Les flèches de Cupidon | Ashanaï

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Dim 11 Nov 2018, 15:49

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1570 - Mois 8


B
eaucoup d’obligations sont imposées au Régent de Topaze. Outre la diplomatie pure et dure, les papiers administratifs et les décisions à prendre concernant le peuple, il y a aussi un certain besoin de démonstration. Il fallait que je me montre au peuple pour me familiariser avec eux, mais aussi pour me faire bien voir et pour que le peuple m’aime en retour. Car, qu’on se le dise, un roi, un empereur ou un régent n’est rien sans son peuple. Si le peuple l’exècre, son règne ne sera que de courte durée. Assassinat ou coup d’état – se soldant bien souvent par un assassinat – si le peuple rejetait ma gouvernance, je risquerai d’avoir chaud aux fesses. Autant dire que dans ces moments-là, le passage d’ombre serait parfait pour fuir rapidement. Le seul souci c’est que je ne pouvais pas laisser mes servants qui sont venus de Turquoise avec moi, et éventuellement – je dis bien, éventuellement – Dayle qui risquerait potentiellement d’avoir également des retombées. Ceci fait beaucoup d’adverbe long.

C
’est pourquoi je me devais de participer à l’une des traditions de Topaze : la chasse. Même si nous étions en petit comité – c’est-à-dire moi et deux généraux – cela ne passa cependant pas inaperçu. C’était l’effet voulu de toute manière, que le peuple sache que je me pliais à leur coutume, que j’essayais de me les approprier et de les apprécier. J’osais simplement espérer que je pourrais instaurer de nouvelles coutumes, ou plutôt habitudes, notamment en ce qui concerne le gout pour la fête. Je me voyais mal rester dans un pays aussi austère et peu enclin à l’engouement que Topaze. Donc j’avais tout intérêt à changer progressivement les mentalités. Peut-être réussirais-je également à abolir le patriarcalisme ? (Ce mot n’existe pas, mais chut). J’en doutais fortement, du moins, peut-être pas avec ma génération. Nous verrons bien, de toute façon.

M
e voilà donc en compagnie de deux généraux de l’armée Topazienne dans une forêt du royaume. Topaze était connu et reconnu pour sa production de bois, donc il est normal de retrouver des forêts denses un peu partout sur le territoire. Néanmoins, cela restait moins dense, moins grand, moins étendu et moins dangereux que les forêts Turquaises. Je me souvenais de bon nombre de fois où je m’étais fais remonter les bretelles – peut-être même était-ce les seuls moments où je me faisais disputer – car je voulais aller dans la forêt de Turquoise pour visiter, chasser, ou cueillir des plantes. J’avais d’ailleurs du mal à comprendre cette phobie typiquement Turquaise concernant cette forêt. Je ne me considérais pas, de base, comme quelqu’un d’excessivement courageux – quand je peux éviter un conflit, une bataille, je l’évite – néanmoins la forêt de Turquoise était plus fascinante qu’inquiétante, à mes yeux.

M
algré le fait que je préférai éviter les batailles, chasser ne me dérangeait pas. Il fallait bien manger, de toute façon, et lors d’une chasse il y avait bien moins de possibilités de se faire tuer par un adversaire. Ainsi armé de mon fidèle arc et de mes flèches à plume, nous nous enfoncions toujours plus profondément dans la forêt, le plus silencieusement possible guettant le moindre bruit et les moindres traces d’animal sauvage. Car tirer sur des oiseaux, ce n’était pas ce que je préférais dans la vie. J’aimais plus pouvoir tirer sur des gros animaux sauvages, comme des ours ou des loups. Les généraux et moi-même étions séparés de plusieurs mètres pour pouvoir sonder plus de terrain. J’avais encoché une flèche à mon arc, prêt à tirer, tous mes sens aux aguets…

« Un félin ! » s’écria un des généraux, me faisant sursauter.

J
e me dirigeais alors tout de suite dans sa direction pour constater les traces de pattes d’un félin. J’étais plutôt surpris je devais dire, car les fauves ne circulaient pas vraiment dans les forêts Topaziennes. C’était généralement plus des loups ou des ours, mais le général-pisteur était formel : c’était des traces de félin, qui semblait également être assez gros. La surprise céda bien rapidement à une froide détermination : on ne pouvait pas laisser un félin dans ces terres, il pourrait attaquer les villageois. Surtout s’il est seul, avec les autres animaux sauvages, il risquerait de bien vite se tourner vers la populace, et on se retrouverait avec un problème. Cependant, s’il est seul, ce ne serait potentiellement pas un problème de le chasser…

J
e fus tiré de ma réflexion lorsqu’on entendit un rugissement typiquement félin à notre gauche, puis une masse se mit à courir pour nous fuir dans les hauts buissons. Quand je repenserai à cette scène-là, plus tard, je me dirais que j’ai été bien fou, bien présomptueux, mais aussi totalement suicidaire. Pourquoi ? Tout simplement car je me suis lancé à sa poursuite, sans attendre l’avis des généraux, sans même attendre qu’ils me suivent dans ma course. Je n’avais qu’une idée : mettre un terme à la vie de ce félin. Le souci, c’est qu’il courait vite, et je n’étais qu’un humain. Je n’avais pas envie de faire appel à mes chats d’ombre pour pister l’animal, pour une rare fois, il fallait que ce soit de mon fait, et entièrement de mon fait ! Alors je courrais à en perdre haleine, tentant de suivre la piste laissée par le félin… pour finalement me retrouver perdu. Plus de pistes, j’avais bifurqué à de nombreuses reprises, ainsi je ne me souvenais plus par où je devais aller pour rejoindre mes généraux. Ils devaient être sur mes traces… sans doute.

R
eprenant mon souffle, je guettais le moindre bruit dans la flore, tournant et retournant sur moi-même dans des mouvements lents et souples. Puis, soudain, des buissons bougèrent : un animal était certainement passé par là ! Doucement, je m’approchais, faisant le moins de bruit possible, contrôlant ma respiration… lorsque je vis un bout de peau de guépard – un guépard ici ! – je tirais sans sommation et sans prendre le temps d’analyser la situation. La flèche fit mouche. Mais le cri de douleur qui en sortit avait plus l’air humain que félin…

B
andant une autre flèche, je sortis des broussailles lentement pour m’approcher de l’animal blessé. Quelle ne fut pas ma surprise… lorsqu’au lieu de trouver un guépard, ce fut une pardusse ! Je reconnus très rapidement les traits pardusses de la femme couchée à terre : traits humanoïdes avec un corps de félin. Et ma flèche sortant de sa fesse gauche. Je devais bien avouer que j’étais plus que surpris. Je ne savais pas comment réagir. Alors, pendant plusieurs longues minutes de silence, je l’observais avec des yeux éberlués, mon arc bandait la menaçant de la pointe. Je ne bougeais pas d’un millimètre. Je buguais, littéralement, face à la situation. Il se passa bien plusieurs minutes, avant que finalement ne sorte…

« Oups. » On peut dire que je faisais preuve de beaucoup de verbe et d’éloquence, actuellement. « Eh bien… » Je me rendis alors compte que je la menaçais toujours de mon arc, et je le détendis bien rapidement, pour le passer dans mon dos avant de lever les mains en signe de paix. « Je vous pris de m’excuser ! Je chassais un félin, je me suis fourvoyé… » Mes excuses étaient des plus sincères. Je lui souris d’un sourire qui signifiait que je ne lui voulais aucun mal. Je pris même le temps de la détailler rapidement, et ce que je vis ne me déplut pas. « Je ne m’y connais pas trop en guérison mais… je peux vous aider avec cette flèche ? »

‹c› Vanka
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Dim 11 Nov 2018, 17:50


Topaze était un royaume bien étrange qui n’avait jusque-là reçu que les critiques des membres de la compagnie avec qui Ashanaï voyageait. Leurs aventures les avaient malheureusement menés vers cette contrée hostile aux femmes. Ils n’étaient pas censés y rester très longtemps, ce n’était qu’un passage à travers la forêt qui les mènerait vers les territoires nordiques. C’était ça ou traverser le froid mordant des neiges éternelles sur une distance bien trop longue. La troupe avait cependant décidé d’éviter autant que faire ce peu les villages et autres bourgades afin que ses membres féminins n’aient pas à souffrir des discours topaziens sur la place de la femme en société. Après tout, la saison chaude était bien présente et malgré leur proximité avec les montagnes glacées dormir à la belle étoile n’était pas désagréable.

Pour le moment, il n’était pas question de dormir. Arlan avait rendez-vous dans un village afin de refaire leur provision et de s’équiper. Le reste de la troupe avait eu le choix de l’accompagner ou non. En temps normal Ash aurait sauté sur l’occasion, mais les conseils du reste du groupe lui firent comprendre qu’il était sans doute préférable de rester sous le couvert des arbres. Dès lors, la jeune aventurière avait décidé de chasser. C’était un exercice appréciable qui permettrait de ramener de quoi manger pour le soir. Si elle trouvait du gros gibier, elle pourrait même laisser Arlan en revendre. Pas que la troupe avait réellement besoin d’argent, mais elle voulait apporter sa participation à la vie de groupe.

Simplement armée d’un arc elle partit donc sur la piste du gibier de Topaze. Elle repéra quelques traces d’ours, mais n’y prêta pas plus attention. Si elle tombait sur une de ces énormes bêtes, elle serait assez rapide pour fuir. Il n’était après tout pas question de tuer une telle bête, surtout lorsqu’elle n’était qu’une invitée sur le territoire. Chassant autant qu’elle profiter du calme de la forêt elle abattit sans trop de difficultés quelques oiseaux qu’elle attacha à la ceinture prévue à cet effet.

Soudain, un bruit dans les fourrés attira son attention et elle perçut un petit rongeur passait juste entre ses pattes. Elle ne réfléchit pas et lâcha son arc pour sauter sur la pauvre créature. Un coup de griffe rapide eut raison du rongeur innocent qui serait très apprécié au repas du soir. La pardusse ramassa sa prise et commença à se relever quand une douleur traversa son arrière-train, la faisant chuter au sol alors que son arc allait choir un peu plus loin.

–  Aiiiiiiië, ne put-elle s’empêcher de lâcher alors que sa main allait instinctivement sur sa fesse pour comprendre ce qui venait de se produire. Mais… c’est une flèche ? Marmonna-t-elle sans bien comprendre pourquoi elle se retrouvait avec une flèche dans le fessier.

Un bruit sur le côté la fit tourner la tête alors qu’elle s’apprêter à se relever, toutes griffes dehors. Si l'on en voulait à sa vie, elle allait la défendre chèrement, même avec une flèche dans la fesse. Elle feula lorsqu’un homme aux habits princiers s’approcha, la tenant en joug de son arme. Tout son pelage se hérissa lui donnant l’air d’être plus massive que ce qu’elle était en réalité. Que se passait-il ? Elle ne le savait rien du tout et le simple « oups » qui franchit les lèvres de son agresseur ne l’aida pas du tout à mettre un sens sur ce qui se passait.

L’homme se mit alors en mouvement, baissant son arc et levant les mains ce qui eut pour effet de calmer la pardusse qui arrêta de montrer les crocs et rétracta ses griffes. A priori la menace était passée même si elle ne comprenait toujours pas comment une flèche s’était retrouvée là. L’homme s’excusa comme s’il lui avait juste écrasé la queue avant de lui proposer son aide.

–  La retirer pourrait être une bonne idée pour commencer…

Agacée ? Ash l’était un peu, ce qui était sans doute normal. Personne n’aimait se faire tirer dessus.

–  Vous ne devez pas être très bon chasseur… les couleurs des lynxs sont plus ternes, moins orangés…

C’était une évidence pourtant, elle n’avait rien à voir avec les lynxs qui était plus à même de se balader à Topaze. Vraiment, un jaguar ou un guépard n’irait pas jusqu’ici, ils étaient beaucoup plus au sud ! Du moins, c’est ce qu’Ash avait pu apprendre lorsqu’enfant elle se passionnait pour ses créatures qui lui ressemblait tant.

–  Mais vous pourrez dire que vous avez réussi à toucher un félin... d’une certaine manière.

Moqueuse, elle l’était peut-être un peu, mais elle avait gagné ce droit quand il lui avait tiré dans l’arrière-train. Avait-elle conscience d’être face au régent de ce royaume ? Absolument pas.

–  Et si c’est par magie que vous voulez me guérir, laissez tomber, ça ne marchera pas, laissa-t-elle tomber en grognant légèrement.

C’était le problème d’être insensible à la magie, on l’était aussi pour se faire guérir. Bah, ce n’était pas très grave, mais Ash était tout de même contrariée de ne pas avoir été plus prudente et de ne pas avoir entendu la flèche pour l’esquiver avant que celle-ci ne la touche. Parce que vraiment, il était clair que tout cela n’aurait jamais dû arriver.
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Sam 17 Nov 2018, 21:18

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1570 - Mois 8


A
baisser mon arc et mes flèches fasse à un Pardusse blessé et prêt à se défendre n’était peut-être pas la meilleure idée du siècle. Cependant, je ne voulais pas qu’elle se méprenne sur mes intentions : je n’étais pas là pour la chasser, la tuer, ou autre. J’osais simplement espérer qu’avec cet acte de « reddition » en quelque sorte, elle comprenne et par le même fait, cesse de me menacer de ses crocs et ses griffes. Qui, je devais bien l’avouer, me mettaient un peu mal à l’aise. Je n’avais pas très envie de me retrouver couvert de blessures. Surtout que les félins avaient souvent tendance à blesser là où ça faisait mal – mon visage, par exemple ! Que serais-je avec un visage balafré ? Défiguré, enlaidi ! Non, non, non, ce n’était clairement pas le projet d’avenir que j’envisageais. Aussi, c’était donc bel et bien idiot de baisser mes armes. Mais il faut croire que j’aimais prendre des risques ? Surtout que la Pardusse n’était pas laide…

F
ort heureusement, la jeune femme comprit mon message et fit donc de même. Plus de crocs, plus de griffes. Je soupirais intérieurement de soulagement bien que je n’en laissais rien paraître. Cela m’aurait rendu plus débile que je ne le suis actuellement de montrer ma pseudo-peur alors que c’est moi qui avais attaqué le premier. Oui, complètement idiot… J’entendais déjà Dayle se moquer de moi… Repoussant cette idée aussi loin que possible, je n’avais de toute façon pas très envie que cet incident s’ébruite trop. Et puis je pourrais toujours tourner la chose en ma faveur, si jamais… bref. Je m’excusais donc auprès de la Pardusse et quêtait sa réaction. Qui ne tarda pas.

I
rritée, oui, elle l’était. Cela se sentait dans son ton, dans son regard. Je crus même déceler des poils qui se hérissaient ici et là, mais je n’osais trop attarder mon regard sur son corps. Elle pourrait là aussi se méprendre sur ce que je pouvais penser – enfin, peut-être pas en fait, mais je préférais les garder secrets le plus longtemps possible. Surtout que la situation n’engageait pas en ma faveur. En tous les cas, elle semblait assez réceptive à ce que je l’aide avec cette flèche, non sans me donner une certaine leçon concernant la faune et de se moquer de moi. J’étais piqué au vif, tout simplement car elle avait raison sur certains points : j’étais un bien piètre chasseur. J’étais très doué pour traquer des humains, pour tirer à l’arc – la flèche pointant de son fessier en était la preuve – mais en ce qui concernait la chasse… c’était une toute autre affaire. Mais j’étais bien obligé de m’adapter à mon environnement, donc…

« Commençons par enlever la flèche… » répondis-je, un brin irrité moi aussi tout en me forçant à sourire – ce qui ne donna qu’un rictus maladroit. Je m’approchais donc doucement de la Pardusse tout en sortant un tissu d’une de mes poches, tissu que je gardais justement au cas où je serais blessé, puis je m’accroupis auprès de la jeune femme. « Permettez que je vous touche. » Car en effet, l’endroit de la flèche allait induire un contact de ma main à ses fesses. Toujours avec prudence donc, je posais une main tenant le tissu sur la fesse en entourant l’endroit de la plaie, puis une autre sur la hampe de la flèche. « Je compte jusqu’à trois ! Un ! » Je retirais la flèche d’un coup sec avant de presser rapidement la plaie avec mon tissu. Au vu de la taille de mon tissu et de la circonférence à bander, je ne pourrais pas faire de garrot. « Vous pouvez presser vous-mêmes avec votre main désormais. » Puis, je m’éloignais légèrement avant de m’assoir par terre. « Je me nomme Shay, je suis le nouveau régent de ce royaume, et vous avez raison de dire que je ne suis pas bon chasseur. Je ne suis arrivé qu’il y a peu, je dois encore m’habituer aux coutumes et à la physionomie du territoire… » Et aux températures. « Dans tous les cas, je ne possède pas de magie de guérison, je parlais plus en terme de plantes médicinales. Au château, nous avons des guérisseurs magiques mais également des guérisseurs utilisant les plantes pour soigner. Je peux vous porter jusqu’à là bas, si vous le voulez. » Je penchais la tête de côté tout en la regardant, puis je lui offris mon plus beau sourire charmeur. « Je ne puis vous laisser dans cet état, laissez-moi vous aider jusqu’au bout ! Cela nous permettrait de faire plus amples connaissances… » Je suis quelque de curieux, et cette Pardusse m’intriguait. L’irritation première partie – il faut dire que j’avais une très grande capacité pour éliminer de mon esprit les éléments honteux et irritables – j’avais véritablement envie de pouvoir la connaître… bibliquement parlant, bien entendu.

‹c› Vanka
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Sam 17 Nov 2018, 22:12

L’homme était également irrité et Ash n’eut aucun du mal à le percevoir que ce soit dans sa posture ou le ton de sa phrase. Pourquoi l’était-il ? Après tout, ce n’était pas lui qui avait une flèche dans le popotin. Les piques de la pardusse l’avaient peut-être un peu touché ce qui amusait cette dernière. Au moins, elle n’était pas la seule à être humiliée dans l’histoire ! Le chasseur aux habits nobles s’approcha avant de lui demander son autorisation pour la toucher ce qu’elle fit sans aucune hésitation. L’aventurière n’était pas farouche sur ce genre de détail même si ses parents avaient tenté de lui apprendre la décence. Elle n’était aucunement troublée qu’il doive ainsi la toucher. Le contraire aurait d’ailleurs été idiot à ses yeux. Elle avait besoin d’être soignée si elle ne voulait pas se balader à vie dans cette posture peu agréable et la solution la plus simple était quand même qu’il l’aide. Lorsqu’il retira la flèche à un plutôt qu’à trois la pardusse feula de douleur avant de prendre la suite quant à la compression de la plaie.

Ash ne savait pas à quoi ressembler la blessure, mais elle savait qu’il faudrait qu’elle la désinfecte. Sa mère, mais également Arlan et d’autres avaient toujours mis un point d’honneur à ce qu’elle se soigne correctement étant donné que la magie ne l’atteignait pas. Trop de gens étaient morts d’infection pour donner suite à des blessures non soignées. Or, Ash n’avait aucune envie de mourir à cause d’une flèche dans la fesse parce qu’un idiot l’avait confondu avec un félin. L’homme s’était assis face à elle. Ahah, il pouvait s’asseoir, lui. Ash quant à elle se mit debout en grimaçant, ce n’était franchement pas très agréable. Il se présenta alors, il était Shay, le… QUOI ? Le régent du royaume ? Sérieusement. Une expression franchement surprise se peignit sur le visage de la pardusse. Elle qui voulait être discrète avait, semble-t-il, raté son coup. Elle était cependant étonnée, pour le moment le chasseur n’avait fait aucune mention au fait qu’elle soit une femme alors, à moins qu’il n’ait pas remarqué son sexe, ce qui était possible vu qu’il l’avait bien confondu avec un animal, on lui avait dépeint une facette de Topaze un peu trop mauvaise.

En tout cas, ce fameux régent accepta le fait qu’il n’était pas bon chasseur avant de dire qu’il était nouveau ici. Il gouvernait donc une terre ou il était nouveau ? C’était un peu étrange quand même, mais bon, Ash n’y connaissait rien en politique. Elle savait juste que dans la confrérie les royaumes étaient dirigés par des régents eux-mêmes sous la coupe du roi de Jade. Finalement, il lui proposa de venir au château… à son château du coup pour la guérir ?

D’accord, Ash était sans voix là. Bouche bée, elle regardait l’homme comme s’il venait de se transformer en limace. Un instant elle se gratta la tête, pensive. Elle avait fichtrement envie de visiter un château et elle était curieuse vis-à-vis de cet homme qui ne ressemblait pas du tout à la description qu’on lui avait fait des hommes de Topaze. De plus, elle avait envie de comprendre comment quelqu’un de nouveau pouvait être dirigeant dans le coin. Et enfin, une toute petite partie d’elle se disait qu’elle allait peut-être faire une découverte intéressante ou trouver dans l’homme un potentiel contrat pour la Compagnie. L’hésitation continua quelques secondes durant lesquelles elle dévisagea l’homme. Il n’avait pas l’air méchant, il n’avait pas l’air de mentir et elle ne risquait pas grand-chose.

Hummmm… C’est d’accord si votre château n’est pas trop loin, je dois rejoindre mes compagnons pour la nuit sinon ils vont me chercher.

Oui, elle préférait prévenir tout de même. Elle n’avait aucune envie que toute la troupe se lance à sa recherche alors qu’elle visitait juste un château. Peut-être qu’Arlan allait la sermonner pour cela, mais l’envie de découvrir était bien trop grande. Avec difficulté l’aventurière ramassa son arc ainsi que le gibier qu’elle avait abattu jusque-là qu’elle brandit en direction du régent.

Dans ce cas vous pourrez prendre cela, comme ça vous pourrez faire croire que vous avez réussir à abattre quelques choses d’autres… enfin quelques choses de comestibles…

Un sourire sur les lèvres dévoilant ses crocs, on pouvait clairement sentir que l’aventurière taquiner gentiment le régent. Était-ce une bonne idée ? Franchement pas, mais elle n’était pas habituée à côtoyer des gens de la haute société et elle voyait en cet homme un humain avant de voir son titre de noblesse. Peut-être qu’elle finirait emprisonnée pour ça, mais il fallait bien prendre des risques dans la vie. Elle avait encore quelques questions en tête, mais se retint pour le moment, se doutant que les réponses viendraient très rapidement.
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Jeu 22 Nov 2018, 18:35

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1570 - Mois 8


L
a jeune femme sembla choquée par mes révélations. Je ne saurais dire si je devais être vexé ou non. Ma foi, il faut dire que dans la situation actuelle, il est vrai que je n’avais pas l’air d’un Régent. Néanmoins j’avais osé espérer que ma beauté peu commune – voir extraordinaire – lui aurait mit la puce à l’oreille comme quoi je n’étais pas quelqu’un d’ordinaire. Je n’étais pas un simple chasseur, un simple soldat, ou un simple bas peuple. J’avais quand même un statut, et mes vêtements ainsi que ma prestance aurait du être des indicateurs sur ma personne. Aussi, je préférais ne rien montrer de mon désarroi et de mon interrogation. Tout simplement car, ne sachant trop comment réagir à sa propre surprise, je voulais éviter tout accrochage et tout débordement en lui remontant les bretelles. Car le fait est que j’avais commis une erreur en lui envoyant cette flèche dans la fesse, et bien que la mentalité topazienne serait plus du genre à lui dire « c’est ta faute et pas celle de Shay », je préférais éviter qu’elle n’essaie de me manipuler ou de m’extorquer de l’argent en compensation. Alors je devais me la jouer fine et rester aimable.

L
a Pardusse ne se présenta pas. Je m’étais présenté, mais elle n’en avait pas fait de même. Je grognais intérieurement, souriais extérieurement. On ne lui avait donc pas appris les règles de bienséance ? Je me relevais, puisqu’elle en avait fait de même. Je préférais me dire qu’elle manquait d’éducation plutôt que d’y voir un manque de respect. Avec mon titre, elle aurait du ne serait-ce que faire une révérence tout en se présentant à son tour. Si des personnes nous voyaient, sachant qu’en plus c’était une femme, elle risquait d’être embêter… et j’étais moi-même ennuyé. Lorsque je n’étais que prince, je pouvais passer outre les manques de respect du à mon rang étant donné que mon royaume était aux mains de l’Empire – Fal. Mais maintenant que j’étais régent, j’étais moins souple sur ces choses là, sauf peut-être avec les membres de l’ordre de Jade étant donné que j’ai été moi-même un Chevalier. De la préférence ? Totalement, même si je n’appréciais pas non plus toutes les personnes de l’ordre. Xiufei, pour n’en citer qu’un.

E
n tout les cas, la jeune femme accepta mon invitation, et j’éliminais bien rapidement ma frustration pour éviter que cela ne se voie. Elle acceptait donc, et disait même avoir des compagnons. Ce n’était donc pas une femme seule en voyage à Topaze – ce n’était pas non plus une topazienne, bien que là son attitude seule aurait suffit à me mettre la puce à l’oreille sur son origine. J’enregistrais discrètement l’information dans un coin de mon esprit. Il allait falloir que je me renseigne sur ce groupe. Des chasseurs ? Des mercenaires ? Je n’avais pas très envie d’avoir ce genre de crapule dans mon royaume… bien entendu elle ne le dirait pas clairement. J’allais devoir tenter de la manipuler un peu, de la séduire même. Mais elle ne s’arrêta pas là, et son geste me surprit clairement. Cela pouvait se lire sur mon visage plus clairement qu’un bouton déshonorant au milieu du front. Elle me tendit son gibier pour que je ne perde pas la face envers mes soldats… c’était un acte particulièrement noble de sa part. Beaucoup d’autres m’auraient simplement laissé me démerder avec ma bêtise tout en remuant le couteau dans la plaie. Même sa taquinerie, je ne le pris pas mal tant son geste était empreint de gentillesse. Alors, la surprise passée, je me saisis du gibier tout en lui offrant mon plus beau sourire charmeur.

«
Les femmes sont comestibles… mais d’une toute autre manière. » Le tout, suivit d’un clin d’œil. Pour une rare fois – oui, rare – je me permettais de faire un commentaire légèrement – oui, légèrement – déplacé. De toute façon, comme elle-même ne faisait guère preuve de respect envers mon statut, je pouvais me le permettre. « Patientez un instant ici je vous pris. »

E
t de ce pas, avec mon arc et mes flèches, je lui tournais le dos et partit dans les broussailles. J’avais eu le temps de repérer les lieux étant donné que j’avais été positionné quelques temps au même endroit, donc je me savais apte à pouvoir revenir. Je lui avais demandé de patienter et étais parti, tout simplement car j’avais entendu des éclats de voix lointains – ceux de mes hommes me cherchant, sans doute. Alors je me suis dirigé rapidement dans leur direction. Je ne mis pas bien longtemps à les retrouver, puisqu’ils n’étaient pas vraiment discret.

«
Majesté ! s’écria un soldat au bord de la panique.
– Tout va bien ? demandais-je en fronçant les sourcils.
– Oui… nous étions inquiets.
– Oh ! Je vous pris de me pardonner, j’ai agis sans réfléchir.
– L’avez-vous attrapé ? s’enquit un autre soldat.
– Attrapé… ?
– Le félin!
– Ah ! Non, il m’a échappé. J’ai abattu ceci cependant, dis-je en montrant le gibier, leur arrachant des hochements de tête appréciateurs. Je vais devoir retourner au château, par méprise j’ai blessé une personne. Je l’emmène se faire soigner.
– Nous vous accompagnons !
– Non. Vous devez traquer ce félin. Il est bien trop près des villages et du château, cela pourrait être problématique.
– Oui, vous avez raison. »

N
ous échangeâmes des poignées de mains viriles, je leur donnais mon gibier pour être lester d’un poids, et je retournais en direction de la Pardusse. J’avais soigneusement évité de dire que c’était une femme de peur que les soldats ne me méprisent pour cet excès de zèle envers le sexe féminin. Pire ! Qu’ils refusent que je l’emmène au château pour la faire soigner. Je ne connaissais pas encore assez bien mes soldats – cette partie de chasse avait également pour but de me rapprocher d’eux (c’est raté mais bon) – alors je préférais ne pas trop leur confier ce que je faisais et ce que je pensais. De retour auprès de la blessée, je lui souris à nouveau tout en passant son arc autour du mien.

«
Excusez-moi de vous avoir fait attendre ! » commençais-je, toujours courtois. Puis, sans crier gare et d’un geste vif et rapide, je la pris dans mes bras telle une princesse, en veillant bien cependant à ce que ma main ne soit pas trop proche de son postérieur. « Pour éviter d’aggraver votre blessure et pour aller plus vite ! » Passons sous silence qu’elle ne faisait pas son poids… mais j’étais un homme fort, j’allais survivre. J’espère. « En route pour le château ! » D’un pas qui se voulait assurer et rapide, je me dirigeais alors vers le château, une direction différente de celle que j’avais prise pour aller à la rencontre de mes soldats. « Cela ne devrait pas être long. Avant que nous arrivions, pouvez-vous me donner votre nom ? Je suis curieux, j’ai rarement rencontré de Pardusse. Vous êtes sur Enkidiev depuis toujours ? Qu’est-ce qui vous a amené à Topaze avec vos compagnons ? Ce sont des Pardusses également ? »

C
’était beaucoup de questions, mais il faut dire qu’elle avait éveillé ma curiosité. Ce n’était pas un mensonge, le fait que je n’avais que rarement vu de Pardusse, et du coup encore moins les rencontrer. Ils n’étaient pas spécialement communs sur Enkidiev, même si un Pardusse était dans l’ordre de Jade actuellement. Cependant, avant qu’elle ne réponde à mes questions, je la devançais en reprenant la parole.

«
Quand nous serons au château, vous devrez marcher seule. Restez près de moi et éviter de parler aux hommes. Je vous amènerai directement vers des soigneurs. Ne leur parlez pas également, attendez qu’ils aient fini pour que je puisse vous rejoindre. Après cela, je me porterai garant de votre sécurité et nous ferons ce que vous voulez ! »


‹c› Vanka
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Race: Pardusse
Sam 24 Nov 2018, 13:26

Le régent accepta de bon cœur le gibier tendu par la pardusse. Ce n’était pas une si grande perte pour cette dernière et elle était ravie de voir que cela plaisait à l’humain. Il était tout de même préférable de se faire bien voir par le maître des lieux. Il lui répondit d’ailleurs sur un ton aussi amical accompagné d’un clin d’œil qui fit rire la jeune aventurière. Comprenait-elle cette réflexion quelque peu déplacée ? Oui et non. Elle avait vu des gens flirter dans l’auberge de ses parents et les sous-entendus salaces y étaient légion. Cependant, il fallait bien avouer qu’au vu de sa race toute particulière les prétendants n’étaient pas nombreux. De plus, il fallait dire que trouver l’amour n’était pas dans ses ambitions premières. Elle s’amusa donc simplement de cette remarque, se laissant prendre à ce jeu amusant alors qu’il lui demandait de patienter.

La pardusse en profita pour toucher sa blessure. Elle était douloureuse, mais elle allait vite s’en remettre, elle ne s’inquiétait pas. Curieuse, elle concentra son attention sur l’endroit où le noble était parti. Son ouïe féline lui permettait de percevoir de nombreux sons, dont ceux des pas de plusieurs hommes. La conversation parvint à ses oreilles. Il n’y avait rien d’inquiétant. Le régent semblait simplement avoir retrouvé ses hommes et les envoyait traquer le félin de ses lieux. Ash espérait qu’il arriverait à s’échapper. Si elle ne communiquait pas à proprement parler avec les prédateurs, elle avait un respect instinctif pour eux et il ne lui viendrait pas à l’idée d’en abattre.

L’homme revint bientôt et Ash se demanda tout de même comment elle ne l’avait pas entendu venir la fois précédente. Il s’excusa avec grande politesse avant de prendre son arc et de… la soulever. Pardon ? L’expression de surprise revint rapidement sur le visage de la pardusse. Décidément cet homme n’était pas comme les autres personnes qu’elle avait pu côtoyer. Habituellement, si sa race ne dérangeait pas vraiment, les gens gardaient tout de même une certaine distance. Il n’y avait rien de cela avec ce noble qui la traitait comme n’importe qui. C’était quelque chose d’agréable d’une certaine manière. Elle se sentait bien en sa compagnie malgré leur différence notable de rang.

Amusée, la pardusse se laissa donc porter de la sorte en riant. Ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait être soulevé par un régent. Quand elle allait raconter ça au groupe, ils n’en reviendraient pas. L’homme la questionna alors sur son nom. Ah. Oui. Dans sa surprise de se retrouver face au maître du royaume elle avait perdu toute politesse et avait complètement oublié de se présenter. Si elle avait pu rougir, elle l’aurait fait, mais sous son pelage il fallait dire que rien de tout cela n’était très visible. Il lui posa également tout un tas de questions qui montrait clairement son intérêt pour elle avant de la mettre en garde sur leur arrivée au château. C’était d’un coup beaucoup plus ressemblant à ce qu’elle avait entendu sur Topaze.

Ah… heu.. c’est compris répondit-elle légèrement troublée par toutes ses indications données sur un ton bien plus sérieux. J’étais tellement surprise de votre titre que j’ai oublié de me présenter. Je m’appelle Ashanaï, mais vous pouvez m’appeler Ash. Jusqu’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours vécu sur Enkidiev, j’ai été élevé par des humains à Émeraude.

Ash appréciait se souvenir de ses parents. Il lui manquait parfois, mais elle était heureuse du choix qu’elle avait fait et serait ravie de leur conter toutes ses aventures la prochaine fois qu’elle passerait à l’auberge. Pour le reste, elle n’avait aucun souci à révéler son identité ou même sa vie. Emeraude n’était pas en guerre avec Topaze et elle n’était qu’une citoyenne sans intérêt. Elle n’avait absolument rien à craindre de son point de vue. Un sourire revenu sur sa figure, elle continua, décidant de rassurer l’homme sur l’identité de ses compagnons. Elle n’était pas dupe, elle avait senti son intérêt lorsqu’elle avait parlé de son groupe.

Ne vous inquiétez pas il n’y a pas une horde de pardusse prête à débarquer dans votre royaume, je suis la seule de ma race. Nous sommes un petit groupe d’aventuriers de passage pour nous rendre vers les territoires nordiques, nous ne devrions pas rester longtemps et vous n’entendez pas parler de nous.

Ce n’était là que la stricte vérité. La compagnie n’était pas du genre à faire parler d’elle et il n’y avait rien à craindre.

Bientôt, ils arrivèrent en vue du château et Shay la déposa au sol. La douleur était toujours présente, mais Ash marcha tant bien que mal en sa compagnie. L’ambiance avait complètement changeait et elle sentait que le régent n’était pas beaucoup plus à l’aise qu’elle. Étonnant n’est-ce pas pour lui qui était le maître des lieux. Comme il lui avait demandait, elle ne parla à personne et évita de croiser le moindre regard. Son poil pourtant s’était légèrement hérissé. Elle ne se sentait plus à l’aise du tout. Il y avait des regards différents de ceux auquel elle était habituée. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée de sortir à découvert et peut être aurait-elle du rester à couvert de la forêt ?

Quoi qu’il en soit, Shay l’amena vers des soigneurs à qui elle n’adressa pas la parole comme cela lui avait été demandé. Très rapidement, on lui fit un bandage digne de ce nom et on plaça quelques baumes pour que rien ne s’infecte. Puis, sans lui adresser le moindre mot, on la ramena vers Shay. C’était comme… rassurant de voir un visage plus ou moins amical après être passé entre des mains qui n’était certes pas hostile, mais pas très amical non plus. Lorsque la pardusse fut seule avec le régent, elle osa de nouveau croiser son regard et sourire.

Je hum… Je vous remercie pour les soins… mais… je me demandais…, elle hésita une seconde de plus, ne sachant pas si elle devait ou non poser sa question, puis finalement, elle se lança, elle n’aimait pas rester sans réponse. Pourquoi un tel traitement envers moi ? Enfin pas votre aide, mais… le fait de ne pas parler, les regards… Je sais que Topaze est un royaume… hum… particulier… mais vous en êtes le régent et vous ne semblez pas pareil… alors hum… pourquoi ?

Ash avait des notions basiques de politique, mais aucun moyen de savoir que Shay était nouveau en ce lieu. De plus, il lui semblait que les rois, régents ou gouverneurs avaient tout pouvoir ou presque sur leur royaume, alors pourquoi conserver une tradition que lui-même ne semblait pas appliquer ? C’était incompréhensible pour la pardusse et quand elle ne comprenait pas, elle demandait, c’était aussi simple que cela.
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Race: Humain
Lun 03 Déc 2018, 14:54

Vise bien
Vise juste

1570 - Mois 8


L
à où beaucoup de femmes se seraient insurger de mon acte – et par beaucoup de femmes je sous-entends Dayle, c’était 100 femmes à elle toute seule (et ce n’était pas un compliment) – la Pardusse s’amusa du fait que je la prenais dans mes bras. Un bon point, je suppose ? Cela supposait beaucoup de choses sur sa personnalité, notamment le fait qu’elle soit du genre bon vivant, sans prise de tête. Une qualité que j’appréciais, notamment chez les femmes, car je détestais me prendre la tête. Encore plus avec les femmes. Dans un sens, bien que je ne me sente pas misogyne, j’avais quelques traits de caractères qui correspondaient bien à la mentalité Topazienne. Il faut dire que, par certains côtés, j’étais misogyne… à cause de ma mère. Je n’étais pas misogyne à cause de ma mère, et je l’étais aussi à cause d’elle. Je m’explique ? Ok. Ma mère a cette tendance à tout vouloir me faire, tout vouloir me mâcher pour me le foutre dans le bec. Là est le point misogyne. Le fait que je ne le sois pas… bah c’est que quand ma mère donnait un ordre, valait mieux obéir.

N
éanmoins, mes indications sur comment elle devait se comporter une fois arrivée au château la refroidit bien rapidement. Je ne pouvais que la comprendre, mon ton sérieux et mes paroles assez froides étaient sortis de nulle part. Il y avait de quoi être troublé ! Néanmoins, je n’avais pu passer à côté de ces détails. Si la jeune femme – du nom d’Ashanaï puisqu’elle venait de se présenter – se comportait avec les personnes du château comme elle se comportait avec moi, les soldats risquaient de la mettre aux cachots pour outrage. Topazienne ou non, elle n’y échapperait pas. Donc je préférais la prévenir, au moins jusqu’au moment où je la prendrais sous mon aile, qu’elle ne fasse pas de bévue qui pourrait lui faire défaut. Ce serait regrettable… m’enfin, passons. Elle sembla avoir compris, c’était l’essentiel. Elle s’appelait donc Ashanaï. Bien que je ne le montre pas, le fait qu’elle dise être surprise par mon titre me perturbait. Je ne devais pas donner l’impression d’être un régent… d’être un dirigeant plutôt. C’était assez dérangeant comme idée. J’avais peur de lui poser la question. Honnête comme elle semblait être, elle allait sûrement me dire quelque chose qui allait heurter ma sensibilité. Et mon égo. Surtout mon égo, en fait.

E
n tout les cas, je fus quelque peu déçu. Déçu ? Oui, déçu. J’avais osé espérer qu’elle m’en dise plus sur la patrie des Pardusses, sur le monde derrière les volcans. J’avais osé espérer que sa bande soit des Pardusses que je pourrais adopter. Oui bon un Pardusse ne s’adopte pas, sauf si c’est un esclave comme avec Tim. Mais l’idée de pouvoir adopter des bébés pardusses pour en faire des mascottes étaient tentantes… bien que je serais indéniablement mal regardé par les autres membres de cette communauté bien à elle. Malgré tout, je gardais ma déception pour moi, et de toute façon j’étais quand même un peu rassuré sur le fait qu’il n’y avait pas de meutes de pardusses dans mes terres. Le fait qu’ils se dirigent vers les terres nordiques attisa tout de même ma curiosité, puisque c’était des terres désolées et surtout, froides, alors je me demandais bien ce qu’ils pouvaient bien vouloir y faire…

C
ependant, je ne posais pas plus de questions pour le moment. Je préférais me concentrer sur la marche et aussi pour pouvoir la maintenir dans mes bras… car il fallait bien avouer qu’elle pesait son poids et qu’un instant d’inattention pourrait me faire malencontreusement lâcher prise. Fort heureusement nous arrivâmes bien vite en vu du château. Je me suis assuré discrètement qu’il n’y avait pas de gardes aux alentours avant de sortir de la lisière de la forêt pour déposer Ashanaï au sol. Puis, je pris les devants de la marche pour la diriger vers l’infirmerie du château. Je marchais assez lentement pour la ménager, mais avec un rythme quand même soutenu pour qu’on arrive à bon port le plus rapidement possible. Il faut dire que nous n’étions pas spécialement discret et notre petite balade dans le château fut rapidement accompagné de regard curieux, circonspect et incompréhensible, sans oublier quelques chuchotements de la part des servantes qui, bien qu’elles ne me regardaient pas directement dans les yeux, devaient certainement parler de notre duo improbable. Je sentais que Dayle ne serait pas ignorante très longtemps sur le fait que j’avais ramené une Pardusse dans le château… mais j’étais régent moi aussi donc je faisais ce que je voulais.

A
rrivé à l’infirmerie, je fis signe à Ash d’attendre à l’entrée tandis que je fonçais m’entretenir avec le chef médecin. Je lui expliquais rapidement et sans trop de détails la situation tout en lui ordonnant subtilement de soigner la pardusse. Content, il ne l’était pas c’était certain. Cependant il obtempéra et amena la jeune femme sur un lit pour se faire soigner. En attendant, j’attendais devant la porte de l’infirmerie pour laisser un peu d’intimité, et surtout pour éviter de devoir voir à intervalle régulier le regard dédaigneux du chef médecin à mon encontre. Visiblement, soigner une femme n’était clairement pas dans ses prérogatives… mais avec Dayle en régence et des chevalières habitant dans les ailes du château, il allait devoir rapidement mettre de l’eau dans son vin.

T
rès vite, plus vite que je ne l’aurais cru, Ashanaï fut ramener auprès de moi. Je fis un bref signe de remerciement de la tête au médecin qui m’ignora royalement. Je ne pris pas la mouche – enfin si un peu mais chut – pour focaliser mon attention sur Ashanaï qui me sourit, à qui je souris en retour. Lorsqu’elle reprit la parole, je l’écoutais attentivement. Des questions tout à fait légitimes, qui me fit élargir mon sourire, légèrement amusé.

«
Si vous le pouvez on peut marcher en même temps que l’on parle ! » commençais-je alors d’une voix posée. « Je pourrais vous faire visiter en même temps que je réponds à vos questions. » Je tendis le bras dans une direction pour l’encourager à commencer à marcher à mes côtés. « Je suis le régent de ce royaume grâce à mon mariage avec Dayle. Je suis… une pièce rapportée, si je puis dire. » Je me permettais d’employer des termes peu flatteurs et peu élégants puisque je n’étais pas face à de la noblesse ou de la royauté. « A la base, je suis le prince héritier du royaume de Fal, qui est aux mains de l’Empire. J’ose espérer que la Confrérie saura le reprendre pour que mes futurs enfants avec la régente puissent avoir une légitimité dessus. Je ne suis donc effectivement pas pareil que la plupart des topaziens. Je n’ai pas été élevé dans leur mentalité et n’ai donc pas le même rapport envers les femmes. » Mon regard croisa celui d’un soldat qui passait près de nous, semblant juger le fait que je parlais si familièrement avec une femme. « Cela ne plait pas à tout le monde, mais c’est ainsi. Après tout ils ont été endoctriné dans cette mentalité depuis des générations, alors qu’un régent, même s’il vient d’un autre royaume, parle d’égal à égal avec une femme peut choquer. Je n’ai pas encore fait mes preuves. Je ne suis marié à Dayle, et donc régent de ce royaume, que depuis… quelques semaines. Ce doit être pour cela aussi. » Je tournais alors la tête vers Ashanaï. « Je n’ai pas l’intention de changer pour autant ! Je pars du principe que c’est du donnant-donnant. Le royaume doit se mouler à ces régents et les régents doivent se mouler aux royaumes. Sans pour autant devoir changer. » C’est tout un concept difficile, et je devais bien avouer que cela m’irritait plus qu’autre chose. Etre roi était quelque chose qui demandait tellement de travail… moi qui pensais que je serais pénard avec 36 femmes pour me tenir compagnie et s’occuper de moi tandis que je laisserai tout le côté administratif aux conseillers. Mais… ça ne marchait pas comme ça dans la vie. Bien dommage. « Et toi, tu es dans une troupe d’humains donc. Des nomades ? » Des assassins ? « Vous êtes en quête de quelques choses ? » Un trésor, de l’argent ? « Pourquoi vous dirigez-vous vers les terres nordiques ? J’ai entendu dire qu’il n’y avait rien là-bas, en plus d’y faire un froid tel qu’un blizzard nous transforme en statut de glace. Que souhaitez-vous faire à Topaze ? Du marchandage ? Pour vous préparer à votre expédition. Excusez ma curiosité, j’ai tendance à trop en faire. Vous voulez faire quelque chose en particulier au château ? »


‹c› Vanka
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Race: Pardusse
Mar 04 Déc 2018, 20:52


Une petite marche ? Son postérieur lui faisait encore mal, mais elle n’allait pas se laisser abattre pour autant. Elle accepta donc cette proposition, elle n’allait quand même pas louper l’occasion de visiter un château. Ainsi donc, le régent n’était pas issu de ce royaume, mais c’était juste marié. C’était des choses de la noblesse, semblait-il ? Se marier sans amour pour… elle ne savait pas vraiment quoi en fait. Elle ne s’était jamais intéressée à ce genre de question. Elle en connaissait les très grandes lignes et ça s’arrêtait là. Il était donc le prince héritier de Fal qui n’était plus aux mains de la confrérie… Donc il était le prince héritier d’un vide ? Et il voulait reprendre ce royaume ? Franchement, la guerre n’intéressait absolument pas la pardusse. Ces histoires d’allégeances, de territoire, de royaume, ça ne rimait à rien du tout.

Elle écouta cependant attentivement le régent tentant de comprendre comment un peuple pouvait trouver opportun de se faire gouverner par quelqu’un qui n’était pas issu de sa branche. D’accord, c’était normal, ça avait toujours été ainsi que ce soit à Émeraude ou ailleurs, mais ça ne faisait quand même pas sens pour la jeune aventurière. C’était normal, mais absolument pas logique dans sa tête et comme pour beaucoup d’autres choses elle avait vraiment besoin d’explication. Elle n’en avait jamais demandé plus tôt parce que ça n’était pas venu sur le tapis. Mais là, devant ce régent, de nombreuses questions se posaient.

Tout en écoutant, la pardusse observait les couloirs avec curiosité. Il y avait de nombreuses richesses ici, c’était rutilant, mais est-ce qu’Ash trouvait cela beau ? Pas vraiment à vrai dire. Trop tape à l’œil peut-être ? La richesse n’était de toute façon pas quelques choses qui attiraient la pardusse et ce n’est clairement pas avec un œil cupide qu’elle regardait tout cela. Si l’homme espérait l’impressionner par sa richesse, c’était clairement raté. En tout cas, Shay ne comptait pas changer parce qu’il avait atterri dans un royaume contraire à son éducation ce qui était surement une bonne chose, aux yeux de la pardusse du moins.

Après ces petites explications, il commença à lui poser un bon nombre de questions montrant clairement qu’il était aussi curieux à son propos qu’elle pouvait l’être envers lui. Il en revint donc à son fameux groupe et à leur quête à vrai dire ça ressemblait un peu à un interrogatoire et Ash n’était pas dupe, elle savait qu’il était préférable de répondre correctement, car si leur rencontre se déroulait bien elle était face à un homme qui pouvait la faire enfermer. Cependant, il du bien se rendre compte de sa précipitation puisqu’il lui demanda bientôt si elle voulait faire quelques choses de particulier au château.

Hum… À vrai dire, je n’ai jamais visité de château avant… Enfin, pas de château habité du moins ! Vous avez des salles au trésor pleines de pièges ? Mais j’imagine que je ne suis pas censé voir ça bien sûr… Alors, ce que vous trouverez intéressant à voir ! Après tout, vous devez savoir ce qui pourra m’éblouir ! répondit-elle tout simplement avant de répondre pour répondre aux questions de l’homme. Quant à mon groupe nous somme membre de la Compagnie des Chercheurs, nous cherchons des artefacts magiques, des vestiges du passé, de l’histoire du monde. Il s’avère qu’il y a beaucoup de château abandonné, de lieux mystiques et d’antre oublié. On dit que les morts garderaient certains lieux protégés par des magies anciennes ! Quant à notre présence ici et bien, c’est juste sur le passage, mais nous comptons bien nous ravitailler avant d’arriver dans le froid !

Ashanaï était comme toujours parfaitement sincère. Elle n’avait absolument rien à cacher. Son groupe ne faisait rien d’illégal et n’était pas affilié à un quelconque royaume. Ils allaient chercher des choses pour leur compte ou pour les autres, c’était tout.

Si vous êtes régent vous devez vous plier à des règles qui ne sont pas les vôtres alors que vous êtes censé représenter la loi non ? Ce n’est pas étrange ? Vous ne pouvez pas juste dire aux gens de penser autrement ? Non, j’imagine que non bien sûr… Mais ce n’est pas étrange de diriger un peuple que vous ne connaissez pas ? Et vos enfants ils seront héritiers de Topaze et de Fal ? C’est quand même vraiment éloigné non ? C’est compliqué quand même tous ces royaumes, ces dirigeants, ces conflits… Heu… Je ne devrais probablement pas dire ça n’est-ce pas ? C’est juste que c’est… difficile à comprendre tout ça pour quelqu’un comme moi… Ce n’est pas très… logique ? Enfin, c’est votre monde et je ne veux pas vous offenser simplement… je ne comprends pas, termina-t-elle sur un ton un peu plus calme.

C’était à peu près le résumé de tout ça. Elle ne comprenait absolument pas comment la royauté ou les régences fonctionnaient. Il y avait un chef qui dirigeait, ça, c’était normal. Ils léguaient leur bien à leurs enfants, c’était aussi à peu près logique. Pour le reste, les mariages arrangés, l’argent, la puissance, la guerre, c’était bien au-delà de la réflexion de Ash. Elle, elle se contentait d’une vie simple avec des plaisirs simples et était bien contente de ne pas être dans ce monde de noblesse.
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