Les paroles s'aiguisent | Victor

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Shay
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Rôle : Régent de Topaze, héritier de Fal

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Âge: 32-37 ans [L2]
Race: Humain
Mar 18 Déc 2018, 21:30

Les épées
S'épanchent

An 1570 Mois 7


«
Nous en avons prit soin, comme convenu ! »
« Délicatement et précieusement, comme convenu ! »
« Le voyage fut long… »
« Mais sans encombre ! »
« Rien à signaler ! »
« Une promenade de santé ! »
« Une… »
« C’est assez, » coupais-je d’une voix agacée.

L
es deux serviteurs que j’avais engagés pour s’occuper de mon arc se turent en émettant un petit couinement plaintif. Je serrais les dents. Comment pouvait-on être aussi couards ? Être aussi… affables ? Mettons sous silence que j’ai un esclave pas bien mieux que les deux énergumènes devant moi. Assis les jambes et les bras croisés dans un sofa duveteux, je jaugeais les deux serviteurs d’un œil critique, tour à tour, prenant mon temps. Ils tremblaient, ils avaient peur, étaient nerveux. Je poussais un soupire. J’y étais peut-être allé un peu fort la dernière fois…

U
ne explication s’impose. Il y a quelques semaines, j’avais sommé des serviteurs de Turquoise – puisqu’à ce moment-là j’étais encore à Turquoise – d’aller apporter mon arc à un grand confectionneur elfique de grande renommé. Ce n’était pas la porte à côté, et je ne pouvais pas me libérer assez de temps pour y aller moi-même – la preuve, je me suis fais fiancé. Donc, à ces deux serviteurs, je leur avais mis en garde… de ne pas voler et de prendre soin de la prunelle de mes yeux : mon arc (au cas où tu ne l’aurais pas compris cher lecteur). Mon discours de l’époque avait peut-être – je dis bien peut-être – été agrémenté de quelques possibles représailles le cas échéant… à ce moment-là j’étais de mauvaise humeur puisque mon arc venait d’être endommager, donc il est possible – je dis bien possible – que j’ai énuméré quelques idées très détaillées de torture que je leur infligerai le cas échéant. Pour quelqu’un qui n’appréciait pas la guerre, c’était surprenant… mais j’étais de mauvaise humeur, ça compense !

D
onc, je comprenais pourquoi ils étaient si nerveux, si anxieux, surtout qu’il y avait deux jolis gardes à l’entrée de la salle les empêchant de pouvoir s’enfuir un courant. Je tapotais plusieurs fois mon doigt sur mon bras croisé pendant encore quelques minutes avant de me lever dans un geste ample et rapide. Ce simple geste fit faire un pas en arrière aux deux serviteurs. Grinçant des dents, je retins une remarque acerbe alors que je me dirigeais vers le coffre où se trouvait mon bien. Presque fébrile, j’ouvris les fermoirs et fis basculer le couvercle. Mon arc était bien là, soigneusement enveloppé dans de la soie, lui-même déposée sur un coussin moelleux. Un autre coussin avait été disposé sur le couvercle pour pouvoir le protéger contre les chocs. Un carquois avec de nouvelles flèches m’avait même été distribué en bonus. Lentement, j’enlevais le tissu recouvrant mon arc, avant de m’en saisir par la hanse.

M
on arc était tout ce qu’il y a de plus simple… fait de bois. Mais pas que. J’avais évité de faire trop dans le farfelu, mais j’avais tenu à ce que mon arc soit quand même un minimum stylisé. Ainsi, il était aussi agrémenté de métaux en ornement, avec ici et là des filaments d’or pour les gravures. Il était de ce fait plus lourd qu’un arc normal, mais parfaitement équilibré et ajusté à ma main. Il était d’ailleurs très grand, faisait un peu plus de la moitié de ma taille – sachant que je mesurais un bon mètre 90, c’était grand. C’était un cadeau de Guiren, mon ancien maître décédé, qui l’avait fait faire surmesure pour moi. A sa mort, j’avais d’autant plus chéri son présent. Je ne faisais confiance qu’à un seul maître artisan en la matière – un elfe donc – pour pouvoir le réparer, ainsi j’étais quelque peu… strict là-dessus.

A
insi, je le scrutais avec lenteur tout en me relevant. Regardant chaque recoin, chaque partie, le faisant tourner entre mes doigts, le caressant, tirant légèrement sur sa corde… Je m’étais saisi également d’une flèche. Et, très rapidement, je l’encochais, visant un des serviteurs, bandant l’arc comme j’avais l’habitude de bander. Il émit un couinement – le serviteur, pas l’arc – et je crois bien qu’il n’eut plus contrôle de sa vessie au vu de la tâche sombre qui se profilait dans son entrejambe.

«
Bien ! » m’exclamais-je, content, tout en décochant ma flèche avec un sourire ravi. « C’est du bon travail. » Puis, je me saisis d’une bourse préparée non loin que je jetais à celui qui avait vraisemblablement le plus de contrôle sur son corps puisqu’il réussit à s’en saisir au vole d’une main fébrile. « Merci pour votre travail, vous pouvez partir. »

I
ls ne se le firent pas dire deux fois. En quelques secondes, ils avaient quitté les lieux d’un pas pressant. Je me retrouvais donc seul dans le petit salon (les gardes étaient à l’extérieur de la salle). Poussant un soupire d’extase tout en levant bien haut mon arc, je me retournais alors vivement tout en encochant une flèche… pour pouvoir me regarder dans le miroir grandeur nature. Arc bandé, position d’attaque, regard de braise, muscles saillants… oui, si ce n’était pas mon reflet, je serais tombé amoureux de cette personne ! Je me détendis… pour reprendre rapidement une position d’attaque, différente de la première, toujours en fixant le miroir. Qui, sur cette terre, pouvait ne pas être subjugué par ma beauté et ma prestance ? Très franchement, je ne sais pas.

M
on sourire s’agrandit. Je me sentis presque rougir. J’avais la sensation d’être redevenu ce jeune fougueux de 20 ans qui venait de recevoir cet arc. J’avais envie de l’essayer ! Non mieux, j’avais envie de m’entrainer ! Vu que mon arc de prédilection a été en réparation pendant un certain temps, j’avais du faire avec les arcs de Topaze. Non pas qu’ils soient mauvais… mais je préférais le mien ! J’étais plus à l’aise, j’étais sans aucun doute meilleur avec cet arc qu’avec n’importe quel autre ! C’est donc d’un pas assuré et rapide que je sortis de la salle, saluais mes gardes pour les encourager à vaquer à d’autres occupations – qui fut de me surveiller de loin (du fait de la tentative d’assassinat du mois dernier j’étais un peu trop protégé désormais) – et je me dirigeais vers la salle d’entrainement Topazienne.

L
e château possédait une salle d’entrainement, mais Topaze avait également une caserne militaire non attachée au château où était formée les meilleurs soldats. De ce fait, il était indispensable d’avoir une salle d’entrainement dans le château pour que les soldats du château puissent l’utiliser. Elle était très grande, dont le toit devant bien être à 5 mètres du sol, il y avait une salle jointe où se trouvait armes, armures et accessoires (comme des mannequins en bois d’entrainement). Lors des saisons chaudes, il était possible d’aller dans la cour attachée à la salle d’entrainement pour s’entrainer. La salle était d’ailleurs très ensoleillée grâce à quelques fenêtres ici et là. Un long couloir longé l’intégrité de la salle, avec simplement un petit muret et des poutrelles pour marquer le lieu, avec à intervalle régulier des ouvertures pour pouvoir entrer dans la pièce. Ainsi on pouvait observer les soldats directement depuis le couloir. Fait étrange, il n’y avait que très peu de mondes à cette heure dans la salle d’entrainement. Je me dis que c’était le moment parfait pour la Chevalière de Jade Noah de venir s’entrainer, elle qui détestait le monde. Je m’arrêtais, mon carquois dans mon dos, mon arc à ma main, l’autre main posée sur le petit muret, et je me mis à observer… Victor. C’était un Chevalier de Jade comme moi. Nous avions le même âge… nous étions écuyers en même temps. Je le connais… enfin, pas vraiment. De vu serait plus juste. Ce que je pouvais dire, c’était que nous avions un caractère diamétralement opposé. C’était un combattant, un vrai, celui qui ne jure que par le combat et le mérite. Moi j’étais plus… pantouflard si on veut. Préférant la parole aux combats. Je savais qu’il était à Topaze… mais j’avoue avoir retardé le moment de notre rencontre – obligatoire puisque j’allais être régent… son « dirigeant », en quelque sorte.

J
e pris alors une profonde inspiration avant d’entrer dans la salle d’entrainement et de me diriger à pas lent vers Victor. Il était tors nu, s’acharnant contre un mannequin d’entrainement. Depuis combien de temps ? Au vu de la pellicule de sueur… il n’était pas là depuis peu. En tout cas, malgré son caractère, je devais bien avouer qu’il était plutôt agréable à regarder. Le dos en V, on pouvait bien discerner ses muscles dorsaux, ce qui était clairement pas horrible à voir. J’écartais bien rapidement les pensées impures qui m’assaillir. Comme je ne devais pas tenter de draguer Noah, je devais éviter avec Victor… Tout simplement car en tant que chevalier de Jade, et donc potentiellement proche de Dayle, j’aimerais éviter que mes amants et mes amantes parlent aux oreilles de ma futur femme de mes aventures.

«
Victor ! » m’exclamais-je alors d’une voix gaie, m’arrêtant alors qu’il ne restait que quelques pas jusqu’au protagoniste. « Je vois que tu profites bien du château ! » Simple constatation absolument pas méchante. Non, vraiment, je ne suis même pas ironique. « Je ne t’avais pas aperçu avant, tu vis au château comme la Chevalière Noah et son écuyère ? » Il est vrai que, bien que je sache qu’il était à Topaze, je ne l’avais encore pas vu dans les couloirs. Peut-être préférait-il vivre ailleurs ? Ce n’était pas impossible. « Comment te portes-tu ? » Regard fixé dans ses yeux, j’essayais d’éviter d’avoir les yeux dérivant sur son torse viril. C’était malvenu. « J’espère te voir à mon mariage ! » Que je savais que ma mère était en train d’organiser minutieusement. C’était aussi un rappel comme quoi j’allais devenir régent, juste au cas où. « Il parait qu’il y aura des éléphants… enfin. Je verrais. Comment trouves-tu Topaze ? »

C
a faisait beaucoup de questions, mais j’avais cette vilaine manie de passer du coq à l’âne à chaque fois, une idée fusant dans mon esprit, je ne pouvais la laisser partir alors j’enchainais. Je réussis tout de même à me taire, m’étant arrêter à quelques pas – à la fois pour lui laisser de l’espace vitale et aussi car je voudrais éviter de me prendre un coup par mégarde – j’observais le chevalier avec un sourire aimable et des yeux inexpressifs.


‹c› Vanka
Victor
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Rôle : Chevalier de Jade

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Âge: 22-27 ans
Race: Humain
Sam 22 Déc 2018, 20:29



Les paroles

s'aiguisent.


Une goutte de sueur s'écoula du front de Victor, pour aller s'écraser sur le sol de pierre. La grande pièce, au plafond très haut, reflétait les mœurs martial de Topaze. Grande, efficace, sans décorations superflues. Cela convenait beaucoup à Victor. La simplicité brillait à ses yeux comme le plus pur des diamants : Qu'il était bon de pouvoir se concentrer sur la chose primaire qui définissait l'Homme. Lui-même. Aucun ornement, aucune supercherie, de la plus simple des lames à l'acier de plus fort. Car que peut faire l'acier face à la main qui le brandit ? Il n'est rien sans cette force d'âme, cette puissance motrice qui insuffle gloire, mais surtout Victoire à l'acier qui attaque et défend.

L'Homme est autant une arme que n'importe quelle lame. Il peut prendre plusieurs formes : L'arc n'est qu'une extension des bras qui le soutient, le bouclier qu'une extension de l'ardent désir protecteur d'un guerrier. L'épée, l'extension de la rage toujours croissante de celui qui voit sa destinée se diriger vers un chemin de combats, de batailles et de morts. C'est pour cela que Victor sentait à peine la fatigue se diffuser dans ses veines, comme une douce torpeur. Une sourde colère, intarissable, motivait les coups de Victor sur un mannequin d'entraînement qui ne demandait que la merci du Chevalier de Jade. Sur les côtés de la salle aux immenses fenêtres, d'autre mannequins avait subit son sort : Ils étaient à présent des ruines, détruits par les puissants coups de l'épée à deux mains de Victor.

Pourquoi était-il énervé ainsi ? Il était venu au château de Topaze pour une raison qui, maintenant qu'il était pris dans son combat sans but, lui échappait. Enchaînant bottes sur bottes, manœuvres sur manœuvres, Victor noyait sa colère dans une masse belliqueuse aussi inutile qu'elle était épuisante : Il avait pensé « Si seulement chaque gouttes de sueur, chaque ampoules, chaque coups sauvagement abattu sur le mannequin pouvait éloigner cette colère » Mais à l'inverse, chaque coup affirmait cette rage de vaincre. Comme un forgeron qui affine le côté tranchant d'une lame coup par coup, Victor ne faisait que commencer l’échafaudage d'un chemin qui ne pouvait mener qu'à la ruine.

Mais, connaissant le caractère du Chevalier... Rien ne pouvait être fait. D'un coup expert, il tournoya sur lui même. Sa lame siffla, et détacha la tête du mannequin d'entraînement de son corps. Il fit une petite pause. Son torse, mouillé de sueur, montait et descendait pour tenter d'avaler le plus d'air possible afin de régénérer l'endurance de Victor. Ses yeux, lui, regardaient par l'immense fenêtre qui se trouvait en face de lui. Le château était en hauteur, et de là, il pouvait voir la majeure partie de son pays natal. Topaze était magnifique. Belle, indomptée, puissante. Et de son vivant... Elle resterai ainsi. Il ferait tout ce qu'il était en son pouvoir pour qu'elle reste ainsi.

Des pas violèrent le silence qui venait de s'installer après la fin du combat d'entraînement. Victor ne se retourna pas tout de suite. Il chercha à nouveau la raison de la colère sourde qui l'avait poussé à venir ici. Il scanna ses émotions. Voir Topaze lui avait insufflé cette fierté, couplé d'une loyauté sans faille, qu'il avait de servir ce pays et son dirigeant.

Et c'était justement sur ce point que Victor grinçait des dents. La source de son problème se rapprochait de lui à pas lents, il pouvait le sentir en effleurant doucement la conscience de celui qui approchait avec son pouvoir télépathique. Il prit quelque précieuse secondes à retrouver un visage neutre. Il tourna son torse doucement pour faire face à celui qui deviendrait le nouveau régent de Topaze. Celui qu'il aurait du considérer comme un frère d'armes proche. Celui qui composait, avec lui, sa génération de Chevalier de Jade.

Shay.

Il approchait, sûr de sa puissance. Victor aurait pu dire qu'il marchait comme si l'endroit lui appartenait mais... Ce serait bientôt vrai. Par les dieux. Sa main serra sans qu'il le veuille le pommeau de son épée. Voilà la source de sa colère. Shay allait diriger son pays d'origine. Sa Topaze.

Comme a son habitude, l'homme se pavanait, son regard observant tout les petits détails et sa bouche crachant des commodités aussi inutiles qu'hypocrites. Enfin... Victor ne l'avait que très peu connu. Il lui avait parlé que très rarement, mais le Chevalier était rapide à former ses opinions.

Et elles étaient pour la plupart du temps justes. Mais Victor ne voulait pas s'aliéner avec le régent d'une des provinces les plus puissantes de la Confrérie. Il devait penser au futur. Il se refusait de sourire à cet homme, mais il n'allait pas lui donner des excuses . Il lui répondit donc avec une efficacité martiale, sans fioritures. Comme la grande salle où ils se trouvaient à présent.

« Je me porte bien, Shay. Je devine à ta démarche triomphante que toi aussi, tu te portes bien. »

Doux euphémisme.

« Je ne puis dire si je serais là à ton... mariage. Je suis là pour Topaze. Je verrais si mes occupations me laisse assez de temps pour participer à cette épreuve du temps pour le pays. »

Pour sa dernière question... Victor ne savait pas si c'était pour l'insulter, ou si Shay était vraiment ignorant des allégeances du Chevalier. Il décida de ne pas y répondre. Car à la place, une curiosité le démangeait. C'était l'instant rêvé pour lui poser la question fatidique.

« Mais trève de plaisanteries, Shay. Je suis venu ici pour avoir une chance de te parler. On dirais que le destin a cru bon de nous rassembler avant que tu ne prenne la mesure de la charge qui t'attends. »

Il inspira.

« Pourquoi, Shay ? Pourquoi devenir régent de Topaze ? Du peu que je te connaisse, de tout ce uqe tes actions ont laissé comme marque pour que je me fasse une idée de ta personnalité... Tu n'es pas le genre de monarque bénévolent qui prendrait les rênes d'un pays. »
codage par LaxBilly

Shay
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Rôle : Régent de Topaze, héritier de Fal

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Âge: 32-37 ans [L2]
Race: Humain
Sam 29 Déc 2018, 18:27

Les épées
S'épanchent

An 1570 Mois 7


J
e ne saurais dire pourquoi, mais chaque parole prononcée de la bouche de Victor me hérissait les poils. C’était peut-être aussi car lesdites paroles n’étaient pas faites pour être agréable à entendre ? En tout les cas, il ne faisait aucun doute que Victor ne m’appréciait pas. Et de mon côté ? Je ne saurais dire. Je ne le détestais pas, et je pense – j’espère – que c’était pareil du côté de Victor. Mais, c’est comme avec Xiufei : on ne peut pas dire qu’on s’apprécie. Peut-être que cela changera avec le futur, après tout, ce n’est pas comme si nous avions eut une discussion en long et en large pour apprendre à nous connaître. Enfin, rien ne disait qu’après ce genre de conversation on finirait par s’apprécier. D’ailleurs, n’était-ce pas le but de cette rencontre ? Bien qu’à la base je voulais tester mon arc. Faire d’une pierre deux coups en visant Victor et en le tuant par accident ? Ca m’enlèverait une épine du pied c’était certain, mais cela finirait par se savoir par la confrérie donc je ne donnais pas chère de ma peau. De plus, tuer n’était pas quelque chose que j’appréciais en soi.

I
l se portait bien. Bon, on ne peut pas dire de quelqu’un qui s’entrainait qu’il se portait mal. Je préférais ne pas réagir à sa remarque… acerbe. Démarche triomphante ? Non. Enfin… non, je n’avais pas une démarche triomphante ! J’étais juste quelqu’un d’assuré de ma propre perfection physique, donc évidemment que ma démarche était en conséquence. Je ne pouvais pas avoir une démarche timide sachant que ma beauté irradiée de chacun de mes pores. Néanmoins, je me portais effectivement bien, surtout depuis que mon arc fétiche m’était restitué réparé. Réparé et encore plus beau qu’avant, si cela pouvait être possible !

S
a réponse concernant mon mariage me laissa de marbre, mais intérieurement, je redoutais la réaction de ma mère. Tu sais, ma mère, l’organisatrice de mon mariage. Celle qui est certainement capable de retourner des pays entiers lorsqu’elle était en colère. Bon, j’exagère, et elle n’a pas ce pouvoir, mais je redoutais sa colère lorsqu’elle découvrirait que tous les chevaliers de Jade ne sont pas présents à mon mariage. Après tout, ils furent mes compagnons d’arme. Dans un sens, c’est un peu triste de se rendre compte que malgré le fait que nous faisions partis du même ordre, nous n’étions pas proches… au point de ne pas être présent lors du plus grand évènement d’une vie, c’est-à-dire, passer sa corde autour de son cou. Se marier, en d’autres termes. Pour moi, que Victor soit là ou non ne changerait rien. J’avais qu’une hâte, que la cérémonie se finisse vite pour qu’on cesse d’en parler. Ça, ce serait une bonne idée. Mais ma mère ne l’entendait pas de cette manière. Bref. Victor était donc visiblement très lié à Topaze – et ce bien qu’il ne répondit pas à l’une de mes questions. Je décidais de passer outre. L’art de la politique consistait tout de même à ne pas se laisser emporter par les réponses et actes indésirables. Toujours être maître de soi et de la situation – ou du moins, en donner l’impression.

P
uis, une question. La question. Celle que je me suis mainte et mainte fois posée. Pourquoi décider d’épouser Dayle et de gouverner ce royaume. A dire vrai, la première réponse qui me vient à l’idée est : « c’est ma mère qui m’y oblige ». Mais cela ne faisait pas bon effet. Nah. Et puis, si j’avais accepté d’être régent, ce n’était pas uniquement à cause de ma mère. Ce serait un… caprice, et je n’en serais qu’un piètre dirigeant. Ce serait… regrettable pour Topaze d’avoir un piètre dirigeant. Malgré tout, je ne saurais jauger si j’étais un bon roi. Sur bien des côtés, décider d’être le régent de Topaze n’était que pur égoïsme. Je ne répondis pas tout de suite à la question de Victor. Déjà car c’était une question difficile que je devais mûrir avant de répondre. J’en profitais également pour faire un nouveau tour d’horizon de la salle du regard, afin de m’assurer que nous étions seuls. Les quelques soldats qui étaient présents il y a quelques minutes avaient déserté. Je pris une profonde inspiration. Mentir ? Ce ne serait pas une bonne option… même si s’en serait une. Victor était comme Noah : ils furent mes compagnons d’arme avant que je ne devienne régent – enfin futur régent, mais ce n’était qu’un détail. Pouvais-je leur mentir comme aux autres royautés ? Hm.

«
Intéressante question. » Mais pas facile d’y répondre. Devais-je broder ? Devais-je me faufiler entre les mailles, chercher un moyen de me faire gagner du temps pour trouver une réponse adéquat ? « Et toi, pourquoi choisir Topaze ? Outre ton origine. » Un vague souvenir de l’engeance Topazienne de Victor m’était revenu en mémoire. « De mon côté, il y a plusieurs réponses possibles. » Je me mis à marcher à pas lent dans la salle, cela me permettait de me recentrer sur moi-même et de réfléchir. « L’une d’entre elles est que je dois gouverner. Topaze m’a fourni l’occasion que j’ai saisie. Je dois gouverner et prendre femme, car je suis un héritier Fallois, un Prince, et que rien ne dit que de mon vivant, Fal sera reprit à Irianeth. Donc je dois prospérer, faire une descendance et la former pour que cette descendance règne un jour, que ce soit sur Topaze ou Fal. Une autre des réponses est que Topaze est intéressant. Même si c’est à Jade que l’on forme les Chevaliers censés être l’élite de l’élite, Topaze n’en reste pas moins une grande puissance militaire avec son jumeau Opale. J’ai quelques idées en tête que j’aimerais pouvoir mettre en application qui me donnent envie de gouverner ce pays, même si je n’aime guère cette mentalité patriarcale. Sur ce point, je dois dire qu’entre Topaze où les femmes sont inférieures aux hommes et l’Empire où les méritants sont ceux qui sont les plus forts et les plus riches ; et bien je préfère la mentalité de l’Empire. Mais il est compliqué de faire changer les choses… » Un petit sourire rêveur éclaira mes yeux de joie pétillante. « C’est ce qui rend le défi amusant ! » Je me tournais vers Victor, soudain ragaillardi. « Je n’aime pas la guerre, mais la puissance Topazienne est un grand atout pour avoir la paix. Je n’aime pas le froid, mais Topaze n’en reste pas moins un beau pays. Je suis un peu flemmard je l’avoue, mais j’aime gouverner, et avec Topaze, je ne m’ennuie pas. » Je pris une flèche, l’encochais puis bandais mon arc en direction d’un coin de la pièce le plus éloigné, sur une affiche quelconque. « Des désirs purement égoïstes et égocentriques. Je n’en ai pas honte. » Je baissais ma garde sans avoir lâcher ma flèche pour tourner la tête vers Victor. « Je n’ai pas choisi Topaze par patriotisme ou générosité, mais bien car cela me serait profitable. Des objections ? »
‹c› Vanka
Victor
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Rôle : Chevalier de Jade

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Âge: 22-27 ans
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Dim 30 Déc 2018, 00:57



Les paroles

s'aiguisent.


Victor attendait avec appréhension la réponse de Shay. Il voyait cet homme devant lui, le soleil se déversant des hautes fenêtres du château baignant ses traits dans une lumière qui se voulait salvatrice. L'homme tenait son arc comme si c'était la chose la plus précieuse au monde, et Victor ne lui en tenait pas rigueur. Lui même tenait son épée comme une statue, pointe posée contre le marbre du sol et ses deux mains tenant fermement le pommeau... Il pourrait tuer Shay, si il le voulait. Mais ce serait stupide. Inutile, même. L'homme était probablement assez imbu de lui même pour se méfier de n'importe quoi. Il pourrait parer son coup, et cela escaladerait en un combat qui ne porterais pas ses fruits.

Et puis, Victor n'était pas un meurtrier. Il pouvait contrôler ses pulsions de mort grâce à son esprit de tacticien et de combattant. La guerre l'avait forgé en une arme précise et efficace. Le Chevalier vit Shay hésiter suite à sa question. Il devait sûrement jauger ses chances de le tromper. Par Sveter, si il ne commençait pas à parler tout de suite...

Peut-être que Victor n'aurait pas du être aussi prompt à souhaiter une réponse de la part de Shay. Cela avait été une tactique de sa part. De voir l'homme, et de lui demander de but-en-blanc, sans conversation pseudo-plaisante et inutile, ce qu'il pensait de ses futures fonctions. Maintenant il regrettait ce savoir indispensable mais qui le poussait vers un chemin dangereux : La colère est un chemin qui ne mène qu'à la ruine...

Il avala sa salive, puis expira doucement. La Patience est source de concentration. Puisse ses paroles tenter d'inspirer ce marchand de tapis. Car c'était ce qu'était Shay. Victor grinça des dents quand il entendu dire que Topaze n'était qu'une occasion. Il serra les points quand l'homme dit qu'il préférait les mœurs de l'Empire -il allait sûrement les apporter ici!-. Et bien que Victor était d'accord avec lui au sujet des femmes, il détestait par dessus tout que cet homme... cet enfant qualifient régner Topaze de « défi amusant ». Par les dieux.

« Des désirs purement égocentriques hein ? J'en ai bien des objections. Mon cher « régent ». Mais d'abord, laisse moi répondre à ta question. Cela t'éclairera peut-être plus sur mes réserves. »


Shay n'aimait pas la guerre. Alors Victor allait lui montrer que la Guerre... C'était lui. Il se concentra un instant, appelant à son esprit les informations dont il avait besoin. Ses poings serrés autour du pommeau de son épée se mirent à briller. Concentrant son pouvoir de Lumière, Victor fit apparaître une image du continent d'Enkidiev. Un sorcier avait appelé ça un hologramme. Le chevalier modifia sa carte pour y ajouter les frontières des pays, et des noms en couleurs apparurent pour dénommer les pays. Topaze apparut en haut, en riches tons de verts.

A vrai dire, Victor était presque aux limites de ses capacitées. Faire cette carte demandait énormément de concentration et de pratique : Heureusement, sa colère était un prisme qui canalisait sa force mentale. Et son esprit débordait d'expérience. Car il devait aller plus loin pour appuyer son propos.

« Regarde. »


Des flèches colorées, sans nom, se mirent en mouvement. Une grosse flèche en rouge symbolisait la principale force d'invasion de l'Empire. De plus petites flèches vertes montraient l'effort de défense de la Confrérie à la frontière entre Turquoise et Perle.

« Tu n'aimes pas la guerre. Fait face à cette réalité de notre monde. »

Une flèche rouge encercla une dizaine de flèches vertes, qui disparurent. Un mouvement si simple qui avait pourtant de si grande répercussions. Un peu de territoire était perdu, jusqu'à ce qu'une armée s'avance. C'était celle de Victor. Le Chevalier s'assura que Shay le sache, télépathiquement et en le montrant sur la carte de son symbole : Un aigle.

« Topaze est un exemple. Nous ne formons pas les meilleurs soldats. Non, car nous avons en nous une force bien plus grande : La détermination. Passer les jours entier et les nuits à cheval, reposé tout armé, forcer une muraille ! Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille. Perle et l'Empire tremblent quand ce fer brille ! »


Son épée sembla prendre le Soleil soudainement : Un éclat brillant s'en dégagea pour embellir son propos.

« Notre nom sert de Rempart à toute la Confrérie ! Sans nous, ils seraient déjà passés sous d'autre lois. Et ils auraient déjà eu leur ennemis pour rois. Alors, Topaze se tient là, fièrement. Chaque jour, chaque instant, pour rehausser notre gloire. Met lauriers sur lauriers ! Victoire sur Victoire.  Comprends tu Shay ? Comprends tu pourquoi je suis loyal à cette reine, ce pays, ces habitants, cette histoire, cette bravoure ? Le comprends tu vraiment ? »

Il soupira.

« Ton discours me fait croire le contraire. Topaze n'est pas une occasion à toi de saisir. C'est elle qui te choisit, qui te prends dans son destin pour que tu la serves. Et qu'elle te serve en retour. »

Victor regardait d'un œil mauvais la flèche bandé de l'arc de Shay. Si il continuer à l'utiliser dans de telles circonstances, ils devraient bientôt le faire réparer. Même si l'arme semblaient neuve. Instinctivement, Victor fit disparaître la carte pour hérisser un bouclier invisible. Il n'allait pas être pris par surprise. Pas maintenant.

« Regarde bien le futur, Shay. Ce n'est pas parce que tu es Régent maintenant que tu le resteras à vie. »
codage par LaxBilly

Shay
Nombre de messages : 129
Rôle : Régent de Topaze, héritier de Fal

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Race: Humain
Sam 05 Jan 2019, 15:23

Les épées
S'épanchent

An 1570 Mois 7


C
e n’était pas au gout de Victor. Comment cela le serait-il ? Ce n’est pas comme si ma plaidoirie avait été faite pour me donner sous mon meilleur jour ! Je n’avais pas dis tout cela pour que soudainement Victor vienne me dire « tu as tout à fait raison, gloire à Topaze ! ». Si cette situation avait été amenée à se présenter, j’aurais certainement été fortement surpris. Donc, autant dire que les objections de Victor furent accompagner par un très très très très très – très – léger mouvement de sourcils légèrement ironique. Bien entendu qu’il était contre. Qui serait d’accord pour que son futur régent annonce qu’il avait décidé de prendre la tête du pays pour des désirs égocentriques et égoïstes ? Une personne complètement folle qui voulait la ruine du royaume, peut-être que ça lui plairait. Mais Victor n’était pas de cette trempe là.

J
’allais pour débander mon arc lorsque je vis le poing serré de Victor commencer à briller. Sur le moment, je crus qu’il allait m’attaquer, après tout il aurait peut-être toutes les raisons du monde de le faire et bien que je le connaisse à peine je l’imagine bien vouloir ma peau. Donc, je décidais de garder ma flèche encochait. Bon, j’avais quand même débandé mon arc histoire de le ménager – je venais à peine de le récupérer ! – Mais je restais sur mes gardes quant à la suite des évènements. Puis, fait étrange, une carte de lumière apparue entre nous montrant le continent d’Enkidiev, ses frontières, et plus particulièrement Topaze. Sur le coup de la surprise, mes chats d’ombres étaient apparus derrière moi silencieusement, fixant de leurs yeux noirs les manigances de Victor avec suspicion. L’ombre et la lumière… étaient souvent explosifs, dangereux d’incompatibilité entre deux ennemis, mais pouvant être une alliance incroyable entre alliée. La question était : Victor était-il un ennemi ou un allié ? Je grinçais des dents de ne pas savoir que faire à part regarder ce qu’il me montrait. Je me préparais intérieurement à faire appel à mon pouvoir de Black Out, certainement la seule capacité de l’ombre où Victor ne pourra pas utiliser de lumière pour s’échapper. Mais nous n’en viendrons pas là, n’est-ce pas ?

V
ictor me montrait donc une bataille qui opposa les Topaziens à une force de l’Empire. Ou plutôt, de l’aide fortuite de l’armée Topazienne dont Victor était à la tête à ce moment-là pour vaincre l’ennemi. Comment dire ce que je ressentais sur le moment… il me montrait une chose que je savais déjà : les forces topaziennes n’étaient pas négligeables. Il me parla de Topaze, des soldats, et ainsi de suite. D’autres choses que je savais également – je n’allais pas prendre la tête d’un royaume sans me renseigner un minimum. Il faut dire que ce n’était pas comme si j’avais grand choix dans le sang bleu de la Confrérie ou de l’Alliance. Je n’en avais eu que deux : Dayle avec Topaze, ou Kylianne avec Diamant. Les femmes au pouvoir se faisaient rares ces temps-ci, et les princesses d’autant plus. Donc j’ai tout de même réfléchi auquel serait un meilleur choix. Ma mère y avait réfléchi aussi en amont avant de « gentiment » m’orienter vers Topaze, mais j’avais fais mon investigation de mon côté également.

E
n tout cas, j’avais tout de même l’impression que Victor en faisait des tonnes pour parler de Topaze, de sa fierté pour Topaze, de son allégeance à Topaze. Je me dis qu’il devrait former une pièce de théâtre pour parler de cela, lui faisant la voix off tandis que des comédiens jouaient les scènes avec ferveur. Je l’imaginais bien en metteur en scène strict et jamais content du résultat. J’éliminais bien vite cette image de mon esprit avant de me mettre à pouffer de rire pendant le discours de Victor, ce qui serait plutôt mal vu. Je gardais un visage impassible tandis que j’observais le Chevalier, réfléchissant déjà à ce que je pourrais bien lui dire. C’était délicat. A vrai dire, je ne savais guère ce que j’allais répondre. La situation n’était pas à mon avantage, même si je n’en démontrais rien cela m’agaçait. D’ordinaire j’aimais bien les débats. Par exemple, celui que j’avais eut avec Doran le jumeau de Dayle fut indéniablement divertissant. Mais là, actuellement, je ne me sentais pas à mon aise pour former une plaidoirie digne de ce nom.

«
Je n’en ai peut-être pas l’air, mais je ne suis pas un idiot, Victor. Je me suis renseigné sur Topaze avant toute chose. La détermination, comme tu dis, est une bien belle chose, mais tu ne peux nier que sans la formation adéquate, donc sans avoir la possibilité de mettre à contribution cette détermination et de constamment l’attiser et la développer, les soldats deviennent piètres. Alors je maintiens ce que je disais : Topaze est une grande puissance militaire. » Je me mis à marcher, encore une fois en cercle tout autour de Victor, jetant des regards circulaires à mon environnement. Mes chats d’ombre me suivirent à la trace, non sans garder un œil sur Victor. « Ton engagement pour Topaze se ressent, c’est une évidence, et c’est aussi très beau. Alors, tu ne peux me blâmer de mon engagement pour Fal, non ? Je n’aime pas la guerre, mais je n’ai pas dis que je ne me battais pas pour autant. J’ai choisi Topaze, une grande puissance militaire, sachant mon engagement pour Fal, cela ne te met-il donc pas la puce à l’oreille ? Tu as beau dire que ce n’est pas à moi de choisir, mais si cela n’avait pas été moi, cela aurait été quelqu’un d’autre qui aurait choisi, et ce ne serait certainement pas Topaze. Le monde de la royauté est fait d’occasions, de désirs égoïstes, d’alliance et de tromperie. »

J
e me dirigeais alors vers le couloir pour m’accouder au muret. Il n’y avait toujours personne, mais cet endroit me permettait d’avoir un œil discret vers le couloir au cas où des personnes s’attarderaient dans ces environs. Mes chats quant à eux, se couchèrent devant moi, entre moi et Victor. Cette discussion avec lui était difficile. J’avais l’impression de tourner en rond, de piétiner sur place, de me répéter. C’était certainement vrai, mais je ne saurais expliquer autrement ma pensée.

«
Je ne vais pas chercher à changer Topaze. Déjà car cela ne se fait pas du jour au lendemain. J’ai tout de même pour projet de rendre plus légitime la place des femmes qui pourraient apporter de grandes choses au Royaume si elles étaient prises plus souvent au sérieux. Je ne vais pas empêcher Topaze de faire la guerre, puisque je veux récupérer Fal. Je veux enrichir le royaume autant en termes de gains qu’en termes de puissance, et pour cela je veux Opale. Je veux faire de Topaze LA grande puissance qu’il ne vaut mieux pas prendre à la légère, mais pas en étant sous la coupe de Jade, encore moins sous la coupe de l’Empire ceci dit. Je ne pense pas que mes idées soient à l’encontre de Topaze. Et, de toute façon, contrairement à ce que tu penses, je n’ai pas une grande marge de manœuvre. Déjà il faut que j’en discute avec Dayle, ensuite avoir la confiance et l’appui des conseillers et des généraux avant de tenter quoique ce soit, et ça va être long et difficile. Alors rassures-toi, Victor, je sais ce que je fais, et je n’ai pas dans l’intention de remodeler ce pays – même si quelques ajustements seraient plutôt dans mes gouts. » Je soupirais alors longuement, observant Victor avec des yeux sombres. « Tu es un Chevalier de Jade. Certains de mes propos doivent certainement te déplaire. Tu es très lié à Topaze, ainsi que très protecteur, donc tu dois me voir comme un envahisseur. » J’eus un sourire froid. « Je ne cherche pas à me faire bien voir par toi. Topaze est et restera pour moi une occasion de mettre la main sur Fal, le reste de mes idées me sont venues tout à fait naturellement pour le bien de l’avenir du royaume. Enfin, ce que je considère être pour son bien. »

J
e jouais avec l’une de mes flèches, la faisant valser dans ma main libre, tandis que mes chats d’ombre se détendaient au fur et à mesure. Ils avaient même arrêté de fixer d’un œil vitreux le chevalier de Jade pour se lécher le poil mutuellement.

«
Je ne pense pas être pire qu’un autre. Je ne pense pas que toutes mes idées seront mises en application non plus. Il faut être réaliste. Il est certain qu’avoir l’appui d’un Chevalier de Jade tel que toi me serait bénéfique dans mes projets, mais je suis aussi certain que je ne l’aurais pas. Dis-moi Victor, comment vois-tu Topaze dans 10 ans ? Dans 20 ans ? Toujours à faire le sale boulot pour d’autres ? Toujours la même, sans évolution ? Je ne prétends pas être le meilleur pour diriger Topaze. Je ne prétends pas non plus que je resterai à sa tête indéfiniment – j’ai déjà du essuyer des attaques sournoises en présence du roi d’Opale, cela ne me rassure guère sur mon espérance de vie. Je ne prétends pas avoir la science infuse pour savoir ce qui serait totalement bon pour le royaume, c’est bien pour ça que je continue d’étudier Topaze, que j’écoute ce que me disent les conseillers et le peuple. Ce que visiblement, tu ne sembles pas voir. » Je penchais la tête de côté, stoppant les moulinets avec ma flèche. « On ne voit que ce qu’on veut voir, de toute manière. »

‹c› Vanka
Victor
Nombre de messages : 109
Rôle : Chevalier de Jade

Plus sur le personnage
Âge: 22-27 ans
Race: Humain
Dim 17 Fév 2019, 21:19



Les paroles

s'aiguisent


Victor recula d'un pas instinctivement quand les pouvoirs d'Ombre de Shay se manifestèrent. Le Chevalier ne savait pas que le « régent » de Topaze avait accès à cette gamme de pouvoirs. C'était comme si l'univers lui-même les avait opposés. Victor était protecteur, Shay opportuniste. L'un maniait la lumière, l'autre les ténèbres. Cela était... perturbant. Etait-ce un signe des dieux ? Avaient-ils seulement prévu ce qu'il allait se passer ? Shay était un homme qui maniait le pouvoir dans un pays qui ne lui appartenait pas. Victor était un homme désireux d'aider le sien contre tout opportuniste qui se servirait de ces terres pour ses fins. Et si il fallait désirer le pouvoir pour cela, alors qu'il en soit ainsi.

Alors que Shay parlait, Victor sentait les deux hommes transcender leur chairs. Ils étaient devenus plus que des hommes : Ils étaient des symboles de deux visions différentes du monde, deux visions qui ne pouvaient cohabiter. Les chats d'ombres de Shay le suivait, tandis que lui tournait autour de Victor comme un fauve charognard. Le Chevalier restait stoïc, et suivait Shay du regard. Quand celui-ci passa derrière lui, Victor regarda droit devant, vers le Soleil qui perlait à travers les fenêtres.
C'était décidé. Shay était aveuglé par sa propre suffisance. Le pouvoir était sa propre drogue : Il en fallait toujours plus.

Si Shay mettait sa volonté d'acquérir Fal au dessus de Topaze, alors Victor sut que cette conversation n'allait pas bien tourner. Si les Dieux avaient eu une main là dedans... Ils étaient sûrs d'avoir bien trouvé leur marques. Entendant les paroles de Shay, Victor supprima un rire jaune. Il était trop crispé pour rire.

« Tu ne penses pas être pire qu'un autre... T'entends-tu donc parler ? Un souverain, aussi absolu soit-il, est le reflet même du peuple qu'il dirige ! Tu me demandes comment je vois Topaze dans une décennie, mais tout ce que je prédis, c'est que ton commandement nous amènerais au bord de la ruine. Un régent se doit de se verser corps et âme dans son pays, chaque muscles poussant la Gloire au plus loin, chaque pensées réinventant des moyens pour soutenir son avancement ! »


Il pointa un doigt accusateur vers Shay. Sa magie de Lumière irradia les alentour, et là où son doigt pointait, les Ombres de Shay se dissipèrent.

« Mais toi, toi tu te sers toi-même en priorité, et tu prétends servir Fal et Topaze à la fois. Dis-moi, Shay, te demande-tu pourquoi, alors que ton mariage arrive à grand pas, beaucoup de généraux et de courtisans ne se sont pas empressés de jurer fidélité ? Tu es l'un des premiers à qui cela arrive. »


Il ne mentionna pas les nombreux qui l'avaient probablement déjà fait. Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l'écoute : Les opportunistes étaient prompts à lécher les bottes de quiconque arrivait au pouvoir. Mais c'était à double tranchant. Toutes loyauté gagné par la seule force du pouvoir est aussi fragile que du verre.

« Je ne répondrais pas à tes scandaleuses proposition de sédition. Topaze a rejoins la Confrérie sciemment. Ce n'est pas seule que nous pourrons gagner contre l'Empire et nos ennemis. La solidarité est le pouvoir, tu le saurais si tu partageais ne serait-ce qu'une des qualités des Chevaliers de Jade. Tu voulais savoir comment je voyais Topaze dans quelques décennies ? »


Il écarta les bras, et rapidement l'ombre se reforma autour de Shay. Encore un symbole de cette discussion qui était à deux doigt d'être inutile. Les deux hommes étaient trop différents, attachés à des idées trop différentes.

« Je vois Topaze, avec un commandement adapté, briller sous la gloire de ses victoire ! L'Empire, écrasé sous la force de nos légions. Ses colonies libérés, le continent unifié par l'Alliance et la Confrérie tel lors du temps des Chevaliers d'Emeraude d'antant ! Je vois Topaze, unifiée en cause et en droit, les futiles différences qui nous divisaient écrasé sous la botte de la discipline et de la vertue. Je vois Topaze, riche en tout point de culture et d'or, nos bibliothèques remplies de savoir, nos connaissances une balise de lumière dans ce monde ! »


Il savait pertinemment que ce qu'il disait prendrait bien plus que quelques décennies, mais il y croyait fermement. Topaze en avait le potentiel. Il savait que cela était possible. C'est pour cela que voir Shay aux commandes le plongeait dans un si grand désespoir. L'opportunisme singulier était la mort du progrès. Il n'y avait qu'en la volonté et la volonté seule que Topaze pourrait vaincre.

«On ne voit que ce qu'on veut voir, en effet. Tu ne vois pas que ta nature es inadaptée à ce poste. Tu ne vois pas que même si tu essaye d'étudier Topaze, celle-ci te rejeteras par principe seul !  Je ne sais pas ce qui a poussé Dayle à t'accepter à ses côtés. Mais sache que même si tu a songé à m'obtenir à ton côté, que jamais je ne m'abaisserais à soutenir quelqu'un comme toi. »


Et que jamais ses amis généraux et courtisans ne le ferait aussi. Victor n'était issu que de la petite noblesse, mais il avait su se rendre influent dans le milieu martial. Il inspira longuemment après avoir finit de parler. Il ne s'était pas attendu à dire autant de vérités à Shay mais... Cela faisait du bien. Il était bon de voir les principes de Victor affirmés selon son propre code.

Cela ne faisait que renforcer sa propre détermination.
codage par LaxBilly

Shay
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Rôle : Régent de Topaze, héritier de Fal

Plus sur le personnage
Âge: 32-37 ans [L2]
Race: Humain
Jeu 06 Juin 2019, 18:31

Les épées
S'épanchent

An 1570 Mois 7


J
e l’écoutais parler, et je me disais qu’il était évident que je ne le ferais pas changer d’avis à mon sujet. A dire vrai, j’avais l’impression qu’au fond je n’avais pas fait cette confrontation pour le faire changer d’avis mais plus pour jauger comment était l’eau. Et elle était très froide. Néanmoins, je n’en avais pas peur pour autant – bien que si c’était vraiment de l’eau froide et que je devais y mettre un pied dedans je ne le ferais pas. Comme ce n’était qu’une image, je pouvais dire sans mentir que j’allais plonger d’un coup dedans.

A
lors qu’il parlait, je ne pouvais me départir d’un petit sourire en coin amusé et un peu narquois. Ce Victor ne cessait de parler avec des belles phrases et à faire se donner dans un spectacle mélodramatique avec ses pouvoirs. Malgré tout, cela faisait un peu pathétique, m’enfin. Ses pseudos menacent concernant Topaze ne m’atteignirent pas spécialement, ni concernant ses prétendants – ah non pardon, les généraux – qui ne m’avaient pas prêté allégeance. Je ne me départissais pas de mon sourire, même une fois qu’il eut finit son petit speech. Une fois le silence revenu, je profitais un peu de ce temps sans la voix de Victor, détournant le regard en direction des armes décoratives sur les murs de la salle d’entrainement, avant de finalement revenir vers Victor.

«
Moi j’imagine Topaze devenir la plus grande puissance de tout Enkidiev et Irianeth réunit, réunifié avec Opale. » J’eus un léger soupire. « J’ai bien d’autres projets mais cela ne sert à rien que je te les énumère. Tu es un homme têtu coincé dans un mental bien trop strict et bien trop peu ouvert aux changements. Ce n’est pas forcément bon non plus. Mais ! Hé, qui suis-je pour juger. Dans tous les cas, tant pis. Je ne te ferais pas changer, et cette discussion est vaine. Je tiens simplement à dire que, tu exagères un peu les choses et qu’en plus, tu ne peux prévoir l’avenir. » J’écartais mes bras de mon corps en un signe qui voulait dire, concrètement « qui s’en fout ? ». « Je ne suis pas encore régent, et vous n’avez pas encore vu comment je vais le diriger, alors avant de juger sans même savoir, reste en retrait et observe. Quant aux généraux, certains ne m’ont pas prêté allégeance et d’autres oui, certains ne l’ont pas fait et après discussion, m’ont prêté serment. Tu vois, tu peux continuer cette petite, hm, rébellion contre moi-même avec ta petite communauté, cela ne fera qu’agrandir les tensions qu’il me semble tu voulais apaiser, et cela ne me fera pas partir pour autant. Contrairement à ce que tu pourrais croire, j’écoute les conseillers et j’apprends du peuple pour pouvoir diriger ce royaume comme il faut. Je pensais que tu m’y aiderais, mais je m’y suis visiblement trompé, tu préfères rester camper sur tes positions. »

Rangeant mon arc autour de mon torse, j’adressais un signe de main à Victor avant de me diriger vers la sortie de la salle d’entrainement.

« Continues d’être opposé à moi si cela te fais plaisir, » lui glissais-je à l’oreille en passant à côté de lui, puis je traçais ma route sans plus me retourner.


‹c› Vanka
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