Joli cœur, viens apaiser ma douleur | Anthea

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Mar 06 Nov 2018, 11:23

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J
’étais marié à Dayle. Suis-je content ? Je ne saurais le dire. La vie à Topaze n’était pas facile tous les jours – surtout sachant que les températures ne cessaient de baisser de jour en jour. Quelle idée d’avoir créer un royaume aussi froid et dénué de toute classe, de tout charme ? C’était un comble que l’on m’ait obligé à me marier à Dayle et de diriger Topaze. En soit, diriger ne me dérangeait pas spécialement. Diriger un royaume aux coutumes et idéaux pas vraiment en accord avec les miens, c’était une autre paire de manche. Société patriarcale, entre autre. Bon, je devais bien avouer être un peu – beaucoup – macho, mais cela ne m’empêchait pas de bien traiter les femmes. J’ai vu bien des mères de famille totalement soumises par leur compagnon au point d’être malheureuses comme des pieds – si tant est que des pieds puissent être malheureux. Dayle devrait être reconnaissante de ne pas avoir eut de mari qui mettrait totalement en application les « valeurs » Topaziennes. Surtout sachant que je me suis permis de prendre un esclave masculin à mes services – bien entendu, officiellement ce n’était qu’un serviteur. C’était d’ailleurs plutôt mal vu, mais je n’en avais cure. Lorsqu’on venait me dire mes « quatre vérités », je les mettais au cachot. Ils étaient étrangement plus conciliants après ça.

M
ais Dayle n’était pas quelqu’un qui montrait sa reconnaissance. Elle était plutôt dans le déni le plus total. Déjà, elle refusait d’accepter le fait que je sois le plus beau qu’elle avait beaucoup de chances et qu’elle n’était absolument pas méritante de m’avoir. C’était frustrant. Très frustrant. Surtout que tout le château avait l’air de se méprendre sur notre relation, à croire qu’ils ne voient pas nos multiples regards noirs faussement langoureux. C’était exaspérant. Très exaspérant.

« Nous arrivons à Emeraude, Majesté, » fit la voix d’un soldat dont la tête passa furtivement devant la fenêtre de ma carriole.
« Bien. »

J
e remis le rideau en place devant la fenêtre pour ne pas laisser le froid trop pénétrer à l’intérieur. Je poussais un long soupire, assis nonchalamment sur le fauteuil moelleux, ma tête reposant sur mon poings dans une attitude parfaitement languissante. Je devais bien avouer que je ne pensais pas devenir régent ou roi, je pensais que je ne règnerai que sur Fal, et donc qu’il faudra attendre d’avoir Fal pour régner. Mais comme cela ne semblait pas être dans les projets futurs de Jade… je m’étais fait à l’idée de ne pas diriger, donc je ne m’étais pas spécialement renseigné sur les royautés autre que celles de Jade. C’est pourquoi je voyage dans les royaumes de l’Alliance – pour rencontrer leur royauté et discuter des traités. Ma venue avait été annoncée alors je ne m’en faisais guère. Au moins, il faisait plus chaud à Emeraude qu’à Topaze.

I
l nous restait encore quelques heures de route avant d’atteindre le château, alors je me décidais à faire un petit somme. La route avait été longue, et je devais bien avouer que c’était plus épuisant que je ne le pensais. Doucement, et toujours dans la même position, je fermais les yeux progressivement. A chaque clignement, mes paupières devenaient plus lourdes, et se soulevaient moins haut… jusqu’à se fermer complètement, balloter par le balancement de la carriole et le bruit des soldats hurlant.
Des soldats hurlant ?

J
e me réveillais d’un sursaut, me saisissant machinalement de mon épée posée près de moi, avant de foncer hors de la carriole. Il faut savoir que j’avais pris avec moi un cocher pour pouvoir conduire ma carriole de luxe avec toit et dorure, ainsi que deux soldats Topaziens pour assurer ma sécurité. Je ne pensais pas en avoir besoin de plus, puisque je ne pensais simplement pas me faire attaquer en terre « alliée ». La situation ? Nous étions encerclé par un groupe d’homme encapuchonne à l’air menaçant, tous armés. Ils étaient environ 5, et nous avaient prit par surprise – du moins est-ce ce que j’ai compris en voyant un des soldats à terre avec une sale blessure à l’épaule. Ne cherchant pas à comprendre, je fis apparaître mes Chats d’ombres qui se condensèrent rapidement en Tigre à dents de sabre d’ombres. Nous étions sur un chemin serpentant une petite forêt, ainsi au vu de l’emplacement du soleil bien haut dans le ciel, je pus utiliser les ombres des arbres pour faire grossir un peu mon Tigre d’ombres dans un but de pure intimidation.

I
l poussa un rugissement. La surprise des assaillants laissa bien vite place à une implacable détermination. Je devais bien avouer être un peu surpris – depuis quand de simples voleurs étaient-ils aussi motivés à nous attaquer sachant qu’ils avaient un prédateur en face d’eux ? Suicidaires plus que voleurs… Ah mais j’oubliais que nous étions à l’Alliance. La magie était mal vue. Mon petit tour a certainement dut attiser leur haine, et donc leur détermination à nous réduire en charpie. J’aurais sûrement du y réfléchir à deux fois…

I
ls attaquèrent. Mon Tigre, qui ne mesurait pas plus d’1 mètre 80, se jeta sur l’un d’eux pour le réduire en une masse informe vaguement humaine, tandis que deux venaient dans ma direction et que les deux autres s’occupaient de mon soldat encore valide. Le combat quelque peu inégal, fut plus difficile à remporter que prévu : mon Tigre d’ombres avait plus de mal à se débarrasser des méchants étant donné que je ne lui avais pas donné assez d’ombre pour être plus efficace – j’étais un peu occupé à ne pas me faire tuer par mes deux adversaires. Lorsque mon Tigre vint enfin à ma rescousse pour me débarrasser d’un sur les deux, j’étais déjà blessé à plusieurs endroits. Mon soldat s’en sortait mieux – il était bien meilleur que moi à l’escrime – mais il avait tout de même son lot de blessure. La fin du combat se déroula aussi rapidement que les assaillants étaient venu – les trois derniers furent tués quasiment en même temps… non sans me transpercer le flanc une dague.

« Majesté, vous allez bien ? » s’inquiéta le soldat valide en venant à mes côtés.
« Prenez… prenez votre confrère et hâtez-vous de nous amener… chez un guérisseur ! » ordonnais-je, les dents serrés pour contenir la douleur, une main compressant ma plaie.

L
e soldat aida son confrère à s’installer sur son cheval tandis que je me hissais dans la carriole avec mes Chats d’ombres qui avaient quitté leur forme offensive. Le cocher claqua son fouet, et les cheveux partirent en trombe… en direction de la célèbre clinique d’Emeraude. Je perdais beaucoup de sang, faiblissant à vu d’œil, au point où mes Chats d’ombres se disloquèrent dans la carriole. Chaque mouvement brut de la carriole m’arrachait des lances de douleurs et des gémissements. Lorsque nous arrivâmes à destination, il fallut m’aider à me déplacer – des personnes de la clinique vinrent nous prêter main forte. On m’installa sur un lit, puis on procéda à soigner ma blessure.

J
e ne saurais dire combien de temps dura l’opération. Cela me sembla interminable. On me donna à boire une concoction qui rendit mes pensées plus désordonnées qu’elles ne l’étaient déjà, anesthésiant légèrement mon corps, pas assez pour ne pas sentir la douleur à ma plaie. Lorsqu’enfin le guérisseur eut finit, je transpirais à grosse goutte. Il fallut que l’on m’éponge avec une serviette froide – alors que le temps de dehors ne prêtait pas à se faire laver avec de l’eau froide – puis on me donna de l’eau. Je bus le verre quasiment d’une traite, avant de doucement me relevait pour être en position semi-assise. Jetant un œil à mon torse préalablement dévêtu pour les besoins de la médecine, la blessure avait été recouverte par une patte verte peu ragoutante. Je poussais un soupire las. Ce n’était vraiment pas mon jour…

Encore en nage et l’esprit légèrement embrumé, je demandais à ce que l’on me donne un autre verre d’eau.


‹c› Vanka
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Mar 06 Nov 2018, 18:48


« Joli cœur, viens apaiser ma douleur »
Avec Shay

De la brume. De la brume partout l’entourait et l’émerienne peinait à voir sa main tendue devant elle, puisque c’était là sa seule manière de sonder son environnement et de ne pas rentrer dans quelque chose. Elle ne ressentait ni le froid, ni la chaleur. En fait, elle ne ressentait rien. Rien que le vide qui semblait se rapprocher toujours plus d’elle. Elle voulait crier, pour enfin entendre quelque chose, mais aucun son ne sortait. Anthea était seule, abandonnée… Et VIDE. Comme incapable d’éprouver quelque émotion que ce soit. Pas même la peur, ni même la panique qui devait pourtant la submerger. Tout d’un coup, le vent sembla se lever – du moins c’est ce qu’elle pensa puisque la brume se dissipa en un couloir étrange qu’elle suivit. Au bout de ce couloir se trouvait Vaelin, qui l’attendait. Mais plus elle essayait de se rapprocher, plus il s’éloignait, un sourire mauvais s’affichant sur son visage alors qu’enfin la panique gagnait la princesse. Pourquoi diable s’amusait-il ainsi ? Elle courut, toujours plus vite, mais son frère semblait toujours plus loin. Soudainement, elle tomba dans le vide, pendant de longues secondes, jusqu’à que son dos heurte le sol.

Et plus rien. Anthea se réveilla en sursaut et transpirante, peut-être même avait elle crié puisqu’un de ses chatons la regardait avec de grands yeux. Elle ferma les siens et prit une grande inspiration avant de se lever, s’asseyant près de la fenêtre. Elle scruta le ciel, le soleil sur le point de se lever. Encore ce rêve étrange… Que pouvait-il bien pouvoir signifier ? Elle soupira, reprenant peu à peu ses esprits alors qu’un félin s’était installé à côté d’elle, ronronnant. Un sourire étira ses lèvres rosées.

La journée continua normalement, Anthea avait passé un certain temps à se préparer puisqu’on attendait aujourd’hui, au château, cet extravaguant personnage de Shay. Paraîtrait-il qu’il faisait le tour des royautés pour se familiariser avec les alliés. La princesse d’Emeraude avait donc, pour l’occasion, troqué sa tenue d’ébène habituelle pour une robe en velours – toujours noire cependant - aux broderies vertes. La coupe de l’habit était millimétré, pour mettre le corps de la jeune femme en valeur. Elle n’oublia évidemment pas ses boucles d’oreilles mais se contenta de n’ajouter qu’un seul collier sautoir. L’adolescente se laissa coiffer d’un chignon, laissant quelques mèches légèrement ondulées encadrer son visage. Elle se contempla un instant dans le miroir lorsqu’un messager arriva en trombe, signalant que la royale personne de Shay était à la clinique, apparemment blessé. Ni une ni deux, Anthea se précipita à l’écurie et monta son cheval sans même le seller, s’agrippant seulement à sa crinière. Il ne lui fallut qu’un petit quart d’heure pour rejoindre la clinique.

Évidemment, elle n’avait pas eu le temps de se changer. Elle entra dans l’édifice, demandant où le régent se trouvait. On le lui indiqua et elle se dirigea vers la pièce. Elle l’entendit réclamer un autre verre d’eau, observa l’apprenti guérisseur qui s’affairait, l’air quelque peu paniqué, à accéder à la demande du patient. Elle le congédia, lui assurant qu’elle prenait le relai.  La princesse entra donc dans la chambre et tendit le verre à Shay. Lorsqu’il l’eut attrapé, elle le salua dans une révérence.

« Pardonnez mon impolitesse, mais je crois que la priorité devait être ce verre d’eau. Anthea d’Emeraude, ravie de vous accueillir dans mon royaume… Même si je n’imaginais pas la rencontre d’aujourd’hui de cette façon… »


Elle gardait son sourire habituel et son visage paisible, mais elle craignait les fureurs de son interlocuteur. Après tout, c’est dans SON royaume qu’il avait été attaqué et elle se sentait responsable, même si elle n’était pas l’auteur de ce méfait.

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Dim 11 Nov 2018, 14:04

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J
e demandais un autre verre d’eau – si possible bien frais – tout simplement car je devais faire un peu de fièvres. C’était tout à fait normal de faire un peu de fièvre après s’être fais transpercé le flanc puis recousu sans délicatesse aucunes avec une simple pate pour la guérison et une potion pour la douleur. Potion qui, d’ailleurs, me faisait un peu tourner la tête. Je me sentais à la fois léger et lourd, et c’était une sensation quelque peu désagréable. J’étais lucide – c’était déjà ça – mais j’avais tout de même quelque difficulté à garder mon attention sur quelque chose. En bref, cette situation ne me plaisait pas du tout, et n’était pas digne de ma personne.

D
u coup, j’avais besoin d’eau. Car avec la fièvre, je me desséchais sur place, et cela faisait assez mauvaise figure que l’héritier de Fal se dessèche à cause d’une petite fièvre de rien du tout. J’eus vaguement le souvenir de ma mère qui me racontait que mon père avait été tué par une maladie Turquaise, mort par la fièvre. J’eus tout de suite une sourde angoisse : je n’avais pas spécialement envie de mourir maintenant, à Emeraude, dans une clinique, pour cause d’une simple blessure ! C’était tellement peu élégant et insatisfaisant. Je m’imaginais mourir de vieillesse, sur mon lit entouré par mes enfants et ma femme aimante – on peut rêver – et je m’endormirais doucement dans mon sommeil après avoir vécu une longue vie pleine d’aventure, de rebondissements, et d’actes héroïques ! Oui, c’était un peu bizarre de fantasmer sur sa future mort, mais bon.

E
trangement, ce n’est pas l’apprenti médecin qui m’apporta mon deuxième verre, mais une jeune femme tout à fait charmante. Si la potion que l’on m’avait donné ne trompait pas ma vue, c’était une jeune femme aux courbes ravissantes et au visage très intéressant. Oui, le visage, pas autre chose. Quand même ! Un peu de décence. Dès qu’elle fut là et qu’elle m’apporta mon verre – que je bus d’une traite d’ailleurs – je me sentis beaucoup mieux. Comme un regain d’énergie. La douleur ? Pfeuh ! Ce n’était qu’une pichenette dans un océan de sable ! Je suis un roc, je suis parfait ! Oui, c’était du moins ce que j’essayais de me convaincre pour éviter d’avoir l’air faible. A savoir si cela marchait, c’était une autre histoire, il n’y avait pas de miroirs…

L
a jeune femme vêtue de noir se présenta. Anthea d’Emeraude. Si elle mettait « d’Emeraude » dans son titre, c’est qu’elle devait faire partie de la famille royale d’Emeraude. Peut-être pas la reine, non, je doutais qu’une reine viendrait d’elle-même s’enquérir de mon état. Elle dépêcherait des serviteurs et attendrait que j’arrive au château pour pouvoir parler de la situation au calme et sans la douleur lancinante qui me vrillant le flanc. Donc, c’est une princesse, la princesse d’Emeraude. Oui étant donné que je ne m’étais pas intéressé jusqu’à maintenant aux autres royautés, je ne savais guère qui régnait et ce malgré les informations que j’avais demandé. Je savais que c’était un homme du nom de Vaelin qui était sur le trône d’Emeraude, mais mes informateurs avaient certainement oublié de me parler de sa petite famille. En tout les cas, Anthea fit donc ce qui aurait du se passer au château : elle m’accueillit en son royaume. Mais la situation fait que ce n’était pas un instant propice…

«
Ravi de vous rencontrer, gente dame ! » dis-je en me forçant à sourire. « Je ferais bien une révérence, mais… » Simple rappel que ma situation ne me prêtait pas à être un total gentleman, voir même que cela excuserait mes humeurs moroses. « Bien que le fait d’être attaqué aussi injustement est préjudiciable… je n’ai pas su bien gérer la situation non plus. » Je poussais un soupire contrit. « Par réflexe, j’ai usé de magie pour me protéger. Cela a certainement envenimé la situation. Si je n’avais pas fais cela, peut-être y aurait-il eu moins de dégâts. » Il était vrai que je n’avais pas su bien gérer la situation, j’ai agis à l’instinct en bafouant les idéaux anti-magie de l’Alliance. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même pour cette blessure, bien que de toutes les manières, cette attaque n’aurait pas du être. Puis, en voulant légèrement déplacer mon corps, une lance de douleur me transperça, et je ne pus retenir une grimace de douleur et un petit gémissement. Je portais la main à mon flanc en serrant les dents. « Cela risque de me faire une belle cicatrice… » grommelais-je. « Je vous prie d’excuser mes propres maladresses. Ce n’est pas ainsi que j’imaginais notre rencontre également. » Petit sourire qui se voulait charmeur. « Vous êtes ravissante dans cette robe. Ceci était destiné à notre rencontre ? »

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Sam 17 Nov 2018, 16:00


« Joli coeur, viens apaiser ma douleur »
Avec Shay

Au moins ne semblait-il pas vexé envers la princesse. Et lorsqu’il prit la parole, elle sentit un poids en moins sur ses épaules. Il ne lui en tenait pas rigueur, disons pas directement et qui plus est « assumait » sa part des responsabilités. Etait-ce pour faire bonne impression ? Shay était du genre à vouloir faire bonne impression, surtout lorsque ce dernier prétendait ne rien sentir du tout alors que son visage le trahissait. Oh bien sûr, si ça avait été quelqu’un d’autre qu’Anthea, le subterfuge aurait fonctionné… Jusqu’au gémissement de douleur. En tout cas, il était honnête dans ses paroles et  elle devait faire honneur au compliment qui lui était adressé. Elle inclina légèrement la tête.

« Merci beaucoup. Oui effectivement, elle était destinée à notre rencontre, j’espère que cela vous plaît. En tout cas, je n’ai rien à vous envier, vous êtes tout aussi charmant après une attaque. Elle marqua une pause. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à me le faire savoir.»»


Il fallait toujours renvoyer les compliments. Surtout avec le sourire. Et le sourire d’Anthea ne laissait que peu de gens indifférents, aussi espérait-elle qu’il aurait son effet sur le régent de Fal. Deuxième chose importante : toujours démontrer que l’invité est roi. Bon en l’occurence, c’était presque ça mais… Bref. Maintenant, il fallait passer aux choses sérieuses. Vaelin était celui qui normalement gérait les rencontres politiques, mais la jeune femme savait très bien qu’il n’aimait pas énormément cela et puis, il fallait qu’elle sache faire ce genre de choses également.

« Pardonnez ma curiosité, quelle genre de magie exercez-vous ? C’est étonnant de voir quelqu’un parler de magie dans nos contrées sans ce rictus de peur ou de dégoût, rien ne semble vous faire peur… Vous devriez cependant faire profil bas à ce sujet, vous savez comment est la relation ici entre le peuple et la magie... »


Désastreuse. Haineuse. Mais Anthea n’avait pas ce rapport là. Bonne ou mauvaise chose, seul le temps le dira. Elle était simplement curieuse. Désireuse d’apprendre des choses. Encore plus lorsqu’il s’agissait d’en apprendre sur les régents et autre royautés d’ailleurs. Dans sa tête, elle tenait à jour un carnet avec plein de notes sur tous ceux qu’elle avait rencontré. Celui de Shay était plutôt vide pour l’instant et la princesse escomptait bien le remplir un peu aujourd’hui.  Et nul doute qu’il n’hésiterait pas à parader tel un paon pour impressionner l’émérienne.


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Mer 21 Nov 2018, 12:54

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I
l semblerait qu’Anthea eut l’air légèrement rassuré par mes propres. Peut-être avait-elle eut peur, après avoir eut vent de cette attaque, que je ne décide d’entrer en guerre avec Emeraude ? Ou, tout du moins, d’avoir des relations peu cordiales et très tendues avec ce royaume. Dans un sens, ce ne serait pas bien compliqué de prendre le royaume s’il était tant anti-magie. Une armée de soldats magiques et non magiques les mettrait à mal, c’était certains. Néanmoins, je pouvais moi-même dire que j’avais une sourde angoisse. J’ai utilisé de la magie dans un royaume anti-magie, cela pouvait indéniablement être un prétexte pour fermer les frontières et fermer toute relation diplomatique entre les deux royaumes – surtout que, de ce que j’avais entendu dire, le roi d’Emeraude n’était pas un tendre – d’après quelques rumeurs de ci de là. Avouer que j’avais utilisé de la magie était à double tranchant. Mon but était tout d’abord de jouer franc jeu et de m’excuser pour éviter que l’incident ne soit rapporté par un tiers et que je sois alors perçu comme un affabulateur. Cependant, avouer mon « crime » pouvait aussi me porter préjudice, car rien ne me disait que quelqu’un avait vu la scène et aller rapporter mon utilisation de la magie au Roi.

L
orsqu’Anthea reprit la parole, cette fois pour me charmer et flatter mon égo, je ne pus m’empêcher de sourire, heureux de ces compliments. Malgré le fait que je donnais l’air parfaitement imbu de moi-même en gonflant un peu plus les muscles – sauf ceux de ma blessure bien entendu – pour me mettre plus en valeur, je n’étais pas totalement dupe pour autant. C’était une femme, une princesse qui plus est, dans une robe ravissante et qui savait manier les mots : elle me manipulait. Ou du moins tenter de me manipuler. Ce n’était pas pour me déplaire, alors je jouais parfaitement le jeu. J’aimais qu’on me complimente après tout. Et si elle mentait… je ne le saurais sûrement pas, tout ce que je savais c’était qu’elle voulait me manipuler en me complimentant pour que j’aille dans son sens. Est-ce que toutes ses paroles sont des mensonges, c’est une autre affaire. Dans tous les cas, je préférais ne pas savoir, et me dire que j’étais dans une forme olympique malgré ma blessure. La princesse me demanda par al suite si j’avais besoin de quelque chose. Il ne me fallut pas plus de quelques secondes pour savoir ce que je voulais. Une chose très simple que n’importe quel homme dans ma situation voudrait…

«
Eh bien, puisque vous me le demandez… je dois bien avouer avoir envie que l’on me nettoie un peu le torse. » Tu pensais à autre chose, peut-être ? Bon, cette idée beaucoup plus provocante et déshonorante m’avait effectivement traversé l’esprit, après tout Anthea était loin d’être horrible à regarder. Mais je n’allais certainement pas lui demander une telle chose. Alors je me suis rabattu sur la deuxième chose qui m’incommodait : la sueur. J’avais eu de la fièvre pendant que l’on me soignait, et j’en avais encore un peu à l’heure actuelle. Ma déshydratation ultérieure est une preuve de ma sudation intempestive, et je n’aimais guère me sentir sale, surtout face à une Princesse. « Ce n’est pas une tâche qui sied à une personne de votre rang évidemment, un serviteur ou un apprenti-soigneur pourra le faire. » Le tout fut agrémenté d’un sourire charmeur. Bien entendu, qu’elle me lave le torse ne me serait pas désagréable… voir même trop désagréable. Dans un sens, mieux valait que ce soit quelqu’un d’autres. Je dis ça, je ne dis rien…

N
ous passâmes bien rapidement sur un autre sujet – la magie. Cela ne m’étonnait guère, après ce que je venais de dire. J’étais plus étonné sur le fait que le sujet mit plus longtemps que prévu à être mis sur le tapis – j’aurais pensé qu’elle aurait directement parlé de ce sujet épineux pour les Emeriens. Aussi, je suis un peu surpris de cet intérêt pour la magie. Il n’y avait pas de dégout, pas de haine, pas même de la crainte dans le ton et le regard de la Princesse alors qu’elle me questionnait à ce sujet. Rien de plus que de la curiosité. Mal placée ? Peut-être. C’était parfaitement étonnant sachant le royaume dans lequel elle a baigné. Je ne savais pas trop si c’était un test ou si c’était réellement que de la simple curiosité. Devais-je m’épancher sur la question, ou l’éviter habilement ? Peut-être un mélange des deux… en ajustement la mesure. Je ne répondis pas tout de suite, regardant fixement pendant un instant la porte menant à la sortie de la chambre, avant de finalement revenir vers Anthea avec un sourire.

«
Je vous voie debout depuis un moment, je manque à mes devoirs ! Vous pouvez vous assoir sur le bord du lit si vous le souhaitez. » Ou allez chercher une chaise pour pouvoir s’installer près de moi, aussi. Mais je préférais nettement l’option « assis sur le lit ». « Je n’impose rien, soyez rassurée. » Je n’avais pas envie qu’elle pense que je ne suis qu’un pervers profiteur de la situation et qui en plus lui ordonnait de faire des choses… mettons sous silence que c’était ce qui se passait dans ma tête. « Je viens de la Confrérie, le rapport à la magie est beaucoup plus cordiale qu’à l’Alliance. Cependant, je trouve étonnant que la princesse d’Emeraude s’y intéresse tant. Pardonnez mon impolitesse, mais vous devriez également faire attention à ce que vous dites, et à qui vous le dites. Des oreilles peuvent être tendues… ou votre auditeur peut retourner votre curiosité contre vous. » C’était dit avec un tel sérieux et une telle froideur que cela ne me ressemblait guère. Très vite, j’essayais d’effacer cet aspect de moi par mon sourire le plus chaleureux. « Néanmoins je ne vous porterai pas préjudice, n’ayez crainte ! Si vous êtes intéressée par la magie je peux vous offrir un petit séjour à Topaze en tant qu’invité royal. » Cette précision était importante du fait du la société patriarcale, si elle y allait comme tel sans y être invité, les hommes topaziens risquaient de mal la voir… et elle risquait d’être mal reçue. Ainsi, en tant qu’invité royal, elle n’aura pas ces problèmes – ou beaucoup moins – et de toute manière elle ne se déplacerait pas sans escorte. « Pour assouvir votre curiosité, bien entendu. Dayle serait sûrement ravie de pouvoir discuter avec vous. » Pourquoi je parlais de ma femme ? Cela me surpris moi-même, et bien que je n’en laissais rien paraître – ou du moins je tentais de ne rien laisser paraître – cela me perturba. J’avais même une sorte de… poids au niveau du cœur, à peine avais-je mentionné Dayle. Pourquoi, je ne sais pas. C’était étrange. Je poursuivais cependant, cette fois-ci en baissant quelque peu la voix, juste au cas où. « Quant à moi je pourrais vous faire des démonstrations sans crainte de mes dons. Je maîtrise la magie de l’ombre, soit dit en passant. Par réflexe, j’avais fais apparaître un tigre à dent de sabre fait d’ombre d’1m80 pour nous protéger moi et mes soldats contre les bandits. En format passif, mon tigre prend l’apparence de 3 chats d’ombre inoffensifs. » J’avais d’ailleurs fortement envie de les faire apparaître, là, maintenant, pour qu’ils me réconfortent en me faisant des câlins… mais je me retins. Ce n’était pas l’endroit. Et bien que j’avais l’impression que cela ne dérangerait peut être pas Anthea, je préférais m’abstenir. « Vous possédez des dons ? Après tout, même si l’Alliance n’aime pas la magie, on ne contrôle pas le fait de naître magique. » Puis, sentant ma langue pâteuse : « Je prendrais bien un autre verre d’eau si cela ne vous dérange pas. »

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Mar 27 Nov 2018, 15:20


« Joli cœur, viens apaiser ma douleur »
 « People fear what they cannot understand »

Parader tel un paon… On ne pouvait mieux dire finalement, lorsqu’on le voyait bomber son torse pour paraître plus… impressionnant ? En tout cas, c’est seulement à ce moment là qu’elle darda son regard sur le corps du régent. Outre l’onguent qui recouvrait la vilaine plaie, tout était… parfait ? Son corps était sculpté par des années d’entraînement au combat et cela, elle ne pouvait pas le nier. Peut-être avait-elle été trop peu discrète dans son… observation ? Puisque Shay évoqua l’envie de se faire nettoyer le torse. Oh bien sûr il l’a rassura immédiatement, précisant qu’elle n’était pas digne d’une telle tache. Elle irait chercher un servant, en même temps qu’une chaise pour s’asseoir.  L’impolitesse du régent la fit sourire : pensait-il avoir fait mouche ? Si oui c’était raté. Parce que ce n’était pas le cas et quand bien même ça l’eut été, rien sur son visage ne l’aurait trahie. Cependant, un sourire éclaira son visage lorsqu’il l’invita à visiter son royaume. Cela ferait d’une pierre deux coups : elle pourrait tout aussi bien en apprendre plus sur les têtes dirigeantes de Fal tout en satisfaisant sa fausse curiosité sur la magie. L’alibi était parfait… Bien qu’elle craignait un piège. Mais elle verrait au moment venu, et nota tout cela dans un coin de sa tête. Son visage s’illumina encore plus lorsqu’il évoqua sa magie : il pouvait créer des formes à partir des ombres et il semblait avoir un certain attrait pour les félins, tout comme la princesse d’Emeraude. Shay retourna ensuite sa question envers Anthea, qui se contenta de répondre :

« Je vais chercher ce qu’il vous faut, ne bougez pas. »


Bien qu’elle se sentait stupide d’avoir dit cela. Où allait-il aller de toutes façons ? Elle se maudit intérieurement puis fit demi tour, se rendant dans une pièce à l’opposé de la clinique. Cela lui permit de respirer un peu d’air frais et de faire le tri dans sa tête. Par où allait-elle commencer pour répondre à toutes ses interrogations, et comment allait-elle y répondre ? Anthea eut une idée, alors qu’elle arriva au niveau de la salle où tous les guérisseurs se trouvaient. Tout le monde s’inclina à sa présence.

« Puisque nous avons un patient royal, laissez moi m’en occuper. Je ne veux que l’on nous dérange sous aucun prétexte. »


Son ton était ferme et ne laissait guère d’autres choix que l’obéissance. La princesse se saisit d’un récipient assez grand pour y mettre de l’eau tiède, ainsi que d’une carafe qu’elle remplit, cette fois, d’eau fraîche, puis se dirigea vers un meuble d’où elle prit un tissu. Enfin, elle repartit vers la chambre de Shay et prit une grande inspiration. « A nous deux » pensa-t-elle avant d’arriver dans la chambre, de poser ce qui encombrait ses mains sur la table à côté du lit et de fermer la porte. L’émerienne se replaça ensuite doucement à ses côtés.

« Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas d’idées farfelues. Je veux simplement que nous soyons tranquilles comme nous aurions pu l’être au château. Dit-elle en remplissant à nouveau son verre avant de lui tendre. Je pardonne votre impolitesse, Régent Shay. Puisqu’il y a une différence certaine entre avouer avoir utilisé la magie et être curieuse à ce sujet. »


Et bim. Elle ne serait pas blâmée ou regardée de travers simplement pour avoir posé une question sur un sujet qu’elle-même n’avait pas emmené dans la discussion. Anthea s’empara du tissu et le trempa lentement dans l’eau tiède, avant de l’essorer puis de le passer lentement sur le corps de Shay, d’abord au niveau des clavicules, tamponnant doucement. Ne voulant pas que ce moment se passe dans le silence le plus total, elle reprit la parole.

« Intéressée par la magie est peut-être une grande formulation. Disons simplement que je suis curieuse, de tout. Elle avait bien insisté sur le dernier mot. Tout en parlant, elle descendait lentement pour soulager le régent de sa transpiration, se trouvant à présent au niveau de ses poumons. Mon peuple a peur… de ce qu’il ne connaît que dans l’Histoire. La plupart d’entre-eux n’ont jamais vu de magie à l’œuvre puisque quiconque essaierait serait immédiatement mal vu. Ils ne comprennent pas, et ils en ont peur. C’est pour cela que je regarde la magie avec intérêt. Pour la comprendre et ainsi rassurer mon peuple. »


Et ce n’était pas entièrement faux. Elle n’avait pas spécialement besoin de prêter une attention particulière aux mots qu’elle utilisait en cet instant ou à son visage ; elle le pensait vraiment. Bien sûr, par réflexe et par habitude, elle gardait cet air impassible, bien que troublée par les formes qu’elle pouvait ressentir sous ses doigts à travers le tissu, maintenant qu’elle avait atteint son ventre.  L’émerienne décida d’humidifier à nouveau le morceau de textile – ainsi que dans un geste presque imperceptible ses lèvres – puis de l’essorer avant de reprendre là où elle avait arrêté. Elle faisait ça avec une délicatesse qui lui ressemblait bien.

« Je serai ravie de visiter votre royaume. Cela assouvirait, en effet, ma curiosité vis à vis de votre magie mais également de Topaze. Je n’y suis allée que très rarement, et il y a de cela des années maintenant. Et c’est avec joie que je ferai plus ample connaissance avec votre épouse. »


Décidément, ce voyage serait profitable en tout points. Il restait encore un point à éclaircir ; le don d’Anthea. Évidemment, elle ne dévoilerait rien. Si elle pouvait passer sous silence le fait de rester debout ou de s’asseoir aux côtés de Shay, il était impossible qu’elle en fasse de même pour la dernière question sans que cela paraisse suspect. Cela faisait un moment déjà qu’elle nettoyait son ventre et elle décida de reposer le tissu dans la bassine, avant de repasse une mèche folle qui s’était échappée de sa coiffure.

« Je possède effectivement des dons, mais aucun n’est magique. J’ai longtemps étudié ici, après la mort par empoisonnement de la reine, afin de savoir soigner si quelque chose de similaire devait arriver à nouveau. Si j’avais été présente ici aujourd’hui avant votre opération, peut-être que je m’en serai chargée personnellement. »


Cela justifiait aussi qu’elle n’ait eu aucune réelle gêne à faire une sorte de toilette à son interlocuteur, cela faisait partie de la formation. Il ne fallait pas seulement savoir guérir son patient, il fallait également le mettre à l’aise pour aider à son rétablissement. Malgré tout, il était difficile pour elle de se défaire du teint légèrement rosé qui maquillait maintenant ses joues. La princesse n’avait eu que très peu de contact avec des hommes, en tout cas de ce genre, et non seulement celui en face d’elle n’était pas n’importe qui mais était d’au moins dix ans son aîné. Même si elle gardait son expression habituelle, Anthea n’en restait pas moins impressionnée. Mais elle avait apprit à ne jamais – trop – le montrer car alors il serait facile de la manipuler.

Un vent frais se fit sentir, s’immisçant dans la chambre. Si l’émerienne avait l’habitude, elle préférait, pour le confort de son invité, aller fermer le rideau afin de conserver la chaleur que le brasier au coin de la pièce dégageait. Sur le chemin du retour, elle ne vit pas la caisse d’herbes au sol, trop occupée à regarder droit devant elle, la tête haut. Elle trébucha et se rattrapa in extremis sur le lit, les mains de chaque côté du visage de Shay, pour ne pas l’écraser. La mèche qu’elle avait replacée plutôt s’était fait la malle, accompagnée cette fois de quelques une de ses amies, et bientôt toute sa coiffure s’effondra, laissant sa longue chevelure ébène retomber autour de son visage et de celui du régent. Son regard émeraude était figé dans une expression d’excuse et de choc à la fois, comme si elle ne réalisait pas tout à fait encore ce qui venait de se passer, ni dans quelle situation gênante elle se trouvait. Ce qui était le cas.

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Sam 08 Déc 2018, 11:55

Un bisou
Magique ?

An 1570 Mois 9
(Mariage Shayle en mois 8 )


E
tait-elle intéressée ? Je ne saurais dire. Et moi, l’étais-je ? Il faut dire qu’elle n’était pas désagréable à regarder. Elle était fraiche et jeune… un peu comme Dayle. Mais Dayle était aussi extrêmement chiante. Alors qu’Anthea semblait plus… ouverte. Outre son regard se baladant sur mon corps, c’est surtout son sourire lorsque je mentionnais un petit séjour à Topaze et la magie qui me laissait dire qu’elle était ouverte. En même temps, sachant qu’elle vivait dans un royaume strict sur la magie, pouvoir en apprendre plus sur la magie à Topaze ne pouvait qu’être intéressant pour elle… et je marquais des points. Mais je ne répondais toujours pas à ma propre question : étais-je intéressé ? Pour le moment on ne peut pas dire que je la draguais. C’était plus… de la plaisanterie douce. Du gringue sans vraiment l’être, du charme de politicien – et encore, étant donné que je n’étais pas au mieux de ma forme, on ne pouvait pas dire que je me donnais à fond. Néanmoins, elle ne répondit pas à mes questions et préféra partir me chercher mon verre d’eau et le serviteur pour me laver le torse. J’osais espérer qu’elle répondrait à mes questions quand elle reviendrait… après tout, je répondais aux siennes, il était donc normal qu’elle réponde aux miennes.

E
lle sortit donc, me laissant seul, m’enjoignant à ne pas bouger. Je devais bien avouer que j’arquais un sourcil amusé lorsqu’elle prononça ces mots. Je voulus même riposter, mais j’ai préféré m’abstenir et la regarder s’en aller. Elle avait d’ailleurs un très joli fe-dos. Un très joli dos, une très jolie taille. Je détournais le regard avant qu’elle n’ait trop l’impression d’être observer… par un pervers. Ce que je ne suis pas, bien évidemment. Elle sortie, j’étais seul, je me calais un peu plus confortablement dans le lit (en étant toujours assis) avec un soupire d’aise. Je commençais à ne plus avoir les effets de la potion – les effets étaient étonnement rapides – alors j’avais déjà plus l’impression de contrôler mes pensées. Par contre… j’avais aussi plus mal à mon flanc. Ça, c’était la mauvaise chose. Je grommelais intérieurement. Je détestais être blessé. Bon… je connais très peu – pour ne pas dire personne – de gens appréciant d’être blessés. A part les masochistes, mais ils étaient une classe à part. J’osais simplement espérer que la douleur finirait par s’estomper rapidement… et la blessure à guérir vite. Il n’y avait vraisemblablement pas de guérisseurs magiques aujourd’hui à la clinique, et j’avais qu’une hâte : rentrer à Topaze me faire soigner dignement. Mais j’étais bloqué, je ne pouvais pas partir. J’avais encore le roi d’Emeraude à rencontrer…

A
nthea revint assez rapidement. Ou bien avais-je perdu la notion du temps ? Dans tous les cas, il me sembla qu’elle était sortie il y a peu. Lorsque j’entendis la porte se rouvrir, je relevais la tête pour observer les arrivants. Ah, non, seulement Anthea. Pas de serviteurs ? Sur le coup, je fronçais les sourcils. Je les fronçais d’autant plus lorsqu’elle ferma la porte. Besoin de plus d’intimité ? Elle me rassura – ou déçu – bien rapidement en expliquant qu’elle voulait simplement être tranquille. Mouais, cela ne me permettait pas de ne pas avoir d’idées sur ce qu’elle voulait faire. Elle me tendit un verre d’eau. Je m’en saisis avec toute la patience du monde pour le boire d’une traite. Oui, j’avais vraiment chaud. Ou bien est-ce du à une fièvre ? En tous les cas, ce verre d’eau fut bienvenu. Anthea me signifia qu’elle pardonnait mon impolitesse, ce que je saluais d’un hochement de tête et d’un sourire. Dans tous les cas, même si ce n’était qu’être curieux, elle n’en restait pas moins la princesse de ce royaume, la sœur du roi : même si c’était par curiosité, qu’est-ce qui me garantissait qu’elle n’irait pas le répéter à son frère pour me mettre dans une situation précaire ? J’avais appris à être méfiant… même si la plupart du temps je n’en laissais rien paraître. C’était plus facile de se lier aux personnes avec un sourire, des phrases bateau, et cet air faussement niais. Cependant, je préférais ne pas m’étendre plus sur ce sujet. Je ne voudrais pas que nos relations deviennent tendues simplement car j’émettais la possibilité qu’elle soit une personne fourbe et manipulatrice sous ses traits d’ange.

L
a suite des évènements me surprit beaucoup plus. Elle se saisissait elle-même du tissu, le trempa dans l’eau, et commença à me laver le torse. Sur le coup, je ne pus m’empêcher de prendre une profonde respiration. A la fois pour masquer ma surprise et ma gêne, et à la fois pour calmer mes ardeurs montantes. Elle reprit la parole, sûrement pour éviter un silence gênant, et je ne puis que l’en remercier intérieurement. Elle m’apprit donc que c’était simplement par curiosité qu’elle était intéressée par la magie. Pour son peuple. C’était une bonne chose, j’imagine. Mais, n’est-ce pas le rôle du roi de rassurer son peuple ? Anthea n’était que la princesse… et serait sûrement vouée à être marier à un noble ou un roi pour les alliances. Rarement par amour. En d’autres termes : elle serait sûrement amenée à partir de son royaume… pour devenir noble ou reine. Dans ce dernier cas, sûrement que ce qu’elle projetait de faire serait bénéfique. Mais comme dans toute gouvernance, rassurer un peuple inquiet concernant la magie depuis plusieurs années voir décennies, ce ne se fera pas en un jour. Patience est mère de vertue…

J
e me concentrais activement sur ses paroles pour éviter de trop sentir le tissu passant sur mon torse. Quelque fois je pouvais sentir ses doigts toucher ma peau par inadvertance. C’était perturbant. Et j’aimerais fortement éviter d’avoir une certaine réaction en conséquence. Donc, me concentrer sur les paroles d’Anthea et y réfléchir me permettaient de contrôler mon corps… et mes pensées. Un peu. C’était déjà ça. Après avoir ré-humidifier le tissu, elle accepta volontiers ma proposition de visiter Topaze. Bon, ce n’est pas comme si je connaissais Topaze sur le bout des doigts étant donné que cela faisait que quelques mois que j’y étais, mais nous pourrions ainsi faire plus ample connaissance… avec moi et avec mon épouse. Epouse… oui, Dayle. J’avais failli l’oublier sous les doigts de la princesse. Diantre, que je suis un mauvais mari.

L
e nettoyage fut finit. Je soupirais imperceptiblement de soulagement. Un peu plus et je ne saurais dire si je serais arrivé à contenir mon corps plus longtemps. Donc, j’étais indéniablement plus à l’aise. Anthea sembla l’être aussi, malgré le rosé de ses joues. Elle m’apprit ainsi qu’elle avait apprit à soigner, notamment concernant les empoisonnements. Bonne chose, c’était pratique pour éviter de se faire assassiner… j’avais encore le gout amer de la tentative d’assassinat lorsque j’eus fait la connaissance de mon beau frère : Doran, roi d’Opale. En tous les cas, même si elle avait des compétences en médecine, elle n’en restait pas moins une princesse. Si quelqu’un d’autre l’avait vu me nettoyer, non seulement cela aurait alimenté les rumeurs, mais en plus elle serait peut-être mal vue… par la noblesse et la royauté.

U
n vent frais me fit frissonner. Poils hérissé, chair de poule, mes réactions face au froid étaient sans pareils. Fort heureusement, je n’eus pas besoin de demander à ce qu’on ferme les rideaux puisqu’Anthea partit le faire d’elle-même – avait-elle remarqué que j’étais frileux ? Surtout le torse nu. Je l’observais donc faire avec un sourire… jusqu’à ce qu’elle tombe sur moi. Bon, pas totalement sur moi, elle s’était rattrapée sur le lit de chaque côté de ma tête. Quant à moi, voulant l’aider sur le moment mais ne pouvant pas bouger à cause de ma blessure, j’avais tendu les bras dans sa direction… ce qui eut pour finalité un geste peu courtois. Mes deux mains s’étaient posées sur les seins d’Anthea.

F
igés. Gênés. Choqués. Voilà ce qui peut nous qualifier là actuellement. Combien de temps se passa-t-il ? Je ne saurais dire. J’avais l’impression que mon cerveau s’était déconnecté et que mon corps s’était statufié. Nous nous regardâmes dans le blanc des yeux, ses cheveux caressant mes épaules, obstruant ma visibilité pour que seul le visage d’Anthea puisse être visible… bonne ou mauvaise chose ? Et bien, comme elle était loin d’être ignoble, on va dire que c’était une bonne chose. Malgré le choc et la gêne, heureusement pour moi-même, je ne rougissais pas. Et puis, avec mon teint hâlé, même si je rougissais un petit peu, cela ne se verrait pas.

J
’enlevais mes mains alors subitement, passant d’un état de pétrification à un état actif, ce qui sur le coup fut quelque peu perturbant. Dans le même mouvement, je plaçais mes mains sur les bras d’Anthea pour l’aider à se relever, et par le même coup, je la fis s’assoir à côté de moi. Plus pour qu’elle puisse se remettre de ses émotions… et moi aussi, d’ailleurs. J’eus une petite toux, comme pour dissiper la gêne occasionnée et comme pour me donner du courage avant de reprendre la parole.

«
Ce n’était pas prémédité, je vous prie de m’excuser. Vous êtes vous fait mal ? » Car elle avait semblé avoir trébuché sur quelque chose, il n’était donc pas impossible qu’elle se soit fait mal lors de sa chute. Elle aurait pu se tordre la cheville… ou autre. « Au moins on peut dire que tout ce qui aurait pu mal se passer, c’est passé durant cette rencontre ! » Tentative d’humour, potentiellement ratée. Bien malgré moi, sans que je ne puisse contrôler mon corps et mes gestes, ma main se leva d’un geste vif et vint replacer une mèche de cheveux sombre derrière l’oreille d’Anthea pour me permettre de voir son visage. « Soyez rassurée, vous êtes aussi belle les cheveux attachées que détachées. » Sourire enjôleur. J’enlevais bien vite ma main, histoire d’éviter qu’elle ne me prenne pour plus pervers que je ne l’ai montré. « A quelle occasion êtes-vous déjà venu à Topaze ? » En effet, dans tout ce qu’elle avait dit précédemment, ce point m’avait le plus intrigué. J’étais curieux. Et il fallait bien que l’on passe à autre chose, que l’on essuie cette scène malheureuse de nos esprits. « Votre frère, le Roi, est-il aussi curieux sur la magie que vous ? Puisque vous voulez rassurer votre peuple… Emérien ou votre futur peuple par mariage… je suppose que votre frère souhaite lui aussi pouvoir faire cela. Vous ne serez pas forcément à Emeraude, à l’avenir… » Oh, cela manquait incroyablement de délicatesse ! Mais il faut dire que sa naïveté ne pouvait que titiller ma maturité sur la politique. Et puis, j’étais bien placé pour savoir que le peuple à gouverner et à rassurer n’était pas forcément celui escompté. « Bien que j’espère que vous ne serez pas séparé de votre frère ! » Me repris-je donc avec sollicitude. « Je sais que chaque dirigeant a sa propre manière de diriger, alors il est aussi possible que vous ne soyez pas marier à un autre roi et que vous restiez auprès de votre frère pour l’aider à diriger. » Après tout, c’était un jeune roi. Etait-il aussi naïf que sa sœur ? J’espérais que non. En tout cas, à deux ils seraient indéniablement meilleurs en gouvernance. Pour le moment, du moins.

C
’est alors que mon regard accrocha une ombre sur le côté. Très vite, je me focalisais dessus… et j’eus la désagréable surprise de découvrir que mes chats d’ombre s’étaient matérialisés. Sûrement au moment de la chute d’Anthea, ils avaient du bondir hors des ombres au cas où ce serait une attaque. Et n’avaient pas cru bon de retourner d’où ils venaient, préférant soit dormir par terre soit nous fixer de leur yeux globuleux. Mon expression se fit inquiète, et d’un geste sec et vif, je balayais les chats d’ombre pour qu’ils redeviennent… des ombres.

«
Je ferais plus attention à ça la prochaine fois… » dis-je en guise d’excuse, persuadé qu’Anthea avait vu les chats d’ombre. « En tout cas c’est… un bon projet que celui de vouloir être une bonne dirigeante. Et une bonne soigneuse. D’ailleurs, si jamais vous le souhaitez et si vous avez le temps, je serais ravi que vous m’appreniez à guérir les empoisonnements… cela peut toujours servir, surtout pour un roi ou une reine. »


‹c› Vanka
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Dim 09 Déc 2018, 12:43


« Joli cœur, viens apaiser ma douleur »
Le retour de la fièvre ?

La princesse n’avait pas réellement fait attention au positionnement des mains du régent jusqu’à qu’il les pose sur ses bras. A ce moment là, son teint devint pivoine et vu sa peau laiteuse, il était difficile pour elle de le cacher. Elle rougissait de honte, elle avait bien faillit l’écraser et en voulant l’aider – en tout cas, c’est ce qu’elle préférait se dire – il s’était mit lui aussi dans une posture gênante. Anthea ne put retenir un rire nerveux qui dura quelques secondes, s’arrêtant au moment où Shay toussa.

« Je… Non, je crois que ça va. »


Dit-elle en se relevant, sentant une douleur aiguë qui l’a fit se rasseoir directement. Bon, peut-être avait-elle menti sur ce coup-là, plus pour ne pas inquiéter son invité que pour se prétendre forte. Mais elle n’en évoqua rien même s’il avait du le remarqué, préférant se concentrer sur la discussion. Elle baissa la tête, visiblement désolée que leur rencontre se passe aussi mal. De toute évidence, maintenant ça ne pouvait plus être pire alors elle se redonna une contenance, regardant à nouveau Shay. Elle accepta le compliment en souriant. Il était un éternel charmeur, avait-il lui aussi été éduqué pour cela ? Était-ce dans les prérequis de ceux qui devaient être amenés un jour à régner ? Ce jeu l’avait amusé au début, elle devait bien l’avouer, mais ce n’était plus le cas maintenant. Elle trouvait ça lassant et la jeune fille, terrée là quelque part dessous la princesse, aimerait être un jour sincèrement appréciée, sans arrière-pensées ou tentative de manipulation. Le régent de Topaze souleva un point important : Anthea n’était pas reine, mais Vaelin et elle s’étaient promis de régner ensemble. L’idée même d’être séparée de son frère la chagrinait, et une ombre passa très rapidement dans son regard.

« Eh bien, il est vrai que c’est Vaelin qui a hérité du trône, mais… » Mais devait-elle dit que cela était simplement par tradition et qu c’est elle qui aurait du se tenir là ? Non, cela ne le regardait pas. « Après la mort de notre père, nous nous sommes promis de toujours être là l’un pour l’autre… nous avons chacun nos forces et nos faiblesses alors, ensemble, on aspire à continuer de diriger Emeraude comme l’ancien Roi le faisait. »


Tout simplement. C’était pour cela qu’elle s’inquiétait aussi de son peuple. Oh bien sûr l’idée d’être mariée à quelconque noble ou roi de l’Alliance dans l’idée de renforcer les liens lui avait effleuré l’esprit, peut-être même plus qu’effleurer. Concernant certaines choses, la princesse préférait se voiler la face. Pour le moment, il n’y avait aucune raison qu’elle soit séparée de Vaelin. Son regard se perdit dans le vide, mais quelque chose interpella bien vite Anthea. Quelqu’un… Non quelque chose semblait la fixer. C’est alors que la forme bougea et que la princesse reconnut la manifestation magique de Shay : un chat d’ombre ! Un sourire chaleureux illumina son visage, elle avait tellement envie de le caresser ! Son amour pour les félins n’avait aucune limite. Sauf qu’au moment où elle tendit sa main pour le toucher, il disparut. « Oh… » lâcha-t-elle au moment où Shay s’excusa.

« Je pense que c’est important au vu de la place que j’occupe pour le moment… Puis ce n’est pas comme si j’avais autre choses à faire. » Qu’avait-on d’autre à faire lorsqu’on le portait le poids de la noblesse ou d’une demi-couronne sur la tête ? « Ce serait avec plaisir que je vous apprendrai tout cela, lorsque je viendrai vous rendre visite ! » Répondit-elle un peu plus enjouée. Avec tout ça, elle avait complètement oublier de répondre à une question concernant sa venue à Topaze. « Oh et, à propos de ce que je connais de Topaze… Cela remonte il y a quelques années déjà, je devais avoir peut être six ans et je ne me souviens plus vraiment pourquoi nous y étions. »


Anthea finit par se relever, grimaçant légèrement. Sa démarche était plus que correcte pour quelqu’un qui souffrait de la cheville. Elle resservit un verre d’eau à son invité, qu’elle posa sur la table à côté de lui au cas où qu’il ait soif. La jeune femme au regard émeraude n’était pas collée à Shay, mais assez près pour sentir une chaleur corporelle se dégager de lui. L’air inquiet, elle posa sa main sur le front de ce dernier, relevant doucement les cheveux qui le couvraient afin de vérifier sa température. La fièvre ne semblait pourtant pas être revenu. Elle sentait cependant que le front de son invité était couvert de sueur, alors elle ouvrir le tiroir de la table, soupira de soulagement lorsqu’elle vit qu’il y avait plusieurs gants de toilette propre, et s’en saisi d’un qu’elle humidifia avec l’eau froide de la carafe, avant d’éponger le visage du régent en tamponnant légèrement. Le visage de la princesse pouvait paraître très (trop?) proche, mais elle était simplement concentrée dans sa tâche.



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