Most of us are bitter over someone - Shay

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Sam 03 Nov 2018, 16:11

Revenir à Topaze était étrange, revenir à Topaze en tant que Roi d’Opale l’était encore plus. Inquiétant aussi, quand on savait ce qui était arrivé la dernière fois que la Royauté d’Opale et de Topaze s’étaient rencontrées. Il avait quitté la contré où il était né pour la contrée où il avait grandi en passant par le mur, chose hideuse qui coupait un pays en deux pour des âneries. Il n’avait pas pris le cortège royal, préférant un plus petit, plus discret. Arriver en grande pompe dans un pays qui, théoriquement, ne vous aimait pas plus que ça, ce n’était pas évident. Il avait dormi comme n’importe qui, avec un peu d’argent, dans des chambres d’auberges pendant son voyage, autant à Opale qu’à Topaze, et soupirait du si peu de différence qui séparaient pourtant un seul et même peuple. Il était accompagné du capitaine de sa garde, qui lui servait de garde du corps pour l’occasion, et d’une de ses conseillères. Oui, une femme, pour Topaze. Il savait très bien ce qu’il faisait, et puis elle était l’une des rares à ne pas essayer de le manipuler. Il avait confiance en Traja et elle méritait plus que les autres de l’accompagner à Topaze.

C’est en milieu de matinée qu’il arriva au château de Topaze, où il fut immédiatement reconnu par le palefrenier, le même depuis l’époque de son oncle Darius, un homme d’un certain âge qui l’avait vu grandir et le prit dans ses bras pour le saluer, le brisant presque dans son embrassade. Albus, le chef de la garde, vint interrompre les salutations assez rapidement, et Doran demanda au vieux palefrenier des nouvelles du château. Il avait passé quelques années de sa vie ici, avant de partir faire ses années d’écuyer à Jade et revenait désormais dans un tout autre rôle. Cela lui faisait bizarre, et il avait un pincement au cœur en pensant que plus jamais il ne verrait son Oncle Darius entre ces murs. Il irait probablement visiter sa tombe plus tard. Pour le moment il se fit annoncer auprès du château et y pénétra, accompagné d’Albus et Traja ; dans son esprit une seule chose, le fait de revoir Dayle après ces quelques mois sans elle. Il avait l’impression qu’on lui avait coupé une partie du cœur et qu’il allait à nouveau être complet. Mais avant d’atteindre là où Dayle l’attendrait surement, une toute autre compagnie se fit voir au bout du couloir. Avant qu’ils ne fussent trop prêt, Traja lui murmura qu’il s’agissait du futur Régent, donc futur époux de Dayle, Shay de Fal.

Quand ils furent enfin à proximité, Doran lui tendit une main afin de le saluer plus proprement. « Prince Shay, enfin en chair et en os, je suis honoré de vous rencontrer, ma sœur m’a dit beaucoup de bien de vous. » mensonges éhontés cachés derrière un sourire poli et une poignée de main extrêmement ferme. Il n’aimait déjà pas le personnage qu’il avait en face de lui, mais il devait faire avec. Pour le moment.
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Dim 04 Nov 2018, 10:05

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1570 - Mois 6


Q
ui l’eut crut : moi, futur régent de Topaze. Moi qui suis pacifiste, et ce malgré ma formation de Chevalier, j’allais devenir régent d’un royaume militarisé pro-combat pro-guerre. On peut dire que je n’étais pas le meilleur des choix pour ce pays, tout comme je pense que Dayle en régente n’est pas non plus le meilleur des choix. Elle a l’air trop douce, comme la peau d’une pêche. Néanmoins, cela ne m’empêche pas de penser à ce qui serait bon pour ce royaume. Plus de bois pour pouvoir se chauffer en hiver : c’était certainement la première chose de ma check-list. Redorer un peu la façade du château ? Son allure austère et sombre me rend triste, dépressif, et vaseux. Assurément, lorsque je serais régent, Topaze allait avoir droit à un ravalement de façade digne des plus grands stylistes Rubiens.


D
ans un sens, malgré les circonstances, j’avais quand même hâte d’avoir un peu de pouvoirs sur ce royaume. Pour le moment, n’étant que fiancé et non marié à Dayle, je n’avais pas encore le statut. Je ne pouvais que conseiller mes futurs conseillers – ironiques n’est-ce pas ? – sur ce qui se passera lorsque je serais à la tête. Les changements qui devront être opérer. Déjà, j’avais pour idée de faire sauter quelques têtes parmi les conseillers de Topaze – certains me semblaient louches, compte tenu des massacres antérieurs, je préférais me prévenir de potentiels tentatives de meurtre envers moi. Donc, du sang neuf parmi les conseillers. Il allait aussi falloir que je me renseigne sur les gardes royaux qui sont censés surveiller ma sécurité ainsi que celle de Dayle. Mieux valait prévenir que guérir – Parandar seul sait à quel point il serait dur de guérir la mort.

« Il faudra plus de verdures et de décoration ici, » dis-je au conseiller qui me suivait comme son nombre avec son calepin pour noter toutes mes exigences. « On fera venir un décorateur Rubien, ils ont le sens du détail. Plus d’ouverture, c’est tellement fermé qu’on se croirait en prison. Il faudra sûrement abattre quelques murs pour agrandir le Château et redécorer… »
« Hm, c’est peut-être… un peu exagéré… non ? » Le conseiller tentait de me contredire gentiment, pour me faire comprendre que trop de modifications allaient sûrement revenir cher, mais je ne l’écoutais déjà plus.
« Plus de bois ! Il faudra plus de bois, quitte à importer d’autres royaumes. Je veux pouvoir ne pas avoir froid dans n’importe quelle pièce de ce château. »
« Oui, mais, l’argent… »
« On augmentera les fonds en travaillant plus. Enfin, en faisant travailler le peuple plus… Topaze est déjà une grande force militaire, mais il faut élargir la gamme pour rester le plus compétitif et intéressant aux yeux de Jade. »
« Oui, c’est une bonne idée, mais… »
« Lors du mariage, je veux une grande fête, avec… »
« Seigneur Shay, » m’interrompis un serviteur. « Sa Majesté Doran est arrivé. »
« Doran… » Je réfléchis un instant. Ce nom me disait vaguement quelque chose, mais je l’avais oublié, ou rangé trop profondément dans ma mémoire. « Doran… »
« Le frère de Lady Dayle, votre fiancée, Seigneur… » fit mon conseiller d’une toute petite voix. « Vous lui avez envoyé une lettre, rappelez-vous… »
« Une lettre ? Ah, oui, j’avais demandé à un serviteur d’envoyer une lettre de ma part au frère de Dayle. Je m’en souviens. Il est ici donc ? Parfait ! Amenez-moi à lui. »


D
’un geste évasif de la main, je congédiais mon conseiller pour ensuite suivre le serviteur d’une démarche assurée. En soit, je savais très bien que mes exigences concernant le bois et l’argent étaient un peu trop haute. Je n’avais pas encore accès aux comptes du royaume, je ne pouvais que faire des conjectures sur ce que je pourrais faire une fois régent. Assurément, si je voulais faire un peu de tout ce que je prévoyais, il allait falloir bien m’organiser pour ne pas faire couler Topaze à peine serais-je à sa tête. Et surtout, ne pas me faire détester du peuple.

L
orsque j’aperçus Doran, je mis tout ceci de côté. Pour le moment, il n’était plus temps de penser à redécorer le château et à faire de Topaze un royaume plus compétitif qu’il ne l’est déjà dans le domaine militaire, notamment pour surpasser Opale – si tant est que ce soit possible. Pour le moment, seul comptait mon entrevue avec Messire Doran, Roi d’Opale et futur Beau-frère, à qui je serrais chaudement la main, un grand sourire aux lèvres.

« Du bien de moi ? » ne puis-je m’empêcher de souligner en arquant un sourcil. Dayle, parlant en bien de moi à son frère, cela sentait le mensonge et l’ironie. Néanmoins, je n’en laissais rien paraître, et je gardais mon sourire. « Bien heureux de vous rencontrer également. Dayle au contraire, ne m’a pas beaucoup parlé de vous… » Pan, dans les dents. « Trop occupée par le mariage prochain, sans doute. » Bim, le revers. « Vous serez des nôtres bien entendu. » Quel frère oserait manquer le mariage de sa sœur avec un être aussi parfait que moi ? Doran devait, assurément, être très fier de sa sœur et heureux pour elle. Assurément. « Venez donc parler un instant avec moi en privé. Il serait bien d’apprendre à nous connaître, en tant que futur membres d’une même famille. Allons dans un salon – chauffé – les serviteurs apporteront de quoi vous désaltérer et rassasier au besoin. »

J
’indiquais une direction d’un mouvement de bras souple et élégant – oui, tout était souple et élégant chez moi – l’enjoignant à me suivre avec un large sourire. Il faut dire que dans la pièce où nous étions actuellement, il faisait un peu frais, pour un mois de saison chaude – c’était vraiment la saison chaude à Topaze ? Grand Dieu, j’ai peur de l’hiver. Le petit salon faisant office de pièces de détente avec sofa, table basse, cheminée, livres et cigares dans une ambiance très cosy, avec une haute fenêtre laissant voir un magnifique panorama au dessus des arbres – puisque le salon en question était au troisième étage.

‹c› Vanka
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Lun 05 Nov 2018, 11:19

« Cet homme est en réalité invivable. Je ne comprends pas comment quelqu'un puisse autant se permettre de se penser le centre du monde et tout savoir mieux que les autres. » Voilà ce que Dayle lui avait dit de Shay de Fal, et voilà exactement ce que Doran découvrait à l’instant ; il comprenait mieux certaines des émotions provenant de son bracelet maintenant, un mélange de dégout, de mécontentement et de soupirs blasés qui traversaient distances et murs pour arriver jusqu’à lui. Et dire que Dayle allait devoir vivre avec ça jusqu’à un trop long moment sans doute.
Doran ne réagit pas à ses remarques mesquines, quand bien même il en brulait d’envie ; il était le premier à avoir lancé les hostilités après tout, et malgré leur différence d’âge, il était bien déterminé à se prouver plus mature que le futur régent de Topaze. En plus, sans en avoir besoin, il pouvait quasiment lire dans les pensées de Traja à ses côtés, qui devait lui crier mentalement de rester calme et courtois. Il se demandait d’ailleurs comment elle vivait l’instant, après tout, cet homme était le roi de son peuple exilé. Il lui demanderait plus tard, car pour le moment on l’invitait à une entrevue privée, il hocha la tête et suivit Shay dans une pièce qu’il connaissait bien.

« Le petit salon de chasse, bon choix » hocha-t-il après avoir pénétré la pièce, jetant vite fait un œil au feu qui brulait dans la cheminée. A cette saison, vraiment ? Si le prince se couvrait un peu plus, peut-être n’aurait-il pas aussi froid. Il connaissait bien ce salon, c’était le préféré de son oncle, et il y passait des heures à raconter à son neveu et à sa nièce l’histoire du Royaume uni d’autrefois. « Saviez-vous que c’est dans cette pièce que j’ai vu pour la dernière fois le Régent Darius, peu après la mort de mon père, quand je me rendais en terre Opaloise pour lui dire adieu ? » Il ne savait pas non, mais Doran tenait à faire rappeler, de manière claire mais indirecte, son appartenance à ce pays, son affection pour ce dernier et son droit du sang, plus grand et puissant que toutes les espérances et envies du prince Falois.  « C’est aussi là où le Roi Stannis, qui a reconstruit Opale après le grand tremblement de terre, tenait ses plus longues discussions avec son bras-droit. » Aujourd’hui, pour qui s’intéressait de prêt à la vie des rois d’Opale, la relation entre Stannis et son conseiller n’était plus un mystère, mais plutôt une histoire que l’ont exploitait dans les drames, pour souligner la tragédie de la chose à une époque où ce genre de relation pouvait faire choir un Roi, même si ce n’était pas cela qui avait sonné la fin de Stannis. Vraiment, son histoire se sciait plutôt bien au théâtre, et Doran surveillait, par intérêt, les lectures liées à sa lointaine famille, lui qui appréciait la généalogie tout au tant que l’art littéraire. « Enfin, c’est ici-même que s’est préparée la déchirure du pays, quand Adèle d’Opale et son jumeau Adrien de Topaze ne purent se mettre en accord, créant ce mur qui sépare ces royaumes. » Il se promenait dans la pièce, regardant par la fenêtre, étalant sa connaissance de manière certes un peu pompeuse mais aussi génuine. Cela lui faisait plaisir de partager ce savoir à quelqu’un qui l’ignorait, surtout s’il devait assurer bientôt la régence de ce pays. Mais Doran n’oubliait pas, loin de là, l’autre message qu’il faisait passer à travers ses mots.

Il s’approcha d’une étagère et bougea un livre ; une planche du bas glissa sur le côté, dévoilant une partie cachée où se révélèrent alcools et verres de cristal ; « vous avez proposé de nous faire servir quelque chose n’est-ce-pas, mais ne pouvons-nous pas le faire nous-même, si nous souhaitons ne pas nous faire déranger. Je suis sûr que nous avons beaucoup à apprendre l’un de l’eau, mon cher futur beau-frère. »

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Mar 06 Nov 2018, 17:08

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1570 - Mois 6


D
oran ne fit aucuns commentaires lorsque je le titillais un peu. Je devais dire que j’étais un peu déçu. Je m’étais attendu à une petite joute verbale royale où nous mettrions nos verbes à l’épreuve, lors d’une bataille sans merci où le vainqueur ne pourrait être autre que moi. Mais là, rien. J’avais gagné cette manche un peu trop facilement à mon gout, et cela me laissa une sensation amère au fond de la gorge. Cependant, je n’en laissais rien paraître, et je le conduisis jusqu’à la fameuse salle en étant toujours aussi souriant et enthousiaste que lors du début de notre rencontre. Presque un peu niais sur les bords – mais les bords seulement.

A
rrivés dans le fameux salon de chasse, la première chose que je fis fut de m’installer dans le sofa, non loin du feu qui crépitait doucement dans la cheminée. Ce n’était pas un grand feu, juste quelques braises flambées pour réchauffer un peu la salle. Frileux ? Oui, clairement, je l’étais, et ce n’était pas nouveau. Je me sentais d’ailleurs déjà mieux rien qu’en étant près du feu, même si je n’avais pas spécialement froid à la base. J’aimais avoir chaud, donc plus j’ai chaud, mieux je me sens. Bref, tout ceci n’est pas spécialement intéressant. Je m’étais donc assis dans le sofa dans une position mi-décontracté mi-strict (deal with it). Après tout, cette entrevue avec Doran avait aussi une certaine valeur diplomatique, je ne pouvais pas me permettre de me laisser totalement aller comme je le faisais avec Dayle – il faut dire qu’elle a le don de faire ressortir le pire en moi.

F
ort heureusement, Doran m’enleva la délicate tâche de devoir prendre la parole en premier. Je devais bien avouer ne pas savoir par où commencer, et lui demander comment il se sentait vis-à-vis du mariage avec Dayle n’était peut être pas une bonne entrée en matière, ni lui demander s’il était possible de briser ce mur entre Topaze et Opale qui rendait le paysage si peu élégant et encore plus austère qu’il ne l’est déjà. Bref, j’avais en tête des choses qui ne sont peut-être pas bonne à dire lors d’une première rencontre avec son futur beau-frère roi d’un royaume de l’Alliance qui pourrait éventuellement fournir Topaze en bois sachant que la physionomie de son royaume prêtait à penser qu’ils en avaient beaucoup.

B
ref, Doran prit donc la parole… pour parler de l’ancien Régent et de son ancienne appartenance à Topaze. Je ne savais pas trop comment je devais prendre cette question – était-elle mesquine ? Avait-elle un but autre que simplement mettre une ambiance plus légère à cette discussion ? Devais-je prendre cela comme une sorte d’insulte, comme quoi je ne serais pas aussi bon régent que l’était ce bon Darius. Ou bien voulait-il me rappeler qu’il connaissait déjà les lieux, que ce n’était pas un étranger, comme pour me faire comprendre que j’ai été injurieux précédemment ? Ce qui ne m’étonnerait pas, en vérité. Cependant, Doran ne me laissa pas faire un commentaire que le voilà à me réciter des leçons d’histoire, sur l’ancien roi Stannis et son bras droit. Bien entendu, je m’étais renseigné sur les royautés passées dans la régence d’Opale – puisqu’à la base, Topaze était Opale – cependant je ne savais pas pour son bras droit, et quelque chose me disait que les sofas n’étaient pas utilisés que pour se reposer, du moins était-ce ce que je comprenais dans le ton employé par Doran. Mais je m’y cela de côté, après tout, quoique l’ancien roi ait pu faire dans cette pièce, cela ne me regardait pas. Tout ce que je devais retenir, c’était que ce salon était sans nul doute une pièce importante du château puisque c’était là où bon nombre de discussion et rencontre. Je ne pouvais que le comprendre, c’était un endroit à la fois intime et professionnel, on s’y sentait bien, les langues se déliaient. Ou au contraire, là où se déroulait les disputes débouchant sur des décisions fatidiques, comme ce que précisa Doran dans la suite de ces paroles.

« Les disputes dans une fratrie peuvent avoir de sérieuses conséquences… » marmonnais-je sans m’en rendre compte. C’était une réflexion plus pour moi-même que pour Doran, bien que je me doutais qu’il avait entendu. Tournant la tête vers le feu, j’essayais par le même coup de masquer la sourde tristesse dans mon regard. Je ne comprenais guère pourquoi mon demi-frère ne semblait pas m’apprécier, et cela avait tendance à me bouffer intérieurement. Je pris une profonde inspiration avant de me tourner à nouveau vers Doran, qui d’ailleurs en avait profité pour se saisir d’alcools et de verres de cristal. Aussitôt, la mélancolie et la tristesse qui m’avaient saisi disparurent plus vite que l’éclair, et mon sourire réapparut.

« Voilà une bien sage décision, » pour un bon buveur tel que moi. « Venez donc vous assoir, mettez-vous à l’aise ! » dis-je en désignant les fauteuils qui parsemaient le salon. « Sauf si vous préférez un autre endroit, si jamais celui-ci ne vous rappelle trop de souvenirs tristes. Je suis d’ailleurs bien désolé pour vos pertes. » Désolé et bien irrité, après tout, s’ils n’étaient pas morts, je n’aurais pas eu à me marier dans ce royaume pouvant s’apparenté au royaume des glaces éternelles. « Je me demandais… en toute discrétion. Que pensez-vous de ce mur entre nos deux royaumes ? » Et de tout ce qui en découle : les tensions entre les peuples, cette séparation, cette différence d’allégeance, ce qu’il comptait faire, ce qu’il ne comptait pas faire… Voilà bien des petites lignes pour une simple question émise à haute voix. Il faut dire que, je ne le connaissais pas. Je ne savais pas ce qu’il pensait de tout cela. Si j’émettais bien trop fort mes doutes et mes propres idées sur l’avenir des deux pays, alors que Doran était parfaitement contraire à ce que je pense, cela risquerait de créer des tensions – et je ne voudrais pas me faire empoisonner en retour. « Après tout, il vous sépare de votre sœur, cela ne doit pas être facile tous les jours. En parlant de votre sœur, rassurez-vous, je ne la maltraiterai pas. » C’était bien trop loin de mes propres valeurs – car oui, j’avais des valeurs – frapper une femme ou la maltraiter d’une quelconque manière était parfaitement dégoutant. Et indigne de ma personne. « J’ose espérer qu’elle nous donnera beaucoup d’héritiers ! » Parce que je ne pouvais m’empêcher de lancer une pique envers Doran. Même si, en mon fort intérieur, cela me faisait tiquer aussi. Je ne me voyais pas encore père, pour ne pas dire que cela me faisait un peu peur. Alors j’aimerais, si possible, attendre le plus longtemps possible avant d’avoir des héritiers. Tout en essayant d’en avoir…


‹c› Vanka
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Jeu 08 Nov 2018, 13:30


La réflexion de Shay pour lui-même n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd, mais Doran gardait la chose pour lui, pour le moment. Il demanda à Traja des informations sur la famille royale de Fal, mentalement, utilisant ses pouvoirs pour la première fois librement depuis des semaines. Il savait que Traja aimait moyennement quand il faisait ça, et Doran s’excusa dans le même message, signalant qu’il viendrait aux nouvelles dans quelques minutes. Plus il pouvait en savoir, mieux cela serait ; mais il aurait dû aller creuser dans l’histoire de la royauté de Fal en amont, pour pouvoir être prêt à la discussion d’aujourd’hui. Mais les disputes entre adelphes étaient quelque chose qui appartenait à l’histoire pour Doran, jamais il ne se souvenait s’être disputé avec Dayle ; il se souvenait plus de conflits avec ses aînés, de leur vivant, Aura et Lenart, mais la distance d’âge puis la distance tout court avait grandement limité les choses.

« Je vous remercie » dit-il en réponse aux condoléances qui lui étaient envoyées, servant l’alcool dans les deux verres et acceptant l’invitation à s’asseoir. « Ce salon est très bien, j’aurais des histoires pour chaque pièce de toute manière. » Et ce n’était pas faux, le Château actuel d’Opale était trop neuf pour porter l’histoire d’un royaume comme le faisait celui de Topaze, et avait assez peu d’histoires à raconter, lui en comptait au moins 300 ans entre ses murs depuis sa reconstruction après la destruction partielle du tremblement de terre. En parlant de murs, Shay lança la conversation sur celui qui traversait leurs deux pays, anciennement uni. Doran souleva un sourcil. Mentionner le mur c’était mentionner un sujet délicat, dangereux même. Un thème qui séparait Opalois et Topaziens autant sur le fond que sur la forme. Plusieurs générations de conflits, et d’autres qui continueraient si le plan de Doran et Dayle échouait. D’ailleurs, il faudrait compter avec Shay dedans, et le fait qu’il amène ce point n’était pas sans vouloir rien dire, mais la signification pouvait avoir deux sens bien différents.

Mais avant que le jeune roi n’ait pu répondre à ça, le prince de Fal enchaîna sur un sujet plus épineux mais autrement ; la descendance. En entendant sa réflexion sur les héritiers que pourrait donner Dayle, Doran, buvant, manqua de s’étouffer. Il s’excusa en toussant et se redressa pour reprendre sa respiration et tournant le dos essuya les larmes naturellement venues à ses yeux tandis que l’alcool faisait un mauvais trajectoire, lui brulant gorge et poumon. « Oui…bien entendu. » Sa réponse orale était froide comme la glace mais sa réaction l’avait trahit ; sa sœur avait raison, le prince maniait bien les mots, et il venait de marquer un point. Doran recontacta Traja mentalement et retint ce qu’elle avait à lui dire sur la famille de Shay, et il fit assez vite le lien avec la réflexion lâchée plus tôt par le Falois. « Avez-vous des frères ou des sœurs, Prince ? » demanda Doran en se rasseyant sur son fauteuil, posant ses yeux ambrés dans ceux de Shay. « Il me semble que l’un des sujets évoqués plus tôt vous paraissait évocateur. » Doran aurait préféré garder cela pour plus tard, mais si ça pouvait l’éloigner des deux sujets qu’il ne voulait pas aborder, à savoir le mur et une potentielle grossesse de Dayle (non merci), c’était à son avantage. Alors il n’avait pas hésité.
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Lun 12 Nov 2018, 10:46

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D
oran ne sembla donc pas aussi perturbé que je ne le pensais par cette pièce et son histoire tragique. Tant mieux dans un sens, car j’affectionnais beaucoup cet endroit et il me serait difficile de lever mon royal postérieur de ce sofa des plus moelleux et agréable. Oui, très difficile. Surtout que toutes les pièces ne sont pas aussi chauffées que celle-ci – bon il faut dire que ce fut à ma demande que cette pièce soit chauffé. Tout comme concernant mon bain privé, j’avais eu quelques exigences qui furent agréablement prises en compte. Les Topaziens avaient décidément envie que je reste et que ce mariage se concrétise. De ce fait, j’accueillis la réponse de Doran par un large sourire satisfait tout en prenant mon verre pour en boire une bonne gorgée.

«
Et je serais ravi d’entendre ces histoires ! » répondis-je à sa remarque sur le fait qu’il connaissait bien le château. Et ce n’était pas des paroles en l’air ou du paraître : je le pensais réellement. Plus j’en saurais sur Topaze, que ce soit le château ou les habitants, mieux je pourrais être un bon régent. C’était ainsi que je voyais les choses du moins. J’eus un regard sur mon verre qui me sembla alors étrangement vide – étant un bon buveur, je devais bien avouer que cela me surpris. Peut-être que j’angoissais plus que je ne le pensais de cette rencontre ? Pourtant, je ne fis comme de rien n’était, et poursuivais la conversation.

A
la mention des enfants que je ferais avec Dayle, Doran s’étouffa avec son verre. Fort heureusement que je n’avais pas prit de gorgée – de toute façon mon verre était vide – car à n’en pas manquer, je me serais étouffé également. De rire ! Je gardais tout de même une expression neutre. Jusqu’à ce que Doran se lève et me tourne le dos, alors je ne pus empêcher un sourire à la fois triomphale et diabolique se peindre sur mon visage. J’en profitais également pour me resservir – ni vu ni connu. La réponse de Doran fut froide, ce qui ne put que renforcer ma victoire – j’avais gagné ce round.

«
Voulez-vous un tissu pour vous essuyer ? » demandais-je, faussement compatissant, avec un ton parfaitement neutre – quoique transpercé tout de même une pointe (seulement une pointe (minuscule, la pointe)) d’amusement. Cependant, je me doutais qu’il y aurait également un revers, alors lorsque Doran se décida à revenir, j’avais déjà repris une expression neutre et je me préparais intérieurement à une réplique.

Q
ui ne manqua pas de venir. Doran avait donc décidé de ne pas répondre à mes questions précédentes sur son ressenti vis-à-vis des différents entre Topaze et Opale. Je devais dire que j’étais quelque peu déçu : j’avais bien besoin de son avis sur la question pour pouvoir me situer sur ma relation diplomatique avec Opale. Ou plus particulièrement, avec son roi. Etant donné qu’il était le jumeau de Dayle, je ne pouvais pas simplement faire abstraction du « problème ». S’il avait été un roi lambda qui avait prit le contrôle d’Opale… ouais, je me sentais bien d’attaquer son royaume pour l’annexer à nouveau à Topaze – sous le nom de Topaze donc. Ainsi, pour revenir à nos moutons : Doran oublia totalement cette partie de l’échange, pour se concentrer sur le fait de m’envoyer un revers. Ce n’était pas très royal de sa part… Oui, vraiment décevant. Je ne pus m’empêcher cependant d’afficher durant une fraction de seconde, un rictus ennuyé lorsqu’il mentionna ma fratrie, par rapport au sujet précédent.

J
’haussais les épaules. Il fallait éluder la question, ne pas trop s’étendre. Ne pas non plus mettre mes affaires familiales à plat. Cela ne le concernait pas de toute manière, et je ne voyais pas ce que ma relation avec Zaïm pouvait bien lui faire, à part m’envoyer des piques. Donc, en d’autres termes, parler de Zaïm ne m’apporterait pas grand-chose de mieux dans ma relation avec Doran. Pour me donner un semblant de contenance, je pris une légère gorgée d’alcool.

«
Evocateur, oui, puisque je suis plutôt de l’avis que les plus grandes discordances dans l’histoire viennent de troubles familiaux. Les conflits entre l’Empire et la Confrérie misent à part, bien entendu. C’est pourquoi, autant pour l’avenir d’Opale que de Topaze, j’aimerais que nous puissions nous entendre. »

C
’était tout à fait sincère. Bien que potentiellement irréalisable. Après tout, nous étions assez mal partis, à nous lancer des piques dès que nous en avions l’occasion. Mais au moins faire semblant ? Devant Dayle. Même si je doutais qu’elle soit dupe. Et puis, avec cette phrase, je sous-entendais également qu’il n’était pas impossible d’un avenir commun entre nos deux royaumes. Sous entendant là encore qu’il fallait régler cette histoire de mur et de frontière et de peuples et de conflits d’idéaux. Mais il fallait savoir lire entre les lignes, j’osais simplement espérer que Doran saurait le faire. Enfin… s’il était du même avis que moi, bien entendu. Aussi, notez cher lecteur que je venais habilement d’éviter le sujet « Zaïm ».

«
Me mariant avec votre sœur, nous ne pouvons que nous entendre… » Oui bon je devais dire que j’étais le premier à lancer des piques. C’était tellement tentant. « Après tout, vous voulez certainement que son bonheur, et je suis certainement le meilleur choix. » Arrosons donc cet échange par un peu de narcissisme. « Du coup, comment voyez-vous les relations futures entre nos deux royaumes ? »
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Sam 17 Nov 2018, 15:27


On touchait donc du sensible sur la question du frère. Intéressant. A noter aussi que Shay utilisait les mêmes tactiques que Doran pour envoyer loin de lui les sujets délicats ; en évoquer d’autres, répondre à côté en donnant l’impression de répondre à la question. Dayle n’avait pas menti, il maîtrisait les mots à la perfection, et Doran se retrouvait comme face à une partie d’échec, mais une où il était dans l’incapacité de voir une part des pions de son adversaire. Une plus dangereuse également. Il n’oubliait pas le sang versé dans des histoires politiques, parfois avec des cadavres presque encore chauds. Il avait déjà assez payé pour cela, et il ne voulait pas continuer dans cette voie aussi vite. Voire plus du tout, si il pouvait l’éviter.

Mais Doran n’était pas dupe non plus, et quand Shay évoquait une entente cordiale, presque fraternelle sans doute, entre les deux futurs beaux-frères, le jeune Roi savait que c’était presque un mensonge. Ils n’avaient pas commencé à s’entendre comme des frères, et cela ne serait probablement jamais le cas. Peu importe combien le Falois pouvait promettre de prendre soin de Dayle, Doran ne lui faisait pas confiance. Et ne lui ferait jamais confiance sur ce point. Sa jumelle était plus qu’une personne née le même jour que lui ; Dayle était la moitié de son âme, une part de son cœur, l’écho de ses pas, son regard sur le monde. C’était plus fort qu’un amour, c’était un partage. A deux, uniquement, pas quelque chose qu’il voulait laisser, ne serait-ce qu’entrevoir, par quelqu’un d’autre. Dire que Doran était possessif n’aurait pas été faux. En vérité il était juste inquiet, et il le serait toute la vie de Dayle ; l’après ne serait que souffrance pour sûr. « Bien entendu, nous ne souhaitons que tous les deux le bonheur de ma bien chère sœur, cela nous rapprochera surement. » Réponse hypocrite pour un constat qui lui avait été offert d’une manière similaire, avec un brin d’égocentrisme en plus, comme il semblait convenir à Shay en permanence.

Mais le véritable sujet de conversation qui vers lequel se dirigeait à nouveau le Prince n’était pas Dayle, mais belle et bien l’entente entre Opale et Topaze, une question politique piquante, acérée, comme une lame que l’ont venait de rendre plus tranchante ; Doran se déplaça vers la fenêtre, observant les jardins et les bois qui s’étendaient à ses pieds. Il fallait mesurer ses mots, être prudent, il ne connaissait pas Shay, et ne pouvait sonder ses intentions, car en tant qu’ancien Chevalier de Jade, il avait de quoi le savoir. Doran tâtonnait donc dans l’invisible, l’ombre, sans savoir s’il allait y trouver un couteau ou une main alliée. « Vous savez, c’est un sujet délicat. Dangereux même. Du sang a coulé, cette année même, le sang de ma famille, de celle de Dayle, à ces propos. Comprenez que j’aimerais connaître votre position claire, et honnête, sur le sujet avant de m’y étendre. » Si le prince de Fal était capable d’honnêteté, perdu dans son égo, c’était dire.

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V
ouloir le bonheur de Dayle. Voilà quelque chose qui ne m’avait jamais traversé l’esprit. Vouloir le bonheur de Dayle… est-ce que je voulais son bonheur ? Là était une question intéressante. Il n’y avait pas d’amour entre nous. Du moins, ce n’était pas un amour passionné entre deux amants, ou un amour protecteur entre deux frères et sœurs. A la limite, je dirais qu’il y a une sorte d’attachement, d’appréciation de l’autre – bien que ce soit enterré bien profondément pour ne pas que cela se sache. Je devais bien avouer – je dé-avouerai par la suite – que Dayle avait un petit quelque chose de mignon lorsqu’elle se vexait. Mais tout ceci ne répond pas à ma question première : est-ce que je voulais son bonheur. Je n’avais pas l’intention de faire son malheur, bien que l’entente ne soit pas au beau fixe entre nous et que je me doutais qu’elle pense que je suis son plus grand malheur. Je n’avais pas l’intention consciemment de faire son malheur. Mais faire son bonheur, c’était une toute autre histoire. Cela demandait déjà un peu plus grand investissement dans la vie de Dayle et je doutais qu’elle souhaite que je m’immisce ainsi dans son cercle sachant qu’elle refuse déjà que je m’immisce dans son lit. Vouloir le bonheur de quelqu’un signifie également qu’on est proche de cette personne, qu’on la connait, qu’on la chérie. Pour le moment… je ne connaissais Dayle pas plus que cela. Ce n’était pas comme Doran qui a du la supporter toute sa vie. Peut-être qu’avec le temps, je le voudrais son bonheur, puisque je serais obligé de la supporter tout le restant de ma vie. Mais dire que là, maintenant, tout de suite, je veuille son bonheur était particulièrement hypocrite. Je la protègerai, c’est certain, mais sinon…

J
e ne fis pas de commentaires à son commentaire de mon commentaire. Déjà car ce doute émit un peu plus haut ne pourrait pas ne pas se voir que ce soit dans le ton de ma voix ou dans mon regard – je n’aurais pas été convaincant. On m’a toujours apprit que lorsqu’on savait qu’on ne pourrait être convaincant pour mentir, il fallait soit hocher la tête, soit changer de sujet avec habilité. Autant dire que là, j’ai réussi à faire les deux. Je n’étais pas spécialement dupe, je sentais très bien que Doran n’y croyait pas lui-même à ces paroles – du moins concernant ma partie de la chose – et je savais aussi qu’une entente entre nous, qu’un rapprochement entre deux beaux-frères serait quasiment impossible. Bien qu’en soit je ne demande qu’à avoir une famille proche et unie, je ne pouvais me mettre à nu ainsi au risque de subir des moqueries et que Doran utilise mes paroles contre moi dans d’autres situations. Alors j’ai préféré hocher la tête, et changer de sujet sur quelque chose que je « maîtrisais » mieux que mes propres sentiments et ressentis envers les personnes.

L
e mur entre Opale et Topaze. La réunification. Lorsque j’en parlais, Doran se leva et se dirigea à nouveau vers la fenêtre, signe que le sujet le touchait. Bien sûr que le sujet le touchait. C’était le roi d’Opale, et le jumeau de la régente de Topaze. Ce n’était pas rien, cette séparation. Cependant, comme il me tournait le dos, je ne pouvais en savoir plus sur ce qu’il ressentait via les expressions de son visage. Peut-être était-ce pour cela qu’il s’était déplacé d’ailleurs, pour éviter que je ne puisse découvrir ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait. Cela m’arracha un petit sourire en coin moqueur tandis que je finissais – encore – mon verre. Je me resservais le plus doucement et discrètement du monde. Avec un peu de chances, Doran n’y verra que du feu et pensera que je n’en suis qu’à mon premier verre. Loué soit ma tolérance à l’alcool qui me permettait de boire beaucoup sans être soûl et ainsi me permette d’apprécier le gout de la liqueur.

C
ependant, la réponse de Doran ne se fit pas plus attendre. Je ne pus me retenir de sourire encore une fois : Doran se montrait plus que prudent en essayant d’abord de sonder mes intentions avant de divulguer les siennes – ou pas, si jamais mes intentions ne lui siéent guère. Je ne répondis pas tout de suite. C’était une question délicate tout de même. Même s’il était dans « mon » Château, si je disais des choses qui lui étaient déplaisantes, cela risquerait de me porter préjudice dans le futur. Voir même tentera-t-il de soulever le peuple contre moi par le biais de Dayle – bien qu’étant une femme, elle a plus de légitimité sur le royaume que je n’en ai, et ce même après le mariage. Même si dans l’esprit de maints hommes topaziens, étant moi-même de sexe masculin, j’ai plus de légitimité que Dayle. Je posais alors mon menton sur mon poing lui-même accoudé à l’accoudoir – logique – du sofa. Les jambes croisées, l’autre main faisant tourner le liquide douçâtre dans son verre, mon regard se perdit au loin.

«
Je me suis toujours demandé, depuis que je suis ici, pourquoi ce n’était pas vous et non Dayle, le régent de Topaze. Après tout, au vu de la mentalité topazienne, vous auriez été accueilli en véritable roi. » Je ne sous entendais pas que Dayle n’était pas véritablement reine, mais il est vrai que la tournure de ma phrase pouvait le laisser penser. Cependant, mon véritable but était de souligner que la séparation des jumeaux et leur habilitation à leur royaume respectif était étrange, et non concordant avec l’idéologie des peuples. A moins que ce ne soit à cause de l’idéologie des jumeaux justement ? Si tel était le cas, alors peut-être ne voulaient-ils pas réunifier leur royaume… « Je ne connais pas bien Topaze. Ni Opale. Je ne peux pas me targuer de savoir ce qui serait bon pour l’un comme pour l’autre. J’ai une idée, une envie, mais cela ne pourra se faire sans que ce ne soit l’envie de Dayle ainsi que la vôtre. C’est bien pour cela que je ne peux pas me positionner sur ce sujet. Quelque soit ce que je souhaite, si ce n’est pas ce que souhaite Dayle, dans tous les cas, c’est voué à l’échec. Sur ce point, je ne fais que… suivre, en quelque sorte. Dayle connait le royaume et ses habitants, c’est celle qui a le plus de légitimité – autre que vous – c’est à elle de se positionner sur la question. » Mon regard revint subitement vers Doran. « Et à vous. Au vu de la relation que vous avez avec votre sœur, vous ne voulez pas de mésentente entre les deux royaumes. Vous ne voulez pas de guerre entre les deux royaumes. Enfin, c’est ainsi que je le vois. C’est pour cela que vous ne voulez pas répondre à la question. Etant un homme dans un royaume patriarcal, si ce que vous dites me déplait, j’aurais la légitimité – une fois régent – de vous déclarer la guerre. » Je poussais un long et laborieux soupire avant de prendre une gorgée de ma liqueur. Quelques secondes s’écoulèrent avant que je ne daigne reprendre la parole. « Je n’aime pas la guerre. » J’eus un léger sourire triste. « Certes j’ai envie de reprendre Fal à l’Empire, et ce ne sera pas sans pertes et sans sangs. Mais je n’aime pas la guerre. J’ai eu une formation de Chevalier tout simplement pour pouvoir me rapprocher des têtes dirigeantes de Jade et ainsi orienter doucement les batailles vers Fal. Jade reprenant le royaume, on m’aurait mit à sa tête, j’aurais fais le ménage, et je n’aurais pas été fiancé à votre sœur. » On pouvait sentir une certaine rancœur dans ma voix. Il est vrai, et je l’assume, que pour le moment, mon cœur balançait pour Fal, un royaume dont je ne connais quasiment rien un peu comme Topaze, un royaume où je n’y avais jamais mis les pieds, et pourtant, c’était mon royaume. Topaze… ce n’était pas mon royaume. Pas encore… j’espère. « Je ne vous ferais pas la guerre. Quoique vous décidiez. Et quoique vous décidiez, de toute manière, j’attendrais l’aval de Dayle. Réunification, ou pas réunification. C’est quelque chose de délicat sachant les différents parmi les deux peuples belliqueux. Délicat, piquant, acerbe. Réunification ou conquête de l’autre territoire. Rassembler ou assujettir les peuples. Ce qui est certain… de mon point de vu. C’est que les choses ne peuvent pas rester comme telles. Il y a bien trop de tensions. Cela finirait par aboutir à la guerre. » Le mot m’arracha une grimace. Je n’avais pas très envie de partir en guerre contre un peuple tout aussi doué dans l’art de la guerre que le peuple topazien. Je n’étais pas doué à l’épée. J’étais excellent en tant qu’archer. Mes habilités en magie pouvaient être intéressantes au cours d’une guerre. Mais je ne saurais dire si cela « plairait » au peuple, de savoir que leur régent n’est pas sur la ligne de mire avec eux, mais en retrait avec les archers… « Je n’ai pas mon mot à dire là dedans. Non, je ne veux pas avoir mon mot à dire. A mon sens, pour le moment, ces querelles ne me concernent pas. Alors c’est à vous de choisir, sir Doran. Je ne fais que tâter le terrain pour savoir sur quel pied danser à l’avenir. Et je suis un excellent danseur. »

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Mar 20 Nov 2018, 15:49


Adossé à la fenêtre, Doran écoutait Shay parler, les sourcils froncés, mais l’air indéchiffrable.
Il était toujours dur de faire une proposition d’alliance sans parler clairement, et ce qu’était en train de faire le prince Falois en était la preuve. Ses paroles pouvaient être à double tranchant, et l’un clairement plus coupant pour lui que l’autre. Doran était conscient que peut-être l’alcool avait à jouer là-dedans, ayant remarqué le niveau abaissé dans la bouteille, et lui-même ne s’était pas resservit. Après tout, ce n’était pas pour rien qu’il avait sorti cet alcool là ; il le savait traître, attaquant sans montrer de signes avant qu’il soit trop tard. Pour ça aussi qu’il ne s’était servit qu’un demi-verre et qu’il ne l’avait pas fini pour l’instant. Doran était un tacticien après tout, et il savait comment utiliser son environnement, et ses outils, à son avantage. L’alcool avait tendance à faire parler la vérité, ou rendre le mensonge ou le demi-dit maladroits. Il mettrait cela là-dessus, notant clairement, comme un joueur d’échecs, les différents mouvements possibles qui s’offraient à lui. Mais il n’avait pas apprécié, du tout, ce que lui avait dit Shay, la manière dont il se posait comme pièce centrale du jeu de la politique Topazienne et Opalienne, comme si l’avenir des deux pays se jouait maintenant, entre ses mains, comme si Dayle était dépossédée de pouvoir, malgré ce qu’il essayait de répéter. Dayle restait celle qui avait tout le pouvoir, si Shay devenait régent, cela ne serait qu’un titre, il ne serait qu’un étranger ici, tant que le peuple ne l’aurait pas adopté pour qui il était et pas pour autre chose, comme ses attributs personnels et physiques qui semblaient tant intéresser une part de la population Topazienne.

« Comment puis-je faire confiance à une personne qui me parle de guerre, même en la haïssant, comme une réalité qui arrivera dépendant de certains choix et puis se décrit comme dansant vers le sens qui l’arrange le plus ; comment puis-je croire que vous ne valserez pas loin de moi alors que nous avions une alliance ? »  Les mots de Doran étaient durs, mais si Shay est un danseur, il a fait un faux pas dans ses mots et propos. Le Roi d’Opale n’apprécie pas. « Vous pensez votre pouvoir sur Topaze comme déjà acquis, le mariage n’est même pas prononcé, attendez un peu avant de faire prétendre des choses dont vous n’êtes pour le moment pas capable. » Il bu le contenu de son verre cul sec avant de se rasseoir face à Shay, plongeant ses yeux dans les siens, d’un regard glacial comme il en avait pourtant rarement. « C’est mon oncle qui a choisit Dayle comme héritière. Je n’en connais pas les raisons. Peut-être était-ce car en tant que premier né entre nous deux, je me voyais devenir Roi d’Opale si malheur arrivait à Lenart, comme c’est arrivé. Ou peut-être savait-il qu’elle avait plus de patience que moi pour certains cas. » Il appuyait sur les mots, pour faire entendre son propos. Il s’était senti menacé, clairement, par ce qu’avait dit Shay, d’une manière ou d’une autre. Il reposa le verre sur la table, en un cling audible, signe qu’il en avait dit assez, et que les prochains mots du Falois allaient être écoutés, ou jugés, de manière certaine. Doran avait avancé ses pièces, peut-être dangereusement, peut-être était-il tombé dans un piège tendu, mais cela il ne le saurait qu’à la prochaine avancée.


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Sam 24 Nov 2018, 13:25

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1570 - Mois 6


E
tonnant. Etonnant ? Oui, étonnant.
Etrange… étrange ? Oui, étrange.
Je ne saurais dire, je ne saurais expliquer ce qu’il venait de se passer. En mon sens, la discussion se passait plutôt bien. C’était un jeu d’échec des plus banals, chacun essayant de voir clair dans le jeu de l’autre en poussant certaines pièces pour se rapprocher de la reine. On se renvoyait la balle dans un échange à la fois courtois et amusant. Oui, très amusant même. D’ordinaire, je n’aimais guère parler politique avec les autres noblesses ou royauté, c’était quelque chose qui me donnait la nausée. Mais je devais bien avouer que discuter avec ce Doran était vraiment divertissant, et je n’avais pas l’impression de me forcer lorsque je prononçais mes phrases. Pourtant… oui, pourtant, la situation changea aussi rapidement qu’un éclair zébrait le ciel. J’étais surpris… choqué même, de ce retournement de situation. De ce retournement d’ambiance. Pourquoi, comment ? Deux grandes questions qui tournaient en boucle dans mon cerveau tandis que j’écoutais la tirade de notre cher Doran.

D
oran était fâché. Cela se voyait comme ses cheveux blancs sur son visage de jeunôt. Il était fâché… contrarié. En colère même. Que ce soit dans son ton ou dans son regard, voir même dans son attitude – tout en lui criait qu’il n’était pas content. Et moi… moi j’étais surpris. Cela se voyait comme ma magnificence : c’était gravé sur mon visage et mon corps. Plus aucuns mouvements, je fixais Doran d’un air mi ahuri mi indécis alors que mon verre était à mo chemin entre la table et mes lèvres délicates – car oui, elles étaient délicates comme des pétales de rose. J’écoutais donc Doran s’insurger de mes propos que ce soit sur la guerre ou sur le fait que je dansais. Je ne pus m’empêcher d’avoir l’image de moi et Doran, valsant main dans la main dans une salle de bal de Topaze. Idée plaisante en soi. Qui fut vite mise à mal par son regard dur et froid. S’eut l’effet d’une douche froide. Bien froide. Glacée même. C’était perturbant. En tous les cas, je l’écoutais sans broncher – enfin, disons plutôt sans me départir de ma mine mi-ahuri mi-choquée – avec peut être un petit coin de bouche léééégèrement entrouverte. J’observais, j’enregistrais, j’essayais de comprendre. Je me ressassais mes dernières paroles pour savoir où j’avais fauté. Qu’est-ce qui avait bien pu être mal prit. Qu’est-ce que Doran avait mal interprété. Cela me fit bien vite regretter d’avoir autant prit plaisir à cette partie d’échange de bon procédé. Je m’étais peut-être trop laissé aller. J’avais commis une erreur ? Je n’en avais pas l’impression pourtant. Je réfléchissais, je cogitais, et ce même après que Doran posa son verre vide à côté de lui, signe de son silence.

Q
uelques minutes de silence. Je posais moi-même mon verre non fini près du sien. Puis…
Rire.
Je me mis à rire fort, un large sourire aux lèvres, la bouche ouverte montrant mes dents éclatantes de blancheurs tandis que j’avais les larmes aux yeux. L’une de mes mains se plaqua contre mon visage, l’autre tapait frénétiquement ma cuisse du plat de la main. C’était parfaitement incontrôlable. Je ne pouvais m’arrêter de rire. Je me tordais de rire même, ne pouvant plus rester en place sur le sofa. En général, mon rire était communicatif. C’était un rire joyeux, voir sans gêne. Ce n’était pas un rire jaune, ou un rire nerveux. C’était vraiment un rire amusé comme quelqu’un qui venait d’entendre une bonne blague. Il n’était pas trop gras, pas trop étrange, juste ce qu’il fallait pour ne pas faire saigner les oreilles. Ce n’était plus des larmes aux coins de mes yeux que j’avais, c’était un torrent de larmes de rire qui déferlaient sur mes joues.

J
e réussis – enfin – à calmer mes spasmes après plusieurs minutes. Je dus m’essuyer les yeux avec un tissu, le sourire toujours aux lèvres, tandis que je reprenais doucement un souffle régulier. Il était plutôt rare que je parte en un tel fou rire. Je devais bien avouer que cela me surpris moi-même. Mais… il fallait dire que de voir Doran si sérieux, avec cette tête si dure et froide, avec ces propos qui semblaient totalement hors contexte… c’était plus que je ne pouvais en supporter. Cela faisait quelques temps maintenant que j’étais sous pression avec Dayle, le mariage, Topaze et ses habitants, que je ne pus plus me retenir.

«
Aah ! » soupirais-je d’aise. « Dayle aurait du me dire qu’elle avait un frère aussi drôle ! » Terminant de m’essuyer les jours et de reprendre une respiration normale, je mis le tissu sur la table avec les deux verres avant de reprendre. « Vous sous estimez les tensions entre les deux peuples, mon cher. J’ai même eu vent de certains accrochages de groupes indépendants, que ce soit des opaliens contre des topaziens ou l’inverse. » Je me levais alors avec une certaine lenteur. Lenteur calculée bien entendu. Ce qui ne m’empêcha pas de sentir les effets de cet alcool traitre. Je n’en démontrais rien, mais j’étais bel et bien touché. Je me sentais tout de même apte à me contrôler et à pouvoir marcher droit, mais je ne saurais dire si j’arriverai à bien viser avec un arc… en tous les cas je m’étais levé comme si de rien n’était, et je ne pouvais que remercier ma forte capacité à tenir l’alcool. Puis, je me rapprochais à pas toujours lents du fauteuil de Doran. « Vivre dans une utopie sans guerre… ne même pas l’envisager au vu des circonstances… » Je posais une main sur l’accoudoir du fauteuil de Doran, initiant par le même fait un rapprochement physique puisque je dus me pencher vers lui, le dominant de ma hauteur, tandis que d’une main vive je me saisissais du bout de mes doigts du menton de Doran pour maintenir le contact visuel. « C’est indigne d’un roi… » Nos visages étaient très proches, mais pas assez pour que nos souffles se mêlent. Je ne restais tout de même pas longtemps dans cette position puisque je lâchais presque aussitôt le visage de Doran et que je m’éloignais à nouveau, marchant pour faire le tour de la pièce. « La guerre est une réalité. Il n’y a qu’à voir l’Empire contre Jade. C’est aussi le cas entre deux royaumes divisés. C’est aussi le cas au sein d’un même royaume. Je ne fais qu’émettre une possibilité : oui, il est possible que les peuples topaziens et opaliens en viennent à prendre les armes en plus grand nombre, voir même toute l’armée, pour se battre. Là où je voulais en venir était soit d’aller en ce sens… soit de calmer le jeu, et de commencer à le faire très vite. Pour cela, tout dépend de Dayle, tout dépend de vous. J’ai mes propres projets, mes propres idées évidemment. Mais Topaze ne m’appartient pas, n’en déplaise à ce que vous semblez penser. Dans ma tête, dans mon esprit, Topaze ne m’appartient pas. Mais… pourquoi pensez-vous que Dayle a choisi un mari ? Enfin, fiancé actuellement. Tout simplement à cause de la pression du peuple. Vous sous estimez cette mentalité patriarcale. Si Dayle a été forcé de prendre époux, c’est bien car le peuple n’était pas forcément d’accord avec sa gouvernance… et le serait plus avec un roi à leur tête. Je ne dis pas que j’ai envie de prendre tout le pouvoir et de reléguer Dayle comme simple décoration et couveuse. Une gouvernance est bien plus stable avec deux têtes dirigeantes fonctionnant ensemble plutôt qu’avec une seule personne décidant pour tout. Néanmoins… il me serait également possible de lui prendre tous les pouvoirs. » Je me mis alors en face de Doran, dos à la fenêtre, avec un sourire froid. « Rassurant, n’est-ce pas ? » J’haussais les épaules, déjà las de ce débat sans fin. « Vous pouvez décider de me croire, ou non. Dans tous les cas, la machinerie est lancée. Il y aura le mariage, quoique vous en pensiez. Et ces questions sur comment vous voyez les relations entre Opale et Topaze, ce que vous avez comme projet futur – ces questions reviendront. » Je poursuivis alors ma marche dans le petit salon, m’intéressant parfois à des objets sur les étagères des bibliothèques ou sur les trésors de chasse. « Je ne suis pas Topazien. Je n’ai pas hérité de cette mentalité patriarcale. Je n’ai pas l’intention de trahir le régime de Dayle ou ce qu’elle compte faire. Je veux qu’on mette en commun nos idées et qu’on se partage les tâches. Quant aux projets vous incluant, il faudra que vous fassiez avec le fait que vous devrez valser avec moi. » Long soupire las. « Vous pouvez me croire, ou ne pas me croire. Dans ce dernier cas de toute façon, rien de ce que je dirais ne pourra vous faire changer d’avis. Seuls les actes comptent, finalement. Mieux vaut penser à tout cela maintenant plutôt que de remettre à plus tard, à après le mariage. Je veux être prêt pour tout une fois que je serais devenu le régent de ce royaume. » Je me tournais alors une nouvelle fois vers Doran, cette fois-ci de côté. « N’est-ce pas ce que vous fer-… »

J
e ne pus terminer ma phrase. Une flèche venait de briser un carreau d’une des fenêtres… et vint se planter dans le fauteuil de Doran, au niveau de la tête. Que quelqu’un ait pu tirer jusqu’à nous devait signifier qu’il était dans les arbres… en hauteur… et surtout, que c’était un tireur d’élite. Pas très étonnant de la part d’un topazien. Pas très étonnant que ce soit Doran qui fut viser. Etant moi-même archer, avec un bon complot, j’aurais pu être accusé de sa mort… et induire la guerre contre Opale. Mais Doran ne fut pas tué. Peut-être blessé, mais je ne pris pas le temps de vérifier. A peine la flèche avait-elle était plantée que je bondis vers Doran, lui saisit le poignet avant de le tirer avec force vers moi. Nous tombâmes… dans l’ombre.

L
a main fermement accrochée sur le poignet de Doran – voir même trop – je plongeais dans l’ombre du fauteuil induit par la chemine, entrainant le roi avec moi… pour réapparaître dans ma chambre, à l’opposé du salon de chasse, et surtout un étage plus haut. Dans la précipitation pour sortir de ce possible guêpier, je n’avais pas fais de manière. Nous tombâmes du plafond directement sur le lit qui nous permit d’amortir notre chute. Moi d’abord, Doran au dessus, nous nous retrouvâmes collés l’un à l’autre…

« GAAARDES ! »
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Sam 24 Nov 2018, 15:04


Par les dieux, qu’est-ce qui lui prenait de réagir comme ça ? Par quel droit se moquait-il ouvertement d’un autre roi avant de se lancer sur des piques brûlantes sur la manière dont Doran régnait. Ou dont il devrait régner. Comme s’il connaissait le peuple de Topaze mieux que Doran qui avait vécu parmi eux. Il savait Shay égocentrique, vaniteux, mais là c’était le pompon. Lui qui n’avait jamais régner sur un royaume, juste sur de vagues traces d’un empire tombé en ruines, se permettait de le juger et de lui faire la leçon sur ce qu’était qu’un vrai roi ? C’était le meilleur. Doran était d’ailleurs trop furieux, piqué dans son égo adolescent, pour se sentir mal à l’aise de la proximité instillé, et heureusement que son vis-à-vis avait fini par s’éloigner pour s’approcher de la fenêtre car le jeune Roi d’Opale avait bien eu envie de céder aux pulsions de la jeunesse et de lui mettre un bon coup de boule, pour lui faire regretter ce rire et ces propos, qui continuèrent, ne faisant qu’enfoncer Doran dans une colère plus profonde.

Il fut cependant interrompu dans sa fureur comme Shay fut interrompu dans sa phrase, par une flèche se dirigeant droit vers lui. Heureusement que Notissemi avait été un bon maître et lui avait appris à avoir d’excellents réflexes car Doran réussit à détourner la trajectoire de la flèche. Pas de beaucoup car c’était du dernier moment, mais assez pour qu’elle vienne lui brosser l’oreille au lieu de se retrouver au milieu de son front.  Ce n’était pas passé loin. Mais avant que Doran n’ait le temps de prendre réellement conscience de la situation, Shay l’attrapa par la main et le tira vers lui. Puis ce fut le bordel. Le noir, le vertige, le lit. Doran se sentait mal, très mal, et ce n’était pas l’alcool dont il avait à peine bu, mais le petit voyage magique dont il devinait vaguement avoir été passager. Tombé sur Shay, il secoua la tête pour essayer de reprendre ses esprits, mais ce n’était pas évident. D’abord, on essayait de renvoyer le haut-le-cœur là d’où il venait et on se laissait écrouler aux côtés de Shay, le souffle court. « Merci… » Doran n’était pas ingrat et il se doutait que le prince de Fal venait de lui sauver la vie, ou en tout cas d’aider grandement à la continuation de celle-ci. En attendant que le plafond (à moins que ce ne fusse le sol ?) arrête de tourner, il envoya un bref message mental à Traja. ‘Tentative d’assassinat en cours, restez avec Albus.’ Clair, net, probablement inquiétant, mais il ne se sentait pas à l’aise pour faire plus. Pour l’instant il avait envie de vomir. Mais l’adrénaline fini par arriver assez rapidement pour produire son effet de ‘on voit comment s’en sortir maintenant, tu gères les effets plus tard’ et Doran se redressa sur le lit quasiment d’un bon, avant de devoir quand même se tenir au rebord, pour contrer le vertige. « Dayle ! » lâcha-t-il en se redressant et en faisant quelques pas, titubant au début, puis retrouvant l’équilibre au profit du retour forcé de ses sens, avec le sang battant à toute vitesse de ses orteils à son cerveau.

Maintenant tout ce qui importait pour Doran était le bien-être de sa jumelle. S’il avait été victime d’une tentative d’assassinat, peut-être qu’elle aussi, surtout si les personnes responsables étaient les même que pour son oncle et son aîné. Il se dirigea vers la porte, sentant la présence de Dayle dans une aile du château. Elle devait savoir qu’il y avait du danger, car il pouvait sentir l’inquiétude et son cœur battre plus vite ; elle avait dû percevoir sans problèmes le tourbillon d’émotions qui avaient traversées Doran…et le traversaient encore. Quand il ouvrit la porte, ce fut pour découvrir trois hommes, armés, devant cette dernière, prêt eux aussi à y pénétrer. Et clairement, ils ne portaient que des vêtements sombres et sales de mercenaires. Loin, très loin des gardes royaux. Doran referma la porte. Il recula de quelques pas et approcha ses mains l’une de l’autre, concentrant l’électricité autour de lui. « Bouchez-vous les oreilles ! » dit-il laissant à son nouvel allié une seconde pour le faire, alors que leurs opposants ouvraient la porte violemment. A peine eurent-ils le temps de pénétrer dans la pièce que Doran frappa des mains, envoyant une violente décharge électrique vers eux. Le courant claqua avec le volume d’un éclair, prévenant probablement tout le château de ce qui se déroulait et laissa les trois mercenaires grillés sur le sol. Doran poussa la fumée avec l’aide de sa magie et s’accroupi auprès de l’un des cadavres fumants, le retournant pour trouver dans sa main, celle qui ne tenait pas l’épée, un plan en partie brûlé du château, avec entouré de manière claire la chambre où ils se trouvaient, et des indications sur les horaires auxquels le Prince de Fal était dans ses appartements habituellement. Il donna le papier à Shay. « Apparemment je ne suis pas le seul visé. Nous devons trouver Dayle au plus vite. » Dit-il en prenant une épée sur les corps et en attrapant une seconde sur un autre des assassins au sol pour la lancer à Shay. Les vieux instincts de son entrainement à Jade reprenaient le dessus. « Et si nous partions en guerre, Prince ? » demanda-t-il en sortant la tête, pour tomber sur les cadavres de deux gardes, probablement ceux supposés garder les appartements du futur régent.

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Lun 03 Déc 2018, 08:54

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1570 - Mois 6


L
es gardes ne vinrent pas. Je venais de les appeler pourtant, ils auraient du accourir dans la seconde, mais ils ne vinrent pas. Cela me mit la puce à l’oreille, pendant que Doran s’extirpait de moi, que quelque chose n’allait pas dans ce château. Les malfaiteurs avaient vraisemblablement voulu profiter de la visite du roi d’Opale pour faire un joli coup d’état… ou du moins une tentative d’assassinat grande échelle. Ce qui ne me plut pas, évidemment, qui aimerait être l’objet d’un assassinat. J’étais venu de mon plein gré – enfin presque – à Topaze pour me marier à Dayle et l’aidait dans sa régence de ce royaume patriarcal, ce n’était pas pour me faire tuer ! L’idée de tout annuler me vint à l’esprit, mais mon égo surdimensionné ne pouvait se laisser aller à une telle lâcheté… je voulais être roi après tout, malgré le fait que cela allait être dur et que beaucoup de travail m’attendait. Je ne savais pas quand est-ce que Fal serait de nouveau à la confrérie ni si d’autres princesses héritières sont à marier. Pour le moment, Dayle est le meilleur choix… si elle restait en vie.

«
Allez-y doucement au début, » dis-je à l’intention de Doran alors que j’étais déjà sur mes deux pieds, droit comme un i, tandis que Doran avait encore les effets du passage d’ombre. J’avais bien évidement entendu son remerciement, j’avais simplement décidé de ne pas m’y attarder. C’était de toute façon une évidence que je lui sauve la vie. Même si on ne s’appréciait pas… je ne le détestais pas pour autant. J’osais espérer qu’il me rendrait la pareil si une situation de danger se présentait. De toute façon, je savais très bien qu’un passage d’ombre avait des effets nauséeux pour les passagers qui tentaient l’expérience pour la première fois… voir même pour la deuxième fois. Je crois bien qu’en moyenne c’est au bout de la 3-4ème fois que cela va mieux. Je fis un tour circulaire de ma chambre du regard à la recherche d’armes, mais je n’en vis pas. Note à moi-même : penser à toujours avoir un carquois chargé et un arc dans sa chambre. Même si là… avec ce que j’avais bu, je doutais d’être apte à tirer.

L
e temps de cette réflexion me parut excessivement rapide… pourtant en réalité ce fut long. L’alcool n’aidant pas à avoir un bon repère temporel, une réflexion qui me semblait rapide était en réalité assez long pour que Doran se remette de son étourdissement et se dirige vers la porte. Lorsqu’il n’y avait personne pour bouger dans notre champ de vision, un bourré n’a clairement plus la notion du temps… fort heureusement, Doran qui passa devant mes yeux me ramena les pieds sur terre.
Il ouvrit la porte.
Des mercenaires étaient derrière.
Il referma la porte.
Eh bien on était mal barré ! Des mercenaires à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur… combien étaient-ils ? S’en prenaient-ils seulement à Doran ? Seulement à moi et Doran ? Dayle était-elle une cible également ? Comment avaient-ils fait pour passer sous le nez des gardes ?  Beaucoup de questions, beaucoup de frustration, peu de réponses… et peu de temps. Il fallait agir vite, ce que Doran appliqua à la lettre. Se boucher les oreilles ? Soit. Je plaquais mes mains sur mes oreilles sans vraiment comprendre pourquoi il demandait cela, ni en cherchant à comprendre… ce fut un geste parfaitement machinal. Il faut dire que dans l’état actuel des choses où je n’étais pas encore en mouvement, un simple ordre et j’obéissais calmement…

D
es éclairs. Ok, donc Dayle était une élémentaire d’eau, son frère un élémentaire de foudre, et moi un élémentaire d’ombre. On s’était bien trouvé finalement. Mais, c’était assez ironique qu’un roi de l’Alliance possède un pouvoir aussi puissant… j’espérais pour lui qu’il savait le cacher. Son petit tour de force, même si c’était au sein de la confrérie, pouvait alimenter les rumeurs… et il n’y a rien de pire que des rumeurs. Les mercenaires étaient morts. Je me débouchais les oreilles et je m’approchais des cadavres fumant à l’odeur nauséabonde. Cette dernière me fit plisser le nez de dégout tandis que j’observais le plan à moitié brulé que détenait l’un des brigands. Je pinçais les lèvres. Cela ne me plaisait guère. Je n’aimais pas être victime de tentative d’assassinat alors que je n’étais même pas roi…

R
etrouver Dayle. Oui, c’était sûrement l’une des choses à faire. L’une des choses à faire. Doran réfléchissait en tant que frère avant tout, cela se voyait. Etait-ce une mauvaise chose ? Je ne saurais dire. Si c’était ma mère, si c’était Zaïm… non, je ne sais pas. Je n’arrivais pas à me mettre à sa place. Et de toute façon, je n’en avais pas envie. Le coup de l’épée volant dans ma direction acheva de me remettre les pieds sur terre : je saisis l’épée au vol tout en prenant cet air si sérieux que je détestais tant.

«
Je dirais plus que nous partons faire le ménage… il y a des rats au château. » Pendant un bref instant, j’eus un sourire carnassier. Je préférais grandement me dire que j’allais faire le ménage plutôt que je partais en guerre. Je n’aimais pas la guerre. Et faire le ménage… impliquait de recruter du monde, et donc de ne pas forcément le faire soi-même. « Dayle saura se défendre puisqu’elle a eut l’entrainement de Jade, » repris-je, à nouveau sérieux, avant de dépasser Doran dans le couloir. « La priorité est de sécuriser le château. Cependant… » Je claquais des doigts, et mes chats d’ombre, au nombre de trois, sortir des ombres du couloir pour me suivre à grand pas. « Amh, Stram, Grahm, trouvez Dayle et protégez-là. » Chacun leur tour, ils se frottèrent quelques secondes à mes jambes avant d’aller se fondre dans les ombres. Mes chats d’ombre étaient pratiques pour chercher quelqu’un ou quelque chose dans un grand périmètre et en un temps bref. Puisqu’ils naviguaient dans les ombres, ils pouvaient aller et venir dans le château en un temps record et ainsi trouver ce que je cherchais : à savoir, Dayle.

I
ls ne mirent pas plus de quelques minutes à la trouver. Ce fut Stram qui la trouva en premier, sautant de son ombre pour s’accrocher à sa tête. Amh fut le second, bondissant dans ses bras, tandis que Grahm se frottaient à ses jambes. Une fois trouvé, ils envoyèrent un signal à moi-même puisqu’ils étaient une part de mon pouvoir, et je pus ainsi savoir où elle était. En cas de danger, les chats d’ombre se condenseraient en tigre à dent de sabre d’ombre pour combattre. Pendant que les chats cherchaient Dayle, moi – et Doran que je trainais derrière moi – je cherchais à grand pas un soldat… ce qui ne prit par bien longtemps là encore. Le saisissant par l’épaule, je le regardais dans le blanc des yeux avant de lui donner une série d’ordre.

«
Des mercenaires sont dans le château, prévenez vos généraux et votre chef. Je veux que le château soit sécurisé, évitez de créer la panique, empêchez toutes personnes d’entrée et de sortir sans vérifier son identité. Il y a un groupe de mercenaire avec un archer à l’extérieur du château, je veux une équipe pour aller les neutraliser. Nettoyez ce château des mercenaires présents. J’en veux au moins un de vivant pour l’interroger. » Bien que je ne sois pas le régent, bien que je n’ai pas fais mes preuves, la situation et mon ton ne laissaient guère le choix au soldat. Il hocha la tête, et courut dans une direction, sans doute à la recherche des généraux de l’armée et du chef. Ce fut à ce moment-là que je reçus le signal de mes chats d’ombre. D’un mouvement souple, je me saisissais d’une poigne ferme du poignet de Doran avec un sourire amusé sur le visage. « Prêt pour une deuxième fois ? » Bien sûr que non, il n’était pas prêt. Il allait encore avoir la nausée et la tête qui tournait – de façon moins violente que la première fois, mais toujours aussi dérangeante. De toute manière, je n’attendis pas sa réponse que je l’entrainais vers le mur baignait d’ombre où je plongeais… pour ressortir quelques secondes plus tard à quelques pas de Dayle.

‹c› Vanka
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