Basch ! As-tu du coeur ?

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Victor
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Rôle : Chevalier de Jade

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Âge: 27 ans
Race: Humain
Sam 08 Déc 2018, 10:08



Basch !

As tu du coeur ?


La lumière tamisée d'un Crépuscule naissant peinait à transpercer les troncs d'arbres. Néanmoins, une douce couleur orange étreignait  les feuilles, les branches, et même un écureuil, les figeant dans le temps. Victor avait choisit cet endroit pour sa sécurité relative. Mais, en réalité, il avait toujours aimé ce petit bout de nature. Il lui semblait que la forêt était bienfaisante, protectrice, et en ajoutant cela à la beauté d'un soleil couchant... C'était magnifique. Topaze était magnifique.

Et Victor aurait pu l'apprécier dans toute sa mesure si il n'était pas occupé à parer les coups d'un de ses lieutenants, tout en faisant attention de ne pas tomber du tronc d'arbre. Son esprit était concentré sur la lame de bois de son adversaire, mais la peur de tomber du tronc pour s'écrouler dans la rivière chantante en dessous l'obligeait à faire attention à où il mettait les pieds. Un sifflement d'air juste en face de ses yeux lui indiqua que sa défense était faible en hauteur, et qu'il avait eut de la chance. Il aurait pu tomber à cause de ça.

Il était dans la forêt, dans une éclaircie des arbres. Ils étaient, plutôt. En effet, un petit cercle de ses lieutenants les plus forts étaient présents avec lui. Tous étaient torse nu, car ils n'étaient pas juste en train de s'escrimer pour l'amusement. Non, c'était une joute sérieuse. En temps de paix, prépare la guerre. Alors, quand Victor se souvint de cette endroit... Il sut que c'était parfait pour un combat de ce genre.

En effet, au milieu d'un cercle protecteur d'arbre coulait une rivière. La dépression au niveau du terrain formait une rigole naturelle, creusée par l'eau au fil des années, peut être des milliers d'années, où l'eau coulait, continuellement. Elle n'était pas spécialement profonde, et un doux tapis de sable formait un coussin naturel pour quiconque s'y effondrerait. Enjambant la rase, un arbre solide, renversé par un quelconque vent, et recouvert de champignon formait l'arène idéale pour un combat d'entraînement sérieux.

Victor savait que son agilité était une faiblesse. Ce n'était pas un homme subtile. De plus, son épée à deux mains ne lui serviraient pas ici. Leur armes n'étaient que des bâtons, des morceaux de bois taillées pour en faire des armes rudimentaires. Le véritable challenge était de pouvoir se battre tout en restant en équilibre sur l'arbre. L'écorce était parfois traîtresse, et de grand bouts pouvaient se détacher pour tomber dans un « plop » sonore.

Le combat s'était calmé après ce coup qui avait failli être dévastateur. Une brise légère caressa le torse nu de Victor. Ça et là, des cicatrices diverses, obtenues après rencontre avec pointe de flèches en acier, épées en métal mordant, ou encore traces d'un rude entraînement. Le chevalier de Jade décida qu'il était temps de cesser de se défendre continuellement.

La meilleure défense était l'attaque. Et la défense était la planification d'une attaque. Il avait maintenant une vague idée d'un enchaînement qui pourrait déstabiliser son adversaire. Victor connaissait bien ses lieutenants. Et ils le connaissaient bien aussi. Ainsi, il ne voulait pas garder son plan trop étroitement ficelé. L'improvisation était parfois sa meilleure amie. Souriant, il avança d'un pas.

Les moments qui suivirent fut empli du bruit du bois frappant le bois. Victor faisait alterner son ennemi : Il attaquait en bas pour lui faire baisser sa garde, à droite pour la déplacer encore... Quand finalement, il enchaîna en un coup d'estoc si rapide qu'à la fin de l'envoi... Il toucha.  De la sueur ruisselait sur ses muscles. Une goutte tomba sur l'écorce pourrie, en même temps que son adversaire dans la rivière.

Il n'était pas essoufflé. Si Victor était fier d'une chose, c'était de son endurance. Une très grande partie de sa vie a été passé à forger son corps dans les flammes de la bataille, de l'acier et de la sueur. Et si il était fier d'une seule chose... Il leva les yeux vers un nouvel arrivant. Sa pensée avait coïncidé avec l'apparition d'un homme, caractérisé par la touche de blanc dans ses cheveux, qu'il considérait comme une étape importante de sa vie.

Il se vit, dans un endroit similaire, quelques années plus tôt. Il était face à une version plus jeune de cet homme, qui tenait une simple épée d'entraînement. Victor était lui-même plus jeune, toujours plein de vigueur et d'ardeur. Il encourageait ce jeune homme, car il savait qu'un jour, il serait appelé à de grandes choses.

Cet homme n'était tout autre que Basch, son ancien écuyer. Rien que de le voir se tenir debout, un fier chevalier de Jade, emplit Victor de fierté. Son sourire s'épanouit à la vision des traits maintenant mature de son apprenti.

« Basch ! Quel plaisir de te voir. Ça fait longtemps que tu es là ? »


D'un signe de la main, il lui dit de se rapprocher.

« Discutons ! »

Pour Victor, cela voulait bien sûr dire un duel. Rien ne jugeait plus des intentions d'un homme que son ardeur au combat, et la douche froide que subirait le perdant rappellerait certainement à Basch des moments de son apprentissage.
codage par LaxBilly

Basch
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Basch
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Mer 09 Jan 2019, 21:00
Basch avait demandé à Emma d’aller faire quelques achats chez les marchands de Topaze. Il lui avait fait une petite liste de dix points très précis qu’il désirait et ce avec un montant d’argent plutôt exact. Elle allait devoir se montrer convaincante sans perdre patience. Ainsi, le chevalier voulait qu’elle apprenne à gérer ses émotions parfois… Explosives. Pendant qu’elle devait résoudre cette situation, Basch pour sa part avait quelqu’un à voir. Le ténébreux savait que son ancien maître s’entraînait présentement dans la forêt de Topaze. Il croyait même savoir à quel endroit le trouver.

Comme prévu, il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour retrouver son ancien maître. Il s’entraînait. Basch s’arrêta contre un arbre pour le regarder combattre. Il ne put s’empêcher de sourire en voyant son ‘’arène’’. Cette situation lui rappelait tellement de souvenirs. Victor l’avait fait combattre sur (ou AVEC faut bien l’avouer) n’importe quoi. Le chevalier ne pouvait être étonné. Il réalisait maintenant combien Victor avait été un maître formidable. Le chevalier ténébreux pouvait maintenant combattre avec un épée, une branche, un tronc d'arbre, un roche et même avec un casque comme arme. Bref, Victor avait été un maître formidable et inépuisable d’ailleurs. Combien de fois Basch avait-il essayé de gagner en endurance contre lui? Une centaine de fois au moins et toutes les fois il avait perdu.

Son regard croisa celui de son ancien mentor. Il ne put s’empêcher de sourire à celui qui était encore son idole. Pendant cinq ans , il avait été plus qu’un père pour lui. Encore maintenant, Basch ressentait une vague d’amour inconditionnel pour celui qui lui avait permis de devenir celui qu’il était maintenant.

- Maître !

Il fallut quelques secondes au chevalier pour comprendre sa bêtise. Comme un adolescent prit en flagrant délit, il rougit. Il se retint pour ne pas passer sa main dans ses cheveux. Combien de fois Victor lui avait-il fait remarqué ce tic lorsqu’il était mal à l’aise? Surement une centaine de fois aussi.

– Victor se reprit-il en riant.

Il n’était plus son écuyer. Il était un chevalier au même titre que lui. Toutefois, le jeune homme vouait une admiration sans fin à son ancien maître. Il avait encore de la difficulté à seulement croire qu’il portait maintenant le même titre que lui.

Le jeune home sourit. Il savait très bien ce que voulait dire Victor par discussion. Il voulait un combat. Quand il était jeune, avide de montrer son potentiel, il avait été tellement déçu la première fois que son maître avait prononcé ses mots. Il avait terminé cette ‘’discussion’’ les fesses au sol, a bout de souffle, le corps endolori. Son orgueil de pré-adolescent en avait pris un coup, mais au fond de lui toutefois, il avait été ravi.

Basch se mit à faire quelques étirements. Son ancien maître était déjà largement réchauffé. Pour sa part, ses fesses ressentaient encore la longue promenade à cheval qu’il venait d’effectuer.

- J’ai un écuyer maintenant Victor.

Basch avait besoin de lui en parler. Il avait prononcé cette phrase comme si ce n’était rien, mais il était évidant que le nouveau chevalier transpirait la fierté, mais aussi une certaine crainte. On lui avait confié une jeune fille qui s’était montrée digne de l’Ordre. Un sourire en coin étira ses lèvres. Il devrait plus dire une jeune femme… Lui qui ne connaissait pas grand chose aux femmes, il allait devoir s’occuper d’une femme en devenir.

- Je devrais plutôt dire une écuyère avec un caractère bouillonnant. Basch agrippa son épée d’entrainement et se mit en position de défense. Il jugea son ancien maître du regard en attendant qu’il se positionne à son tour tout en continuant son monologue : Elle n’est tellement pas comme moi lorsque j’étais écuyer. Elle est têtue et agressive. Je dois lui apprendre à contenir cette rage qui semble si encrée en elle. Toutefois, elle a beaucoup de potentiel, elle veut apprendre et n’a pas peur de mettre les efforts. Comment n’es-tu pas mort de trouille quand on t’a confié un gamin ? Je dois gérer une adolescente qui peut devenir une superbe chevalière ou un assassin sanglant.

C’était surement la fois où Basch avait le plus parlé d’un seul coup. Il avait l’habitude de toujours se montrer si sûr de lui, il n’était pas du genre à douter de lui ou de ses habilités. Pourtant à ce moment, il avait besoin de conseils ou peut-être d’être rassuré.
Victor
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Rôle : Chevalier de Jade

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Race: Humain
Sam 26 Jan 2019, 08:37



Basch !

As-tu du coeur ?


Le Chevalier de Jade observa passivement son ancien écuyer se réchauffer les membres. Victor agrandit son sourire quand Basch l'appela maître : Cela lui rappelait des moments pas si lointain, des moments d'épreuves et de tribulations. Quand il avait recueilli Basch sous son aile, c'est lui-même qui avait réclamé un écuyer. Il avait été jeune -il l'était toujours maintenant, mais l'expérience avait aiguisé ses ardeurs-, et bouillonnaient d'impatience pour tout. Une impatience élémentaire était couplée avec une avidité de reconnaissance. Voir l'étincelle de respect dans les prunelles de Basch étaient tout ce dont le jeune Victor avait eu besoin.

Mais il s'était surpris lui-même. Au départ, il n'avait pensé que faire son devoir, tel un sergeant qui forme la bleusaille avant de l'envoyer au front. Mais il s'était attaché à cet homme -car c'était ce qu'il était maintenant, un homme- d'une puissance telle que cela avait ouvert les yeux de Victor : L'arrogance de la jeunesse ne pouvait faire face à la fierté que Victor ressentait quand il voyait les efforts de Basch : Si le Chevalier pouvait se vanter d'avoir un fils... C'était bien lui. Aucun lien de sang ne pouvait surpasser ce qu'ils avaient vécu ensemble.

Car Victor se voyait comme un produit du combat : Il ne connaissait presque que cela. Il n'avait connu presque aucune présence féminine à ses côté, aucune joie en dehors de son devoir envers Topaze. Et la Confrérie, bien sûr. En cela, il avait voulu rendre Basch parfait : Comme son maître, il aurait dû devenir une arme forgée par les flammes du combat, et tempérée par la sueur de l'effort. Le second devoir que s'était imposé Victor avait été de transmettre sa vision du monde à son écuyer, mais il s'est bien trop vite rendu compte qu'il n'avait presque rien à faire. Basch était similaire au Chevalier de par sa nature. Victor se rappela très vite un ver qu'il avait lu dans un livre :
« Mais laisse la Justice se déverser de ton cœur tel un puissant fleuve, et la vertue comme un torrent inarrêtable ! ». Il s'était plu à adapter cette citation à de nombreuses facette de sa personnalité, mais l'originale était quand même sa préférée.

Peut-être que le Chevalier ne s'était pas rendu compte que ses yeux pétillaient de fierté. Il n'était pas vraiment communiquant de nature, mais il s'adonnait à ce travail d'ouverture de son cœur. Il était peut être plus facile de le faire devant Basch, mais Victor savait que donner trop de louanges, bien que mérité, pouvait mener à de la présomption. Et chacun devaient se rappeler que la présomption est une tueuse lente mais implacable. Il ne dit donc rien de plus, laissant son regard communiquer les plus simples des émotions bien mieux que d'inutiles logorrhée.

En revanche, il arqua un sourcil quand Basch lui annonça avoir une écuyère. Déjà ? Peut être que le jeune homme était aussi ardent que lui pour faire ses marques ! Très bien. Il fit signe à Basch de s'engager sur le tronc d'arbre. Le combat allait maintenant débuter. L'eau du ruisseau dessous clamait son averse chantante, un chant menaçant celui qui y tomberait à l'issue du duel d'une douche froide et qui serait sûre de réveiller les sens. Victor se mit en position de défense, et observa la position de Basch alors que son ancien écuyer lui en apprenait plus sur son nouvel apprentie : Son écuyère, plutôt.

La fierté assaillit Victor de nouveau en voyant que Basch n'avait rien oublié de son enseignement : Il s'était adapté rapidement à l'arène fragile que formait le tronc d'arbre, son équilibre était presque parfait. Excellent.

« Un caractère bouillonnant, hein ? »

Il entama sa passe : Une feinte vers la droite, pour tester les défense de Basch, pour finir par un estoc très agressif visant le nez du Chevalier. La tête de Basch se décala de quelques milimètres, comme à l'entraînement, et Victor du s'engager dans sa défense. Il riait à chaque fois que Basch était à deux doigts de le toucher, mais aussi à chaque fois que ses propres coups étaient parés sans efforts.

« Je dois avouer avoir eu de la chance. Je n'étais personnellement pas préparé a m'occuper d'un écuyer... volcanique. J'aurais probablement utilisé les méthodes de l'armée. Ou pire. De mon père. »

Le père de Victor avait été un nobliau mineur à Topaze. Il ne lui parlait que très rarement, mais Victor aimait penser qu'il n'y avait pas de mauvais sang entre eux. Il l'espérait. Il se souvenait encore du goût du savon, quand il ne parlait pas quand il le fallait... Il détestait et remerciait à la fois son père pour sa discipline d'acier. Le souvenir de la méthode le faisait grimacer. Voir l'homme qu'il était devenu aujourd'hui le faisait sourire. Par les dieux, que c'était un dilemme difficile. Victor décida de repousser ces pensées quand il se rendit compte que c'était une tirade bien longue pour le laconique Basch. Etait-il si troublé que ça par son écuyère ? Victor était soudainement curieux. A travers tout l'entraînement qu'il avait fait subir à Basch, l'enfant, puis l'homme, avait passé avec une volonté d'acier et une confiance insurmontable. Troublant. Victor était maintenant extrêmement curieux de ce supposé « bouillon de rage ». Mais il préférait se concentrer sur un problème à la fois.

« Une superbe chevalière, ou un assassin sanglant... C'est une lourde responsabilité qui tiens sur tes épaules, Basch. Te souviens-tu de mon pouvoir ? Je me suis formé à la magie de lumière. Mais la lumière est une énergie que nul peut contrôler sans y laisser quelques plumes. Chaque jour, chaque instant peut être synonyme d'une perte de contrôle dans ma magie de Lumière. La charge d'énergie serait beaucoup trop grande pour moi, et je périrais simplement. »

Victor n'avoua pas qu'il gardait cet équilibre dangereux consciemment : Il pourrait simplement baisser la puissance de sa magie. Mais il aimait le pouvoir que cela lui donnait... Et il pouvait la raffiner, pour contenir encore plus de pouvoir. Ou échanger sa vie contre un objectif précieux.

« Je te dis cela car tu es dans une situation similaire : Tu as peur d'échouer ton écuyère. Tu as peur de ne pas suffir pour éteindre les feux de son cœur. Je te dis simplement : Exerce-la, Basch, et gouverne sa destinée incertaine. Montre-lui comment il faut régir son cœur, faire trembler les ennemis de sa patrie sous sa loi, remplir les bons d'amour et les méchants d'effroi ! Joins à ces vertues celle d'un capitaine : Montre lui comment il faut s'endurcir à la peine! Instruis la de ton exemple, et rend la parfaite. Une rage insondable traduit bien trop souvent un puits de souffrance et de solitude, une confiance trop grande signifie bien trop souvent un mépris de la vie et un mépris des autres. »

Ses belles paroles étaient fortement inspirés par les nombreux livres qu'il avait lu étant jeune. Ces  mots, empruntés aux pièces de théâtres, aux romans et aux histoires qui sont l'essence de sa passion pouvaient inspirer un homme mort. Il espérait de tout son cœur que cela allait atteindre l'esprit de Basch.

« Pour détruire sa forteresse d'arrogance, tu dois te lancer à l'assaut des doutes qui l'assaille : Je t'ai instruit sur la chose martiale, mais si il y a bien une chose que tu m'as appris, Basch, c'est que l'émotion des autres n'est pas une information qu'un éclaireur peut te donner, le cœur d'un autre n'est pas une porte que l'on peut assaillir, et l'esprit d'un ami ne se gagne pas par une prouesse martiale. »

Il était ironique de dire ça alors que Victor avait passé une majorité de sa vie à se battre. En ce moment même, il enchaînait les passes contre Basch, commençant à s'épuiser alors qu'il débitait son conseil.

« Non, si tu veux accéder à son cœur et calmer le volcan, tu te dois de lui ouvrir le tiens d'abord. La confiance est un échange : Tu ne peux échanger en fermant tes portes et tes fenêtres. Gagne sa confiance ! Et surtout, gagne son respect. Pour le garder, elle désirera se changer pour que ton regard se remplisse de la chaleur qu'elle réclame : Une fierté immense, une amitié sans faille. Tel sont les émotions qui doivent être entre écuyer et maître. »
codage par LaxBilly


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