Une promenade qui tombe à l'eau [PV Dayle]

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Victor
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Victor
Ven 21 Déc 2018, 17:08



Une promenade

qui tombe à l'eau.


Une pluie trop forte pour être qualifiée d'agréable noyait la forêt entourant le Lac Toze. En altitude élevée, l'eau semblait s'écouler à l'infinie, sans raison. Chaque centimètres carrée d'espace était empli d'eau tombant des cieux, dans un chaos ordonné qui noircissait d'une teinte grisâtre le ciel normalement bleu. Les vents rugissaient, leur ardeur n'étant pas attisée par la proximité du sol, et les différents obstacles les empêchant de clamer leur puissance. Les courants ascendants et descendants changeaient de minutes en minutes, et même un oiseau expérimenté ne pouvait pas se déplacer sans y déployer un grand effort. C'est il serait sage pour un oiseau de s’accommoder de vents plus bas. Mais le grand aigle qui transperçait les nuages de pluie n'en avait cure.

Il aimait braver les vents et les tempêtes. Il aimait sentir l'eau alourdir ses ailes jusqu'au point de non retour. Il appréciait ces moments où il pouvait affirmer sa domination sur les habitants du ciel : Il était seul dans les cieux. Aucun autre oiseau n'avait osé bravé la tempête, mais lui irait retourner voir son maître le cœur empli de sa fierté habituel. Car Earl était fier d'être l'aigle le plus puissant de ses terres. Cela ne le dérangeait pas que les seuls autres aigles qu'il n'ait vu ait été des oisillons dans un nid.

Ses plumes étaient d'un marron impérial, mais celles composant le bout de ses ailes étaient noires. A son cou, des plumes plus sombres encerclaient la particularité qui le rendait unique. Une tâche de plumes entièrement dorées, défaut qui embellissaient Earl tel le plus puissant des Comtes.

Mais alors que l'aigle volait en cercles au dessus de la forêt, son œil perçant attrapa quelque chose. Des tâches de couleurs se tenant sur le monde terrestres, qui bougeaient pour s'abriter de la pluie. Sur la route qui coupait la forêt, des humains se tenaient. Ils étaient une poignée, peut être plus, peut être moins. Earl n'en avait cure. Il descendit doucement, se rapprochant des arbres et de la trouée de la route. Une élégante dame, si un oiseau pouvait trouver quelqu'un élégant, se trouvait là. Earl ne pouvait expliquer ce qu'elle faisait, car il était concentrée sur une chose. Il voyait quelque chose d'intéressant à rapporter à son maître.

La femme qui attirait son attention avaient des cheveux bleus, et avait un comportement qui indiquait qu'elle avait l'habitude de se faire obéir. Mais sur sa tête se trouvait un magnifique chapeau, avec quelque touche d'un métal brillant qui aurait put être aussi facilement de l'or que de l'argent. Earl descendit en piquée, et avec ses serres acérées, il attrapa le chapeau. L'oiseau partit sans regarder en arrière, son prix entre les serres. Il se dirigea vers l'ouest, vers un petit camp où se trouvait son maître.

Victor se trouvait sous sa tente de « commandement », si on pouvait appeler ça comme ça. Il n'était qu'avec une poignée de ses lieutenants, qui eux même n'avaient apportés qu'une poignée de leur soldats. Les autres étaient à Turquoise, à se battre. Mais chaque officier avait besoin d'une pause, et Victor se ressourçait dans sa province natale de Topaze. Enfin... Il s'escrimait sur des cartes, à échafauder des plans. Partout se trouvait des cartes, avec de multiples fonctions différentes. Topologiques, géographique, démographique... Tout ce dont il avait besoin pour échafauder des plans. Partout où il y était nécessaire, il avait ajouté des petites notes manuscrites afin de mieux rassembler les points où performer des embuscades, des défenses, ou où mieux déplacer ses troupes.

Ou où mieux faire un baroud d'honneur. Victor ne voulait pas se faire de désillusions. Il mourrait l'épée à la main.

Ce fut sur ces pensées sombres qu'Earl décida d'entrer dans sa tente, faisant voler papiers et cartes inutilisées. L'oiseau se posa sur la table de Victor, afin d'y montrer son prix. Parandar. Victor, surpris, parla à l'oiseau, n'attendant aucune réponse :

« Par les dieux, où a tu donc trouvé ça ? »


Car ce n'était pas dans une forêt touffue de Topaze, un jour de pluie, qu'on allait trouver un chapeau d'une si grande qualitée. Malgré les deux petits trous saillants qu'avaient fait les griffes d'Earl, il dégageait encore une aura de luxe et de... respect. Un doux parfum, rappelant l'eau d'une rivière d'été s'en dégageait. Victor ne connaissait pas l'origine de cette odeur, mais il savait pertinemment que ce n'était pas normal.

Est ce qu'Earl avait voulu lui dire quelque chose ? On lui avait toujours dit qu'il apportait beaucoup trop de crédit à cet oiseau, mais Victor avait toujours des traces d'une vieille croyance qui disait que les oiseaux avait des tendances prophétiques. Alors qu'il se relevait pour regarder dehors, comme si le propriétaire du chapeau allait apparaître comme par magie, Earl sortit de la tente à grand flappements d'ailes -aggravant dix fois le capharnaüm- pour se diriger vers l'est.

C'était décidé. Victor allait investiguer. Il prit une cape pour se protéger de la pluie, et fit signe à deux de ses hommes de venir avec lui. Après tout, ils avaient besoin de cette promenade. Et lui aussi. Il avait déjà une petite idée d'où Earl voulait l'emmener. Vers la route qui coupait la forêt. Il n'y avait pas quarante endroits où aller, après tout.

Il profita du chemin pour aller à la route. L'air était chargé de l'odeur particulière de la pluie, et puis... Victor aimait l'eau. C'était un élément, l'élément de la vie, qu'il appréciait particulièrement depuis qu'il était enfant. La terre noire s'enfonçait sous le poids de ses bottes, et la curiosité de ce qu'il allait trouver sur la route stimulait son esprit.

Quand ils arrivèrent enfin à la route, il vit une scène assez... paradoxale. Il n'était pas rare de voir des chariots de paysans brisés après une mauvaise passe sur la route, mais ici c'était un fiacre de nobliau. Une roue était entièrement brisée, et Victor pensait apercevoir un indice de personne blessée.

Par réflexe, il sortit le chapeau qu'avait pris Earl et que Victor avait protégé sous sa cape pour le tenir à la main. Il s'approcha d'une femme trempée par l'eau, aux cheveux bleus. L'environnement ne lui permettait pas de reconnaître son visage, hormis la beauté habituelle qu'affichait les femmes nobles. Il lui sourit, un sourire aimable, presque gêné face à la banalité qui venait de frapper ces personnes. Il leva la main qui tenait le chapeau haut, en un salut. Il haussa la voix, pour se faire entendre au dessus de la pluie.

« Bienvenue à la forêt du Lac Toze ! Je suis Victor, Chevalier de Jade. Je vois que vous n'avez pas vraiment eu de chance. »


Son sourire se changea en un sourire amusé. Cela ne devait pas vraiment être une bonne journée pour la femme aux cheveux bleus.
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Mar 15 Jan 2019, 23:07
1570 - mois 06


Si cette journée avait mal débuté, ce n’était bien évidemment que le début d’une succession de malencontreuses aventures qui ne cesseraient jusqu’au soleil couché. Le temps maussade et pluvieux aurait pu venir en rajouter une couche au tableau déjà bien rempli mais la jeune Dayle était du genre à aimer le son de la pluie dans les forêts et l’odeur qui s’en dégageait. L’eau était son élément de prédilection après tout. Alors, malgré que rien dans l’organisation de cette journée n’avait fonctionné, elle avait réussi à faire apprêter une cariole pour aller faire un tour d’inspection du mur qui séparait son Royaume à celui d’Opale. Bien évidemment sous couverture des soi-disant réparations que son frère, le Roi Doran, avait sommé à Topaze. Dayle voulait pouvoir enfin observer ce mur sous toutes ses coutures avec l’œil et les conseils d’un expert. Ce mur posait problèmes depuis longtemps et il allait falloir le comprendre pour pouvoir en faire quelque chose dans l’avenir.
La route allait sûrement prendre toute sa matinée mais le grand air ne pourrait que lui faire un bien sans pareil. Tandis que la cariole les ballotaient en rythme sur le chemin terreux et mouillé, Dayle laissa ses pensées vagabonder tout en observant les arbres défiler devant ses yeux. Personne ne semblait oser discuter, sûrement de peur de déranger les réflexions de la Reine régente. Bien que la jeune femme ne fut pas du genre à s’en soucier réellement, elle ne remarqua pas le silence tant elle s’y sentit pour une fois bien. L’arrivée future de son prétendant l’angoissait bien plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Hormis ces quelques mots enchevêtrés sur une feuille de papier vieillie par le temps, elle ne savait rien de lui. Ce n’était pas réellement une surprise, elle s’était préparée toute sa vie à épouser un supposé inconnu. Mais là, devant le fait accompli, tout cela la laisser bien songeuse. Voir Dayle, d’accoutume trop bavarde, bien silencieuse, commençait à faire jaser les Dames de la cour.

L’inspection se déroula fort heureusement comme prévu. Dayle put prendre note de toutes les informations concernant l’état du mur et les potentielles zones de faiblesses pour les réparations. Ce n’était finalement pas aussi gros que ce dont son frère semblait lui avoir rapporté d’Opale… Elle tapota sur son collier, lui disant d’arrêter de tout exagérer, lui faisant passer sous une touche d’humour.

Le retour annonça par contre la touche finale de toute la médiocrité de cette journée. Tandis que les discussions s’étaient finalement emballées autour de ce fameux mur porteur de l’histoire d’une nation autrefois unie, une secousse stoppa tous les discours, les laissant s’échanger un regard intrigué. S’en suivit d’un cri, d’un grognement et un hennissement avant que la cariole ne bascule complètement dans la petite pente du côté du chemin, arrachant des cris à ses passagers. Dayle rouvrit les yeux tandis qu’ils étaient tous sans dessus-dessous. Tout en se massant le crâne elle put constater que personne n’en avait au moins subit de conséquences. Jusqu’à…

- Seriez-vous capable d’ouvrir la porte de votre côté, Richard ?

L’homme fit un aller-retour de son regard entre la Reine et ladite porte. La cariole étant couchée sur son autre flanc, il n’eut aucune difficulté à l’ouvrir avant de tenter de s’en extraire et d’aider les autres à sortir. Une fois tous rendus à l’extérieur, ils purent constater l’étendu des dégâts… Le cheval était à terre, se débâtant dans ses brides, tandis que le cavalier qui les conduisait se tenait la jambe en gémissant, une partie brisée de la cariole incrusté dans sa chambre. Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent de stupeur tandis qu’un léger haut le cœur lui prit face à cette vision. Elle ferma les yeux quelques secondes avant de soupirer pour se redonner consistance.

- Il faut le défaire de la cariole au plus vite !

Derechef, les hommes s’exécutèrent mais soulever la cariole au complet était relativement compliqué… Même après avoir brisé la pièce qui l’avait transpercé. Et ce n’était pas la force des bras de la Reine qui allait plus les aider, malgré sa musculature travaillée. Dayle leur demanda finalement de se préparer à pousser tandis qu’elle se mettait en arrière d’eux, les bras tendus, concentrant sa magie dans la paume de ses mains. Doucement, le flux d’énergie traversa son corps, s’en échappant et venant immédiatement frapper la cariole qui se redressa avec violence avant de retomber lamentablement sur son autre côté… Génial.
L’air dépité, Dayle remit le sort de cette stupide cariole et sa roue brisée à plus tard. Il était plus facile de la voir maintenant que la roue fracturée en deux pendant devant leur nez. Ils transportèrent l’homme sous un arbre tandis que Richard s’était occupé du cheval paniqué. Sous les gémissements et ses dents serrés, le cavalier tentait de faire fit de la douleur. Le regarde la  jeune souveraine parcourra les hommes rassemblés ici tandis qu’elle se souvint que personne ne possédait de magie ici, hormis elle… Quelle aubaine. La magie curative n’était décidemment pas son point fort… C’était même un obscur tableau sur lequel elle avait toujours eu peur de se pencher. Pourtant, la plaie saignante semblait sale et elle savait pertinemment que cela diminuait les chances de guérison par la voie normale.
La jeune femme remonta alors ses manches, s’accroupissant aux côtés de l’homme. Alors qu’elle se concentrait en fermant les yeux pour catalyser sa magie, un oiseau fonça droit sur eux, lui arrachant sa belle coiffe la protégeant jusque là de la pluie. L’air effaré et le regard empli de protestation, elle observa muette le départ de l’oiseau avec sa coiffe… Soupirant de rage, elle se prit la tête entre les mains quelques secondes afin de contenir toute la frustration que cette journée représentait. Il fallait qu’elle reste calme… Ce n’était qu’une coiffre…

- Tentez d’aller voir si quelqu’un passe par le chemin, je vous prie… Je ne voudrai pas que l’on reste coincé ici pour la nuit avec un blessé.

Un des hommes s’exécuta tandis que Dayle revint à ses affaires, la colère toujours collée sur son visage. Elle remonta encore une fois ses manches et concentra cette fois-ci aisément l’eau de la pluie ambiante, créant une sphère d’eau qui lui permit de nettoyer la plaie du mieux qu’elle le put. Après un bon moment de travail et les genoux crottés de terre, la jeune femme se releva. La plaie n’avait plus de boue, ni de pierres, ni d’échardes… Mais elle n’arrivait pas à en stopper le saignement, ni même à refermer les plaies… Elle réfléchit un instant, tentant de se souvenir des enseignements de Nesiris qui fut autre fois son maitre… Oh, appliquer un garot pour arrêter le saignement !
Elle n’eut pas le temps de bien réfléchir plus que l’homme qui se chargeait de surveiller le chemin vint leur annoncer que trois personnes s’en venaient jusqu’à eux. Que les dieux soient loués !! Dayle se redressa alors derechef à l’entente de nouveaux arrivants. Soulevant le pan de sa robe pour qu’elle ne traîne pas trop sur le sol -malgré qu’elle soit déjà bien sale- elle se dirigea jusqu’à eux.  Un des hommes tendait quelque chose dans ses mains….

- Oh. Mon chapeau !!

Quel ne fut pas son soulagement lorsqu’il déclina son identité comme faisant parti de l’Ordre des Chevaliers. Comment son chapeau s’était retrouvé entre ses mains…?

- Par Sveter, je vous en remercie ! Messieurs, est-ce que l’un de vous saurai se quérir d’une quelconque magie de soin ?

Regardant tour à tour les trois hommes, seul l’un d’entre eux lui semblait plus familier que les autres. Étaient-ils des habitants de Topaze ? Ou peut-être l’avait-elle croisée lors de son court passage au sein de l’Ordre des Chevaliers… Elle se détourna légèrement pour leur laisser pleine vue sur l’installation très bancale qu’ils avaient réalisés.

- Mon cavalier est blessé, sa plaie est nettoyée mais elle ne cesse de saigner… Ma puissance magique est bien trop maigre pour arriver à panser ce genre de blessures…

Elle espérait grandement que l’un d’eux sache user de la magie des soins… Avant que le trio n’arrive, elle n’avait même pas eu le temps de regarder s’ils avaient le nécessaire pour calfeutrer le saignement, le temps de le transporter jusqu’à une clinique ou le guérisseur du château. Tandis qu’elle amena le groupe jusqu’à l’homme à terre, elle fut frappée par le fait qu’elle ne les avait même pas salués correctement.

- Richard, je vous en prie, tentez de voir si notre roue est réparable. Nous nous occupons de votre frère…
- Très bien ma Reine., fit l’homme à ses côtés en retournant vers le transport brisé.  

Vite, que cette journée se termine…, songeait-elle intérieurement tandis que ses doigts tapotèrent en rythme sur son collier, signalant à son frère que quelqu’un était finalement venu à leur secours et qu’ils étaient probablement entre de bonnes mains.

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Mar 22 Jan 2019, 16:47



Une promenade

qui tombe à l'eau.


Les yeux de Victor parcoururent la scène rapidement : Il ne s'attarda pas à la femme aux cheveux bleus qui ne s'était même pas présenté. Sa robe était salie de la boue formée par le chemin, ses cheveux bleus, bien qu'un indice de parfum montrait l'attention que la femme leur portait, étaient mouillés jusqu'au point où voir son visage n'était du qu'à des constants efforts de sa part pour dégager la masse humide de devant ses yeux. Et c'était une bonne chose, car les yeux de la femme était peut être la seule chose qui pourrait réchauffer dans ce temps de pluie : Victor avait un lien spécial avec la lumière. Voir un lever de Soleil, ou même un coucher, pouvait instiller en lui une énergie salvatrice. Voir cette chaleur, animée par une inquiétude envers son conducteur et sa situation, reflétée dans les yeux dorées de cette femme le fit changer son sourire : De moqueur, ses lèvres se dessinèrent en une vague de joie.

Peut-être que la joie n'était pas vraiment l'émotion à ressentir ici : L'accident avait dû être rude. Le Chevalier ne perdit pas de temps à chercher la cause, ou même ce qu'avait tenté de faire la nobliaute et ses suivants après l'accident. Il jeta un coup d'oeil à l'homme à sa gauche : Un homme qu'il connaissait déjà depuis plusieurs années. Bohort, il s'appelait. C'était un médecin du champ de bataille : Le mot était gros, l'homme savait juste réparer les membres cassé, recoudre une blessure ouverte, et ouvrir la jugulaire pour euthanasier un brave soldat. Quand la femme lui demanda si ses hommes pratiquaient la magie de soin, Bohort le regarda en coin. Victor répondit simplement.

« Ma Dame, pour vous répondre, non. Mais mon ami Bohort s'y connaît, un peu, en blessure qui « saignent » beaucoup. »

Quant à son pouvoir... Victor ne savait pas si il était clairement utile ici. Bohort pouvait utiliser de la magie, ça, c'était sûr . Mais, l'homme était un obsédé de musique. Par un mélange de télépathie et de manipulation du son, il pouvait transformer la mémoire d'une mélodie mémorisée en son matériel, et tous pouvait entendre une fanfare là où il n'y avait qu'un soldat, un orchestre là où il n'y avait qu'un homme, le clairon d'une charge là où il n'y avait pas un régiment...

« Ne vous inquiétez pas. La magie ne résout pas toujours tout dans ce monde. Nous devons apprendre à nous en affranchir. »

Victor pouvait bien dire ça, mais il était incapable de soigner. Ses mains n'étaient pas fait pour créer. Il était fait d'un acier dur et tranchant, forgé dans les feux de la guerre et trempé dans la sueur de la bataille.

« Et pour répondre à votre première question... »


Il lança un appel télépathique à Earl. L'oiseau ne pouvait pas comprendre le langage humain, mais de simples appels télépathiques suffisait à le faire venir. Au fil des années, Victor avait construit sa connexion avec son aigle, et la « communication » était plus aisée. Le Chevalier leva son bras au même instant où l'aigle déploya ses serres pour atterrir sur le bras gantelé de Victor.

« Je pense que nous tenons notre coupable. Je vais vous rendre votre coiffe, je pense que vous en aurez besoin sous cette pluie, Ma Dame. »

Victor avait eut une bonne impression pour ce bout de femme. Elle n'avait pas réclamé son chapeau dès le départ, et avait fait passé la vie de son conducteur avec son confort immédiat. Elle n'avait pas fait preuve d'un certain mépris envers les autres que certains nobles, Victor avait commencé à avoir cette impression très tôt dans sa formation, quand il a observé Shay parler pour la première fois à son maître. Malgré la pluie, elle restait... régale. Et Victor respectait grandement cela. Alors, il fit quelque chose qu'il n'aurait jamais pensé faire un jour.

Earl était un aigle magnifique, de par ses plumes et sa prestance. Victor admirait toujours, vers la base de son cou, une tâche de plumes blanches-dorées encerclé par des plumes noires. Il y voyait un symbole de sa propre admiration pour le soleil. Mais, alors que le chevalier s'apprêtait à rendre le chapeau, il palpa avec le doigt deux trous fait par les serres de son aigle. Cela n'allait pas. Etait-il juste de rendre à cette femme son chapeau dans ton état ? Alors, Victor dit simplement :

« Mais d'abord... »


Rapidement, pour que l'aigle ne s'en aille pas en protestation, il arracha deux ailes, d'une longueur moyenne, qui se trouvait dans cet endroit au coin du cou. La pluie ne leur faisait pas justice. Alors, il décida d'ajouter sa petite touche personelle : Utilisant sa propre magie de lumière, il instilla dans le bout dorée des plumes un indice d'éclat. Il coinça les plumes dans les trous du chapeau, et sourit comme un enfant à la femme.

Il posa le chapeau sur la tête de la femme aux cheveux bleus pour la protéger de la pluie. Les plumes brillaient d'une légère lueur éphémère. Mais quelque chose était revenu à l'esprit de Victor, et il se figea dans ce mouvement : Sa main resta sur la tête de la femme, déposant le chapeau doucement, gentillement alors que son esprit retors fit resurgir un détail. Quand il avait appelé l'aigle, la femme avait parlé à un homme... Et cet homme lui avait répondu.

Les étapes de la réalisation ont pu se lire sur son visage. D'abord, ses yeux se dilatèrent en surprise. Puis, étonnamment, un léger rouge lui monta aux joues -cela ne lui était pas arrivé depuis qu'il était enfant-. Il retira rapidement sa main, tentant de maîtriser la confusion qui assaillait son esprit.

« Ma... Reine ?! »

Il fit éclater la paume de sa main sur son visage pour exorciser la honte et la confusion.

« Oh par les dieux. Je suis désolé. Je ne vous avais pas reconnu. »

Il n'aurait certainement pas agi comme cela si il avait su qu'il parlait avec la reine de Topaze, son pays natal, la terre qui avait forgé des liens de loyauté si fort autour de son cœur qu'il pensait n'y avoir place pour aucune autre.

Le Chevalier reprit vite le contrôle de lui-même. Il ouvrit la bouche, mais un appel de Bohort le coupa court. Expliquant rapidement la situation, le chirurgien de fortune avait réussi à boucher l'artère percée du cocher, mais qu'il fallait vite trouver de quoi finir le boulot. Il avait déjà demandé aux autres de tenter de faire une litière de fortune : Si ils ne pouvaient pas le porter, il allait falloir le traîner. Les branches et les feuilles de la forêt allait bien faire. Victor regarda sa Reine.

«Vous avez entendu l'homme. Mon camp de base est à quelques minutes de marche d'ici. Cette pluie ne semble pas vouloir s'arrêter, alors je vous propose quelque chose ma Dame : Votre roue ne sera pas réparée de sitôt, et rester sous la pluie ne fera que vous faire tomber malade. Venez avec nous. Je vous donnerai ma tente. Vous y serez au chaud. »


Victor se maudit intérieurement d'avoir laissé un tel désordre dans sa tente. Il allait devoir tout ranger... Par les dieux, cela allait lui prendre tout son temps.
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Jeu 21 Mar 2019, 12:42



-  Effectivement, la magie ne résous pas tout et l'on s'y repose bien trop... De très sages paroles!, conclua-t-elle en souriant.

Depuis qu'elle était arrivée dans la Confrérie et qu'enfin elle pouvait parler de magie, la faire vivre et l'exploiter librement, Dayle avait bien trop oublié les moyens normaux de la vie quotidienne. Pendant un instant, elle se demanda comment son frère Doran faisait pour vivre constamment en retrait de sa magie... Non, elle se leurrait. Elle le savait très bien. Pour y avoir déjà vécu et pour avoir déjà entendu le témoignage de ce dernier concernant les tensions sur son accession au trône. La jeune Reine n'osait clairement pas imaginer si son oncle avait désigné son frère plutôt qu'elle au trône de Topaze.

L'homme enchaîna sur une rhétorique de sa première question... Pendant un long moment, elle se demanda quelle avait été sa première question... Il s'était passé bien trop de choses pour qu'elle se souvienne avec exactitude de toutes les requêtes qu'elle avait formulé jusque là. Oh, il parlait de son chapeau! Le regard de la jeune fille s'écarquilla en voyant l'animal atterrir sur son bras. Ses serres étaient impressionnantes et tellement grosses en rapport au bras, pourtant musclé, de l'homme. Elle se recula légèrement, bien trop impressionnée par la prestance de l'animal bien qu'elle ne put s'empêcher de continuer de l'admirer. Elle reporta son attention sur l'homme de nouveau lorsqu'il bougea pour lui tendre sa coiffe. En avoir besoin sous cette pluie? Elle était déjà trempée jusqu'aux os et sa longue natte qui pendait dans son dos commençait à devenir vraiment lourde sous le poids de l'eau, ses cheveux lui arrivant en dessous des fesses...

-  Ce n'est pa...

Elle s'avança de nouveau légèrement afin de récupérer sa coiffe, ne s'inquiétant plus de son cavalier entre de bonnes mains, et afficha un air surprit lorsqu'il ravisa son geste. Elle ne termina même pas sa phrase afin de lui dire que peu importait vu que la pluie avait déjà eu raison d'elle au final. Ce fut dans un silence plutôt inhabituel qu'elle l'observa faire, détachant des plumes du flan de l'animal. Mais ce ne fut pas le plus surprenant!

-  C'est magnifique!!

Son regard suivit avec attention le trajet de sa coiffe, restant bloqué sur les plumes lumineuses, jusqu'à ce qu'elle rejoigne sa tête. À cet instant, les plumes loin de son champ de vision, elle prit le temps pour la première fois de regarder le Chevalier dans les yeux. Ce silence échangé fut long et intriguant, mais quelque chose se déroula sur son visage qu'elle ne sut expliqué. Bien que la présence de ses mains sur sa tête commençaient à peser bien trop lourd suivant les standards d'intimité qu'on lui avait inculqué. Il se recula finalement assez abruptement, manquant de la faire sursauter. Il venait de... Réaliser?
L'air surprit de la jeune femme se changea rapidement en sourire amusé. Elle était pourtant sûre que son visage était connu de toute la Confrérie... Une Reine de petite taille et aux très longs cheveux bleus... Elle était tout de même assez unique dans son genre depuis que sa mère n'était plus. Finalement elle le suivit, portant le dos de sa main à sa bouche pour cacher un léger rire face à la situation.

-  Merci pour le chapeau Messire, et je vous pardonne. La pluie ne me donne clairement pas le plus beaux des portraits actuellement.

Elle réajusta finalement sa coiffe sur sa tête et vint porter ses deux mains sur le côté de son visage. L'énergie qui s'en dégagea attira jusqu'à ses mains les gouttelettes d'eau, séchant partiellement ses cheveux afin de les rendre moins lourds. Alors qu'elle allait entrouvrir la bouche pour recommencer à parler elle aussi, l'ami du Chevalier revint pour lui donner son rapport. La jeune Reine se retourna derechef dans leur direction, observant le pauvre homme souffrant.

- Je vous serai gré d'accepter mes sincères remerciements! Le château est encore si loin et la nuit tombe... Nous n'irons pas loin avec deux chevaux pour le nombre que nous sommes, non plus. .

Regardant les hommes qui l'accompagnait dans son voyage, elle leur adressa un sourire, avant d'ajouter :

- Reposons-nous ce soir, je ferai quérir de l'aide pour notre transport dès demain. Theobald en a besoin avec une telle blessure.. Elle se tourna alors vers l'homme, lui souriant gracieusement aussi : Messire, je ne connais même pas votre nom! Ou du moins, je l’eus ouïe il y a fort longtemps dans l'Ordre de Jade, je m'en excuse.

Les hommes s'activèrent finalement pour ramasser les affaires afin de libérer le carrosse et déposèrent le tout sur les chevaux. Il ne serait plus qu'à savoir quoi faire de leur cocher, Theobald. Le carrosse attendrait quelques jours. Une chance que Sir Victor était arrivé avec deux autres guerriers, la carrure des hommes l'accompagnant n'allait pas vraiment pouvoir aider le pauvre homme à terre.

Dayle observa les alentours afin d'être certain de n'omettre aucun détail ou de ne rien oublier d'important. Elle rejoint finalement le groupe d'hommes sur le chemin en terre, retenant sa robe avec l'une de ses mains pour éviter de s'enfarger dedans pour de bon. Elle regrettait parfois tant cette époque libératrice ou elle connut la joie des tenues d'écuyers et d'entraînements. Les pantalons étaient tellement plus agréables pour bouger.

-  Pensez-vous à une solution pour le transport sécuritaire de mon cocher? Nous pouvons utiliser les chevaux pour nous aider... Ou prendre l'une des toiles dans le carrosse... Ou même en utiliser le bois. Ce n'est qu'un carrosse après tout. La vie d'un homme est bien plus importante que cela! Ou bien nous pourrions donner un coup de pouce magiquement... Je maitrise relativement bien la lévitation... Cela pourrait peut-être vous aider à le transporter par vos bras? Cela resterait tout de même dangereux... Si je venais à perdre le contrôle... Vous risqueriez de vous blesser aussi à cause du choc. Non, oublions cette idée! Nous pourrions peut-être...

La jeune Reine parti loin dans ses idées, cherchant LA meilleure solution pour transporter tout le monde de manière sécuritaire, si bien qu'elle ne regardait même plus autour d'elle, perdue dans l'océan infernal de ses pensées.

Victor
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Mar 11 Juin 2019, 18:50



Une promenade qui tombe à l'eau


Bien que la situation actuelle n'y était pas vraiment adapté, Victor ne pouvait pas s'empêcher de sourire. Ses joues mouillées de la pluie s'étirèrent pendant quelques instants, et même si il s'était ridiculisé devant ses hommes et les suivants de sa Reine... Il souriait. Ces instants de joie étaient devenus rare ces derniers temps, alors que le Royaume accueillait l'un des hommes aussi proche du serpent qu'une salamandre sur son trône. Victor secoua la tête. Il ne voulait pas penser à lui maintenant. Il devait toujours se rendre au château pour discuter, et jauger sa capacité à devenir dirigeant. Il n'aimait pas ça.

Étrangement, son sourire ne fut pas exorcisé par ces pensées sombres. La réaction de la reine avait été si... authentique, si agréable qu'elle avait laissé une impression restante sur le Chevalier. Etait-ce donc ça le pouvoir du charisme d'une reine ? Victor était fils d'un petit noble de Topaze, mais il n'avait jamais rencontré un membre de la royauté. Son passé, son présent et son futur se trouvait ici. Dans la boue et la pluie. Dans les feux de la guerre, sur l'enclume du combat.

Victor rit de bon cœur à la remarque que Dayle venait de faire sur le portrait que la pluie lui donnait. Il était vrai qu'elle était dans un état déplorable. Ses longs cheveux bleus, disposés dans une longue natte qui descendait jusque vers sa taille, étaient trempées jusqu'à la racine. La fabrique de sa robe, couleur de l'onde comme ses cheveux, laissait deviner -sans aucune vulgarité, comme une reine se doit de l'être-, la forme de son corps, l'eau faisant coller le tissu à la peau. Mais en l'examinant, le Chevalier se dit qu'il ne devait pas être dans un meilleur état. Après qu'Earl, son aigle, eu débarqué dans sa tente avec la coiffe de Dayle, il s'était dépêché d'aller examiner la route. Il n'avait pas pris sa cape, et s'était offert à la morsure froide des gouttes de pluies. Quand il bougeait sa tête, des petits ruisseaux d'eau de pluie tombait avec célérité de son cuir chevelu, aggravant le tout.

Mais il avait l'habitude. Sa magie ne lui permettait pas de se sécher avec efficacité, et l'eau ne le dérangeait pas vraiment. Il voulait juste éviter de tomber malade. Après avoir rit, il dit à sa reine :

« Je remercie les Dieux, mais aussi et surtout votre bonté, que vous poussiez trouver la force de me pardonner. C'est de ma faute, vraiment. Même à travers ce déluge, j'aurais dû reconnaître la beauté et la prestance qu'exhalait la reine de Topaze. Ma reine. Nulle pluie ni blizzard ne pourrait changer cela, et- »


Pendant qu'il parlait, Dayle avait remis sa coiffe sur sa tête, et avait positionné ses mains sur son visage. En une seule impulsion de magie, l'eau qui alourdissait sa natte fut chassée avec grâce. Ses cheveux retrouvèrent du volume, et de l'individualité. L’œil entraîné pouvait maintenant distinguer les mèches, et même quelques cheveux rebelles. L'eau n'avait pas entièrement disparue en revanche. Le visage de Dayle restait enrobé d'une fine couche d'eau, et la réflexion de la faible luminosité ambiante embellissait son visage bien mieux que n'importe quelle maquillage. Tout ce que Victor avait dit dans ses dernières paroles étaient vraie : Il le pensait sincèrement. Le Chevalier n'était pas un vulgaire courtisan de la cour royale, mais il croyait que dire la Vérité était une bonne chose. Dayle était une reine d'une beauté phénoménale. Elle était faite du bois des Légendes, celles narrées dans les livres et les pièces de théâtre. Celles que Victor avait admirées toute sa vie.

«...et je... Euh... Je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre de tirade, vous savez ? Je ne suis pas un courtisan. »

Il avait réussi à terminer sa phrase sans s'attirer plus d'embarras. Son esprit avait souhaité lui apporter trop d'informations à la fois, et cela n'allait pas du tout. Il aimait parler, il aimait faire de longues tirades, c'était peut-être même l'une de ses qualitées les plus prédominantes. Mais là... Il n'avait su comment continuer. Deviendrait-il malade ? Il aurait au moins dû apporter une cape. Ne serait-ce que pour l'offrir à sa reine. Ne serait-ce que pour la protéger de la morsure de la pluie. Il maudit sa propre impatience et son idiotie. Et pendant ce temps, Dayle s'était retournée et le remerciait tout en examinant son cocher.

Les gens de la reine commençait à s'activer, et rapidement les chevaux de traits furent chargés des affaires de la reine. Le camp de Victor allait les voir arriver comme un cheveu sur la soupe. Par le plus grand des hasards, il avait réussit à trouver la reine qui, par le plus grand des hasard, était accidenté sur une route qui, par le plus grand des hasard, se trouvait à côté de lui ! Etait-ce le destin ? Cette succession de coïncidence semblaient impossible. Mais si cela lui a permis d'être témoin du sourire de Dayle, si cela lui a permis de lui rendre service à elle, et par extension à sa patrie...

Alors ce n'était pas plus mal.

Pendant ce temps, Bohort s'occupait du cocher. Celui-ci ne semblait pas trop mal touché, enfin, c'était en comparant les blessures que l'on voyait habituellement à la guerre. L'os de sa jambe a du se briser, et les éclats d'os ont du déchiqueter quelques muscles. L'homme ne pourra pas marcher pendant un bout de temps, et sa blessure risque de s'infecter si rien n'est fait rapidement. Mais heureusement, il avait un camp de soldats rodé à la douleur et la mort à quelques minutes de marche d'ici. Déjà, l'autre soldat qui avait accompagné Victor avait coupé quelques branches avec son arme pour improviser un brancard. Il n'y avait plus qu'à y installer l'homme, et ils pourraient tous se mettre à l'abri et profiter d'une bonne verveine. Victor se retourna vers la calèche renversé pour y prévenir Dayle.

Mais par tous les dieux, où était-elle passé ? D'un coup d'oeil rapide, le Chevalier la vit parler à tout le monde et à personne à la fois, sur un chemin boueux. Elle ne semblait pas faire attention à où elle posait ses pieds. Il lui fit signe, mais cela ne servit à rien. Elle était entièrement perdue dans ses pensées, et énumérait toutes les possibilités pour transporter son cocher. Son débit de paroles était impressionnant. Pour Victor, cela lui rappelait fortement quelqu'un. Il savait que si Basch était là, il lui ferait la remarque.

Elle parlait presque autant que lui.

Enfin pour l'instant, un seul destin attendait sa reine : Comme si le temps s'étirait, Victor pouvait apercevoir le pied de Dayle s'approcher d'une flaque d'eau qui semblait profonde. Il ne savait pas comment lui dire sans apparaître... Autoritaire. Comment était-il censé se comporter avec cette femme ? C'était une énigme. Mais le temps se diminuait peu à peu, et l'hésitation de Victor lui coûta. Il cria pour attirer l'attention de sa reine :

« Dayle, attention ! »

Trop tard. Le pied de Dayle s'enfonça dans la boue et l'eau sale, et aspergea le bas de la robe, finissant d'en salir la fabrique. Ses vêtements ressemblait maintenant à ceux d'un enfant qui aurait trop joué dehors. Le sourire de Victor ne l'avait pas quitté, et il dit à sa reine :

« Venez donc, et cessez de ruminer. Bohort a déjà trouvé un moyen de faire un brancard. Votre cocher est entre de bonne mains, mais maintenant nous devons nous concentrer sur l'idée de vous abriter, ma dame. »


Il fit signe à sa reine de le suivre, et il l'accompagna vers l'endroit où il avait planté son campement. Il fallait malheureusement quitter la route pour un temps. Les chevaux mettait trop de temps à tenter d'escalader entre les arbres, alors Victor proposa à sa reine :

« Ma dame, je vous propose que nous partions en avance. Bohort s'occupera de faire suivre vos effets et vos gens. Je refuse de vous laisser sous ce temps horrible une seconde de plus que ce qui est nécessaire. »


Il lui prit la main pour la faire grimper sur le côté du chemin, et la guida vers la petite clairière où lui et ses hommes avait établi son camp. L'endroit en lui-même était simple : Un petit lac de tente, dispatchées en cercles autour d'un grand feu central, éteint depuis longtemps. Les soldats et officiers étaient cantonnés dans leur tente, et personne n'était là pour les accueillir hors les quelques sentinelles qui s'approchèrent. Victor, guidant sa reine vers sa tente, en profitant pour les avertir, et leur ordonner de faire de l'espace pour les gens de Dayle.

Ils arrivèrent vers la tente la plus grande de l'endroit, qui semblait bien être celle de Victor. De la fumée s'échappait d'un trou au milieu de la fabrique, ce qui semblait impossible vu le temps. Il souleva un pan de la toile de tente pour laisser entrer sa reine, et la suivit à l'intérieur.

Puis il jura en voyant le capharnaüm qu'était son espace vital. De tout côtés, des cartes annotées de la Confrérie, de l'Alliance et même des territoires occupées par l'Empire était tendu pour l'étude. Un lit, dont la couette semblait roulée en boule, occupait le côté gauche. Au centre brûlait un feu qui diffusait une chaleur divinement confortable après la douche qu'ils venaient de subir. La fumée s'échappait par le trou dans la tente, la diffraction de la lumière permettant de déceler la silhouette d'un bouclier magique empêchant l'eau de s'engouffrer dans la cheminée.

Là où il n'y avait pas des cartes, il y avait des livres. Beaucoup de livres. Livres d'histoire, des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre... Victor aimait lire. Mais cela n'était pas important. Il commença à se hâter, et se mit à enrouler l'une des cartes pour la ranger.

« Milles excuses, ma dame. Je ne pensais pas vraiment devoir prêter ma tente à quelqu'un aujourd'hui. Je vais devoir ranger tout ce bazar. Je vous en prie, réchauffez vous auprès du feu. Les autres tente n'ont pas ce comfort. »

Très vite, il rangea une carte, puis une autre, avant de jeter un coup d'oeil sur sa table de lecture. Il y avait un livre sur cette table. Un marque-page rouge marquait le fait qu'il était en train de le lire. En lettres d'or, on pouvait en lire le titre :

« Contes et Légendes de Luciana d'Opale : Tome IX « La chaleur de l'amour fait pâlir les flammes de la vengeance » »

Oh, Parandar. Il ne voulait pas vraiment que la reine voit qu'il lisait ce genre de miévreries. Luciana d'Opale était tristement célèbre pour ses contes à l'eau de rose, atrocement nanardesque, qui narrait de nombreuses héroïnes guerrières et leur épopées amoureuses. Ces contes étaient vieux, mais ils ont décuplés en popularité depuis qu'Opale et Topaze se sont séparés. Depuis, ils étaient souvent associés avec une certaine propagande opalienne, qui s'en servait pour mettre en avant ses idéaux concernant les femmes, ce qui était un sujet pointilleux à Topaze. Mais outre les effets politiques, Victor appréciait surtout une bonne histoire.

Et il ne pouvait pas nier adorer le style d'écriture de Luciana.

Mais il devait cacher le livre. Il devait le ranger quelque part, et tout cela sans perdre sa page. Il jeta un regard en coin à Dayle : Comment le faire sans attirer son attention ?
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Jeu 04 Juil 2019, 18:52


Malgré la pluie et la situation, la jeune Reine trouva cette rencontre fort amusante. Le serait-elle moins de l'avis de son cocher... Mais jamais elle ne pavanerait à dire ce genres de choses devant sa souffrance. Ou devant quiconque, à vrai dire. Le moment ou le Chevalier se retrouva sans mot lui arracha un léger rire qu'elle cacha derrière le dos de sa main.

- Vous devriez peut-être y songer... Vous avez du talent!, le gracia-t-elle d'une révérence de la tête pour le remercier de tous ces compliments.

Elle l'observa pendant quelques instants, il avait tout de même fière allure et un visage qui devait certainement faire tourner la tête de beaucoup de nobles. Sans compter de son statut dans l'Ordre de Jade... Pourtant, quelque chose au fond d'elle avait envie de le croire quand il avançait ne point être accoûtumés à ce genres de choses. De cette pensée naquit un léger rougissement de ses joues, les compliments étaient clairement son point faible.

Alors qu'elle se retrouvait totalement perdue dans ses spéculations, Dayle fit abstraction du monde qui l'entourait. Son esprit tournait à vive allure, cherchant toutes les solutions à portée de main et surtout celles réalisables dans leurs maigres moyens. Pour elle, rien ne devait être laissé au hasard. La vie était une partie d'échec ou de sa position de Reine, elle se devait de calculer tous les chemins afin de préparer les coups de l'adversité. Sa concentration était-elle que son corps se mit à marcher par automatisme, cherchant à changer de position, de vision et de point de vue afin de trouver les meilleures idées. Un cri lointain la réveilla de sa méditation et tandis qu'elle redressait son regard interloqué vers le Chevalier qui avait prononcé son nom, elle se sentit poussée vers l'avant par une force inconnue, puis stoppée dans le même élan.
Dayle resta coit pendant quelques secondes, reprenant les reines de la réalité. Son regard ambré roula jusqu'au sol ou son pieds s'était enlisé dans une sorte de glaise molle, la retenant avec force. Elle ouvrit la bouche, tandis qu'un million d'injures traversèrent son esprit. Elle reprit consistance en expirant longuement, les yeux fermés, puis tendis ses deux mains vers le sol. Concentrant sa magie, elle extirpa l'eau prise sur son pieds et l'envoya plus loin comme une vague. Son pieds désormais en vision, elle put le tourner de droite à gauche afin de l'extirper de la glaise molle et collante, perdant ainsi sa chaussure. Bien, cette journée ne pouvait être mieux ainsi ! Elle s'accroupit un instant, relevant sa robe inutilement puisque déjà salie et récupéra son soulier qu'elle examina avec dégout. Tenant l'objet sur bout de son pouce et son index, elle se redressa et le déposa finalement à côté d'elle pour l'abandonner. Elle préférait milles mois marcher sur l'herbe mouillée et les pierres plutôt que d'enfiler un soulier dont elle ne distinguait plus l'avant de l'arrière. Son regard roula de nouveau sur Victor qui lui somma de venir le rejoindre. Elle s'approcha, écoutant sa proposition.

- Vous remercierai milles fois vos hommes, et vous, pour la précieuse aide que vous nous apportez ! Sachez que je saurai vous récompenser pour un tel acte.

Elle lui sourit, laissant paraître sa reconnaissance dans cette situation presque critique. Au moins, elle avait une belle décoration sur son chapeau !

- Si vous me dites que tout le monde est en sécurité, je peux bien me retirer avec vous. Et ne vous inquiétez pas pour les effets, il n'y a pas grand chose si ce n'est quelques notes dans cette cariole ! Vous vous fatigueriez en vain.

Elle s'avança jusqu'à lui, attrapant sa main afin de passer outre la butte de terre. Ses yeux se posèrent quelques instants sur la main tendue, roulant par la suite jusqu'au visage du Chevalier. Elle avait de si petite main à côté de lui qui faisait si homme... Cette constatation créa une étrange sensation dans sa poitrine. Elle se rendit compte d'à quel point elle n'avait plus été à proximité d'hommes depuis bien longtemps. Les mains de Doran avaient toujours été plus grandes que les siennes, mais elle n'avait jamais eu pourtant ce constat. Peut-être ne l'avait-elle pas assez revu depuis son ascencion au trône pour se rendre compte de cela... Elle n'avait pas non plus fait attention aux mains de Shay, se gardant dans un coin de l'esprit d'analyser les différentes formes de mains des hommes qu'elle côtoyait. Une fois arrivée à sa hauteur, il lui indiqua comment se placer afin de se tenir à lui pour soulager son pied sans chaussure. Sa main sur son épaule laissa une morsure chaude qu'elle apprécia étrangement, même si leur cortège semblait plus ridicule qu'autre chose. Elle eut du mal à trouver un rythme adéquat, sautillant pourtant presque comme dans les danses Topaziennes, lui arrachant plusieurs rires pour cacher la honte de presque tomber tous les deux mètres. Ou peut-être était-ce la gêne d'une soudaine proximité...? Elle avait l'impression d'être si minuscule, à côté...

Quant ils arrivèrent enfin dans la tente, Dayle soupira de soulagement, adressant un merci à Victor pour l'avoir littéralement traînée jusqu'ici. Son regard, toujours bien trop curieux, scruta l'intérieur de la tente. L'ambiance ressemblait aux quelques campements qu'elle avait pu visiter aux côtés de Nesiris lors de leurs visites aux bases des soldats dans les différentes régences. Peut-être avec bien moins de livres, néanmoins. Elle s'approcha de la table, observant les différentes cartes, impressionnée. Elle fit un tour sur elle-même, observant l'autre côté de l'habitacle.

- Vous excusez de la sorte ? Voyons, je vous dérange à l'improviste en plein milieu de votre travail... Cela est bien plus rassurant de pouvoir constater que cet endroit vit ! Et croyez-le, venez me déranger quand vous le voudrez lorsque je travaille, mon établit ressemblera à s'y méprendre au votre ! Ou peut-être même pire... Mes tables sont plus grandes...

Un rire s'échappa d'entre ses lèvres. Elle était même sûrement bien moins organisée que cela et possédait bien plus d'espace de travail qu'ici même. Dayle était du genre à s'étaler partout en partant dans tous les sens lorsqu'elle travaillait ou analysait quelque chose. Il était d'ailleurs difficile de la suivre bien souvent lorsqu'elle expliquait ses idées. Organiser quelque chose sans partir sur milles faits lui demandait une discipline qu'elle ne possédait guère.

Lors de son tour du propriétaire, son regard lorgna un peu plus sur la table de lecture. Il aimait donc les livres ? Voyant sa passion supposément partagée, elle s'avança pour observer la couverture de celui posé sur la table.

- Oh! Les contes de Luciana!

Elle se tourna derechef vers lui, le regard pétillant.

- Avez-vous lu les premiers tomes? Je trouve cette écrivaine pleine de talent ! Ses histoires remplies d'aventures sont tellement inspirantes ! Je me souviens de la première fois que j'ai découvert ses univers... Ma mère semblait les aimer beaucoup, elle avait en sa possession la collection complète ! J'adorais particulièrement l'histoire de Pénélope, sa force et sa bravoure m'ont tellement inspiré ! C'est aussi cela qui m'a particulièrement donné envie de pouvoir me battre par mes propres moyens, après tout il faut bien savoir se défendre en cas de coups durs ! Cela vaut autant pour le mental que le physique. Pour être équilibré, il faut savoir se maintenir sur tous les tableaux. Cela rend ses intrigues tellement poignantes ! Un mélange parfait entre la finesse et la délicatesse d'une écriture travaillée et des personnages tout en puissance et quel que soit leur stature ou leur naissance.

Il y a aussi tous ces moments qui nous tiennent en haleine ! Ils sont si nombreux. Je me demande vraiment comment cette artiste trouve toutes ces merveilleuses idées... Peut-être voyage-t-elle dans les différentes contrée et qu'elle s'abreuve des savoirs, légendres et vécus de nombreuses personne ? Quoi qu'il en soit, c'est une merveille !


Non, Dayle n'était même pas éssouflée de sa tirade. Elle en avait même totalement oublié la pluie, la boue, le froid et l'absence de chaussures... Elle pouvait enfin parler de Luciana à quelqu'un ! Son excitation était d'ailleurs sûrement trop palpable au vu de l'expression ravie qu'elle affichait.

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Jeu 04 Juil 2019, 20:37



Une promenade qui tombe à l'eau


L'esprit de Victor bouillonnait d'hypothèse. Dayle continuait à parler, et s'approchait peu à peu du livre. Mais si il lui coupait le chemin pour tenter de le cacher, elle s'en intéresserait. La psychologie inversée était la chose la plus dangereuse au monde, car intentionnellement ou non... Elle revenait le pousser dans des situations embarassantes.

Ses grosses mains agrippèrent une carte qui était proche du maudit bouquin. D'un mouvement expert, il l'enroula sur elle même pour faire de la place. Petit à petit, la tente semblait avoir doublé de taille. La faible lumière tamisée par la pluie incessante passait à travers le trou dans le toit de la tente, protégé par le bouclier magique. Le bruit des gouttes qui tombait rendait le tout assez... Idyllique. Comme si la scène sortait d'un livre. Tentant de tout faire à la fois, Victor décida que pour gagner du temps, il devait capitaliser sur son plus grand atout. La parole.

« On m'a toujours enseigné à s'excuser pour son propre bazar. Cet tente est sensé être mon centre tactique et j'étais occupé à les annoter pour déterminer les terrains les plus favorables. Au cas-où, vous voyez. Aux chevaliers de jades, on devait tout faire dans l'ordre. J'imagine avoir un peu perdu cette habitude.

Mais il semblerait que nous ayons des méthodes de travail similaire. Même si je dois avouer que avoir une table plus grande serait bénéficiaire. Mes mains sont trop grosses, je renverse la moitiée de mes affaires à chaque fois et- et. Et. »

Il murmura dans sa barbe alors que Dayle s'approchait du livre.

« Oh Parandar. »


Il n'avait pas gagné assez de temps. Pire encore, le fait de lui avoir parlé avait stoppé toutes idées dans son esprit. Pourquoi n'arrivait-il pas à penser à autre chose quand il lui parlait ? Etait-ce ça, le charisme de la royauté ? Concentration. Il fallait qu'il se concentre, qu'il trouve une excuse. Dayle venait de se baisser, et de lire le titre à voix haute. Un éclair d'embarassement se diffusa instantanément dans Victor. Ce n'était pas prévu. Elle n'aurait pas du voir ça. Il fallait qu'il dise quelque chose

« Euh, écoutez, je ne sais pas- »


Avant même qu'il ne puisse formuler un argument cohérent, elle s'était retournée avec une vivacité inoui, et le fixait avec son regard doré. Une nouvelle fois, les paroles de Victor moururent dans sa gorge, et il plongea dans cet océan de miel qui semblait si dénué de... De jugement ? Non, à l'inverse, les eaux pétillaient d'excitation et d'intérêt. Par tout les dieux, serait-elle... ? En vingt-deux années d'existence, Victor n'avait jamais rencontré quelqu'un qui appréciait les œuvres de Luciana d'Opale. Beaucoup la connaissaient, mais tous jugeait ces œuvres simplistes, ou pire. Niaises.

Mais si le flot de paroles de Dayle n'étaient pas qu'un tissus de mensonges, ce que Victor doutait fortement vu le débit impressionnant, alors... Elle appréciait Luciana ?! Le sourire de Dayle fut instantanément communiqué au visage de Victor, et toute gêne, toute honte fut éradiqué avec la plus grande préjudice. Car, en ce moment précieux et si rare, Victor le chevalier sérieux, arme forgée pour ôter la vie sur le champ de bataille, laissa place à un petit être qu'il avait gardé au plus profond de lui.

Le Victor qui avait survécu aux entraînements, au sang versé, aux morts, aux espoirs détruits, celui qui renfermait les passions d'un enfant, les idées d'un adolescents, et la force mentale d'un homme ressurgit. L'adrénaline qu'il ressentait avant les combats ne pouvait pas être comparé à la force de la passion qui l'animait maintenant. Car Dayle venait de trébucher dans son sujet préféré.

La Littérature.

Toute retenue, ainsi que le fait que lui et elle soit mouillés jusqu'aux os et qu'ils devraient se changer, fut oublié. Sans réfléchir, il prit les deux mains de Dayle entre les siennes pour les serrer en face de leur visage à deux. Il était étrange de ressentir ses paumes encercler totalement les petites mains de Dayle. Il espérait que les cals et la corne de sa paume n'agressent pas la peau définitivement trop douce des mains de Dayle, mais ce qui était fait était fait.

« Vraiment ?! Vous pensez cela ? Mais... Mais c'est tout simplement merveilleux ! Je suis tellement heureux d'entendre enfin ces paroles. J'ai commencé à lire Luciana d'Opale alors que je n'étais qu'un enfant plein de rêves, et lire ces livres m'as juste... Woah. Désolé, je n'arrive même pas à vraiment emmagasiner le fait que vous la connaissiez, et que EN PLUS vous aimiez ses œuvres. »

Il serra un peu plus les mains de Dayle, sans se rendre compte qu'il pourrait potentiellement lui faire mal.

« Je suis totalement d'accord avec vous pour Pénélope ! Sa force de décision, ainsi que la force de son bras m'ont appris de valeureuses leçons. Je dois avouer préférer quand même les Chroniques de Léah de Cottreaux, la Chevalière de son droit. Le fait qu'elle ait décidé de se rebeller contre l'ordre qui lui était imposé afin de suivre ses rêves et de devenir la chevalière la plus puissante du pays... Je trouve cela juste... Renversant. Et puis, oh mon dieu, Pénélope est juste excellente pour écrire les triangles amoureux. Au départ, j'étais totalement pour que Léah finisse avec Guillaume, mais après ce qu'il lui avait fait... Non, à la fin, je voulais tellement que Garagorn le roi de Nanardie,lachoisisse au delà de cette peste de Tullia. Cette femme était un poison pour le royaume,  et j'étais convaincu que Luciana ne l'avait écrite uniquement pour que son publique la déteste. Et puis, Léah et ses yeux dorés allait tout simplement merveilleusement avec Garagorn, vous ne trouviez pas ?

D'ailleurs, vous saviez qu'il existe un tome où l'univers de Pénélope se retrouve projeté dans une espèce de... futur extrêmement étrange où les chevaux sont coincés dans des petites boîtes qui avancent toute seule, l'eau coule des murs, et pas seulement, de l'eau qui se chauffe TOUTE seule tombe des murs pour que les hommes puissent se laver... C'est tout simplement ahurissant. Comment Luciana a-t-elle pu inventer ce genre de choses ? Sa créativité est sans limites. Et- et. Euh.

Je parle beaucoup trop. Et je dois vous faire mal, oh mon dieu. »


Avec empressement, il lâcha les mains de Dayle et se glissa une main dans ses cheveux. Avant de se rappeler que ses cheveux étaient aussi mouillés que le Lac Toze, et qu'une petite rivière de gouttelettes vinrent s'écraser dans son dos, et finirent de tremper l'un des derniers endroit secs de son haut. Ils allaient finir par tomber malade, surtout dans ce genre d'atmosphère. Et il devait avouer que ce haut trempé moulait son corps bien plus qu'il ne le voudrait.

« J'adorerais continuer cette discussion, mais ce serait plus agréable de le faire sec. Alors... Euhm. Si vous vouliez bien vous retourner quelques minutes ? Ma tente n'est pas l'endroit le plus cloisonné au monde, et j'apprécierais le fait de porter un haut sec rapidement. Attendez quelques secondes, je reviens. »

Il se glissa derrière le dos de sa reine, et fouilla à travers une pile de vêtements bien empilés. Il prit un haut au hasard, ils se ressemblaient un peu tous de toute façon. Victor n'était pas vraiment le genre de gens à aimer la mode. Il leva les bras pour commencer à retirer son haut et...

Un déchirement sonore annonça la fin de la fabrique qui avait déjà sévèrement rempli son travail, et qui venait de céder sous le poids de l'eau, et l'empressement de Victor à se changer pour ne pas embarrasser Dayle. Surpris, et coupé dans son élan, il jura sans retenue :

« Merde. Encore un autre qui mords la poussière. »


Il se dépêcha, et enfila le haut sec. Mais il n'avait pas compté sur le fait que son corps était lui-même mouillé, et une large tâche humide se propagea sur la fabrique sèche. Etrangement, Victor ne le remarqua pas. Quelque chose d'autre occupait son esprit, sûrement ?

« Mais j'y pensais, ma reine. Vous ne pouvez pas garder ces vêtements humides, car même face aux feu, cela ne suffira pas pour vous sêcher. Il n'y a malheureusement pas de femmes dans ce camps, l'armée serait une affaire d'hommes, et vos gens risquent de mettre du temps à venir avec vos affaires. »

Il toussota.

« Ahem. Vous pouvez faire le choix de les attendre, mais sachez que ma garde robe est à ma disposition. J'ai cru comprendre que vous avait participé à la formation des chevaliers de Jade, et là bas, toutes les femmes portent un pantalon et un haut similaire. Peut-être que vous pourriez vous accorder un peu de nostalgie ? »

Il proposait cela pour la remercier de l'avoir replongé dans sa propre nostalgie de l'enfance. Dans le pire des cas, elle déclinerait poliment. Ce qui serait sûrement la réponse logique. Plus le temps passé, plus Victor se demandait pourquoi il lui avait proposé ça.

Qu'est ce qu'il lui passait par la tête, en ce moment ?
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Jeu 04 Juil 2019, 23:40



Un sursaut s'éprit du corps de la jeune femme lorsqu'elle senti son entrain soudainement partagé. Elle papillonna du regard quelques instants, s'attendant à tout sauf à un tel rapprochement. Ses yeux roulèrent jusqu'aux mains de Victor, sa chaleur contrastant vivement avec la froideur de ses mains, très vite réchauffées. Son attention remonta jusqu'à l'homme, se rebranchant à son discourd certainement intéressant !

- Ce sentiment est partagé Ser Victor ! Je ne m'attendais pas à revoir cet ouvrage en ces temps... Plus personne ne semble en parler alors qu'il lui arrive encore de publier quelques oeuvres ! Peut-être que la nouvelle génération n'y accroche pas? Enfin, je ne suis pas très vieille non plus... Mais je trouve cela dommage, pas vous ?

Elle sourit, brassée par la nostalgie. Ces histoires étaient après tout une grande partie de son enfance. Elle se plaisait tant de fois à rêvasser à ces univers, le regard perdu dans les étoiles ou la lune. La noirceur la laissait toujours aller à milles rêveries dont elle se plaisait parfois être l'héroïne. Sa proximité lui était étrange, car non déplaisante, malgré le fait qu'elle ne le connaissait que depuis peu. Elle mit cela sur le compte qu'elle n'avait pas l'habitude d'une telle proximité avec la gente masculine en dehors de son frère.

- Oh la la... Je me tanne ben trop peu de vous entendre dire tout ça ! Léah était mon modèle, il y a de cela quelques années ! Je m'identifiais à elle justement pour ses yeux dorés !, fit-elle en riant face à cette révélation. Par pitié... N'en parlez à personne, c'est la première fois que je l'avoue !

J'ai ouïe dire que de telles oeuvres existaient ! Je n'ai malheureusement pas pu m'en quérir encore... Les aléas de la vie ne m'ont pas permis grande lecture personnelle depuis quelques années. Mais je compte bien me rattraper ! De l'eau qui coule depuis les murs ?! C'est incensé ! C'est grandiose, même ! Et Tullia avait un côté torturé très intéressant malgré tout... Cette dualité qui la tiraillait faisait d'elle un excellent antagoniste ! Un antagoniste qui, de sa propre vision du monde, est persuadé de faire le bien !

La seule chose qui m'a laissé perplexe est la métaphore sur le dauphin ailé... Ou peut-être est-ce car je n'arrive décemment pas à imaginer cet animal !


Elle se mit à rire face à l'image saugrenue qui lui venait en tête dès lors qu'elle tentait d'imaginer la bête en question. Lorsqu'il se recula, lâchant ses mains, elle senti de nouveau cette étrange morsure de chaleur rester dans la paume de ses mains...

- Je vous pardonne, nous nous sommes laissés emporté tous les deux ! Ou du moins, transporter !, fit-elle dans un sourire affichant la fierté de sa joute.

Continuer cette conversation au sec ? La réalité revint soudainement la frapper. Son corps entier était aussi froid que le marbre, collé d'humidité avec ses vêtements. Ses bras se levèrent délicatement pour retirer finalement son chapeau, le déposant sur l'espace libre de la table. Se changer serait effectivement plus agréable. Son regard roula jusqu'au pan de sa robe... Elle était certainement fichue. Et l'eau qui s'en était imprégné était bien trop pesante. Dayle se retourna à la demande de l'homme, cherchant à retirer ce qu'elle pouvait d'eau par petites poignées, ne voulant pas en mettre partout. Elle dirigea les petites sphères jusqu'à l'extérieur. Si elle continuait ainsi elle en aurait encore jusqu'à demain. Et dans tous les cas, elle restait couverte de boue.

- Merde. Encore un autre qui mords la poussière.

Dayle se retourna, ouvrant la bouche pour répondre, pensant qu'il s'adressait peut-être à elle. Aurait-il seulement lancé une injure pour s'adresser à elle ? Elle aurait pu s'en offusquer si son regard n'était pas tombé sur le torse nu de Victor, bataillant avec son nouveau chandail. Derechef, elle reprit sa position initiale, son visage virant complètement au rouge. Bon sang... Ce qu'elle venait de faire était clairement impoli. Et elle n'avait osé posé ses yeux sur quelqu'un à demi-nu. Lorsqu'il revint face à elle, elle évita quelques instants son regard, ses joues toujours chauffées par les images précédentes.

- Il-Il n'y a point de vêtements de rechange, dans ma cariole... Nous venions ici simplement pour faire l'aller-retour.

Bien plus silencieuse, cherchant à dissiper les images qui se dessinaient encore dans son esprit, elle écouta la suite de sa proposition. Une tenue de l'Ordre des Chevaliers ? Voilà bien longtemps qu'elle n'en avait pas porté... Tout comme un pantalon.

- Allons pour la nostalgie! Malgré mes compétences liées à l'eau, cette robe est bien trop humide et crottée... Avez-vous un linge humide à disposition? Ou un linge tout court que je puisse utiliser comme... Mes jambes sont couvertes de boue et je ne voudrai continuer de salir votre planché de tente ou encore pire, vos vêtements !

Elle lui sourit, embêtée et gênée de cette requête. Une fois le linge en main, elle concentra une bulle d'eau en tournoyant la main, la relâchant délicatement dans le tissu. Elle pu ainsi se tourner pour être dos au Chevalier, relevant sa robe pour nettoyer ses jambes et ses orteils. C'était le strict nécéssaire, mais cela allait jouer grandement sur son confort. Demain serait un jour nouveau et elle aurait accès à un bon bain chaud. Une fois cette toilette partielle réalisée, elle déposa le linge humide que le dossier de la chaise et en attrapa le pantalon, bien trop grand pour elle... Elle observa le trou entre ses hanches et la bordure du pantalon... Pouvait-elle rentrer deux fois dedans? Elle jurerait que si ! Il lui restait à trouver le moyen de faire tenir ce dit pantalon... Mais avant... Dernier problème technique.

Qu'il était bon naître femme en ces contrées.

Elle resta coit encore quelques instants, sa main posée contre sa bouche, pesant le pour et le contre... Elle ne pouvait décemment rien faire seule. Elle ne pouvait pas non plus compter sur sa magie alors qu'elle n'avait aucune vision dans son dos. Son coeur se mit à battre à tout rompre. Elle ne pouvait décemmnet pas lui demander cela.

- Ser Victor... Je... J'aurai une requête. Je n'ai pas coutume de demander cela à des hommes ou des inconnus. Mais... Il n'y a que vous et moi.

Sa tête se tourna afin que Victor ne voit jamais à quel point son visage était rouge. Elle lui tournait toujours le dos.

- Il me faut me quérir de votre aide pour défaire les lacets de ma robe.

Elle s'arrêta un instant, le souffle coupé par sa demande. Elle se ravisa aussi sec.

- N-Non! Pardon. Oubliez ma requête bien trop indéscente... Je... Je vais garder ma robe, cela sera au mieux et...

Elle pencha la tête, cachant totalement son visage dans ses mains. À quoi pensait-elle? Cette demande était bien trop offensante pour la supposée épouse du Chevalier ou son futur mari.

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