Le malade imaginaire | Izel

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Shay
Dim 06 Jan 2019, 14:11

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An 1570 Mois 11


I
l fallait bien que ça arrive. J’étais quasiment certain que ça arriverait un jour. Mais je ne pensais pas aussi tôt. Je pensais que j’aurais eu le temps de me préparer un petit peu. Mais il fallait bien avouer que le froid à Topaze m’avait prit de court. Nous étions déjà en saison froide au vu de la température en chute libre et des nombreuses personnes que j’ai aperçu bien plus couverte que lors de mon arrivée au mois 6. Alors… oui, j’ai été inconscient. J’aurais du mieux me préparer. Je le savais. Mais intérieurement je me disais que si je le faisais, c’est que cela allait arriver plus vite que prévu… à croire que le fait de prévenir faisait que les ennuis arrivaient. Au final, c’est arrivé quand même. Mais je ne m’étais pas prémuni… rha, que j’ai été bête !

C
’est arrivé comme ça, soudainement. Je discutais avec des conseillers et le trésorier sur l’organisation des dépenses pour cet hiver, rien de bien dramatique, mais rien que le fait d’avoir ce genre de discussions aurait du me mettre la puce à l’oreille. J’avais éternué. Une seule et unique fois, pendant que je parlais. C’était arrivé soudainement, sans prévenir, je n’ai même pas eu le temps de détourner la tête pour éviter que les projections de mes miasmes n’aillent directement sur le visage de mes interlocuteurs. Fort heureusement, ils ont eut l’air compréhensifs… mais ont bien vite écourté notre discussion, à grand renfort de « protégez-vous bien monseigneur ! ». J’aurais du les écouter, mais moi, comme à mon habitude, je n’ai fais que sourire, hausser les épaules en répliquant « mais non ce n’est rien ! ».

S
auf que ce n’était pas rien. La nuit suivante, j’avais chaud, puis j’avais froid. Je suais à grosse goutte. J’ai même du appeler Tim, mon esclave, pour un bain dans la nuit car je me sentais poisseux. Mais à mon réveil, je me sentais mieux. C’était peut-être juste une fièvre passagère ou un mauvais coup de mon corps sur mon sommeil – c’est ce que je me suis dis sur le moment et j’ai décidé de mettre ce point de côté pour m’occuper des affaires internes. Je n’avais guère d’appétit, mais j’ai mis cela sur le compte du stress : l’affaire dont je m’occupais à ce moment-là était assez urgente et demandait de la délicatesse.

E
t puis, il y a eut le coup de grâce. Il s’est passé bien quelques jours entre ces évènements et aujourd’hui. J’avais bien remarqué que je me sentais de plus en plus faible, mais je mettais ça sous le compte de nuit courte et de travail acharné. Jusqu’à ce matin, lorsque je me suis réveillé. J’ai tout de suite compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas – enfin, « tout de suite », il m’a fallu quelques jours pour m’en rendre compte. Bref. Je me suis levé, j’avais la tête qui tournait. J’avais chaud, mais je grelottais. J’avais le nez de prit, et pire encore, la gorge me faisait mal. J’eus toutes les peines du monde à m’habiller pour avoir l’air impeccable afin d’aller chercher une servante qui passait par là pour qu’elle aille chercher mon esclave.

«
Allez chercher Tim, j’ai besoin de lui immédiatement, » avais-je ordonné avec tout l’aplomb dont j’étais capable malgré mon teint blafard.
« Il n’est pas disponible, Majesté, il est malade, » avait alors répliqué la femme d’un air suspicieux.
« Malade ? » m’exclamais-je, véritablement surpris. C’était bien ma vaine… Je réfléchis quelques secondes avant qu’une autre idée me vienne en tête. « Apportez-moi Izel alors. C’est urgent. »
« Euh, ok… » La servante n’avait vraiment pas l’air convaincu par l’urgence de la situation, mais alors que je voulais la retenir pour donner plus de précisions et aussi pour lui faire comprendre que c’était une question de vie ou de mort, la voilà qui s’éloignait à pas rapide. Car elle avait finalement comprit l’urgence ou simplement pour s’éloigner le plus rapidement de moi ? Je ne saurais dire laquelle de ces deux options étaient la bonne.

J
e retournais alors dans mes appartements en soupirant. Car oui, j’avais des appartements à moi tout seul. Ils étaient grands, la plus grande pièce sert de petit salon avec sofa, coussins, bibliothèques et mini bar ; mais aussi de bureau puisqu’il y avait un coin de la pièce entièrement dédiée à ce que je puisse travailler en paix. Puis l’autre partie de la pièce disposée d’un grand lit douillet avec une multitude de coussins, une baignoire personnelle, un paravent et d’autres meubles sophistiqués. Le tout était dans des couleurs chaudes pour rappel de mes origines Falloises. C’était cosy, c’était douillet, j’aimais bien mes appartements. Dayle aussi en avait pour elle. Une chambre commune avait été préparée pour nous deux… mais encore fallait-il réussir à convaincre Dayle que l’on dorme ensemble. Dormir ensemble signifie rapprochement physique signifie qu’elle acceptera peut-être enfin d’écarter les cuisses. Mais bon, actuellement je devais bien avouer que son refus de vivre ensemble m’était profitable – hors de question qu’elle me voit dans cet état de débauche.

E
n soupirant, je m’affalais sur le sofa. Mon regard dévia vers le mini bar, mais je n’avais même pas envie d’alcool. Cela signifiait bien que j’étais au bord du gouffre. Pire ! Peut-être même étais-je vraiment en train de mourir ! Soudain pris dans un stress intense, je ne pus rester immobile et me mis à faire les 100 pas en attendant Izel. Le temps me parut long, affreusement long, à croire qu’elle prenait son temps pendant que je mourrais dans mes appartements. Je tentais même de faire apparaître mes chats d’ombre… mais mon état ne fit que faire apparaître des formes patatoïdes qui roulaient plus qu’autre chose, sans avoir de réelle vie propre comme ce que je réussissais à faire d’ordinaire. Cela voulait bien dire que j’étais dans le mal. Enervé, angoissé, je tapais dans une caisse avec mon pied… jusqu’à ce que je me rende compte que c’était le coffre ouvert où était entreposé avec soin mon arc fait spécialement pour moi, sur un coussin de soie. Je me mis alors à genou, demandant pardon à mon précieux, jusqu’à ce que j’entende des petits coups discrets sur le battant de la porte. Je me relevais alors d’un bon, ordonnais à ce qu’on ouvre la porte pour enfin voir la frimousse d’Izel apparaître.

J
e ne saurais dire si j’étais soulagé ou encore plus angoissé. J’aurais préféré que ce soit Tim, c’était certain, je le connaissais mieux, et il était plus obéissant. Izel, même si elle a vécu un temps dans la demeure des Pökontës et que j’ai ainsi pu la côtoyer très brièvement, je ne la connaissais pas tellement, du moins beaucoup moins que Tim. Sa détermination à entrer à mon service lorsque je partis pour Topaze m’a surpris. Au moins, elle était loin d’être désagréable à regarder avec ses cheveux verts et ses yeux de la même teinte. Sans plus de façon, à peine avait-elle mit un pied dans mes appartements et refermé la porte que je me dirigeais dans une démarche vive et hâtive.

«
Izel ! » m’exclamais-je alors, mon ton trahissant mon angoisse. « Ah, Izel ! C’est terrible ! » J’étais arrivé à sa hauteur, et je lui serrais une épaule comme par peur qu’elle s’enfuit en courant. « C’est une horreur ! Un cauchemar ! Une infamie ! La pire chose du monde ! Izel ! Je… Je suis malade ! » Je me tournais alors dramatiquement en direction d’une large fenêtre, prenant une pause marquée par l’émotion. Puis, je pris une profonde inspiration… « Prépares moi un bain chaud, appelle un guérisseur.. non ! Personne ne doit savoir, tu sais faire une potion ? Fais moi une potion, prépares moi des serviettes chaudes, et des serviettes froides, de nouveaux draps… » Tout en parlant, je m’étais dirigé vers le fond de mes appartements, là où se situait mon lit et mon bain, tout en enlevant mes vêtements au fur et à mesure. Puis, je m’arrêtais alors que je m’apprêtais à enlever mon pantalon pour me tourner vers Izel. « Izel, Izel… rassures-moi… » Je fis là encore une pause, prenant une inspiration de courage, avant de reprendre. « Est-ce que j’ai l’air aussi beau qu’avant ? La maladie n’a pas entaché mon visage ? Ni mon torse ? Ce serait terrible ! Personne d’autre que toi ne dois entrer dans cette chambre ! Izel ! Je comptes sur toi, c’est important ! Tout ce qui compte maintenant c’est moi, tu ne fais rien d’autres que t’occuper de moi ! »

‹c› Vanka
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Izel
Mer 09 Jan 2019, 01:43
À chaque jour qui passait, le froid s’installait peu à peu sur le territoire de Topaze. Bientôt, l’hiver clamerait son droit sur la contrée, la recouvrant d’une douce neige aussi belle que glaciale. La rosée du matin était maintenant gelée sous ses pas, trahissant son passage dans les jardins aux premières heures de la journée. Izel n’avait pas l’habitude du froid hivernal, mais une partie d’elle appréciait la fraicheur et le calme qu’il apportait. Si la buée se formait devant ses lèvres à chaque expiration, elle ne ressentait pas le besoin de se camoufler dans de lourds et chauds habits. La brise était fraiche, mais douce sur son visage et elle savait que le soleil réchaufferait sa peau une fois qu’il aurait montré le bout de ses rayons au-delà des montagnes.  

Ce matin-là, Izel s’était levée plus tôt qu’à son habitude et au lieu de se prélasser dans son lit, elle avait choisi de quitter sa chambre. Les couloirs étaient encore déserts et elle ne croisa que les gardes lors de son cheminement vers l’extérieur. Personne ne s’intéressa à elle. Personne ne lui lança plus qu’un regard alors qu’elle se glissait parmi les ombres. Le ciel s’éclaircissait à mesure qu’elle avançait sur la pelouse du palais. Elle profita de son réveil matinal pour apprécier le lever du soleil, assise à l’abri des regards, tout en méditant sur ces derniers mois passés dans ce nouveau royaume. Une intégration réussie, mais des résultats toujours attendus. Si chaque jour qui s’écoulait elle peaufinait son plan, choisissait ses pions et récoltaient plusieurs informations, elle avait encore un long chemin à parcourir afin de satisfaire Zaïm. Mais elle était déterminée. Déterminée à lui être utile. Déterminée à lui plaire. Il lui fallait juste de bonnes raisons pour se rapprocher des régents. Son rôle lui permettait bien entendu de les servir, mais elle n’avait pas encore gagné leur totale confiance. Elle avait peut-être insisté pour suivre Shay, mais se rapprocher de lui s’était avéré plus ardu que prévu. Lorsqu’il avait un besoin, il faisait appel à son petit servant de poche. Izel avait dû travailler avec cet inconvénient et cela avait retardé son plan. Tout ce dont elle avait besoin était une opportunité.  

Le château s’éveillant lentement avec le soleil, Izel avait jugé préférable de regagner le palais. Elle s’était par la suite mise à la tâche sans attendre. Elle proposait un coup de main d’un côté, puis de l’autre lorsque quelqu’un requérait son aide. Tout en réfléchissant aux possibilités qui s’offraient à elle, elle vaquait à ses occupations habituelles avec automatisme, sans oublier d’écouter les rumeurs qui se baladaient dans les couloirs. Sources importantes d’informations. C’est ainsi qu’elle apprit une merveilleuse nouvelle. Le servant chouchou de Sa Majesté Shay était au repos forcé pour cause de maladie. Impossible pour lui de quitter son lit. Impossible donc pour lui d’être au service du régent. C’était comme un cadeau des dieux, la possibilité qu’elle attendait. « Quel dommage… Souhaitez-lui un bon rétablissement de ma part. » fut sa réponse à la servante qui lui partagea l’information. Un mince sourire étirant ses lèvres, elle s’était éloignée. Il ne lui manquait plus qu’une bonne raison pour rendre visite à Shay. Dans son esprit, elle passait en revue les choix qui s’offraient à elle pour une visite chez le régent lorsque la raison se présenta soudainement à elle, sans qu’elle ait à y mettre le moindre effort.  

- Euh… Izel ?

L’espionne posa le drap qu’elle finissait de plier et leva son regard vers la servante qui lui parlait. Celle-ci avait un air confus sur le visage, sourcil froncé. Izel s’approcha avec un sourire encourageant, indiqua par une affirmation qu’elle écoutait.  

- Le régent souhaite ta présence dans ses appartements. Il n’avait pas l’air dans son état normal… Tu ferais peut-être mieux de te dépêcher. Je vais m’occuper du reste ici.
 

Izel hocha la tête, le sourire incapable de quitter son visage tant elle avait envie d’éclater d’un rire amusé et vainqueur. Tim absent et Shay qui sollicitait sa présence; c’était presque trop facile pour être vrai.  

- Merci. J’y vais donc sans attendre. À plus tard.

L’échange terminé, Izel quitta la pièce en s’obligeant à ne pas sautiller de plaisir dans les couloirs. Elle ne comprenait ni le pourquoi ni le comment des événements, mais elle ne se plaindrait pas. C’était sa chance de se rapprocher de Shay et d’en savoir plus sur ce qu’il pensait de Topaze. C’était comme une petite victoire pour elle, mais elle ne pouvait pas imaginer ce qui l’attendait. À l’instant, rien ne semblait pouvoir ternir sa bonne humeur. Détermination et patience finissaient toujours par porter fruit, après tout.  

Izel ne se trouvait pas du côté des appartements royaux, cela lui prit donc plusieurs longues minutes pour arriver devant la porte du régent. Elle s’immobilisa et enfila le masque de la servante parfaite et soumise avant de toquer trois petits coups. Elle attendit l’accord pour se glisser doucement dans la pièce. À peine la porte fut-elle refermée derrière elle que Shay s’approchait dans une hâte qui la surprit un moment. Son nom résonna dans la grande pièce et elle put lire l’angoisse et l’inquiétude dans sa voix. Terrible ? Quoi donc ? Que se passait-il ? Izel était prise au dépourvu, oubliant d’analyser la situation. Il parlait, parlait sans laisser la chance à Izel de réagir, mais l’explication tomba assez vite. Malade ! Izel plaça soudainement les pièces manquantes du casse-tête. Alors qu’il se tournait vers les larges fenêtres, Izel portait une main à ses lèvres pour cacher son sourire amusé. C’est qu’il était excessif.  

Abaissant finalement la main, elle écouta la tirade de demande qui suivit. Elle se décida à bouger lorsqu’il s’éloigna vers la baignoire reposant au fond de la pièce. Elle s’avança de quelques pas, ne s’arrêtant que lorsqu’il se tourna à nouveau vers elle. Izel posa son regard vert sur l’homme qui prenait une pause avant de continuer sa pensée. Un sourire rassurant s’installa sur les lèvres de la servante pour l’encourager et elle dut se concentrer pour l’empêcher de devenir moqueur lorsque Shay termina finalement ce qu’il disait. Cet homme était quand même un phénomène. Elle s’approcha à nouveau et s’immobilisa à une distance respectueuse de Shay. Elle croisa les mains devant elle et prit la parole d’une voix douce, camouflant l’amusement qu’elle ressentait de le voir dans un tel état.  

- Est-ce vraiment ce qui vous préoccupe, Majesté ? Dans ce cas, n’ayez crainte, vous êtes toujours aussi beau. Quoiqu’un peu plus pâle qu’à l’habitude pour être tout à fait honnête, mais rien qui nuit à votre beauté.  

Si Izel était d’avis pour dire que Zaïm était absolument le plus parfait, elle ne pouvait nier que la nature avait bien gâté l’héritier fallois. Ce serait simplement de la mauvaise foi que de dire le contraire. Mais chacun avait malgré tout son propre avis sur la question de la beauté. Izel même pouvait être attirante pour certains et simplement étrange pour d’autres. Pour elle, Zaïm dominait, mais Shay avait quelques atouts. Toujours souriante, elle reprit la parole tout en abaissant la tête dans un signe de soumission et respect.  

- Je vous fais couler un bain tout de suite. Pourquoi ne pas vous asseoir un moment, Sir ?

Elle se dirigea ensuite vers la baignoire pour calculer combien de sceaux seraient nécessaires pour la remplir. Elle n’avait jamais été celle qui préparait un bain pour Shay, mais ce ne devait pas être bien difficile. Faire couler des bains, elle avait déjà fait ça après tout. Après quelques observations, elle se mit au travail avec efficacité et rapidité pour tout préparer. Tout en s’occupant de la demande que lui avait imposée Shay, elle parla de nouveau :  

- Avez-vous mangé ce matin, Majesté ? Je pourrais vous préparer un repas léger pendant que vous relaxez dans votre bain. À moins que vous ne préfériez ma présence totale à vos côtés ? Auquel cas, je ferai apporter quelque chose à la chambre, m’assurant bien entendu que personne ne pose un pied dans la pièce.  

En allant aux cuisines pour préparer un petit déjeuner, elle pourrait rapporter des serviettes ainsi que des draps pour monsieur le régent. Une potion était malheureusement hors de ses capacités, mais elle pourrait surement trouver autre chose quelque part. Dans un grand palais comme celui-ci, il devait bien y avoir des remèdes efficaces. Et puis, elle doutait qu’une potion soit réellement nécessaire. Pour un malade, elle trouvait qu’il débordait d’énergie. Tout ce qu’il lui fallait pour se rétablir était une bonne journée de repos. Elle en était certaine. Mais ça ne voulait pas dire qu’elle ne pouvait pas s’amuser un peu, après tout… Un Shay ainsi à sa merci était une chance qu’elle n’aurait probablement plus jamais, elle allait en profiter juste un petit peu. Elle serait présente pour s’occuper de lui comme il lui demandait et elle serait à l’écoute de la moindre information de valeur qui quitterait malencontreusement ses lèvres.  

- L’une de ces deux options vous satisfait-elle ?  

Mais avant de passer à la prochaine étape, elle devait terminer de préparer le bain, chauffer l’eau et remplir la baignoire. Elle aimait malgré tout prévoir ses prochaines tâches afin de pouvoir organiser son emploi du temps mentalement.
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Lun 14 Jan 2019, 12:42

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An 1570 Mois 11


T
rop calme. Izel était trop calme. C’était bon signe ? Ou bien est-ce que c’est moi qui vais trop vite ? ou alors est-ce que mon esprit avait l’impression que tout allait trop lentement ? C’est bon signe ça aussi ? Non, clairement, non. Je m’enflammais, j’allais trop vite, je sentais déjà des bouffées de chaleur m’assaillir et ma respiration devenir chaotique. Ce n’était pas bon. Que faire ? Izel était trop calme. Je me répète ? Oui. Mais, elle était définitivement trop calme. Pourquoi ne paniquait-elle pas ? Pourquoi ne me prenait-elle pas dans ses bras pour me rassurer ? Ah, oui, je confondais avec ma mère. Il faut dire que ma mère savait gérer mes crises de panique lorsque j’étais malade. Mais Izel ? Tim ne l’aurait pas su non plus. Dayle ? Ah non, il ne faut surtout pas qu’elle me voit dans cet état j’en entendrais parler pendant des mois, des années même !

E
lle prit la parole. Bien, c’est bien, elle parlait, elle n’était pas totalement statique. Il faudrait certainement qu’elle revoit sa façon de se comporter avec les malades, être plus empathique, mais on verra ça plus tard. Pour le moment, elle commençait par LE point le plus important : à savoir ma beauté physique. Elle semblait toutefois assez surprise que ce soit l’une des premières choses qui me préoccupent, mais elle devrait savoir que dans la monarchie, l’apparence comptait beaucoup – même si l’on ne veut pas l’admettre – une personne de sang royale qui a l’air d’un cadavre (nous ne citerons pas le roi d’Emeraude bien entendu) cela était plutôt mal vu. Un roi qui se laisse abattre par la maladie très rapidement était tout aussi mal vu ceci dit. Mais ! Après la surprise passée, la voilà qui me rassure sur mon état : j’étais toujours aussi beau. Oh, non, attend une minute : plus pâle ?! Ce mot résonna dans ma tête comme un glas sonnant ma mort tandis que je me rapprochais d’un miroir grandeur nature pour observer mon teint… qui était effectivement devenu plus blafard que d’habitude.

«
C’est… » commençais-je, les yeux toujours tournés vers mon reflet. « Bien ? » Je me tournais vers Izel, suspicieux. « Je suppose ? Je veux dire… haha, au moins je ne suis pas devenu aussi blanc que Zaïm ! »

U
ne petite pique ? Possible oui, fortement probable. A mon sens, ce n’était rien de bien méchant, mais j’ai toujours trouvé cela étrange que Zaïm soit si blanc alors que notre mère était métissée. Je n’étais bien entendu pas raciste des personnes de couleur blanche puisque je me mariais avec l’une d’entre elles, que j’adorais mon beau-père et que je n’avais absolument aucun aprioris sur cette couleur. Si ce n’est qu’être métissé est quand même plus joli mais bref. Passons à autre chose, comme mon bain qu’Izel mentionna bien rapidement. M’assoir ? Oui, je veux bien essayer. Je me dirigeais vers un sofa pour m’y installer comme si j’étais le roi dans cette pièce – ah, mais suis-je bête ! Je le suis déjà – c’est-à-dire les bras sur les bords, affalé, jambes croisées avec nonchalance.

I
zel se dirigea vers le bain, me laissant seul avec mes pensées… ce qui n’était pas une bonne idée puisque mon esprit me tournait ostensiblement le dos afin de me montrer toutes mes angoisses et ma peur des maladies. Autant dire que malgré mes manières parfaitement décontractées, je n’étais pas bien du tout, et cela se lisait clairement sur mon visage – je venais pas de perdre une teinte de bronzée d’ailleurs avec tout ça ? Je n’avais pas envie de mourir, mais je me sentais comme si j’allais mourir. Une main sur le cœur pour tenter de calmer sa frénésie, Izel revint en ma direction pour reprendre la parole, et je me concentrais avec force sur sa voix pour chasser mes angoisses. Enfin… à dire vrai son discours ne m’aida pas à me calmer, puisqu’elle proposait à ce qu’elle parte pendant que je restais seul. Je me levais d’un bond pour me diriger vers Izel afin de lui saisir le poignet avec force.

«
Non ! » m’écriais-je, les yeux écarquillés de panique. « Tu restes, appelle quelqu’un pour le faire, mais toi tu restes ! Il ne faut pas me laisser seul, imagine je meurs pendant ton absence ? Je ne veux pas mourir, alors tu restes et tu veilles sur moi jusqu’à ce que j’aille mieux. Tu dormiras sur le divan. Ou dans mon lit si tu préfères. N’y vois pas là une invitation ! Je ne vais pas coucher avec une servante ! Haha, haha ! »

M
on esprit oscillait entre le désir qu’elle reste près de moi jusqu’à la fin des temps – de ma maladie – et celui de briser tout quiproquo sur mes intentions… mais de façon pas vraiment gentille. Je ne m’en rendais pas spécialement compte, tout ce que je voulais, c’était qu’elle soit là, et elle resterait là, elle veillerait sur mon sommeil et me chantera une berceuse. Oui, bon, en somme, elle jouera le rôle de ma mère. N’y vois pas là un complexe d’Oedipe, cher lecteur !

«
Manger… non, je n’ai pas faim. De l’eau seulement. Ou.. de la soupe. Où en est mon bain ? Et les serviettes ? Dépêches toi, on n’a pas que ça à faire ! » dis-je en me dirigeant une nouvelle fois vers la baignoire, cette fois-ci terminant d’enlever mon pantalon sans aucunes gênes vis-à-vis d’Izel qui était une femme. Puis, je me redirigeais une nouvelle fois vers elle, posant une main sur son épaule pour la maintenir près de moi… et aussi pour me maintenir debout. « Autre chose… reportes toutes les affaires internes à plus tard. Ou donnes-en à Dayle. Ah… ça veut dire que tu devras partir… bon ok mais tu fais ça rapidement. Si Dayle pose des questions, invente un mensonge. Mais un mensonge flatteur ! Je… veux pas de… » Le monde tanguait, mon regard dévia vers le sol. « Fausses-rumeurs… » finis-je en bafouillant, avec la sensation dérangeante d’être à la fois lourd et léger. « Je crois que… vomir. »

A
ussitôt dit, aussitôt fait ! Je me penchais en avant et je vomis tout mon soûl par terre, nous éclaboussant Izel et moi au passage. Pourquoi je vomissais ? Mais car je mourrais bien entendu ! Bon, la bonne explication est surtout qu’à cause de la panique et de l’empressement j’ai fais de l’hyperventilation ce qui a engendré le malaise. Mais dans ma tête il n’y a que les mots « je vais mourir » qui fonctionnaient. Pendant ma purge, je n’avais pas décroché ma main de l’épaule d’Izel, et c’est d’ailleurs sur elle que je m’appuyais de tout mon poids une fois mon méfait terminé.

«
Je vais mourir ? » demandais-je d’une voix faible, contrastant avec mon énergie d’avant. « Izel, dis-moi, je vais mourir ? »

‹c› Vanka


Hors RP:
 
Izel
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Izel
Sam 19 Jan 2019, 00:12
Le sang-froid de la servante contrastait fortement avec la panique dont faisait preuve le régent. Elle fixait ses grands yeux verts sur lui avec un sourire rassurant, imperturbable. Izel avait déjà entendu les rumeurs alors qu’elle vivait encore à Turquoise, mais elle n’en avait jamais été témoin. L’intensité de son inquiétude dépassait de loin ce qu’elle avait imaginé. Shay avait réellement peur de la maladie, comprit-elle à l’instant. Elle avait pris un malsain plaisir à observer son malheur un peu plus tôt, mais elle réalisait maintenant qu’elle n’était pas qu’un témoin amusé dans cette situation. Au contraire, elle avait les deux pieds en plein dedans. Ses tâches de la journée se transformeraient rapidement en gardiennage d’enfant. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendu, mais si Shay voulait qu’elle s’occupe de lui, quoi de plus logique que de jouer à la mère toute la journée ? Au moins, combler ses besoins du moment s’avérait facile, aussi exigeant soit-il. C’était ce qu’elle pensait en tout cas. Et puis, une fois qu’elle l’aurait mis au lit et endormi, elle pourrait fouiner un peu comme il lui plaisait. Sans personne pour lui jeter un regard suspect.

À peine avait-elle émis la possibilité de le quitter quelques instants que le refus se fît entendre. Fort et paniqué. Il y avait toujours la deuxième option, celle de demander aux autres de lui apporter ce dont elle avait besoin directement à la chambre. Et ça lui éviterait de courir dans les couloirs pour revenir le plus vite possible. Un petit rire échappa presque ses lèvres lorsqu’il ajouta quelques mots afin de mettre au clair ses propos.

- Je ne me fais aucune illusion, Majesté. Ne vous inquiétez pas sur ce point.

Le sentiment était réciproque. Elle n’avait aucune envie de coucher avec lui. Si on lui parlait de désir, c’était une tout autre personne qui lui venait en tête. Mais elle ne se faisait pas d’illusion là non plus. Elle connaissait sa position. Et puis, pour être tout à fait honnête, elle n’était pas pressée de sauter dans le lit de quelqu’un. Le souvenir de caresse indésirable sur sa peau était encore gravé dans sa mémoire et si elle avait appris à être vivre avec celles-ci, elle n’en était pas moins dégoutée. Son corps avait été un objet pendant trop longtemps, elle ne souhaitait pas revivre ces expériences. Chassant ces pensées sombres, elle concentra à nouveau son attention sur le régent et ses caprices.

Le bain ! Elle devrait se dépêcher avant de lui déplaire. Pour le repas, elle y penserait une fois Shay confortablement installé dans sa baignoire. Elle marchait quelques pas derrière lui, insensible de le voir dans son plus simple appareil. Ce n’était pas le premier corps nu qu’elle voyait, après tout. Elle allait continuer de préparer le bain lorsqu’il se tourna à nouveau vers elle et posa la main sur son épaule. Avec un léger froncement des sourcils, Izel constata qu’il était soudainement dans un pire état. Elle sentait qu’il prenait appui sur elle et son visage lui sembla encore plus pâle qu’il ne l’était quelques minutes plus tôt. Izel entendait les ordres, mais elle ne pouvait s’empêcher de se concentrer sur son air malade. Un coup d’œil suffisait à dire qu’il n’allait pas et Izel leva les bras pour le supporter alors qu’il faiblissait devant elle. Il bafouillait et elle voulut se pencher pour entendre ce qu’il disait, mais ce fut une très mauvaise idée. Le mot « vomir » atteignit son oreille au moment où l’action prenait place. Beurk.

Ouvrant les yeux qu’elle avait fermés lors de l’impact du vomi avec ses chaussures, elle soupira. Ok. Bon. Reprendre du début, car cet imprévu changeait pas mal de choses. Elle ne pouvait pas aller se promener dans le château en laissant Shay dans son vomi. Ou pouvait-elle ? ...Aucune chance pour qu’elle en sorte sans problème en faisant ça. Il avait réellement l’air d’un enfant en ce moment dans ses bras, lui demandant avec une voix faible s’il allait mourir. En elle se déchirait l’envie de le taquiner et de le rassurer. C’est qu’il pouvait être mignon, quand il n’était pas cet égocentrique narcissique avec une fierté prête à l’étouffer. Oui, bon. Autrement dit, Izel trouvait simplement cette facette un peu faible du régent mignonne. Et ce n’était pas réellement Shay comme il était malade, n’est-ce pas ? Alors, ce n’était pas Shay qu’elle trouvait mignon en réalité et qu’elle voulait rassurer, n’est-ce pas ? En tout cas, aucune chance de la convaincre qu’elle avait vraiment envie de s’occuper de lui d’un coup. C’était simplement la possibilité d’avoir une longueur d’avance sur lui, de connaitre une de ses faiblesses, alors qu’il ne connaissait pas les siennes. Enfin, une chose était certaine en ce moment. Ni l’un ni l’autre n’aimait être éclaboussé de vomi.

Un sourire réconfortant sur le visage, Izel passa un bras autour de Shay, lui permettant de s’appuyer complètement sur elle. Elle le guida jusqu’à une chaise et l’aida à s’asseoir. Elle attrapa ensuite le linge propre qu’elle trainait toujours sur elle et un bol rempli d’eau. Elle s’agenouilla près de lui et entreprit de nettoyer le dégât qu’il avait causé sur lui-même. Pas question de le mettre dans un bain alors qu’il était aspergé de vomi. Le plancher viendrait ensuite. Et tout en le lavant, elle répondit à sa question.

- Vous n’allez pas mourir. D’accord ? Je resterai à vos côtés jusqu’à ce que vous soyez rétabli, c’est promis. Alors… Faites-moi confiance.

Elle leva la tête pour lui offrir un sourire confiant. Terminant rapidement de laver, elle se leva et jeta un coup d’œil à ses vêtements tachés. Elle n’avait pas d’affection particulière pour son uniforme de servante, mais c’était quand même dommage. Et ça voulait aussi dire qu’elle allait devoir prendre un moment pour tout bien nettoyer. Elle se dirigea ensuite vers le bain pour le remplir d’eau chaude. Elle tourna aussi le regard vers le dégât sur le sol. Il lui semblait soudainement avoir trop de choses à faire d’un seul coup. D’abord, le bain. Ensuite, le plancher. Après, Dayle. Finalement, une soupe. Fiouf. Oubliait-elle quelque chose ?

- Le bain est prêt, Sir.

Elle s’approcha de Shay, proposant sa main pour l’aider à se lever. La dernière chose qu’elle voulait était qu’il tombe par terre de faiblesse, sans qu'elle ait réagi. Elle l’aida chaque fois qu’il requerra son aide et une fois qu’il fut installé dans son bain, elle se pencha dans une révérence courtoise. Elle s’éloigna ensuite pour s’occuper du plancher. Nettoyer ne lui prit que quelques minutes et elle laissa un nouveau soupir échapper ses lèvres en repoussant ses mèches vertes qui lui tombaient sur les joues. Il lui fallait maintenant avertir Dayle. Lentement, elle se releva. Elle jeta un œil vers la porte, puis à Shay. Réfléchissant, elle mordilla inconsciemment sa lèvre inférieure. Elle ne pouvait certainement pas laisser un enfant malade seul dans un bain. C’était une idée dangereuse. Elle s’approcha donc de Shay et abaissa la tête avec respect avant d’ouvrir la bouche :

- À la vue de l’incident, je préfère ne pas quitter vos côtés, Majesté. Seriez-vous d’accord si je demande à un autre servant de passer un message à la régente de votre part ? Je leur demanderais aussi de vous amener des serviettes ainsi qu’une soupe légère. Il faut absolument que vous mangiez quelque chose.

Elle releva la tête pour poser un regard préoccupé sur lui. Feindre l’inquiétude et l’intérêt était quelque chose qu’elle avait appris à faire et pour le convaincre de l’écouter, lui démontrer un peu d’intérêt n’était pas une mauvaise idée. Elle espérait qu’il accepterait d’au moins boire quelque chose. Il ne pouvait pas rester le ventre vide. Mais un roi avait toujours le dernier mot… Elle ne pouvait que souhaiter qu’il l’écoute.

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Ven 25 Jan 2019, 05:44

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An 1570 Mois 11


A
ssis. J’étais assis. Depuis combien de temps ? Comment je me suis retrouvé assis sur cette chaise ? Il y avait un petit bout entre le moment où je parlais à Izel et le moment où j’étais assis que j’avais oublié. Hé ! Mais c’était du vomi ! Mince alors, Izel aurait vomi ? Pourquoi ? Serait-ce car la maladie avait tant entamé ma beauté que j’étais à vomir maintenant ? Par Parandar, ce serait un drame ! Comment faire pour engrosser Dayle si j’étais à vomir ? Non ! Je crois que je fais erreur. Izel était en train de nettoyer le coin de ma bouche tandis qu’elle semblait relativement propre si ce n’est ses chaussures. C’est moi qui ai vomi ? Etrange, je n’en ai absolument pas le souvenir – certainement que ce passage peu flatteur et dégoutant avait simplement été détruit de ma mémoire pour ne garder que les moments les plus formidables. Oui, c’était sans doute ça. En tout cas, je sentais très bien mon ventre légèrement patraque après mon « petit » rejet, mais fort heureusement, il ne semblait pas vouloir réitérer l’expérience. Et je n’avais pas très envie que mon ventre me fasse des siennes alors j’étais content.

I
zel prit la parole pour me rassurer sur le fait que je n’allais pas mourir. Ah ! Un bout de ma mémoire a décidé de revenir juuuuste pour le moment où je fais part de mes inquiétudes sur ma survie à la servante. Je me mis alors à rougir, ce qui, avec mon teint plus blafard que d’ordinaire, devait se voir comme de la peinture rouge sur une toile blanche. Pourquoi je rougissais ? Tout simplement car c’était parfaitement embarrassant de montrer les facettes les plus faibles de ma personnalité à une presque-inconnue comme Izel ! Elles étaient rares, ces facettes faibles, tout simplement car je ne voulais pas paraitre faible. Alors je détournais la tête, regardant un point fixement avec un air impérial histoire de cacher ma gêne tout en ne répondant que par un « hmm » vaguement appréciateur à la servante.

P
uis, la jeune femme remplit mon bain d’eau chaude. Elle m’aida à me relever. Au début je ne voulus pas de son aide, car après tout, je devais très certainement être apte à faire même pas 10 mètres jusqu’à mon bain. Sauf qu’une fois debout, mes jambes flageolantes me donnèrent tord et je dus me tenir à Izel pour accéder à mon bain, trajet qui étrangement me parut durer une éternité. A croire que le bain s’éloignait au fur et à mesure que je m’approchais – c’était possible ça ? Ou mon esprit me jouait des tours ? Je préférais penser que c’était simplement un effet d’optique du à ma maladie et ma paranoïa. Oui, c’était sûrement ça, haha. En tout cas, une fois dans mon bain où je me calais avec un soupire d’aise, je sentis mes muscles se décontracter quasi instantanément au contact de l’eau chaude. C’était fou à quel point cela pouvait faire du bien, spécialement lorsqu’on était malade. Je me sentais en meilleur forme que tout à l’heure sur la chaise, même si ce ne sera que temporaire. Fermant les yeux, avec seulement la tête hors de l’eau, j’écoutais d’une oreille distraite Izel en train de nettoyer le plancher histoire de cacher à jamais mes méfaits. Ce n’est qu’au moment où elle reprit la parole que je me rendis compte qu’elle était à nouveau à mes côtés. Rouvrant les yeux, je l’observais du coin de l’œil, réfléchissant en même temps qu’elle parlait. Devais-je la congédier le temps qu’elle s’occupe elle-même des tâches que je lui avais donné ? Ou devais-je la garder près de moi ? Hm, le souci premier restait Dayle. Je n’avais guère confiance dans le bouche à oreille pour délivrer un message. Quel message d’ailleurs ?

«
Que… Que dirais-tu à Dayle pour expliquer ma non-prise en charge des affaires royales ? Penses-tu qu’un autre serviteur… serait capable de bien délivrer le message ? Pour les serviettes et la soupe n’importe qui peut le faire mais… j’ai un peu peur pour Dayle, que le messager ne soit pas convaincant… qu’elle ait des doutes… qu’elle veuille venir me voir ! Que dira-t-on si elle vient me voir ? »

Je poussais un soupire, croisant les bras dans l’eau, tandis que je prenais une décision visiblement douloureuse au vu de mon visage fermé et inexpressif.

«
Vas prévenir Dayle. Je peux rester dans un bain quand même ! » Mon teint blanc et ma petite difficulté à aligner trois mots n’étaient guère engageant mais bon… « Et prends un serviteur pour le reste… Et tu reviens… tu pourras me gratter le dos ? Et un massage des pieds ? Et que diras-tu à Dayle ? J’ai pas déjà demandé ça ? » Je pris un air pensif. Je ne me souvenais absolument pas d’avoir déjà posé cette question malgré mon impression de déjà vu. Etrange. « Tu restes pour t’occuper de moi hein ! Non, tu dois partir voir Dayle… et rester… » Ok, mon discours et ma réflexion devenait plus que chaotique… je crois que mon cerveau a décidé de ne plus fonctionner correctement. « L’eau refroidit déjà… » grommelais-je avec un air boudeur presque-enfantin. Bon, je n’étais pas certain que l’eau refroidissait déjà… mais j’en avais l’impression. A moins que ce ne soit ma propre température qui augmentait trop ? Sans doute. Peut-être. « Quand Fal sera… à moi.. je ne serais plus malade… Et mère sera fière... » dis-je en divagant légèrement, les yeux dans le vague. Puis, fronçant les sourcils, je regardais à droite et à gauche à la recherche de quelqu'un avant de retourner vers Izel. « Ma mère... elle n'est pas là ? Vas chercher ma mère Izel ! » Qui est à Turquoise. Ce qui risquerait d'être un peu difficile. Mais, là, tout de suite, je me croyais à Turquoise...


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Ven 22 Fév 2019, 22:29

Les pupilles émeraude d’Izel étaient posées sur le régent, cherchant à lire ses pensées, suivre ses réflexions. Elle cherchait le moindre indice qui lui permettrait de prendre un pas d’avance sur ce qu’il lui demanderait. Malheureusement, ce n’était pas chose aisée. Shay lui paraissait bien trop imprévisible avec tous ses caprices de jeune enfant. Elle n’arrivait pas à savoir exactement ce qu’il voulait avant que les mots aient franchi ses lèvres. Elle essayait. Sans arrêt. Et pourtant, chaque phrase surprenait un peu plus la servante. Parfois, elle avait l’impression de parler avec le régent et le moment d’après, elle devait s’occuper d’un petit enfant malade. Il n’était pas constant, donc suivre le fil de ses pensées devenait ardu. Il sautait d’un sujet à l’autre et lui répétait les mêmes questions.

La première question qu’il lui posa concernait le message pour Dayle. Que dire pour la convaincre ? Izel avait commencé à y réfléchir dès l’instant où Shay avait mentionné la régente plus tôt. Il fallait une raison acceptable pour que Dayle accepte de prendre en charge les obligations royales de la journée. La servante ne connaissait que très peu les affaires royales dont devait s’occuper un régent, mais elle trouverait bien une raison pour tout envoyer à Dayle. Elle avait confiance en ses capacités. Hum. Mais comment convaincre la régente sans qu’elle ait l’envie ou le besoin de voir par elle-même ce qui retenait son mari ? Et devait-elle être celle qui allait l’avertir ? Peu importe ce qu’il lui disait, elle n’était pas rassurée de le laisser là, seul. Elle comprenait l’efficacité de l’envoyer par elle-même, pour parler directement à Dayle, mais elle ne pouvait s’empêcher d’hésiter. Je peux rester dans un bain, disait-il. Mais Izel commençait vraiment à douter de cette affirmation. Son visage blafard et le temps qu’il prenait pour construire une phrase complète l’inquiétaient. Ah, lui qui était si fier de son teint hâlé normalement, il faisait pitié à voir maintenant.

Izel arborait un visage neutre, fidèle à son rôle de servante, mais intérieurement, elle était bien amusée par la situation. Shay, un petit garçon voulant rendre fière sa mère. Il parlait de Fal, de ne plus être malade, et Izel trouva qu’il s’ouvrait à elle, même s’il n’en avait peut-être pas conscience, ni l’intention. Elle en profitait pour écouter ce discours qu’elle n’entendait pas au quotidien. Elle aurait presque souri, amusée et quelque peu attendrie par ces divagations, mais la suite vint la surprendre encore plus que tout le reste. Lui demandait-il réellement d’aller chercher sa mère ? Elle ne l’aurait jamais cru si elle n’avait pas Shay sous les yeux à l’instant. Faible, malade et demandant son parent. Comment allait-elle s’occuper de cette requête sans déplaire à Shay ? Elle devait lui rappeler gentiment que sa mère n’était pas à Topaze et Turquoise était un peu loin pour une visite improvisée. Bon. D’accord. Une chose à la fois. Calmer le régent et lui assurer qu’elle maîtrisait la situation, qu’elle s’occupait de toutes ses demandes et tous ces caprices. Puis, elle répondrait à sa requête quelque peu irréalisable dans les délais.  

Izel se mit en mouvement, glissant avec elle la chaise qui se trouvait à proximité, elle s’approcha du bain avec lenteur. Elle se posa à l’extrémité de la baignoire et tendit la main, attendant patiemment de voir un pied émerger de l’eau. Avec respect et prudence, elle attrapa un pied à la fois pour exécuter le massage qu’il avait demandé. Avant de partir, elle allait s’assurer qu’il soit en mesure de passer les prochaines minutes sans elle.

- D’abord, détendez-vous, Majesté. Tout ira bien. Je vais m’occuper personnellement du message à la régente et du reste ensuite. (Elle marqua une courte pause, une légère hésitation avant de reprendre.) Cependant… Turquoise est bien loin, Sir. Vous serez guéri avant même que votre mère n’arrive à Topaze.

Elle se montrait douce et délicate. Sa voix était calme et se faisait rassurante. Elle ne voulait pas brusquer Shay. Elle ne voulait pas qu’il prenne sa remarque comme une offense. Après tout, c’était une requête un peu étrange considérant la distance qui les séparait du manoir Pökontë. Le temps d’envoyer une missive pour informer sa famille et de voyager jusqu’ici, il sera de nouveau en pleine forme. Elle n’en doutait pas. Mais si Shay voulait absolument voir sa mère, elle ne savait pas comment elle pourrait réaliser son souhait… Elle ne faisait malheureusement pas des miracles. Elle changea de sujet rapidement, pour ne pas trop s’attarder sur cette demande, espérant que l’homme allait suivre le cours de la discussion.

- Pour ce que nous dirons à la régente, pourquoi ne pas annoncer que vous avez reçu une missive urgente dont vous devez absolument vous occuper ? Disons… une missive de Turquoise ? Et pour ne pas être en retard dans votre travail, vous demandez bien gentiment à la régente si elle peut aider. Qu’en pensez-vous ?

Prétexter une urgence lui paraissait une bonne raison. Et Izel ne laisserait pas la chance à Dayle d’hésiter, ni même d’émettre la possibilité de s’entretenir directement avec Shay. Elle pouvait s’arranger pour que Dayle ait l’impression de prendre la responsabilité de son propre chef. Il lui fallait simplement bien choisir ses mots et convaincre Dayle que c’était la meilleure solution pour tout le monde. Oh, si Izel allait voir la régente, elle devait aussi s’assurer d’être de retour avant les autres servants qui apporteraient le repas et les serviettes. Intérieurement, elle soupira. Elle n’aurait pas le temps de traîner. Elle se voyait déjà courir dans les couloirs.  

Délicatement, elle laissa glisser le pied de Shay dans la baignoire et se leva en repoussant légèrement la chaise. Il serait temps pour elle de partir, mais elle n’était toujours pas convaincue. Shay était désorienté et capricieux. Comment pouvait-elle l’abandonner ainsi ? Et s’il s’endormait dans son bain ? Elle aurait préféré l’installer confortablement dans son lit et le laisser dormir en paix. Cette idée était moins alarmante, selon elle. De plus, la température de sa peau lui avait semblé élevée, et elle se demandait si elle ne devait pas vérifier avant de partir.

-Je vais maintenant avertir la régente, Majesté. (Avec une révérence, Izel se prépara à quitter la pièce, mais avant de complètement pivoter sur elle-même, elle marqua une pause. Son regard se porta à nouveau sur Shay et elle ajouta :) Comment vous sentez-vous ? Avez-vous une dernière requête avant mon départ ?

Elle était prête à quitter les appartements si Shay lui prouvait qu’il avait repris ses esprits. Sans quoi, elle ne bougerait pas d’ici tant qu’il ne serait pas couché dans son lit. C’était déconseillé de laisser un enfant seul dans un bain. Un enfant malade, par-dessus tout. Elle ne pouvait décidément pas le laisser à lui-même s’il lui demandait à nouveau de lui apporter sa mère.


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Shay
Mar 04 Juin 2019, 14:03

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An 1570 Mois 11


J
’avais l’impression de mourir. C’était une impression désagréable. M’aurait-on empoisonné ? Peut-être qu’en réalité je n’étais pas malade, mais que l’on m’avait empoisonné. Après être devenu hypocondriaque me voilà devenu paranoïaque… mais l’idée ne cessait de tourner dans ma tête durant les moments où j’étais le plus lucide – c’est-à-dire relativement peu souvent. Allais-je mourir ? J’aurais peut-être besoin de l’avis d’un guérisseur après tout.  Un guérisseur, oui, c’était tout à fait ce dont j’avais besoin !

E
t me voilà à nouveau en train de délirer sur ma mère. Izel, quant à elle, subissait mes mésaventures sans broncher, ce qui, je devais bien l’avouer, était quelque chose de louable. Cela démontrait de sa grande patience… ou qu’elle pouvait encaisser beaucoup. L’un n’empêche pas l’autre, de toute manière. Elle s’approcha de l’extrémité opposée à ma tête du bain pour attraper un des pieds que je lui présentais. Là, elle effectua un massage des plus plaisants. Je me détendais au fur et à mesure grâce à ce massage mais aussi grâce à ces douces paroles. Elle n’était pas inquiète, c’est que c’était bon signe ? Mais Izel n’était pas guérisseuse, aux dernières nouvelles. En tout cas elle savait mieux faire les massages que Tim – réflexion que je ne manquerai pas de lui faire parvenir. Mais alors qu’elle tentait de me rassurer et de me détendre, là voilà qui me disait qu’il n’était pas possible d’aller chercher ma mère. L’angoisse revint en force dans mon petit cœur et cela pouvait se lire sur mon visage. Ma mère ne pouvait pas venir ? Déjà cela me permit de me remettre géographiquement en place : je n’étais pas à Turquoise, j’étais à Topaze où j’étais le régent. Inconsciemment, mes mains se crispèrent sur les bords du bain jusqu’à en faire blanchir mes phalanges. J’essayais de réfléchir, mais c’était difficile entre mon délire, ma fièvre et la sensation que j’allais mourir.

I
zel reprit la parole et je tentais de me concentrer là-dessus pour le moment. Cela me permettait d’avoir un contact avec la réalité, que je n’étais pas totalement en train de délirer… du moins j’essayais de m’en convaincre afin de ne pas penser au fait qu’elle pourrait être le fruit de ma propre imagination et qu’en réalité j’étais enfermé dans une geôle avec un bourreau qui m’administrait à intervalle régulier une drogue surpuissante. Merde, je venais juste du penser. Discrètement, je plongeais une de mes mains tout à fait innocemment dans le bain pour me pincer le flanc. Ça a fait mal. Cela avait eut l’air réel. J’essayais de me concentrer sur cette douleur et sur les paroles d’Izel, mais la difficulté de la tâche fit que je ne compris que la moitié de ses paroles. En gros, elle allait parler à Dayle et trouver une excuse : ça je l’avais bien compris. L’excuse en question par contre… quelque chose à voir avec Turquoise et du retard. Ouais, ça n’allait pas être facile de me dépatouiller de ce mensonge si jamais on me reposait la question une fois guérit. J’eus l’impression qu’elle attendait mon approbation sur ce qu’elle venait de dire. Il était peu difficile de lire l’incompréhension sur mon visage, pourtant…

« Hm… euh… oui, d’accord, très bien. »

P
ourtant j’acquiesçais. Que pouvais-je faire d’autres de toute manière ? Lui demander de répéter ? Je n’étais pas bien sûr de mieux comprendre la deuxième fois, pas même lors de la dixième, alors je décidais de lui faire totalement confiance. Je ne devrais peut-être pas d’ailleurs, après tout, elle pouvait très bien prendre l’avantage sur moi, dire n’importe quoi à Dayle, faire de moi un paria et me faire exécuter. Mais non, évidemment, elle ne ferait pas ça, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui la pousserait à faire cela alors que c’est elle-même qui a demandé à entrer dans mon service ? Si elle veut me servir, c’est que dans le fond, elle m’aime, m’admire, souhaite que je reste en vie ! Je préférais m’accrocher à cette idée plutôt que d’écouter ma paranoïa. Si la paranoïa était une personne, par Parandar, sa tête serait mise à prix. Et d’une bonne grosse somme.

E
lle se leva. Sur le coup je fronçais les sourcils, à la fois surprit et peu sûr de saisir la situation. J’avais tellement aimé le massage que j’en avais complètement oublié qu’elle devait aller parler à Dayle – oui, j’ai oublié ce détail en quelques secondes, et alors ? Quand je suis malade, je ne fais pas semblant. Ou plutôt, j’étais tellement paranoïaque quand j’étais malade que je ne faisais pas semblant. C’est plutôt ma paranoïa qui faisait empirer les signes de la maladie… tout est dans la tête, comme on dit. Bref. Izel s’était donc levée pour avertir la régente. Je pinçais légèrement les lèvres et fit un léger mouvement approbateur de la tête, complètement immobile dans mon bain. Elle sembla partir, puis s’arrêta, sa tête revint dans ma direction et s’enquit de mon état. Il y eut un léger silence, silence pendant lequel je la regardais fixement, elle me regardait fixement, sans rien dire. Alors, je me suis rendu compte qu’elle attendait une réponse. Mais j’avais oublié sa question. (Oui, déjà). Alors…

«
Hem… » Je me raclais la gorge. « Oui, oui oui ! » dis-je avec toute la conviction du monde. « Vous pouvez partir. » Je crois que c’était ça qu’elle me demandait non, qu’elle pouvait partir ? Enfin bref. « Et, hm. Peut-être faire appel à, euh, un guérisseur ? » Ma voix se fit toute petite et fluette en prononçant le mot « guérisseur ». Je n’ai pus garder en moi l’angoisse d’être possiblement empoisonné, et cela s’est clairement ressenti dans ce simple mot. Guérisseur. « ’fin… au cas où. Et. » Je fronçais les sourcils, réfléchissant quelques secondes. Pas à ce que je voulais dire, mais à comment dire ce que je voulais dire. Je ne sais pas si je suis clair. On va dire que oui. « Des huiles de massages ! C’était… très bien, le massage, tout à l’heure. Alors, euh, allez-y ! »

J
’eus un faible sourire peu encourageant, mais qui se voulait encourageant pour qu’elle s’en aille. Pour Dayle, je crois. Ça me revenait vaguement. Du coup, j’attendis qu’elle parte, l’encourageant de mon sourire et d’un léger mouvement de la main l’incitant à partir. Lorsqu’enfin elle ferma la porte derrière elle, je poussais un long soupire, comme si tout ceci était fatiguant. A dire vrai, c’était fatiguant. Me concentrer à comprendre les paroles d’Izel et à repousser mes délires de ma tête étaient épuisant. Je calais alors ma tête contre le rebord de la baignoire, levant les yeux vers les motifs gravés dans la pierre du plafond.

L
es lignes du plafond faisaient des mouvements bizarres. Ça m’a donné envie de vomir. Mais je ne voulais pas vomir dans mon bain. Alors… la suite était un peu flou dans mon esprit. J’avais l’impression d’être là, et pas là, de voir les choses, mais de ne pas avoir conscience de mon corps, de ne pas en être au poste de contrôle. Je me suis vu tenter de sortir de la baignoire en glissant sur le rebord, me rétamer par terre, tenter de me lever, ne plus sentir mes jambes, m’étaler par terre à nouveau… la pierre au sol était délicieusement froide. Alors, sans m’en rendre compte, je plongeais dans un sommeil profond et agité, complètement nu et trempé sur le sol froid de ma chambre.


‹c› Vanka


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