, du moins était-ce ce que je comprenais dans le ton employé par Doran. Mais je m’y cela de côté, après tout, quoique l’ancien roi ait pu faire dans cette pièce, cela ne me regardait pas. Tout ce que je devais retenir, c’était que ce salon était sans nul doute une pièce importante du château puisque c’était là où bon nombre de discussion et rencontre. Je ne pouvais que le comprendre, c’était un endroit à la fois intime et professionnel, on s’y sentait bien, les langues se déliaient. Ou au contraire, là où se déroulait les disputes débouchant sur des décisions fatidiques, comme ce que précisa Doran dans la suite de ces paroles.

« Les disputes dans une fratrie peuvent avoir de sérieuses conséquences… » marmonnais-je sans m’en rendre compte. C’était une réflexion plus pour moi-même que pour Doran, bien que je me doutais qu’il avait entendu. Tournant la tête vers le feu, j’essayais par le même coup de masquer la sourde tristesse dans mon regard. Je ne comprenais guère pourquoi mon demi-frère ne semblait pas m’apprécier, et cela avait tendance à me bouffer intérieurement. Je pris une profonde inspiration avant de me tourner à nouveau vers Doran, qui d’ailleurs en avait profité pour se saisir d’alcools et de verres de cristal. Aussitôt, la mélancolie et la tristesse qui m’avaient saisi disparurent plus vite que l’éclair, et mon sourire réapparut.

« Voilà une bien sage décision, » pour un bon buveur tel que moi. « Venez donc vous assoir, mettez-vous à l’aise ! » dis-je en désignant les fauteuils qui parsemaient le salon. « Sauf si vous préférez un autre endroit, si jamais celui-ci ne vous rappelle trop de souvenirs tristes. Je suis d’ailleurs bien désolé pour vos pertes. » Désolé et bien irrité, après tout, s’ils n’étaient pas morts, je n’aurais pas eu à me marier dans ce royaume pouvant s’apparenté au royaume des glaces éternelles. « Je me demandais… en toute discrétion. Que pensez-vous de ce mur entre nos deux royaumes ? » Et de tout ce qui en découle : les tensions entre les peuples, cette séparation, cette différence d’allégeance, ce qu’il comptait faire, ce qu’il ne comptait pas faire… Voilà bien des petites lignes pour une simple question émise à haute voix. Il faut dire que, je ne le connaissais pas. Je ne savais pas ce qu’il pensait de tout cela. Si j’émettais bien trop fort mes doutes et mes propres idées sur l’avenir des deux pays, alors que Doran était parfaitement contraire à ce que je pense, cela risquerait de créer des tensions – et je ne voudrais pas me faire empoisonner en retour. « Après tout, il vous sépare de votre sœur, cela ne doit pas être facile tous les jours. En parlant de votre sœur, rassurez-vous, je ne la maltraiterai pas. » C’était bien trop loin de mes propres valeurs – car oui, j’avais des valeurs – frapper une femme ou la maltraiter d’une quelconque manière était parfaitement dégoutant. Et indigne de ma personne. « J’ose espérer qu’elle nous donnera beaucoup d’héritiers ! » Parce que je ne pouvais m’empêcher de lancer une pique envers Doran. Même si, en mon fort intérieur, cela me faisait tiquer aussi. Je ne me voyais pas encore père, pour ne pas dire que cela me faisait un peu peur. Alors j’aimerais, si possible, attendre le plus longtemps possible avant d’avoir des héritiers. Tout en essayant d’en avoir…


‹c› Vanka
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Jeu 8 Nov - 18:30


La réflexion de Shay pour lui-même n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd, mais Doran gardait la chose pour lui, pour le moment. Il demanda à Traja des informations sur la famille royale de Fal, mentalement, utilisant ses pouvoirs pour la première fois librement depuis des semaines. Il savait que Traja aimait moyennement quand il faisait ça, et Doran s’excusa dans le même message, signalant qu’il viendrait aux nouvelles dans quelques minutes. Plus il pouvait en savoir, mieux cela serait ; mais il aurait dû aller creuser dans l’histoire de la royauté de Fal en amont, pour pouvoir être prêt à la discussion d’aujourd’hui. Mais les disputes entre adelphes étaient quelque chose qui appartenait à l’histoire pour Doran, jamais il ne se souvenait s’être disputé avec Dayle ; il se souvenait plus de conflits avec ses aînés, de leur vivant, Aura et Lenart, mais la distance d’âge puis la distance tout court avait grandement limité les choses.

« Je vous remercie » dit-il en réponse aux condoléances qui lui étaient envoyées, servant l’alcool dans les deux verres et acceptant l’invitation à s’asseoir. « Ce salon est très bien, j’aurais des histoires pour chaque pièce de toute manière. » Et ce n’était pas faux, le Château actuel d’Opale était trop neuf pour porter l’histoire d’un royaume comme le faisait celui de Topaze, et avait assez peu d’histoires à raconter, lui en comptait au moins 300 ans entre ses murs depuis sa reconstruction après la destruction partielle du tremblement de terre. En parlant de murs, Shay lança la conversation sur celui qui traversait leurs deux pays, anciennement uni. Doran souleva un sourcil. Mentionner le mur c’était mentionner un sujet délicat, dangereux même. Un thème qui séparait Opalois et Topaziens autant sur le fond que sur la forme. Plusieurs générations de conflits, et d’autres qui continueraient si le plan de Doran et Dayle échouait. D’ailleurs, il faudrait compter avec Shay dedans, et le fait qu’il amène ce point n’était pas sans vouloir rien dire, mais la signification pouvait avoir deux sens bien différents.

Mais avant que le jeune roi n’ait pu répondre à ça, le prince de Fal enchaîna sur un sujet plus épineux mais autrement ; la descendance. En entendant sa réflexion sur les héritiers que pourrait donner Dayle, Doran, buvant, manqua de s’étouffer. Il s’excusa en toussant et se redressa pour reprendre sa respiration et tournant le dos essuya les larmes naturellement venues à ses yeux tandis que l’alcool faisait un mauvais trajectoire, lui brulant gorge et poumon. « Oui…bien entendu. » Sa réponse orale était froide comme la glace mais sa réaction l’avait trahit ; sa sœur avait raison, le prince maniait bien les mots, et il venait de marquer un point. Doran recontacta Traja mentalement et retint ce qu’elle avait à lui dire sur la famille de Shay, et il fit assez vite le lien avec la réflexion lâchée plus tôt par le Falois. « Avez-vous des frères ou des sœurs, Prince ? » demanda Doran en se rasseyant sur son fauteuil, posant ses yeux ambrés dans ceux de Shay. « Il me semble que l’un des sujets évoqués plus tôt vous paraissait évocateur. » Doran aurait préféré garder cela pour plus tard, mais si ça pouvait l’éloigner des deux sujets qu’il ne voulait pas aborder, à savoir le mur et une potentielle grossesse de Dayle (non merci), c’était à son avantage. Alors il n’avait pas hésité.
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Lun 12 Nov - 15:46

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D
oran ne sembla donc pas aussi perturbé que je ne le pensais par cette pièce et son histoire tragique. Tant mieux dans un sens, car j’affectionnais beaucoup cet endroit et il me serait difficile de lever mon royal postérieur de ce sofa des plus moelleux et agréable. Oui, très difficile. Surtout que toutes les pièces ne sont pas aussi chauffées que celle-ci – bon il faut dire que ce fut à ma demande que cette pièce soit chauffé. Tout comme concernant mon bain privé, j’avais eu quelques exigences qui furent agréablement prises en compte. Les Topaziens avaient décidément envie que je reste et que ce mariage se concrétise. De ce fait, j’accueillis la réponse de Doran par un large sourire satisfait tout en prenant mon verre pour en boire une bonne gorgée.

«
Et je serais ravi d’entendre ces histoires ! » répondis-je à sa remarque sur le fait qu’il connaissait bien le château. Et ce n’était pas des paroles en l’air ou du paraître : je le pensais réellement. Plus j’en saurais sur Topaze, que ce soit le château ou les habitants, mieux je pourrais être un bon régent. C’était ainsi que je voyais les choses du moins. J’eus un regard sur mon verre qui me sembla alors étrangement vide – étant un bon buveur, je devais bien avouer que cela me surpris. Peut-être que j’angoissais plus que je ne le pensais de cette rencontre ? Pourtant, je ne fis comme de rien n’était, et poursuivais la conversation.

A
la mention des enfants que je ferais avec Dayle, Doran s’étouffa avec son verre. Fort heureusement que je n’avais pas prit de gorgée – de toute façon mon verre était vide – car à n’en pas manquer, je me serais étouffé également. De rire ! Je gardais tout de même une expression neutre. Jusqu’à ce que Doran se lève et me tourne le dos, alors je ne pus empêcher un sourire à la fois triomphale et diabolique se peindre sur mon visage. J’en profitais également pour me resservir – ni vu ni connu. La réponse de Doran fut froide, ce qui ne put que renforcer ma victoire – j’avais gagné ce round.

«
Voulez-vous un tissu pour vous essuyer ? » demandais-je, faussement compatissant, avec un ton parfaitement neutre – quoique transpercé tout de même une pointe (seulement une pointe (minuscule, la pointe)) d’amusement. Cependant, je me doutais qu’il y aurait également un revers, alors lorsque Doran se décida à revenir, j’avais déjà repris une expression neutre et je me préparais intérieurement à une réplique.

Q
ui ne manqua pas de venir. Doran avait donc décidé de ne pas répondre à mes questions précédentes sur son ressenti vis-à-vis des différents entre Topaze et Opale. Je devais dire que j’étais quelque peu déçu : j’avais bien besoin de son avis sur la question pour pouvoir me situer sur ma relation diplomatique avec Opale. Ou plus particulièrement, avec son roi. Etant donné qu’il était le jumeau de Dayle, je ne pouvais pas simplement faire abstraction du « problème ». S’il avait été un roi lambda qui avait prit le contrôle d’Opale… ouais, je me sentais bien d’attaquer son royaume pour l’annexer à nouveau à Topaze – sous le nom de Topaze donc. Ainsi, pour revenir à nos moutons : Doran oublia totalement cette partie de l’échange, pour se concentrer sur le fait de m’envoyer un revers. Ce n’était pas très royal de sa part… Oui, vraiment décevant. Je ne pus m’empêcher cependant d’afficher durant une fraction de seconde, un rictus ennuyé lorsqu’il mentionna ma fratrie, par rapport au sujet précédent.

J
’haussais les épaules. Il fallait éluder la question, ne pas trop s’étendre. Ne pas non plus mettre mes affaires familiales à plat. Cela ne le concernait pas de toute manière, et je ne voyais pas ce que ma relation avec Zaïm pouvait bien lui faire, à part m’envoyer des piques. Donc, en d’autres termes, parler de Zaïm ne m’apporterait pas grand-chose de mieux dans ma relation avec Doran. Pour me donner un semblant de contenance, je pris une légère gorgée d’alcool.

«
Evocateur, oui, puisque je suis plutôt de l’avis que les plus grandes discordances dans l’histoire viennent de troubles familiaux. Les conflits entre l’Empire et la Confrérie misent à part, bien entendu. C’est pourquoi, autant pour l’avenir d’Opale que de Topaze, j’aimerais que nous puissions nous entendre. »

C
’était tout à fait sincère. Bien que potentiellement irréalisable. Après tout, nous étions assez mal partis, à nous lancer des piques dès que nous en avions l’occasion. Mais au moins faire semblant ? Devant Dayle. Même si je doutais qu’elle soit dupe. Et puis, avec cette phrase, je sous-entendais également qu’il n’était pas impossible d’un avenir commun entre nos deux royaumes. Sous entendant là encore qu’il fallait régler cette histoire de mur et de frontière et de peuples et de conflits d’idéaux. Mais il fallait savoir lire entre les lignes, j’osais simplement espérer que Doran saurait le faire. Enfin… s’il était du même avis que moi, bien entendu. Aussi, notez cher lecteur que je venais habilement d’éviter le sujet « Zaïm ».

«
Me mariant avec votre sœur, nous ne pouvons que nous entendre… » Oui bon je devais dire que j’étais le premier à lancer des piques. C’était tellement tentant. « Après tout, vous voulez certainement que son bonheur, et je suis certainement le meilleur choix. » Arrosons donc cet échange par un peu de narcissisme. « Du coup, comment voyez-vous les relations futures entre nos deux royaumes ? »
‹c› Vanka
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