Lurking trough the unknown [PV KHANRELL ET DAFFODIL] [TERMINÉ]

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Uthann
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Uthann
Dim 06 Jan 2019, 22:36
Lurking trough the unknown [PV KHANRELL ET DAFFODIL] [TERMINÉ] Giphy

Le soleil s’élevait à l’horizon, baignant paresseusement la cime des arbres de sa lumière tendre et matinale. Une brume épaisse trônant à travers les troncs serrés de la forêt Interdite se dissipait lentement alors que la vie reprenait son cours, sur ce territoire sauvage peu dérangé par la présence des Hommes. Les oiseaux s’éveillaient, chantant à tout vent leur joie de découvrir un nouveau matin calme sur l’environnement forestier. Une envolée fusa hors des épines d’un épais conifère avant de surplomber une marée de verdure aussi ravissante que sauvage. Haut perché sur les branches d’un chêne assurément centenaire, un elfe aux allures primitives ouvrait lentement les yeux sur un paysage à couper le souffle, vision qui, pour lui, était de plus en plus commune. Ouvrant la bouche, l’homme émit un bâillement à s’en décrocher la mâchoire, puis s’étira langoureusement, tel son alter égo félin qu’il affectionnait tant. Délier les muscles après une bonne nuit de sommeil était un plaisir en soi, lui redonnant ainsi l’impression de retrouver le contact avec chacune des fibres de son corps. Levant une main un peu molle, Uthann frotta ses yeux aux prunelles gris acier, puis secoua rapidement sa tête histoire de chasser les dernières brumes de sommeil qui hantait son esprit.

Le sauvageon se redressa sur son perchoir, puis jeta un coup d’œil tout autour de lui. Depuis sa cachette improvisée, il avait un œil sur les environs à des kilomètres à la ronde. C’est qu’il appréciait particulièrement observer son environnement sans le moindre risque! Ça lui permettait d’éviter d’être surpris inutilement. La brume épaisse masquait une partie du sol, mais malgré tout, une légère brise lui fit comprendre qu’il ne s’agissait que d’une question de temps avant que le tout ne se dissipe pour de bon, rendant sa visibilité à quiconque avait la vision affûtée. Uthann se tortilla habilement sur son perchoir, puis opta pour une position accroupie avant de se rapprocher du tronc de l’arbre qui lui servait d’abris temporaire. Il avait soif et avait besoin de se désaltérer. Qu’à cela ne tienne, il savait pertinemment qu’un ruisseau clair coulait tout près, à quelques minutes au nord de sa position actuelle. L’elfe sauvage agrippa une branche, puis se balança dans le vide d’un mouvement agile avant de se laisser tomber sur une autre branche un peu plus bas.

En équilibre comme un chat, l’homme primitif s’éloigna du tronc, puis tendit tous les muscles de son corps pour bondir et attraper la ramure voisine entre ses mains. Son corps se balança dans le vide un instant, puis il lâcha prise sur sa branche pour atterrir sur une autre un peu plus bas, puis une autre… puis une autre… Avant d’enfin atteindre le sol presque sans bruit. Accroupit au sol, Uthann se figea sur place et tendit l’oreille. Il n’y avait rien d’anormal à signaler… Naturellement, il releva légèrement la tête et huma l’air, soucieux de s’assurer qu’il n’y ait aucun prédateur (ou pire, aucun Homme) dans les parages, puis se détendit lorsque ses sens lui firent comprendre que la voie était libre. Il se releva donc, puis entama sa progression presque silencieuse entre les fourrées et les arbres peuplant la forêt Interdite.

Louvoyant à travers la végétation dense, Somandil observait les environs notant malgré lui la présence de deux daims, plus loin, qui détalèrent à sa vue. Les sonorités ambiantes de la forêt le rassuraient, lui donnant l’impression que le temps suivait son cours dans la plus grande des quiétudes. Il se sentait à sa place dans ce vaste univers sauvage, comme s’il s’agissait de sa principale nature, comme s’il était littéralement né au cœur de la forêt même, tel l’enfant farouche qu’il a toujours été (du moins, il lui semblait). Alors qu’il contournait un immense sapin, ses doigts suivants les sillons creusés dans le tronc lors du passage d’un ours, l’elfe esquissa un sourire en coin alors qu’il vit une femelle renard lui jeter un regard, depuis le sommet d’une souche, son petit sur les talons. À voir la fourrure dense de ces derniers, il comprit qu’ils étaient en parfaite santé. Si ça se trouvait, la canidé était en pleine séance d’enseignement de son renardeau. La chasse peut-être? N’empêche, sa simple présence devait les importuner… De toute façon, il n’était pas dans son intérêt de rester plus longtemps. Sans la moindre crainte – après tout, il savait pertinemment qu’il n’était pas leur cible –, Somandil s’éloigna du duo à au pelage roux, puis continua sa trajectoire lorsqu’un bruit typique attira son attention : le doux bruissement d’un ruisseau. Il arrivait à destination! Tant mieux, car il réalisait maintenant qu’il était littéralement assoiffé. Malgré son envie intense de se désaltérer, Uthann restait prudent. Après tout, les points d’eau réunissaient régulièrement plusieurs représentants de la faune : proies comme prédateurs.

Levant le bras gauche tout en optant pour une position accroupie parmi les fourrés, Uthann écarta l’épais feuillage d’une immense fougère, puis scruta les rives rocailleuses du ruisseau de son regard gris teinté de vert. À priori, tout semblait calme. Les oiseaux gazouillaient toujours et ses narines délicates ne percevaient aucun effluve suspect. Sans plus d’hésitation, le sauvageon s’avança, puis ses pieds firent crisser la rocaille du sol. Il se pencha, appuya ses mains au sol et porta sa bouche à la surface miroitante de l’eau, s’abreuvant tout en jetant un regard sommaire devant lui. Même lorsqu’il était occupé, il restait toujours alerte.

Une fois désaltéré, Uthann se redressa, essuya sommairement sa bouche du revers de son brassard en fourrure, puis porta naturellement une main vers son ventre alors que son estomac criait famine. Hmmm… avait-il suffisamment faim pour partir en chasse ou la cueillette de quelconque fruit ferait l’affaire? Il n’eut en rien le temps de répondre mentalement à cette interrogation instinctive qu’une envolée de moineaux attira son attention. Par la simple vitesse de leur fuite erratique, il comprit qu’un truc ne tournait par rond. C’est alors qu’il entendit, au loin, des craquements de branches et le bruissement de plusieurs feuilles. Si cette sonorité était assurément banale à tout être vivant provenant des terres civilisées, Uthann, lui, trouvait qu’il s’agissait d’un véritable vacarme. Brouhaha typique des Hommes, ni plus, ni moins.

Instantanément, il en oublia sa faim et fut rapidement rongé par la curiosité et la méfiance. Douce contradiction qui fit naître un tiers sentiment au creux du sauvageon : la confusion. Devait-il suivre ses instincts primaires et détaler, à l’instar du cerf et du renard? Ou alors suivre son intérêt mal placé pour une civilisation à laquelle il n’appartenait assurément pas? Sans trop s’en rendre compte, l’elfe mordilla sa lèvre inférieure avant de détaler dans la direction opposée au tintamarre entêtant de la présence humanoïde lointaine. Toutefois, au bout de quelques pas furtifs, il s’arrêta. Cette curiosité insatiable le tenaillait sans relâche! Il… Il devait voir. Devait tenter d’en savoir davantage sur ces étranges bipèdes! Uthann laissa échapper un soupir de résignation, puis tourna les talons avant de revenir sur ses pas. Sans trop s’en rendre compte, il se fondit complètement dans la flore, disparaissant de l’œil humain sans la moindre difficulté.

Ses pas défilèrent entre les végétaux, martelant silencieusement la terre sous ses pieds. Zigzagant parmi les arbres, Somandil s’arrêta enfin alors qu’il vit trois bipèdes qui progressaient à travers la forêt Interdite. Deux d’entre eux étaient grands, de carrure impressionnante et arboraient une pilosité faciale assurément virile. Le troisième individu attira davantage son attention au vue de sa silhouette plus gracile aux courbes si… différentes. Plus petite que les deux autres, cette troisième personne s’adressait à ses comparses d’une voix claire, presque suave, voir même joueuse. Elle semblait s’amuser d’une situation qui échappait complètement au sauvageon. Maintenant agenouillé à travers les buissons, Somandil observait cette dernière, complètement fasciné par la grâce de ses mouvements et la différence de son apparence sommaire. Les deux costauds ouvraient la marche, lacérant la végétation de leurs étranges lames brillantes. Bien qu’il ne comprenait en rien la portée de leurs propos, le sauvageon saisissait, de par leur non verbal, qu’ils n’étaient en rien heureux d’être dans un endroit pareil.

L’elfe se releva doucement, puis se glissa silencieusement à travers la flore, histoire de garder un contact visuel avec ces individus qui suscitaient beaucoup trop son intérêt. Alors qu’il se rapprochait prudemment, un nouveau bruissement se fit entendre sur sa droite. Instinctivement, il tourna la tête et vit une bête renifler le sol. Le canidé – probablement un chien – se dirigeait vers lui, puis releva la tête en sa direction. Certes, l’animal ne pouvait le voir, mais assurément, il pouvait sentir sa présence. D’ailleurs, la bête se mit à gronder, hérissant la fourrure de son encolure et montrant les crocs en sa direction. Le cœur de l’elfe se débattit comme un fou et, visiblement, les deux costauds furent interpellés par l’attitude de leur compagnon à quatre pattes. Ils rappliquèrent rapidement, sous le regard curieux de la troisième personne.

Pour sa part, Uthann se releva brutalement, faisant craquer les branches sous ses pieds. La peur le tarauda rapidement, lui faisant perdre ses moyens. Il n’aurait jamais dû s’approcher autant! Perdant le contrôle sur son don, Somandil réapparut sous le regard ébahit du trio, suscitant les aboiements furieux du cabot prêt à passer à l’attaque. Instinctivement, l’elfe sauvage montra les crocs et feula comme un chat sauvage avant de faire volte face, prêt à détaler. Guidé par la crainte, Uthann s’élança dans la forêt, mais un drôle de bruit attira son attention. Rapidement, un bolas fut projeté en sa direction et s’entortilla autour de ses chevilles, le forçant à s’écraser au sol dans un bruit mal. Uthann laissa échapper une plainte, puis se roula sur le dos pour voir ce qui entravait ses jambes. À peine eut-il le temps de noter la présence d’une corde surmontée de sphères métalliques que les deux costauds furent sur lui.

- Tiens, tiens, tiens, qu’avons-nous là? Fit le premier des deux hommes.

- Une sorte de primate sauvage? Ajouta le deuxième.

Somandil se tortilla comme un diable dans l’eau bénite et feula dès qu’on tenta de l’agripper. Visiblement, les deux hommes avaient décidé de s’en emparer… peut-être dans l’idée d’en faire un serviteur ou un guide forcé pour se repérer dans cette damnée forêt? Dans tous les cas, Uthann ne comprenait strictement rien! Malgré tout, son regard acier se planta naturellement sur la troisième personne qui l’observait avec intérêt… Il déglutit péniblement, son esprit fusant à une rapidité effarante à la recherche d’une solution pour se sortir de ce mauvais pas…
Khanrell
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Rôle : Tueuse à gages

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Âge: 27-32 ans
Race: Humaine-démone
Khanrell
Lun 07 Jan 2019, 15:34
Khanrell roulait des yeux vers le ciel en soupirant, se retenant avec difficulté pour ne pas injurier de façon très colorée ses compagnons d’infortunes. Georgio et Horacio ne cessaient de la surprendre par leur imbécilité inconditionnelle depuis le début de leur fortement malchanceuse rencontre. Non mais comment exactement s’était-elle retrouvée en compagnie de ces deux abrutis de chasseurs amateurs, déjà?

***FlashBack***

La Rose Brûlante était plutôt… brûlée. Son pas lent et lourd trahissait sa fatigue, davantage causée par la faim et la soif que le manque de sommeil. En fait, elle s’efforçait justement à ne pas fermer les yeux, de peur de sombrer si bien dans le confort de l’inconscience qu’elle ne voudrait plus jamais en émerger. Elle s’obstinait donc à avancer, résistant à son désir puissant de vider les quelques lampées qui restaient dans son ultime gourde, posant un pas devant l’autre dans le sable ardant du désert qu’elle s’était mise en tête de traverser pour le trill. Outre les sensations fortes, elle souhaitait se mettre au défi, en bonne petite tête brûlée qu’elle était, tester ses limites et renforcir son endurance.

En tout cas, pour tester ses limites, elle avait plutôt bien réussis. Dire qu’elle n’avait remplie que deux gourdes avant de quitter Zénor, songeant qu’elle «les remplirait pendant son périple», comme si elle allait passer son temps à croiser des oasis. Après une semaine de marche, elle n’en avait trouvé qu’une seule, avait fait le plein avec une énergie renouvelée, et s’était remise en route, certaine qu’en rationnant correctement, elle ne pourrait que survivre à l’épreuve et n’en sortirait que plus forte! Hors… cela faisait déjà deux semaines. Autant dire que sa gorge était aussi aride que l’étendue sablonneuse qui s’étendait devant elle à perte de vue.

Autant dire que la décision la plus intelligente avait été de prendre le cap vers l’est, sachant qu’elle se trouvait plus près de la forêt (donc, de la végétation, et de l’eau) que de retourner sur ses pas et rentrer à Zénor. Elle ne pouvait plus remonter vers le nord non plus, elle n’avait que beaucoup trop descendu dès le début de son périple, pour plus de sensations fortes. Finalement, elle n’avait toujours rencontré personne, il était donc vrai que cet endroit perdu n’avait plus guère la population d’antan. Pour ce qui était des défis à relever, la seule qu’elle avait rencontrée avait été le plus féroce : sa survie, seule.

Puis, alors qu’elle n’y croyait plus, qu’elle craignait s’être trop éloignée et songeait qu’elle mourrait ici, au milieu du sable, oubliée de tous, elle les avait croisés. Deux frères, originaires de tributs nomades du désert, qui chassaient. Khanrell avait soupiré de soulagement, n’ayant plus la force, depuis quelques jours, de capturer elle-même ses proies comme elle l’avait fait depuis le début de son aventure, et s’était empressée de rejoindre les deux hommes, usant de ses charmes (et de son désespoir) pour leur imposer sa compagnie, promettant son corps s’ils la ramenaient saine et sauve dans la forêt, plus spécifiquement à un point d’eau, à partir de où elle arriverait à se débrouiller seule.

Oh, bien sûr, elle ne le leur accorderait pas, elle n’était pas stupide non plus. Non, mais, si elle était capable d’user de cette perversion pour commettre ses larcins, le travail restait le travail, ça ne comptait pas. Il s’était vite avéré que ses deux compagnons d’infortunes n’étaient qu’une montagne de muscles sans cervelle, possédant probablement trois neurones à eux deux, et étaient beaucoup trop moche pour qu’elle leur accorde quelque faveur que ce soit, même manuelle, juste parce qu’ils lui sauvaient la vie. Tss, une fille à un peu d’honneur quand même.

***Fin du FlashBack***

Ah oui, c’est vrai, elle avait été à l’article de la mort. Bon, il était temps de leur filer entre les doigts, ils étaient depuis longtemps sous le couvert agréable des arbres qui rafraîchissait l’air toride du désert, qui avait brûlé sa peau au cours du dernier mois et demi, et elle avait si bien abusé des réserves d’eau et de nourriture des deux idiots qu’elle pourrait facilement leur échapper pour ne pas avoir à payer sa dette en «nature». Toutefois, il semblait que Georgio (celui des deux qui possédait la seconde neuronne) ne voulait plus la quitter des yeux, comme s’il craignait qu’elle leur fasse faux bon (oh, il n’était pas naïf?) à moins qu’il s’imaginait qu’elle était un mirage et qu’il était tombé dans un piège… Eh, c’était pas loin.

Les remarques lubriques d’Horacio, plus entreprenant et aux mains extra baladeuses qu’elle devait sans cesse remettre à leur place en leur rappelant leur marché, résonnaient dans l’ambiance étouffée de la dense végétation qu’ils détruisaient à coups de machettes faites de métaux impures et de qualité médiocre pour leur frayer un chemin. Khanrell força un sourire enjôleur qui aurait berné même le plus alerte des hommes, son charisme naturel suffisant à masquer son agacement profond, et feignit d’être enjouée par la perspective d’être bientôt arrivée à destination, tel que le prétendait ses guides. Cela n’avait pas été nécessaire, d’ailleurs, malgré le boucan que menaient les deux gigantesques habitants du désert, elle avait depuis longtemps perçu le bruit de la rivière qui coule doucement, un son qui lui promettait enfin le retour en territoires moins hostiles.

-Oh, mais que tu es impatient! Bas les pattes mon gros ours… roucoula-t-elle d’un ton charmeur pour son propre amusant plus que pour le compliment, parce que ses compagnons étaient si velus que… bref. On entend très bien le courant de l’eau d’ici, et je vous ai déjà répété, BAS LES PATTES!, s’interrompit-elle en claqua un peu trop durement la main baladeuse d’Horacio, répété, disais-je, que vous aurez votre gâterie une fois là bas. Enfin, après le bain, je préfère faire ça propre, voyez vous? Non seulement empestait-elle elle-même la sueur et le brûlé, mais Georgio sentait le cadavre et Horacio les restants de cadavres. Un petit bain, tout le trois ensemble, nu dans l’eau… Allez dites que ça vous tente…

Et pendant que leurs armes seraient loin d’eux, elle en profiterait pour disparaître. Son plan était de les forcer eux à entrer dans l’eau d’abord s’ils voulaient voir un spectacle fort divertissant, mais elle-même ne se dévêtirait jamais et ne ferait que fuir à toutes jambes. Elle détestait prendre des bains, bon. Le temps qu’ils réalisent qu’ils s’étaient fait dupés, Khanrell serait déjà bien loin, et pourrait rentrer tout tranquillement vers Béryl.

Tout à coup, les deux gorilles se mirent à s’exciter comme des mâles en routes devant une femelle en chaleur, sauf que, même si c’était presque ça, ce n’était même pas Khanrell qui avait autant échauffé les sangs, mais plutôt un homme (était-ce bien un homme? La jeune femme l’avait aperçu si rapidement qu’elle pouvait se tromper, il ressemblait plus à une bête) qui était magiquement apparu sous leurs yeux, un peu en panique alors que le chien de chasse de Georgio l’avait repéré à l’odeur. Habituée à la magie et remarquant rapidement les oreilles en pointes du nouvel arrivant, trahissant son ascendance elfique, la Rose Brûlée comprit tout de suite ce qui se passait et ne s’en formalisa pas, mais Horacio semblait en panique et sortit sa longe de trapeur si vite qu’elle n’eut pas le temps d’intervenir, et dans le temps qu’il faut pour dire «ouch», le pauvre sauvageon avait une jambe bien entortillée dans la corde épaisse et reliée au chasseur, feulant et se débattant comme un véritable animal.

Khanrell songea un instant profiter de cette distraction pour s’éclipser de la lourde (sans vouloir faire de mauvais jeux de mots) présence du duo du désert, mais eut pitié de l’homme-bête perdu et paniqué. Pour être honnête, elle n’était pas certaine que les tributs hors-Enkidiev ne pratiquaient pas le cannibalisme alors… Doucement, elle s’avança vers les trois hommes, et se pencha lentement pour être à la hauteur du prisonnier, ignorant les protestations de ses comparses. L’elfe (car c’en était bien un en dessous de toute cette saleté et ses airs animals) semblait sans âge. Elle aurait pu jurer qu’il était plus vieux qu’elle, mais c’était difficile à prouver, il ne semblait pas avoir l’éducation d’un adulte, et pourtant il aurait pu avoir plusieurs siècles en âge, sous toute cette crasse elle n’y aurait jamais vu une ride de toute façon. Ses iris grises transperçaient celles brûlante de la Rose, qui se laissa trop rapidement attendrir par sa peur, et accepta de lui glisser un joli sourire. Pas celui qu’elle réservait à tous les hommes, uniquement destiné à leur faire du charme, mais plutôt celui qu’elle aurait réservé à un enfant, compréhensif et tendre.

-Laissez le tranquille, le pauvre, il n’a pas l’air d’avoir la moindre idée de ce qui lui est tombé dessus… on dirait un petit lapin pris dans un piège roucoula-t-elle à l’intention des trois neurones musclées, papillonnant de ses longs cils en leur direction pour les amadouer. Il y a plein de vrais animaux à manger dans ces bois, on ne va pas crever de faim, on va le laisser partir.

Alors qu’elle sortait une de ses dragues pour trancher la corde du piège, Georgio, toujours plus fin que l’autre, l’arrêta avec une force démesurée pour la situation, enserrant son poignet si fort qu’elle en échappa sa lame.

-Femme au cœur tendre, comme toutes les autres, laisse les hommes décider, tu es trop faible pour comprendre la loi de chasser ou être chassée. Tasses toi, Femme!

Pendant une fraction de seconde, l’assassin serra fortement les dents et fronça les sourcils de colère, mais lorsqu’elle retourna son visage vers son guide, elle avait peint un air innocent et faible sur son visage, jouant les femmes soumises, et baissa la tête en reculant d’un pas pour lui céder la place. Lorsqu’il fut dos à elle, Khanrell s’arma de sa seconde dague, l’assomma de son pommeau et, avant qu’Horacio n’ait le temps de comprendre la tornade qui s’abattait sur eux, fit de même avec celui-ci. La Rose Brûlante pris quelques secondes pour respirer, pressant ses doigts contre l’arrête de son nez, comme pour chasser un vilain mal de crâne, et se retourna à nouveau vers la victime, avec le même sourire qu’elle lui avait adressé un peu plus tôt.

-Bon, à ton tour, je ne vais pas te laisser là, ils ne seront sûrement pas très content lorsqu’ils vont se réveiller et je ne voudrais pas qu’ils passent leur colère sur toi.

La jeune femme s’agenouilla dans la terre pour couper l’épaisse corde, formée de plusieurs petites lianes bien serrées, et l’étranger fut libéré en quelques instants. Pendant tout le processus, il n’avait dit un seul mot, et Khanrell se remémora qu’il n’avait pas parlé du tout depuis le début de l’altercation. En fait, il avait seulement grogné, et produit quelques autres bruits d’animaux, mais sans plus.

-Je suis Khanrell, dit-elle lentement en posant un index sur sa propre poitrine, comme si elle parlait à un handicapé mental, je m’en vais par là, ajouta-t-elle en pointant cette fois-ci le nord, rentrer chez moi. Tu devrais faire pareil, ou aller où tu veux, peu importe, ne reste pas près de ces deux là, je ne sais pas de quoi ils sont capables. Ou je m’en doutes, et ce n’est pas rassurant pour toi.

Bon, il n’avait probablement pas comprit, mais les signes de la Tueuse allait certainement faire l’affaire, car elle avait pointer les gorilles comateux, puis mimer le fait de partir avec, il fallait l’avouer, pas mal de talent. Enfin, elle se releva, étira un peu ses muscles et récupéra l’arme qu’elle avait échappé un peu plus tôt, remarquant immédiatement l’intérêt du sauvageon à la vue du métal brillant, ce qui la fit sourire.

-C’est une dague. C’est fait pour tuer. À nouveau, elle pointa les deux gorilles. Prends les leurs si tu veux, ils ne sont pas d’aussi bonne qualité, mais ça pourra t’être utile pour chasser ta nourriture. Faisant mine de partir, Khanrell s’interrompit au bout de deux pas, car l’elfe ne la quittait toujours pas des yeux. Elle se mit à rire, de cette tonalité qui charmait le cœur de tous les hommes (et de nombreuses femmes), en lui faisant un signe équivoque pour qu’il la suive. Allez, je vais même te montrer comment ça marche, si tu viens avec moi, mais dépêches toi avant qu’ils se réveillent. Oh, et peut-être que je te montrerai comment te laver aussi... Tu sais que tu empestes?
Uthann
Uthann
Uthann
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Uthann
Jeu 10 Jan 2019, 12:00
Il se débattait comme une bête féroce, feulant et grognant afin de maximiser ses chances de s’en sortir. Les hommes qui se penchaient sur lui tentaient tant bien que mal de le maîtriser, mais faillirent bien se retrouver avec une jolie morsure sur les bras. Il voulait qu’on le laisse tranquille!! Comme il regrettait d’avoir été assez stupide d’avoir cru que de les observer était une bonne idée! Il en payait maintenant le prix fort! Un coup de pied par ci, un coup de poing par là… Puis la voix douce de la femme qui s’approchait. Un air soudainement curieux au visage, Uthann jeta un coup d’œil en coin à cette dernière. Elle ne dégageait pas la même énergie que les deux autres… plus calme, moins agressive… et un quelque chose qu’il ne connaissait pas [NB : parce que bon, le style séductrice, ça ne le connaît pas trop!]. Les deux colosses marmonnèrent des propos incompréhensibles pour l’elfe, mais la femelle n’y prêta pas attention. Elle se pencha lentement, puis s’accroupit, à ses côtés. Le cœur du sauvageon se débattait à tout rompre, mais malgré tout, il ne fit aucun mouvement brusque en direction de l’inconnue. Leur regard se rencontra, à la fois curieux et inquisiteur. Elle semblait… clémente?? Enfin, pour peu qu’il sache ce que ça voulait dire. Mais déjà, ce qu’elle dégageait était déjà plus attrayant. Un sourire trônait sur ses jolies lèvres carmines, ce qui était, somme toute, bon signe?

La belle rompit le contact visuel avec l’elfe sauvage, puis tourna la tête vers les deux autres types qui, visiblement, étaient tout sauf enchantés par ce qui se déroulait sous leurs yeux. Elle discuta avec ces derniers, énonçant des propos incompréhensibles pour Somandil, puis papillonna des yeux en leur direction. Pourquoi? Avait-elle du sable dans les yeux? Ça lui était déjà arrivé et c’était tellement énervant… Il en avait eu pour des heures à se frotter les globes oculaires au point où ceux-ci n’arrêtaient pas de larmoyer… Si elle voulait, il connaissait un plan d’eau pour se nettoyer le visage, ça lui ferait le plus grand bien… Enfin, pas qu’il avait réellement envie de passer du temps avec elle (après tout, il était un minimum méfiant), mais comme elle semblait la plus sympa du trio étrange… Bref. Passons.

La femelle ramena son attention vers lui, puis sortit une dague, ce qui poussa Uthann à se tendre comme un arc. Elle… Elle voulait le dépecer?!! Il faisait exactement ça avec ses proies, histoire de récupérer un maximum de matériel. Mais… mais non!! Il ferait une bien mauvaise couverture!! Il n’avait pas assez de fourrure! Peut-être allait-elle se faire une dague avec son fémur?!! NON! Le sauvageon se tortilla davantage, se sentant exactement comme un daim qu’on apprêtait à mettre à mort. Il ferma les yeux, la respiration haletante… quand il sentit ses liens se rompre. Hein?? Naturellement, il ouvrit une paupière et réalisa que la femelle le détachait! Quelle chance! Il allait pouvoir filer sans jeter le moindre regard derrière lui! Toutefois, à peine se réjouissait-il de sa liberté bientôt retrouvée que déjà, l’un des colosses referma sa poigne solide sur le poignet délicat de sa sauveuse, au point où elle en relâcha son arme. Assurément, il n’était pas heureux de voir sa proie s’en tirer à si bon compte!

Le gros type se retourna, puis la femelle décida qu’il était temps de réagir. Sous le regard estomaqué du sauvageon, elle assena un puissant coup derrière la tête de son tortionnaire, le forçant à s’écrouler au sol. Elle… était impressionnante. Puis, dans une prouesse rapide, elle servit le même traitement à l’autre individu qui n’eut aucunement le temps de réagir. A… Allait-elle le frapper à son tour? Somandil se mordilla la lèvre inférieure en voyant sa sauveuse (?) pousser un long soupir et se pincer l’arête du nez. Avait-elle mal? Il avait déjà eu une mouche coincée dans une narine et ça avait brûlé dans la même région… il compatissait, au fond. Il lui suffisait de souffler un bon coup et… ah… ça semblait être passé puisqu’elle se rapprochait de lui sans en faire davantage de cas.

Dans un mouvement calculé, elle se pencha vers lui et articula des propos qui étaient assurément incompréhensibles pour l’elfe sauvage. Puis, elle se rapprocha, armée, et rompit immédiatement ses liens. Uthann poussa un soupir de soulagement, réalisant qu’il ne finirait assurément pas en civet ou en manteau douteux. Il massa naturellement ses poignets malgré la présence de ses brassards en fourrure, puis se redressa en position accroupie. Tournant son regard couleur acier, le sauvageon remarqua la présence de l’animal de plus tôt, tapis dans les fourrés, la tête basse, les oreilles plaquées sur son crâne et la queue entre les jambes. Le cabot était terrorisé à la suite de la défaite cuisante de ses propriétaires. Bien! Que cela ne lui serve de leçon! S’il venait à vouloir s’en prendre de nouveau à lui, Uthann se ferait un plaisir de lui faire comprendre qu’il n’était en rien une bête vulnérable!

La voix de la belle femelle se fit entendre à nouveau, forçant l’elfe sauvage à ramener son attention sur elle. Pointant sa poitrine, elle déclara le mot « Khanrell », puis continua son charabia en pointant le nord. Donc, elle s’appelait Khanrell (du moins, c’est ce qu’il en conclut) et désirait se rendre dans cette direction. Ou alors elle avait laissé quelque chose au nord… ou quelqu’un… ou voulait qu’il l’accompagne au nord? Il n’en était pas sûr. Il se contenta donc d’incliner légèrement la tête de côté en un air interrogateur. Suivant du regard le nouveau geste qu’elle fit vers les deux inconscients, Somandil crut saisir qu’elle désirait qu’il s’éloigne d’eux ou qu’il l’aide à s’éloigner d’eux. Ah… Si c’est un coup de main qu’elle désirait, il pouvait bien lui faire cette fleur… après tout, ne venait-elle pas de lui sauver la mise? Khanrell s’étira langoureusement, puis se pencha pour récupérer l’arme brillante qui, instinctivement, attira l’attention du sauvageon. D’un simple geste du poignet, elle lui permit de jeter un coup d’œil de plus près au dit objet, puis, instinctivement, l’être sylvestre palpa sa dague en os qu’il avait confectionnée lui-même et qui était installée à sa taille, dans son dos. C’était la même chose, sauf que celle de Khanrell était plus jolie, visiblement…

La femelle pointa à nouveau les deux costauds et Uthann se contenta de les observer sans réellement comprendre. Puis, elle se détourna, fit quelques pas, et s’arrêta de nouveau pour l’observer. D’un simple geste, elle lui demanda de la suivre, chose à laquelle il obtempéra en haussant des épaules. Il se redressa donc et marcha à sa suite, observant son étrange chevelure écarlate remontée sur sa tête, rappelant la teinte des fleurs d’hibiscus qu’il avait déjà vu, au sud de la forêt Interdite. De plus, c’était étrange de voir comment son bassin bougeait lorsqu’elle marchait, se mouvant instinctivement de gauche à droite. S’était-elle déboîté un truc? Ça pourrait expliquer pourquoi son mouvement à LUI n’était pas aussi prononcé… Au bout de quelques mètres, la jeune femme sembla lui jeter un regard et sans trop savoir pourquoi, le sauvageon redressa sa tête, cessant d’observer sa croupe féminine… Pourquoi avait-il cette impression d’avoir été pris la main dans le sac? Après tout, ce n’était pas MAL à proprement parlé, non? Elle esquissa un sourire, simple expression que Somandil imita.

Au bout d’un moment, un bruissement doux d’un grand ruisseau se fit entendre, exactement le même que le sauvageon avait visité, un peu plus tôt. Augmentant la rapidité de ses mouvements, Uthann devança Khanrell et se jeta dans le cours d’eau qui lui arriva à la mi-cuisse. Ses mains caressèrent la surface miroitante du liquide frais et il nota la présence de plusieurs poissons de petite taille. Meh… Il allait devoir en capturer plusieurs s’il avait la moindre envie d’en faire son repas. La voix de sa compagne du moment se fit entendre à nouveau, harmonieuse et incompréhensible. Naturellement, Uthann plongea son regard gris acier marbré de vert dans les prunelles de cette dernière… réalisant avec stupeur la couleur éclatante que ces dernières possédaient. Wow! C’était normal, cette teinte? Si vive, si brillante! Il aurait voulu avoir des yeux comme ça. Enfin… pas que ça pouvait réellement lui servir… Pouvait-elle mieux voir dans l’obscurité avec ce regard? Peut-être que cela servait à capter la lumière… comme il aurait voulu pouvoir mieux voir dans la nuit! Ça lui aurait évité bien des surprises! Bref, elle sembla répéter son prénom en pointant sa propre poitrine. D’accord, d’accord, il avait saisi qu’elle s’appelait Khanrell… Pourquoi devoir s’acharner sur le sujet? Puis, le geste de la main qu’elle effectua se dirigea vers le sauvageon. Un silence s’en suivit, ponctué d’un regard insistant de la part de la beauté aux cheveux d’hibiscus. Hmmm? AH!! Elle voulait savoir comment il s’appelait! Cette information, il la détenait! Enfin… l’une des rares, pour dire vrai…

- U… Uthann… Rétorqua-t-il, maladroitement, signe qu’il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis trop longtemps.

Malgré tout, il était fier de savoir articuler son prénom! Ah! Il n’était pas si mauvais, tout compte fait! Il esquissa un sourire ravi, puis se laissa choir dans le ruisseau, en position assise afin de profiter un peu de la fraîcheur du courant. Ses mains triturèrent naturellement les pierres lisses se trouvant au fond du cours d’eau, puis il remarqua, du coin de l’œil, que la femelle retirait quelques morceaux de vêtements afin d’exhiber un peu plus sa peau. Elle avait chaud? Il pouvait la comprendre! C’était une journée particulièrement humide, aujourd’hui! D’ailleurs, il en profita pour se balancer vers l’arrière et submerger son corps entièrement, quelques instants. Ça faisait un bien fou! L’être sylvestre observa les arabesques lumineuses du soleil à travers le filtre aquatique qui s’étalait au-dessus de lui, puis se redressa pour prendre une grande lampée d’air. Il pourrait rester là pendant des heures, profitant des bienfaits du ruisseau!

Il se frotta le visage pour retirer l’excédent d’eau, puis vit que Khanrell s’était approchée de la rivière pour nettoyer sa peau exhibée. Elle tenait quoi, entre ses mains? Sans trop réfléchir, Somandil se positionna en position accroupie, puis se rapprocha d’elle, reniflant l’air l’entourant. Ça… ça sentait drôle. Les fleurs, peut-être? Ou les fruits? Il n’en savait trop rien. Il étira le cou en direction du drôle d’objet ou émanait un peu de mousse, puis sursauta en réalisant que la propriétaire légitime du savon, lui tendait le tout pour qu’il puisse l’observer de plus près. Ah! Maintenant qu’il était si près, il trouvait que ça sentait beaucoup trop fort!! Comment pouvait-elle espérer passer inaperçue aux yeux des prédateurs avec une odeur pareille?! Somandil éternua, puis esquissa une grimace en reculant soudainement. Non, merci! Très peu pour lui!

L’elfe se recula, puis se redressa en position debout, laissant l’eau dégouliner de son corps alors qu’il repérait un truc, parmi les arbres. Han! Génial! Il y avait un mûrier, juste là! Un air visiblement satisfait au visage, il sortit de la rivière, puis se dirigea vers l’arbuste en question, chargé de baies noires qui, au premier coup d’œil, semblaient en majorité bien juteuses. À son approche, les oiseaux qui se repaîtraient prirent leur envol, lui laissant ainsi pleinement accès au festin végétal. Uthann tendit la main et agrippa plusieurs fruits du bout des doigts, faisant bien gaffe à ne pas se piquer avec les épines. Dès que sa main fut pleine, il enfourna quelques baies dans sa bouche, puis poussa un soupir de satisfaction. Il revint ensuite vers Khanrell et lui tendit son butin, soucieux de partager avec elle. Ah? Il lui semblait qu’elle portait moins de fringues que tout à l’heure [probablement par souci de se laver, en fait]… Pas que cela l’importunait réellement, mais il avait vu très peu de bipèdes se dévêtir autant. Malgré tout, le sauvageon esquissa un sourire alors qu’elle sembla accepter sa maigre offrande. Au pire, si elle en voulait davantage, il irait en cueillir d’autres… l’arbuste était tout plein!

Tournant le regard vers la gauche, l’elfe se figea un instant. Il entendait des bruissements, au loin. Les deux colosses s’étaient-ils réveillés? Naturellement, il se mit à gronder, soucieux de ne pas se laisser attraper une nouvelle fois. Somandil se redressa, puis décida de prendre les devants. Retirant rapidement le peu d’effets qu’il possédait, il déposa sa dague en os et sa lance au sol, un peu à l’écart de Khanrell. Il retira ses brassards de fourrure et fit glisser son short rapiécé sans la moindre pudeur. Dès qu’il fut nu comme un ver, il se jeta vers l’avant, plongeant vers le ruisseau, les bras en premier. Toutefois, à peine son corps avait-il quitté le sol que déjà, il se métamorphosa. Au final, c’étaient de puissantes pattes tachetées qui atterrirent les premières dans le bas-fond du ruisseau, éclaboussant tout sur leur passage.

Le sauvageon avait laissé place à un immense jaguar au pelage lustré.

La bête tourna son regard vers la jeune femme, puis ramena son attention vers la forêt, où il pouvait très bien percevoir des bruits ponctués de voix masculines. Ouvrant la gueule, le jaguar feula bruyamment avant de se diriger d’un mouvement félin en direction des types qui s’approchaient d’eux. Ce fut toutefois ce satané cabot qui pointa le bout de son museau en premier et poussa un couinement à en fendre l’âme au même moment où le jaguar se mit à rugir en sa direction. Sans attendre et laissant son instinct primaire prendre le dessus, Uthann se rua sur les hommes qui hoquetèrent de stupeur, bondissant toutes griffes dehors. Horacio réceptionna le grand félin, basculant sur le dos sous l’impact et hurlant de terreur. Les puissantes pattes de la bête l’enserrèrent et ses griffes s’enfoncèrent dans la chair de ses omoplates.

Allaient-ils comprendre le message?! Leur présence n’était en rien requise!
Khanrell
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Khanrell
Ven 11 Jan 2019, 15:08
Heureusement que Khanrell était capable de remplir une conversion à elle seule, car rentrer à Enkidiev en compagnie de l’elfe s’annonçait relever d’avantage du monologue que de la conversation, à croire qu’il avait été élevé par des animaux (ce qui était probablement le cas, quand elle y pensait). Enfin, bien qu’ils parlaient pourtant avec des mots, Georgio et Horacio semblaient eux aussi avoir été élevés par des bêtes, mais pour différentes raisons. Au contraire de ses anciens compagnons de route, le sauvageon semblait mille fois plus civilisé, même s’il n’avait sûrement jamais vu une barre de savon de sa vie, et il avait l’œil intelligent. Ce qui était bien plus louable qu’une masse de muscles sans cervelle.

Le plus difficile, par contre, c’était que, en plus de ne pas parler, son nouveau guide n’avait pas l’air de comprendre un traître mot de ce qu’elle racontait. Voilà qui était embêtant. Il n’avait répondu à rien du tout de ce qu’elle avait dit, même par des hochements de tête, et n’avaient apparemment pas récupéré les armes des deux colosses. Non pas qu’elle s’inquiétait que ce soit un problème, elle était certaine d’avoir frappé assez fort pour qu’ils restent dans le coma quelques heures au moins, mais elle le trouvait un peu bête de ne pas profiter de l’occasion de s’armer un peu mieux. Après tout, elle avait entrevu son «arme» faite d’os, et si elle ne pouvait que féliciter sa débrouillardise, ça n’avait certainement pas la même puissance que du métal. Enfin, il n’aurait certainement pas été apte à l’entretenir convenablement et elle aurait fini par rouiller de toute façon, alors ce n’était pas une si grande perte.

Au moins, il la suivi, comprenant au minimum les gestes forts explicites, à défaut des mots. Cette nouvelle équipe s’avérait plus complexe à mener que prévue, et au final, rentrer chez elle en solitaire n’aurait certainement pas fait plus de mal que d’être accompagnée par l’elfe. Toutefois, sa présence pouvait se relever précieuse, car Khanrell se trouvait présentement en territoire totalement inconnu, alors que l’homme semblait bien chez lui. Son aide pourrait l’étonner, alors elle se ravit qu’il l’accompagne, même en silence. Après quelques instants de marche, sentant l’impression d’être épiée (une impression qui s’avérait toujours exacte dans les foules), la jeune femme se retourna pour constater que le sauvageon lui reluquait le popotin. Elle ignorait si elle devait en rire ou le corriger, pas par pudeur, juste pour lui apprendre que ça ne se faisait pas, car clairement, il n’était pas au courant, à voir sa tronche. Une drôle de pensé lui traversa l’esprit : était-elle la première femme qu’il rencontrait? Ça ne se pouvait pas… il devait bien avoir, ou avoir eu du moins, une mère? Sachant qu’elle n’obtiendrait de toute façon pas la réponse à ses interrogations, la Tueuse les garda pour elle.

Le petit sourire niais du Sauvageon confirma les soupçons de Khanrell mieux que des mots, qui finit par en rire et poursuivre sa route. Le bruissement du ruisseau se rapprochant, la jeune femme soupira bien fort du soulagement que cela lui apportait, car si elle détestait bel et bien l’eau, elle restait humaine, et devait donc boire. Et comme elle était en plus coquette, elle mourrait d’envie de se laver. Juste comme ils arrivaient en vue de l’eau, l’homme se précipita pour la dépasser et s’immergea dans la rivière, semblant bien s’amuser à côtoyer les poissons et s’y baigner. De son côté, l’assassin ne put s’empêcher de frisson en touchant l’eau, beaucoup trop froide à son goût, se demandant comment il pouvait supporter d’y être tout entier. Les bains, même chauds, ce n’était pas tellement son fort, alors froids?

-Hey, l’elfe! Le rappela-t-elle, un peu exaspérée de ne toujours pas connaître son nom.

La jeune femme c’était agenouillée sur le bord de l’eau et fouillait dans sa besace à la recherche de son savon, avec l’idée très claire de se débarrasser du mieux qu’elle pouvait de la poussière du voyage et de l’odeur persistante de sa sueur. Il fallait bien que sa formation d’alchimiste lui serve à quelque chose : il y avait dans se sac tout un attirail de cosmétiques, principalement du maquillage, qui lui servait lors de ses missions. Bien sûr, elle n’en avait pas eu besoin dans le désert, mais faute de disposer d’une résidence où entreposer ses effets, elle les trimbalaient partout.

-Khanrell, répéta-t-elle avec insistance, même si elle était certaine qu’il avait au moins compris cette partie là plus tôt.

Tentant de ne pas se montrer trop impatiente, elle le pointa lui à son tour, et après quelques secondes, à son grand soulagement, la lumière sembla se faire dans l’esprit du sauvageon. Bon, au moins, il avait un nom, c’était déjà ça, mais à entendre sa voix hésitante et un peu rauque, il était évident qu’il ne s’en était pas servi depuis longtemps, sauf pour grogner comme un animal, son vocabulaire s’étendant donc probablement pas beaucoup plus loin que son propre nom.

-Enchantée, Uthann, ajouta-t-elle quand même, espérant voir s’il savait dire autres choses, mais si le sourire ravi de l’Elfe laissait comprendre qu’il était content d’avoir parlé, cela cessa à cet instant, puisqu’il se ré intéressa plutôt à l’eau qui l’entourait, s’y laissant choir de façon à légèrement éclabousser Khanrell, qui eut un très léger mouvement de recule dédaigneux.

Bon, tant pis, de toute façon, il fallait qu’elle les enlève ses vêtements, pour se laver, et peut-être leur faire un brin de toilette à eux aussi, ça ne pourrait pas faire de mal. Elle commença donc par ôter sa cape, ses bottes et sa veste de cuire, et ne pouvant résister, s’empressa tout de suite de frotter avec vigueur ses bras et son visage avec son savon embaumant la lavande, ravie de se sentir un peu propre. Elle comptait bien poursuivre sa toilette en retirant sa tunique (qui n’avait rien d’autre en dessous, un corsage, ce n’est pas confortable en combat) et ses pantalons, également de cuire, lorsqu’elle remarqua l’attitude encore décalée de son compagnon. Cela lui confirma encore ses soupçons, puisqu’il avait l’air de ne jamais avoir vu un savon de sa vie, s’approchant d’elle pour la humer, inspectant la barre solide qu’elle tenait en main. Un sourire amusé aux lèvres, Khanrell le lui tendit, espérant qu’il en profiterait aussi pour faire un brin de toilette et enlever toute cette crasse qui le couvrait, mais il fit vite une grimace de dégoût en se mettant le nez dessus.

-Hé! C’est un peu insultant ça, c’est moi qui l’ai fait à partir de lait de chèvre, et ça sent très bon les fleurs. C’est juste une meilleure façon de «sentir la nature» que celle, plus naturelle, dont tu te couvres… ne put-elle s’empêcher de préciser, bien qu’il ne comprendrait sûrement pas la plaisanterie. Enfin, bizarrement, tu sens quand même moins qu’Horacio, pour un gars qui semble avoir passé sa vie avec les animaux…

Alors que l’elfe (plus nu qu’elle en cet instant mais ça n’allait pas durer), sortait de l’eau, offrant un spectacle qui aurait pu être sexy s’il n’avait pas été aussi crasseux, et se précipitait vers un arbuste pour s’empiffrer de baies, Khanrell haussa les épaules et continua sa toilette avec un soulagement évident. Posant toutes ses armes au sol de façon à pouvoir les récupérer rapidement en cas de besoin, elle retira sans pudeur son pantalon, puis sa tunique, ne gardant que l’étrange petite culotte en coton rouge qu’elle s’était fabriqué à partir d’un vieux vêtement usé, laquelle n’avait comme utilité que de… diminuer le frottement du cuir sur ses parties intimes, rendant la marche fort plus confortable. Et, accessoirement, ça faisait plaisir aux hommes, ce petit côté exotique. Bref, elle portait maintenant la même quantité de vêtement que son compatriote elfique, et s’en fichait éperdument, sachant qu’il était bien le seul homme pour qui ça ne ferait pas d’effet. Il ne savait probablement même pas comment se servir du petit oiseau entre ses cuisses, autrement que pour pisser.

À moins qu’il ait vu les bêtes s’y prendre et en avait déduit qu’il avait des capacités reproductrices aussi? En tous les cas, elle ne tarderait pas à le découvrir, son petit short rapiécé ne cacherait rien si son apparence venait à éveiller chez lui un quelconque instinct animal. Non sans une certaine déception (juste parce qu’elle aimait attiser la convoitise), Khanrell ne pu que constater, lorsqu’il revint lui offrir des baies, que c’était «le calme plat au pays du plaisir». En effet, si Uthann avait remarqué sa presque nudité, il n’en laissa rien paraître, broncha à peine, comme s’il découvrait quelque chose de nouveau et intéressant, mais sans s’y attarder trop longtemps. Avec un sourire ravi, donc, elle accepta quelques baies, délicieusement juteuses qui comblèrent un peu la faim qui ne tarderait pas à être insupportable, maintenant qu’elle avait épuisé les réserves des deux lourdauds. Peut-être qu’elle aurait dû tuer leur sale cabot… elle n’était pas particulièrement chaude à l’idée de manger un animal domestique, mais qui sait… ça pouvait être bon?

Comme si celui-ci avec perçu sa pensée et souhaitait être dévoré pour dîner, le chien fit bientôt son apparition près de l’étendue d’eau. Tout comme Uthann, Khanrell avait également entendu les bruissements justes avant qu’il n’arrive, et avait récupéré l’une de ses lames et s’était redressée en position de combat, oubliant le ridicule de sa posture alors qu’elle ne portait qu’un seul maigre bout de tissus en bas du ventre. De son côté, l’elfe avait grogné, mais plutôt que de s’armer, il se débarrassa de sa dague d’os, et de ses vêtements, au grand étonnement de la belle rousse, qui ne comprenait définitivement rien à cet individu. Celui-ci plongea à nouveau dans l’eau, mais se transforma, sous les yeux ébahis de la tueuse, en félin sauvage juste avant de toucher la surface. Alors, comme ça, les jaguars aimaient prendre des bains? Voilà qui était marrant pour un chat.

Grommelant car elle s’était encore fait éclabousser, Khanrell ne manqua toutefois pas d’admirer la bête sauvage qui se tenait maintenant à ses côtés, face au chien, qui précédait ses maîtres. Soit la jeune femme avait sous estimé le coup porté à leur crâne, ou alors surestimé leur capacité à avoir une grave commotion. En effet, il était probable que les dommages à leur tête soient moins sérieux qu’escomptés, seulement car celles-ci étaient vides… Le très courageux cabot s’en fut aussi vite qu’il était arrivé en faisant nez à nez avec le matou, et même les deux hommes semblèrent prêts à prendre leurs jambes à leur cou en voyant la bête se précipiter vers eux. Il y avait fort à parier par contre qu’ils allaient tenter d’abattre la créature quand même, juste parce qu’ils ne pouvaient pas avoir manqué le fait que la jeune femme était presque nue et leur devait encore la baise de leur vie.

La tueuse aurait dû être inquiète, alors que le corps puissant du félin écrasait Horacio de tout son poids, lui grognant à quelques centimètres du visage. Elle aurait dû être inquiète pour le félin, sachant l’homme armé, mais aussi pour elle-même. Car bien qu’elle ait une lame à la main, elle était pour le moins vulnérable, sans ses vêtements de cuirs pour atténuer les coups, et l’absence de ses bottes rendraient ses pas maladroits. Mais elle n’avait pas le temps de se revêtir, elle devait agir car, déjà, Georgio sortait de l’état d’abrutissement causé par l’arrivée du fauve en furie et dégainait son épée de mauvaise facture pour aller égorger la bête.

-Attaque, Uthann, mord, tue, lança-t-elle au hasard, espérant qu’il comprendrait un des mots. Il serait stupide de donner une seconde chance aux deux hommes, ils avaient choisis de ne pas rentrer bredouille chez eux et venir quérir leur dû, ils n’avaient pas réfléchis. Si elle les laissait encore indemne, ils n’auraient de cesse de les traquer. Tant pis pour eux, oui, Khanrell se retournait vers ceux qui lui avaient sauvé la vie, elle était comme ça, l’animal qui mord la main de celui qui la nourrit, et elle n’en éprouvait pas la moindre honte. Ils n’étaient pas les premiers et ne serraient pas les derniers dont elle abusait de la sorte, vivant selon le principe de tuer pour ne pas être tuée.

Georgio, comprenant que le danger le plus imminent était le jaguar, qui menaçait de bouffer tout cru son ami, tourna le dos à celle qu’il s’imaginait vulnérable, après lui avoir jeté un coup d’œil qui en disait long sur ce qu’il comptait faire de toute cette belle chaire lorsqu’il en aurait fini avec ce chat. Grossière erreur. Ses pieds nus eurent cet avantage de n’émettre aucuns sons alors qu’elle s’avança lentement vers les deux hommes et le félin. Alors que le plus intelligent (avec ses deux neurones) du duo s’apprêtait à attaquer la bête dans son dos, Khanrell fit pareille, se fichant du manque d’honneur d’un tel geste. Après tout, le déshonneur en entraîne d’autre, et il allait commettre le même geste envers Uthann. De toute façon, la base même de son entraînement était de manipuler et abuser de la naïveté des gens pour commettre ses larcins. Disons qu’elle n’avait jamais vraiment eu le moindre scrupule à tuer de façon aussi basse. Sa lame s’enfonça donc bien profondément entre deux côtes du grand costaud, le faisant s’immobiliser d’un coup sec, avant qu’il ne puisse toucher à un seul poil du fauve.

Celui-ci se fit d’ailleurs projeter à cet instant précis, repoussé avec brutalité par Horacio, qui avait finalement réussi à reprendre le dessus sur cette situation pour le moins absurde. Apercevant Khanrell dans toute sa splendeur, il ne remarqua même pas le sang de son ami qui maculait la poitrine et le ventre de la jeune femme. Il dégaina son arme, la menaçant avec celle-ci, tout en surveillant le chat du coin de l’œil. Voilà qui s’annonçait plutôt mal, car si elle avait vaincu Georgio par surprise, elle ne risquait pas de faire le poids à armes égales, puisqu’elle était en désavantage par rapport à la protection qui lui manquait sur sa peau dénudée. Son seul espoir restait que le félin combatte avec elle… et encore. Était-il capable de tuer de sang froid lorsque ce n’était pas pour se nourrir ?

-Toi… ma petite salope. Si tu pensais t’en sauver sans avoir payé. C’est ta vie que tu nous dois, et crois-moi je vais te la prendre, après t’avoir baisé de tous les côtés et par tous les trous. Ensuite je vais laisser ton cadavre de dévergondée en plein air pour que les animaux puissent aussi se payer un festin avant que tu ne te décompose, gronda-t-il en commençant à échanger des coups contre elle, lesquels suffirent bien vite à lui prouver qu’il avait beaucoup plus de force qu’elle.

-Ton attention me touches, Horachou, lança-t-elle dans une tentative d'humour pour ne pas avoir l'air de s'inquiéter sur ses chances de survie. Sauf qu'il se trouve que j'ai d'autres plans aujourd'hui que de mourir dans cette forêt, et encore moins de coucher avec toi, alors peut-être un autre jour hein? Ou jamais...

Ne pouvant compter que sur sa vitesse pour gagner ce combat, la jeune femme tenta de bouger trop rapidement, mais perdit pied en oubliant qu'elle était déchausser et que cela changeait ses points d'équilibre. Elle roula aussi vite sur le sol pour éviter le tranchant de la lame de son adversaire, qui menaçait de la désarmer en lui empalant le bras, et laissa tout de même une brûlante estafilade sur son poignet, qui se mit aussitôt à saigner abondamment.
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Lun 21 Jan 2019, 18:20
Ah, le frisson d’excitation était puissant. L’air brumeux imprégnait l’ambiance de mystère et de danger. On peinait à voir ce qui se tenait au tournant du chemin, si on pouvait réellement parler de chemin. Daffodil se sentait comme une jeune rebelle, explorant la Forêt Interdite par elle-même. Elle s’était faufilée à la frontière de Fal et était maintenant pleine d’adrénaline et d’espièglerie. Elle savait qu’il était fortement déconseillé de s’aventurer dans un territoire aussi dangereux… et elle aimait ça. C’était pour ce genre d’excitation qu’elle se levait le matin, voire que c’était la raison pour laquelle elle avait choisi un mode de vie nomade. Elle trépignait presque sur place à l’idée de poser les yeux sur des merveilles naturelles que la plupart des gens ne verraient jamais de toute leur existence. Au diable l’inquiétude face aux menaces! Elle ferait face à n’importe quel obstacle le moment venu. Elle n’avait pas peur d’un peu d’adversité.

De toute façon, n’était pas donné à tout le monde l’opportunité de récolter des plants de mandragore.

Ah… Oui, voilà la vraie raison derrière sa visite à la Forêt Interdite. Elle avait eu vent de rumeurs selon lesquelles on pouvait retrouver cette plante aux propriétés mystiques en bonne quantité dans cette forêt hors-limite pour le commun des mortels. Il n’y avait aucune chance que la fée passe à côté d’une telle opportunité! La mandragore, outre sa légendaire toxicité si ingérée - rivalisant tout de même avec la belladone-, avait un usage externe peu connu pour le traitement des rhumatismes et de l’arthrite. C’était ce deuxième aspect qui l’intéressait davantage. Elle avait croisé nombre de gens au cours de ses voyages qui auraient pu bénéficier de ce remède méconnu.

Daffodil se frotta les mains frénétiquement, excitée par l’idée d’augmenter sa renommée en tant qu’apothicaire. Bah quoi? Ça ne faisait de tort à personne d’avoir plusieurs entreprises en parallèle, pas vrai?

Les heures défilaient à un rythme échappant entièrement à la magicienne errante. Elle ne cessait de s’arrêter ici et là afin d’observer un spécimen de la flore locale unique de plus près, sortant son cahier de la poche à sa taille afin de faire des croquis des plantes et d’y inscrire quelques notes personnelles. Elle eut à peine conscience du soleil qui se leva et de la brume qui se dissipa graduellement. Il y avait tant de choses à voir!

Jusqu’à maintenant, cependant, elle ne croisa rien qui lui fit voir pourquoi la région était si évitée par les gens. Elle en était pourtant à sa deuxième journée - ou troisième, elle ne savait plus - sur les lieux et elle n’avait pas encore fait la connaissance de monstre. « Meh. » Elle haussa les épaules à cette pensée. Elle n’était tout de même pas pour se plaindre d’avoir eu la vie facile, hein.

Daffodil continua de faire son chemin au travers de la forêt, ayant des yeux tout le tour de la tête, à la recherche de sa précieuse mandragore. Elle aurait tant aimé ramener tout ce sur quoi elle posait ses yeux bleus! Si seulement elle avait un sous-fifre… Euh… un gentil homme fort pour l’aider à trimballer tout ce dont son coeur désirait! Elle ne serait pas limitée à ce qui entrait dans son sac de voyage, qu’elle trainait sur son dos. Encore était-elle chanceuse de pouvoir voler… Ça lui évitait de devoir massacrer la végétation au sol, lorsque celle-ci devenait trop dense. Elle se choquait à imaginer des brutes essayer de se frayer un passage avec une machette… Si de telles brutes existaient dans le coin…

Un feulement jaillit soudainement… Suivi d’un bruissement de feuilles… Puis du craquement de branches…

La jolie blonde sursauta lorsque lui parvint ces sons inattendus. En deux temps, trois mouvements, elle s’accroupit au sol afin d’éviter de se faire repérer par peu importe ce qui avait causé tout ce brouhaha. Elle tendit l’oreille; clairement, il y avait un conflit quelconque à proximité d’elle et elle avait été trop absorbée par sa recherche pour s’en apercevoir. Soudainement, un chien sembla sortir de nulle part et passa tout droit devant elle. Elle prit immédiatement l’animal en pitié, à voir à quel point il était affolé. Elle s’approcha doucement, lui tendant la main afin de le mettre en confiance. « Aaaw, pauvre toutou… Que se passe-t-il avec toi? » murmura-t-elle, lui grattant sous le menton. Un son inaudible pour elle fit fuir la bête, sans que celle-ci ne demande son reste. « Hé! Voilà pour la solidarité... » maugréa-t-elle.

Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle fit appel à sa connection avec l’air afin de localiser la source de l’agitation faisant fuir les animaux… car le chien ne fut pas le seul à prendre ses jambes à son cou. Elle eut connaissance de plus petits animaux qui s’éloignaient de sa position. Bon, cela ne voulait pas dire qu’elle n’avait pas la trouille totale, à l’image des autres êtres vivants du coin, mais elle devait bien faire quelque chose si elle ne voulait pas finir en pâté. Son esprit lui en voudrait éternellement si elle se faisait tuer aussi stupidement.

Les vibrations lui indiquèrent qu’elle se trouvait à proximité d’une rivière. C’était d’ailleurs à cet endroit que les vibrations étaient les plus fortes. Prenant son courage à deux mains, elle utilisa sa magie afin d’amoindrir les déplacements d’air causés par ses mouvements. Elle s’approcha lentement de la source du son, demeurant toujours bien tapie dans l’herbe. Elle s’arrêta à l’orée du cour d’eau, écartant un peu de foin afin d’avoir une meilleure vue. Immédiatement, elle fut outrée de voir une jeune femme rousse dénudée devant affronter un colosse. Les propos tenus par la brute ne firent qu’augmenter l’indignation que ressentait la fée pour celle qu’elle considérait déjà comme une comparse de la gente féminine. (Non, mais elles devaient se tenir entre femmes, pas vrai?) Il n’y avait aucun doute dans son esprit : elle devait intervenir avant que la femme ne se fasse tuer… et fort probablement violer.

… Ou manger par un jaguar.

… Quoi? Un jaguar? Non, non, non, ce n’était pas le temps de se laisser distraire par le gros minou à la fois majestueux et terrifiant. Il y avait une situation encore plus pressante à régler.

Daffodil prit une grande inspiration, autant pour se donner du courage que pour augmenter sa concentration. Elle fit naître un grondement sourd dans l’oreille des combattants, imitant le son d’un prédateur. Elle plaça l’origine de l’illusion à la rivière, derrière tous, et dès qu’ils se retournèrent pour voir quelle était cette nouvelle menace, elle créa l’illusion d’un immense dragon d’eau émergeant des profondeurs, hurlant toujours de plus en plus fort. Les yeux de la créature brillaient de mille feux. L’effet surnaturel eut poussa les adversaires à cesser temporairement les hostilités, l’homme rebutant vociférant à vive allure. Puis, sans crier gare, le dragon fonça directement envers cette pauvre excuse d’humain… Ce dernier ne manqua pas de lever les bras pour se protéger.

Alors, la magicienne bondit hors de sa cachette et s’approcha silencieusement de la femme à la chevelure enflammée, étouffant le bruit grâce à son pouvoir. Toujours en faisant usage de ce dernier, elle lui fit parvenir un fil de son que seulement elle pouvait entendre. « Ne vous inquiétez pas… Ce dragon n’est pas réel. » Elle lui tendit délicatement ses vêtements, qu’elle avait récupéré au passage, tandis que personne ne regardait en sa direction. Enfin, elle se pencha afin de récupérer une grosse pierre et la lança directement à l’idiot lui tournant le dos. Elle soupira de soulagement à le voir tomber lourdement au sol. « Nous devrions partir avant qu’il… ne...»

Ah… voilà qu’elle remarqua le corps inerte au sol d’un deuxième homme. Elle avait totalement loupé ce détail jusqu’à maintenant. Elle avait tout simplement cru que la rousse était recouverte de sang parce que l’autre abruti l’avait violentée. La pauvre fée en eut un haut-le-coeur instantané. « Pardonnez-moi juste un instant...» dit-elle en toute vitesse, avant d’aller vider le contenu de son estomac dans la rivière. Les cadavres, ça n’était vraiment pas son truc. Elle se rinça la bouche et s’essuya vivement les lèvres. Elle se retourna afin de parler d’un plan de match avec la rouquine, mais se retrouva plutôt à tressaillir à la vue du jaguar qui s’approchait d’elle. Elle n’avait pas pensé qu’il serait encore là… À vrai dire, elle pensait qu’il aurait pris la fuite il y a longtemps.

La jeune femme leva les mains, comme pour intimer le félin à ne plus s’avancer vers elle. Elle afficha l’air le plus menaçant qu’elle put. « Recule, bête! Je n’ai pas envie de te faire mal… mais je le ferai, si tu m’y obliges.» avertit-elle.
Uthann
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Uthann
Mer 23 Jan 2019, 16:27
Le félin avait la gueule grande ouverte, rabattant farouchement ses crocs sur le trapèze de son adversaire qui hurla de douleur. Une odeur ferreuse chatouilla rapidement les nasaux de la bête alors que le sang s’évacuait de la plaie du colosse, coincé sous son poids important. La voix de Khanrell se fit entendre, derrière lui, criant des ordres incompréhensibles pour le sauvageon qui, de toute façon, gardait son attention sur Horacio. Grondant, le jaguar secoua vivement sa tête de gauche à droite, tentant vraisemblablement de retirer un bout de chair du corps tendu de son ennemi. Avant qu’il ne puisse réagir, le métamorphe sentit une présence s’approcher derrière lui, suivit d’un autre effluve d’hémoglobine, avant qu’un bruit mât ne se fasse entendre. Interloqué, Uthann relâcha sa morsure sur Horacio et tourna son regard félin vers le corps gisant derrière lui. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa que la femelle écarlate venait d’abattre le deuxième homme sans la moindre gêne. D’ailleurs, le sang de sa victime ruisselait sur sa poitrine dénudée, souillant son estomac par le fait même… Pendant un TRÈS BREF instant, l’elfe ressentit un chatouillement au creux de son estomac, lui donnant l’impression, pendant un instant, qu’il avait peut-être envie d’uriner… Enfin, rien de très important… du moins, il le supposait. Disons simplement qu’elle était plutôt jolie, en soi, et il n’avait pas réellement pris la peine de le remarquer, plus tôt.

Avant même qu’il ne puisse ramener son attention sur sa besogne actuelle, le jaguar sentit sa proie se mouvoir, sous lui. Usant de son impressionnante musculature et de la vague d’adrénaline qui lui parcourait le corps, Horacio frappa le prédateur de toutes ses forces, puis repoussa ce dernier grâce à ses jambes. Sans un son, le félin fut propulsé un peu plus loin, puis atterrit directement dans la petite rivière, éclaboussant tout sur son passage. Ni une, ni deux, le sauvageon se redressa sur ses pattes, puis s’ébroua rapidement tout en se léchant les babines. L’assaut n’était pas douloureux, bien au contraire, mais il avait été pris par surprise. Son regard de félidé se posa sur Khanrell qui faisait face à son adversaire et réalisa que les deux individus s’échangeaient des propos que seuls eux comprenaient. Assurément, au ton de voix emprunté, Somandil put en déduire que l’homme ne la tarissait pas d’éloges… Ou alors lui reprochait un truc… ou alors faisait preuve d’une intensité naturelle qui brouillait toutes les pistes logiques du sauvageon… Allez savoir.

Bref! Les deux adversaires en vinrent rapidement aux coups. Devait-il intervenir à nouveau? En même temps, ce n’était pas SON combat et n’avait pas forcément envie de retirer la vie de qui que soi pour aucune raison… Chaque vie avait son importance pour le bon déroulement des choses, du moins, il en avait la forte conviction. Certes, il avait blessé Horacio, mais c’était pour lui faire comprendre un message très clair : il était sur le territoire d’Uthann et devait partir. Visiblement, tout le monde n’était pas doté de la même intelligence et du même discernement…

Peu importe ce qu’elle disait, Uthann comprit que Khanrell narguait son vis-à-vis, à voir la réaction de ce dernier, fou de rage. La jeune femme esquiva un assaut, puis perdit pied, s’affalant sur le sol à cause de rochers détrempés. Une lame passa près de l’empaler, mais la fille écarlate était trop rapide. Bon… Peut-être Uthann pouvait-il intervenir, ne serait-ce que pour détourner l’attention du colosse? Le jaguar se redressa sur ses quatre pattes, mais figea son geste alors qu’un grondement sourd chatouilla ses oreilles félines. Qu’est-ce que… ça semblait venir de la petite rivière derrière eux… Mais l’eau y était si peu profonde, rien ne pouvait s’y planquer… pas vrai? Toutefois, le sauvageon SAVAIT que la forêt Interdite était imprévisible en plus de regorger de mystères et d’improbabilités. Instinctivement, il tourna sa tête bestiale en direction du brouhaha incessant, puis plaqua les oreilles sur son crâne alors qu’il vit l’eau peu profonde s’agiter.

C’est alors que, survenu d’absolument nulle part, une titanesque créature à écailles jaillit, rugissant dans un vacarme absolu!! QUOI?!!! MAIS ÇA SORTAIT D’OÙ ÇA?!! La queue entre les jambes, l’immense félin détala, les yeux agrandis d’effroi. Il était HORS DE QUESTION qu’il reste à découvert tant que CETTE CHOSE se trouvait dans es parages!! Le jaguar bondit par-dessus les rochers et s’enfonça dans la forêt Interdite sans demander son reste! Il galopa un moment, puis ralentit sa cadence alors qu’il réalisa que la faune environnante semblait plutôt sereine. C-Comment cela se pouvait-il?! L’instinct primaire des animaux était beaucoup trop développé pour que ceux-ci ne puissent réagir à une menace aussi grande que ce monstre au regard étincelant…

Le cœur du métamorphe se débattait dans sa poitrine et il sentait une peur cuisante lui enserrer les tripes… Et… Et pourtant, il se questionnait sur le comportement étrange (à ses yeux, du moins) de ces mésanges qui continuaient de piailler dans un framboisier… Et Khanrell? Allait-il la laisser se faire dévorer par le monstre? Les oreilles toujours plaquées sur son crâne, le jaguar revint prudemment sur ses pas, progressant silencieusement à travers la végétation. Il s’écrasa au sol un moment alors qu’il entendait toujours le rugissement presque irréel de la bête, mais jeta néanmoins un regard à travers les buissons… voyant un drôle de petit papillon s’approcher de la femme écarlate.

Uh??? C’était quoi ça? Une fille avec des ailes d’insecte?? Et toute une paire d’ailes, en plus! Elles miroitaient comme les vaisseaux lumineux du soleil sous l’eau et scintillaient d’un doux reflet irisé. Jamais Uthann n’avait vu quelque chose de si beau! Quelle texture avaient-elles? Délicate? Froide? Douce? Est-ce qu’elles avaient une odeur particulière? Parce que d’ici, il ne percevait rien… hormis un effluve d’urine se dégageant type qui était allongé au sol près de lui, terrorisé par la bête écailleuse qui s’était présentée à eux. Uthann doutait qu’un truc aussi joli que ces ailes puisse sentir la pisse à plein nez… Ou alors il serait franchement surpris! Remarquez, il avait déjà fourré ses narines dans une fleur sublime pour finalement se retourner et dégobiller son poisson frais à même le sol… Il se rappelait très bien l’odeur de charogne qui s’en dégageait… et il valait sans dire que les corbeaux n’avaient pas aidé sa nausée en se repaîtrant de ses vomissures comme s’il s’agissait du plus merveilleux des festins… BREF, il digressait.

Son regard était rivé sur elle et rapidement, le jaguar vit la petite chose agripper une lourde pierre pour en fracasser le crâne de Horacio qui cessa rapidement de bouger. Délicate, mais redoutable! Voilà qui confirmait la fameuse théorie par laquelle il ne fallait jamais se fier aux apparences… La Luciole tourna sa tête blonde en direction du cadavre de Georgio, puis se figea un instant. Dans un mouvement rapide, elle se détourna de Khanrell, puis s’éloigna vers la rivière pour dégobiller le contenu de son estomac… Voilà un repas auquel les corbeaux ne pourraient se rassasier, cette fois… Levant sa tête féline, Uthann constata avec surprise que le monstre semblait disparu. Parfait, il allait donc en profiter pour sortir de sa cachette. Le grand jaguar se redressa donc sur ses pattes, puis s’avança en direction des femelles, son regard étant rivé sur la petite Luciole. À sa vue, la créature se tendit comme un arc et leva sa main en sa direction, articulant des propos que l’elfe ne saisissait évidemment pas. Son non verbal parlait toutefois de lui-même et le félin comprit qu’elle désirait garder ses distances avec lui. Assurément, elle était effrayée par son apparence actuelle et le métamorphe ne pouvait que sympathiser avec elle. Quiconque possédait un MINIMUM d’instinct de survie réagirait exactement de la même façon qu’elle.

Ainsi, Uthann usa de sa magie pour modifier son apparence générale, son corps mutant pour retrouver une taille plus humanoïde. Ainsi, au bout d’un petit moment, ce n’était plus un grand félin qui se trouvait devant les deux femmes, mais un elfe sauvage, en position accroupie… et nu comme un ver, fallait-il le préciser. Ses longs cheveux marron, encore humides de sa baignade précédente, coulaient sur sa peau bronzée par une trop grande exposition au soleil et il toisait les deux femmes de son regard gris acier marbré de vert. Si Khanrell ne réagissait que très peu à sa vue, il lui sembla que la petite Luciole était plus… réactive? Plus prompte? Ou alors elle n’avait jamais vu de métamorphe de sa vie? Ou peut-être regardait-elle ses tatouages fantaisistes? Par curiosité, Somandil baissa le regard sur son poitrail et ses bras, puis haussa des épaules. Assurément, l’idée que sa nudité évidente puisse déranger autrui ne lui avait même pas traversé l’esprit…

L’être sylvestre se redressa donc de toute sa grandeur, puis tourna les talons, revenant près de ses maigres possessions. Dans un mouvement machinal, il prit son short rapiécé et le renfila avant de fixer sa lance dans son dos à l’aide cordes et sa dague primitive à sa taille. Il entendit les deux femmes échanger quelques propos nébuleux, mais n’y porta aucune attention. De toute façon, il ne comprenait strictement rien, donc… Levant ses bras, l’être sylvestre attrapa une lanière de cuir située dans sa poche et noua sa chevelure à sa nuque, puis se retourna vers le corps gisant de Horacio. Il se pencha, puis porta une main près du nez du colosse, réalisant que ce dernier respirait toujours. Mieux valait ne pas tarder et quitter cet endroit. De toute façon, s’il se fiait à la position du soleil qui se pointait à travers la cime des arbres, la journée commençait à être bien entamée.

L’elfe à l’apparence intemporelle se retourna vers ses deux compagnes, puis fit quelques pas en leur direction. Il posa son regard sur la petite Luciole avant de porter sa main sur sa propre poitrine.

- Uthann, répéta-t-il à son intention, du tac au tac. Puis, il indiqua la petite créature ailée, un air interrogateur au visage.

Da… Daffodil? Drôle de nom. Vraisemblablement, cette sonorité amusait Somandil qui esquissa un sourire en coin. Ces bipèdes avaient de drôles d’appellation, parfois! Pointant l’homme au sol, il fit ensuite signe aux deux femelles de le suivre, soucieux de les éloigner de ce dernier. Enfin, de par le geste esquissé par Khanrell, il comprit rapidement qu’elle désirait probablement récupérer ses effets avant de s’activer. Ainsi, le sauvageon attendit patiemment que la femme écarlate s’exécute, puis profita de ce petit intermède pour jeter un nouveau regard en direction des ailes de la petite Luciole. Foutue curiosité… Il DEVAIT savoir quelle texture elles avaient! Sans réellement de retenue, il tendit sa main et agrippa le bout de l’une des membranes cristallines et porta cette dernière à son visage, désireux de humer leur odeur dans le processus. Évidemment, la réaction de la propriétaire légitime de ces bijoux ailés se fit sentir instantanément et l’elfe leva rapidement ses mains en guise de paix. Woooooooh… Elle était farouche, cette petite chose! Elle lui faisait un peu penser à une hirondelle qui combattait vaillamment pour protéger son nid.

Uthann poussa un soupir un peu irrité, puis se recula de quelques pas, notant malgré tout l’air un brin amusé de Khanrell… Sa naïveté avait-elle quelque chose d’hilarant? Dans tous les cas, il avait compris le message : les jolies ailes cristallines, c’étaient pas touché. Dès que sa compagne initiale fut fin prête, l’elfe prit les devants, soucieux de s’éloigner du point d’eau et de Horacio, non sans un regard derrière lui. Franchement, le mystère de la créature à écailles le taraudait toujours…

Bon après, il n’avait aucune idée si Daffodil voulait les accompagner, mais il avait envie de prêter main-forte à Khanrell, alors… Ouvrant donc la marche, Uthann jetait des regards autour de lui, ignorant les deux femelles qui progressaient derrière lui. Tous ses sens étaient dirigés vers les environs, guettant la venue potentielle de prédateurs. Il contourna un conifère géant, puis s’arrêta un moment, le regard rivé sur l’écorce. Les sourcils froncés, il leva une main et palpa le sillon profond du bout des doigts. Un ours était passé par là et la marque semblait assez fraîche. Naturellement, il tourna son regard et scruta les arbres environnants, réalisant que d’autres étaient écorchés à l’instar de celui-ci. Nan… Ils n’iraient pas de ce côté, puisqu’il doutait de la sécurité de cette direction. Mieux valait faire un léger détour par l’ouest avant de remonter vers le nord. Il devait toutefois faire comprendre ses intentions à ses deux compagnes qui devaient bien se questionner quant à son attitude étrange… Somandil se retourna pour leur faire face, puis les toisa un instant.

Sans vraiment en avoir le contrôle ou même savoir comment il faisait, il projeta une image mentale en direction des deux femelles, démontrant un ours qui marquait son territoire, à même l’écorce des arbres. Une fois la scène dissipée, il secoua de la tête par la négative avant de désigner un autre passage un peu plus loin. Il avait agi instinctivement, usant de son don de télépathie sans vraiment comprendre la portée de son geste. L’elfe se remit ensuite à marcher, ne prenant même pas la peine de porter attention à la réaction de ses interlocutrices.

Il avait beaucoup à apprendre sur les interactions sociales… Mais il faisait de son mieux?
Khanrell
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Rôle : Tueuse à gages

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Âge: 27-32 ans
Race: Humaine-démone
Khanrell
Mar 29 Jan 2019, 15:29
Serrant furieusement les dents alors que la douleur irradiait son bras, Khanrell retenait péniblement un cri davantage de frustration que de souffrance. Elle était habituée à avoir mal et cela lui plaisait même en certaines circonstances, mais voilà qui était fâcheux contre un adversaire comme Horacio. En plus, elle avait toujours eu une cicatrisation plus lente que la moyenne, et à la lumière des révélations faites par Kaelan quelques semaines plus tôt, cela commençait à prendre son sens, mais n’était vraiment pas pour l’aider dans sa situation fortement fâcheuse. En effet, la plaie était plus qu’importante et lui nuirait considérablement pendant des jours, un désavantage important pour une tueuse en milieu aussi inhospitalier. Clairement, la Rose Brûlante s’était mise dans de beaux draps en décidant de vouloir berner ses acolytes du désert, mais maintenant, il était trop tard pour revenir en arrière, et sauver sa peau dans la seconde présente était beaucoup plus important que penser à comment elle réussirait à retourner dans le monde civilisé avec sa blessure.

Alors qu’elle évitait une autre attaque traîtresse à son égard (quand même, frapper une femme désarmée au sol, faut pas se gêner) un étrange grondement vint bourdonner dans ses oreilles, tout comme dans celles d’Horacio, visiblement, puisque celui-ci cessa de lui porter attention pour tourner la tête vers l’origine du bruit. Khanrell en profita pour faire une rapide roulade et se relever sur ses pieds dans le même mouvement, récupérant avec un soulagement évident son arme. Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre le combat, la Tueuse ne put que constater que le colosse fixait toujours le ruisseau, d’où provenait l’étrange son, si bien qu’elle fit de même, juste à temps d’ailleurs, alors qu’un dragon, fort différent de celui qu’elle avait vu à Zénor il faut le préciser, s’extirpait de l'eau à vive allure en se précipitant vers l’adversaire de la Rose Brûlante. La première pensée de celle-ci, outre trouver la créature absolument magnifique, était de se questionner comment une telle bête pouvait vivre dans l’eau alors qu’elle existait par le feu, mais ce mystère s’éclipsa dès qu’une voix se fit entendre, lui expliquant qu’il s’agissait d’une illusion et non d’un véritable dragon. Un peu déçue, quand même, car elle adorait ces bêtes hors du commun, la jeune femme fit tout de même preuve d’une rare prudence en tentant de trouver la source de la voix féminine, qui s’approchait soudainement d’elle alors qu’elle aurait juré être seule l’instant d’avant. Comment avait-elle fait pour s’approcher autant sans être entendue? Frustrée d’avoir été prise au dépourvu de la sorte, la mercenaire récupéra les vêtements que lui tendaient la fée, sans la remercier pour autant, ni les enfilant. Elle n’avait pas fini sa toilette quand même, et tant qu’à tuer Horacio, aussi bien ne pas couvrir de sang sa tenue déjà en fort mauvais état.

Toutefois, Khanrell n’eut jamais le temps de régler son compte au deuxième balourd, puisqu’il fut assomé par une pierre lancée par la fée alors qu’il tentait de fuir le terrible dragon imaginaire. En observant plus avant la scène, la Tueuse réalisa que son compagnon félin avait aussi pris la poudre d’escampette en apercevant l’énorme reptile, ce qui lui fit malgré tout tirer une moue ennuyée. C’est qu’elle s’était attachée à cet étrange personnage, même s’il n’avait pas beaucoup de conversation, et comptait un peu sur lui pour rentrer chez elle. Enfin, peut-être que sa bienfaitrice ailée saurait lui être utile aussi sur le chemin du retour? Ou pas. À voir comment elle se vidait présentement les entrailles à la simple vu d’un cadavre, elle n’avait assurément pas l’étoffe de suivre la Rose Brûlante dans ses aventures sanglantes et flambantes. Petite nature. La rouquine roula des yeux ennuyés vers le ciel en retournant pour s’approcher du cours d'eau et nettoyer somairement les éclaboussures de sang qui la maculaient, mais s’arrêta en bon chemin alors que la fée faisait face à un fauve sauvage… Aisément reconnaissable.

-Tu n’as pas peur des grands chasseurs du désert et les attaque à coups de dragons imaginaire, mais tu faibli devant un peu de sang et perd tes moyens face à un mignon petit chat? Roucoula Khanrell sans masquer son amusement, continuant nonchalamment sa progression vers le ruisseau, où elle entreprit de rincer sa tunique pour s’en servir de torchon et éponger le sang sur sa poitrine. Ça va Uthann? Le combat est terminé, tout va bien, tu peux reprendre ton apparence normale. C’était pratique, dis donc, ce petit tour de magie, un bon gros jaguar c’est pas mal plus féroce qu’un petit elfe crasseux, visiblement!

Sachant que, de toute façon, il ne comprenait pas un traître mot de ce qu’elle lui disait, la Rose Brûlante ne faisait pas le moindrement attention à ce qu’elle disait en se nettoyant sommairement, puis en déchirant un morceau de sa tunique pour s’en faire un bandage de fortune pour son bras blessé. Elle suspendit ensuite ce qui restait de son vêtement à une branche d’arbre pour la laisser sécher. Hors de question qu’elle porte des vêtements mouillés, elle détestait se sentir humide (enfin, sauf dans une certaine région de son anatomie, mais on passe) et laisserait donc sécher sa peau à l’air pour que ce soit plus rapide. Pendant ce temps, le jaguar était redevenu un elfe. Ou l’elfe avait cessé d’être un jaguar? Enfin, la fée commençait à comprendre qu’elle n’avait pas à faire avec un fauve affamé, mais faisait plutôt face à un homme bien mur et flambant nu. Khanrell ne put retenir un sourire carnassier alors que leur sauveteuse semblait aussi bien troublée par la nudité de son compagnon qu’elle l’avait été devant le mort, quelques secondes plus tôt.

-Elle se vide les entrailles pour un peu de sang ET rougit comme une donzelle pour un petit oiseau sorti… Ne me dis pas que tu es une noble, ou pire, une princesse? Misère, j’avoue que tu es un plutôt joli brin de femme et tout, mais que ferait du sang bleu en pleine forêt interdite? En quête de sensations fortes peut-être?

Tout en parlant, la Tueuse avait imité le sauvageon et réenfilé ses bottes et ses pantalons de cuir, alors que celui-ci remettait ce qui lui servait vaguement de short. La haut du corps toujours bien au naturel, Khanrell s’était rapprochée de la fée tout en essayant de remettre de l’ordre dans sa chevelure malmenée par son escapade dans le désert et son combat, alors que celle parfaitement bouclée et brillante de la blonde semblait la narguer.

-Je m’appelle Khanrell, mercenaire de mon état en pleine aventure, et pour t’épargner les détails, ces deux gars me tenaient vaguement compagnie pendant un temps, mais ils n’ont pas apprécié que je les abandonne au profit de notre ami Uthann que voilà. Il a pour mission de me ramener à bon port, du côté de la civilisation. Enfin, je crois qu’il a comprit que c’est ce que j’attendais de lui, il ne comprend pas un seul mot de ce qu’on raconte. Merci pour le coup de main quand même, c’était utile. Qu’est-ce qui t’emmène dans ce trou perdu au juste?

L’elfe revenait justement vers elles, après avoir vérifié l’état d’Horacio et noué ses cheveux sales, et pointa son torse en affirmant fièrement son nom, ce qui fit sourire Khanrell et échanger avec l’autre une œillade entendue. Daffodil (car il s’agissait apparemment du nom de la fée) se présenta alors, et Uthann en profita, par moult gestes équivoques, pour manifester l’urgence de quitter les lieux, probablement car Horacio respirait toujours. Même si la tueuse à gages n’aurait exprimé aucun remords à l’idée d’égorger le lourdaud pour régler ce problème, elle comprit que ce n’était pas une option puisque lui parvenait encore la dégoutante effluve du repas renvoyé par la blonde. De toute façon, comme elle avait déjà fait sa toilette et rempli sa gourde, rien n’importait désormais la Rose Brûlante de rester sur place, si bien qu’elle enfila rapidement sa veste (sans l’attacher, car elle se fichait de sa pudeur et souhaitait que sa peau sèche, rappelons le) et ramassa sa tunique humide et ses quelques effets avant de retourner vers ses compagnons d’infortunes du moment.

La scène plutôt étrange fit éclater de rire la mercenaire, qui commençait à trouver qu’elle était tombée sur le compagnon le plus extraordinaire qu’elle eut jamais eu de sa courte vie de tueuse. Eh non, Uthann, explorer le corps des demoiselles sans leur consentement, ce n’est pas vraiment à faire, même si ce n’est qu’une aile. Enfin, un peu ennuyé, l’elfe ouvrit la marche, reprenant la direction de ce qui semblait être le nord pour Khanrell, ce qui fit pousser un soupir de soulagement à celle-ci. Direction Béryl, le royaume neutre qu’elle aimait fréquenter et où elle se sentait toujours chez elle. Ce ne fut que de courte durée toutefois, au grand damn de la Rose Brûlante, puisqu’il s’arrêtait pour les toiser après avoir passé les dernières secondes à inspecter les lieux. Puis, une image frappa l’esprit de la tueuse, s’incrustant dans son cerveau de force, et ce n’est qu’en comprenant son intention qu’elle réalisa que c’était l’elfe qui tentait de communiquer avec elle. Ou avec elles, si on se fiait à la réaction de Daffodil, qui semblait aussi avoir reçu l’information imagée signalant un ours dans les parages. Lorsque l’expérience télépathique fut terminée et que l’être sylvestre reprit sa route dans une autre direction, les deux femmes échangèrent un regard abasourdi.

-Eh bien, à défaut de parler, il sait apparemment s’exprimer un peu, finalement. Et il est plus qu’utile, il a l’air de connaître la forêt et les animaux comme le fond de sa poche, comme s’il y avait vécu toute sa vie… Oh, c’est peut-être le cas, en fait.

N’aillant absolument pas la moindre notion de télépathie, Khanrell ne pouvait malheuresement pas exploiter cette nouvelle connaissance de son accolyte pour essayer de communiquer avec lui par images, mais le dragon créé par Daffodil quelques minutes plus tôt avait été une illusion… Peut-être que, ainsi, ils pourraient apprendre à discuter par cet intermédiaire?

-Tu saurais lui répondre, toi? En image mental, ou avec tes illusions? C’est que j’aimerais bien lui faire comprendre que j’ai faim et qu’il serait plus que temps de chasser notre repas avant de trop poursuivre notre route, mais peu importe ce que je lui dis, il n’a pas l’air de reconnaître le moindre mot!
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Ven 22 Fév 2019, 19:40
Une chose était certaine en ce vaste monde : Daffodil n’était plus autant sous l’effervescence de l’adrénaline une fois qu’elle eut régurgité son dernier repas. Il faut dire qu’elle n’était pas très compatible avec la vue et/ou la proximité à un cadavre, et ce, peu importe la « fraîcheur » de ce dernier… Elle était bien trop chochotte pour être à l’aise avec ce genre de chose et elle n’avait aucunement honte de l’admettre! Elle était simplement mal à l’aise avec la mort. Elle essaya tout de même de paraître menaçante face au jaguar, faisant fi des moqueries de la rouquine.

- Nous avons tous nos faiblesses, d’accord? répondit-elle pour sa défense. Mais qu’est-ce que vous faites…!? s’enquéra-t-elle vivement lorsqu’elle remarqua que sa rescapée ne présentait aucun signe de panique, voire qu’elle retournait nonchalamment vers le ruisseau comme si de rien était. MAIS IL Y AVAIT UN JAGUAR, JUSTE LÀ! Pas dans un univers théorique, mais physiquement à quelques mètres devant elles.

Et puis, c’était quoi un Uthann, franchement?

Attendez… Avait-elle bien entendu : « reprendre une apparence normale »? Est-ce que cela voulait dire ce qu’elle pensait que ça voulait dire? Parce que chochotte ou non, elle n’était pas stupide. Elle avait bon nombre de connaissances en matière de magie; c’était son gagne-pain, mine de rien. La fée se retourna juste à temps pour assister à la métamorphose du félin en un elfe… nudiste, à ce qu’elle pouvait voir. Eh bien, elle aura tout vu durant son périple dans la Forêt Interdite… littéralement tout vu. Elle ne put d’ailleurs s’empêcher de trouver que les tatouages de l’elfe étaient plutôt intéressants, voire uniques. Elle n’avait jamais croisé personne ayant des représentations similaires sur le corps.

La magicienne ne fut pas sans manquer la remarque de la plantureuse rouquine derrière elle. Normalement, elle se serait sentie offusquée… sauf qu’elle devait admettre qu’elle sentait de la chaleur à ses joues. Elle devait être célibataire depuis trop longtemps… Mais ne comptez pas sur elle pour l’avouer! D’autre part, elle préféra accrocher sur la partie où elle se faisait qualifier de « joli brin de femme »… Cela et le fait qu’on la méprenait pour une noble. Là, c’était vraiment la flatter dans le bon sens du poil, comme on dit! Sa réaction fut donc de battre des cils comme une ravissante brebis, relever le menton et préciser fièrement : « Je suis magicienne. Et pour votre information, je suis en quête de mandragore. » Elle ne sentit pas le besoin de se justifier davantage sur la raison de sa visite en ces lieux dangereux, ni même de mentionner ses origines roturières. Personne ne s’intéressait à sa vie de pauvre avant de connaître un peu de succès grâce à ses dons, de toute façon…

Elle plaça ses mains sur ses hanches et regarda autour d’elle, le temps que ses camarades du jour finissent de remettre leurs vêtements… pour le peu qu’ils décidèrent d’enfiler. Il faut croire qu’elle était tombée sur des exhibitionnistes. Elle haussa les épaules, ce n’est pas comme si elle n’avait jamais vu un homme ou une femme sans vêtements.

Une bonne inspiration et elle pensa que la Forêt Interdite était plutôt charmante, quand on prenait le temps de bien la regarder. Certes, ce n’était pas l’environnement le plus sécuritaire qui soit, mais c’était beau de voir la nature avec une intervention minimale de l’Homme.

Khanrell, la plantureuse aventurière, choisit ce moment pour se présenter. La fée hocha de la tête en sa direction, lui faisant savoir qu’elle était enchantée de faire connaissance. « Daffodil. » fournit-elle en retour, mais ne douta pas du fait que sa compagne avait compris son rôle de magicienne. Il n’y avait donc pas besoin de se répéter. Elle démontra néanmoins un certain intérêt pour l’histoire de la rouquine, la suivant de son regard bleuté tandis qu’elle parlait. Daffodil retira deux points importants de ce petit résumé :

1- Mieux ne valait pas tomber dans les mauvaises grâces de la guerrière, sous pein de se faire zigouiller avant son temps.
2- La mercenaire avait possiblement, voire très probablement, une loyauté changeante. Il ne fallait donc pas prendre pour acquis que parce que le trio était du même côté maintenant que ça resterait toujours ainsi.

Bon, d’un autre côté, à avoir été témoin de la scène avec la brute tout à l’heure, Celandine pouvait aisément comprendre pourquoi sa nouvelle connaissance n’avait peut-être pas eu le goût de continuer à le suivre jusqu’à ce qu’ils retournent parmi la civilisation. Elle aurait sans doute cherché un moyen de se débarrasser des deux hommes elle aussi, si elle s’était retrouvée dans la même situation.

- Ah bon? ne put-elle s’empêcher de demander lorsqu’elle apprit que l’elfe (Non, non, elle ne l’avait pas oublié.) ne parlait pas du tout leur langue. Voilà qui était vraiment dommage… Rien du tout? demanda-t-elle quand même, question d’être certaine qu’il n’y avait rien à soutirer du sauvageon. Zut, flute…. Elle pouvait oublier ses intentions de le questionner en profondeur sur ce que ça faisait d’être un métamorphe et la façon que le tout fonctionnait. Une belle opportunité de perdue, ça! En même temps, il n’y avait pas que du négatif dans cette nouvelle. Tout cela donnait une meilleure idée à l’être ailé sur la façon de communiquer avec Uthann. Son talent d’illusion allait lui être d’une plus grande utilité qu'initialement prévu.

- Ce fut un plaisir, ma chère! Il faut se tenir les coudes entre femmes, après tout. Bon, d’accord, il y avait un mâle parmi eux… Mâle qui les ignorait royalement et semblait plus intéressé par la respiration de l’homme gisant au sol, mais qui techniquement faisait partie de leur petit groupe de fortune. Comme je le mentionnais plus tôt. je suis à la recherche de plants de mandragore. Ils sont plutôt rares, mais ô combien utiles! J’ai eu vent à Fal qu’il y en avait possiblement dans la région. Je n’ai pas pu résister à l’idée de m’en faire une petite réserve avant de reprendre la route vers d’autres horizons. Elle demeura vague sur sa destination puisque, en toute honnêteté, elle ne s’était pas encore décidée sur quel royaume aurait la chance de recevoir sa magnifique présence après ce périple en territoire inconnu.

Tout à coup, l’elfe revint près des deux demoiselles. Ses actions primitives firent hausser les sourcils de la magicienne. Bon, d’accord, son vocabulaire était franchement limité… Mais il connaissait son nom, c’était mieux que rien. Elle lui rendit donc la pareille, afin de lui faire plaisir, et se présenta de façon similaire, énonçant chaque syllabe de son prénom. « Daffodil. » répéta-t-elle à un rythme plus normal pour qu’il sache la façon non-exagérée de son nom.

Il ne fallut, par la suite, pas un grand génie pour comprendre qu’Uthann incitait ses deux compagnes à le suivre avant que le blessé au sol ne reprenne conscience. La fée devait admettre être d’accord avec lui; plus vite ils partaient des abords du ruisseau, plus vite ils se retrouveraient en sécurité… relative, disons. Par réflexe, le regard de la blondinette suivi la guerrière qui récupéra ses articles, simplement parce qu’elle avait capté le mouvement du coin de l’oeil.

Erreur.

La pauvre fée sentit qu’une de ses ailes se faisait agripper et sa réaction fut immédiate : yeux ronds comme des écus, grognement, battement effréné des ailes et retournement instantané vers le coupable… qui était nul autre que l’elfe. Oh, le pauvre ne savait pas qu’il venait de se mettre les pieds dans les plats. « NON. » tonna-t-elle, sur le point de hurler sa vie, en même temps que son corps fut parcouru de frisson. Uthann était mieux d’enlever ses sales pattes de ses ailes parce qu’autrement, il allait se rendre compte que sa copine pouvait être incroyablement maline. Elle n’était pas au-dessus de mordre ou de griffer au visage pour montrer son mécontentement. D’ailleurs, elle fusilla le sauvageon du regard dès qu’elle l’entendit soupirer. Oh, comme ça, Monsieur n’était pas content de sa réaction? Daff inspira fortement du nez pour ne pas se venger en tirant les cheveux du sauvageon, question de voir comment il aimerait ça se faire toucher sans permission! Elle préféra également ignorer le rire de la rouquine; elle n’avait pas besoin davantage de raison de grimper - figurativement parlant - plus dans les rideaux.

Zen… Elle devait être zen…

Elle prit une profonde inspiration, puis expira lentement… Et elle recommença l’exercice à quelques reprises avant de partir à la suite des deux autres joyeux lurons. Elle aurait aisément pu partir de son propre côté… Car, contrairement à Khanrell, elle n’était pas perdue, voire qu’elle avait une assez bonne idée d’où elle se trouvait. Par contre, elle jugeait préférable d’accompagner l’elfe et l’humaine le temps de s’assurer que la brute qu’elle avait assommée ne les retrouve pas. Ils avaient plus de chance de le neutraliser s’ils étaient trois que si elle se faisait surprendre toute seule, pensant faussement qu’elle était hors de danger. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait une destination précise à atteindre ou un horaire quelconque à respecter…

Daffodil laissa l’elfe scruter son arbre et analyser sa découverte. Elle en connaissait suffisamment sur les expéditions en forêt pour savoir qu’il avait trouvé la trace de quelque chose et qu’il réfléchissait à l’impact que cela aurait sur leur itinéraire… Parce que forcément, il cherchait à amener la plantureuse mercenaire quelque part. Sans compter qu’il semblait connaître la Forêt Interdite comme le fond de sa poche… inexistante. Avait-il simplement déjà eu des poches après ses shorts? Savait-il ce qu’était une poche? C’était à se poser la question… mais pas le moment pour s’y attarder puisqu’il envoya une transmission télépathique. Elle sut immédiatement que les images provenaient de l’elfe, car il s’agissait d’un ours dénotant la périphérie de son territoire et il n’y avait qu’Uthann pour avoir eu ce raisonnement à ce moment-même. Les deux autres gonzesses s’étaient plutôt contentées de le laisser faire ses petites affaires. Eh bien, le sauvageon ne cessait de les surprendre. Ensuite, sans faire plus que secouer la tête, il reprit la route.

La fée tourna la tête en direction de sa compagne, les sourcils froncés, avec des yeux voulant dire : « Tu savais qu’il pouvait faire ça? » Après tout, la rousse le connaissait depuis plus longtemps qu’elle… Mais à entendre ses propos, c’était du nouveau aussi. Elle était également d’accord que l’elfe, malgré sa communication limitée, était plus qu’utile… surtout s’il était vrai qu’il avait passé sa vie dans la Forêt Interdite. C’était une théorie qui était plus que probable, même. « Oooh… » s’exclama Celandine. « Ça expliquerait bien des choses. » Elle ne put s’empêcher d’imaginer une version miniature d’Uthann jouant avec les animaux de la forêt… Sauf que si tel était le cas, avait-il une famille toute aussi illettrée avec lui de cachée quelque part? Ou avait-il plutôt été abandonné? Ce serait fort triste comme destin si on avait laissé un enfant dans un environnement aussi hostile… Comment pouvait-on apprendre à se débrouiller quand tout essayait de nous manger ou nous tuer? Il fallait certainement être très débrouillard et fait fort, surtout.

- Hmm?

Elle revint à la réalité lorsque Khanrell lui adressa la parole une fois de plus, lui demandant si elle pouvait l’aider à communiquer ses besoins à l’elfe. Elle hocha de la tête face à sa requête. Elle pouvait effectivement aider à faire passer le message à leur comparse; elle avait même un net avantage grâce à sa magie.

- Je m’en occupe! dit-elle, accordant un clin d’oeil à sa nouvelle connaissance. Un petit encas ne serait pas de trop!

La petite fée s’avança vers leur guide et lui tapa sur l’épaule, volant sur place pour être à sa hauteur. Elle lui fit un joli sourire. Après leur accrochage de tout à l’heure, elle voulait mettre toutes les chances de son côté pour qu’il soit ouvert à aider les deux demoiselles à se nourrir. Elle ouvrit la bouche, mais la referma en constatant qu’il était distrait par le mouvement de ses ailes. Elle roula des yeux, soupirant, puis se posa au sol. Clairement, le fonctionnement de ses ailes était un peu trop fascinant pour Uthann… « Écoute, mon chou, on a quelque chose à te demander... » commença-t-elle en se pointant, puis en pointant la plantureuse rouquine. Elle entraîna ensuite ses deux compagnons dans un coin plus discret, où ils pouvaient se cacher potentiellement de prédateurs… Ne sait-on jamais! Elle fit alors signe à l’elfe de s’asseoir sur un tronc d’arbre et s’agenouilla devant lui. Elle tendit les deux mains en sa direction, les paumes vers le haut. À ce moment, elle fit apparaître une représentation des trois compagnons de fortune qui marchaient quand, tout à coup, Khanrell mis les mains sur son ventre qui grognait… parce qu’elle avait faim. Elle illustra ensuite les trois qui chassaient un sanglier, la scène étant rapidement suivie du trio qui se régalait de viande grillée devant un feu.

Bon… Elle était consciente qu’ils ne risquaient pas de tomber si facilement sur un sanglier et devraient probablement se contenter de quelque chose de moins juteux… ou simplement de moins appétissant… mais elle se disait que son illusion exprimait clairement que les deux filles voulaient de la nourriture.

Elle ne put s’empêcher de sourire en voyant le sauvageons essayer de toucher les images qui bougeaient d’elles-mêmes. Elle secoua la tête. « Magie... » souffla-t-elle, sachant bien que son explication était perdue dans la barrière du langage.

- Oh! Elle eut une illumination soudaine. Uthann, petit coeur, je cherche aussi quelque chose… et je crois que tu pourrais peut-être m’aider, mon grand homme! Ok… Pas mal tout le monde était grand comparé à sa personne, mais ce n’était qu’un détail… Porte bien attention… ajouta-t-elle devant son air confus. Elle fit alors apparaître une représentation d’elle-même plus tôt dans la journée, explorant la forêt, visiblement à la recherche de quelque chose, sans ne jamais le trouver. Elle fit ensuite apparaître un mandragore. En as-tu vu dans les environs? Devant la mine pensive de l’elfe, elle secoua la tête. Je m’égare… Première étape : nourriture. Deuxième étape… Elle montra les trois jeunes gens étendus à la belle étoile, dormant paisiblement. Demain… Demain, si tu veux bien, on reparlera de la mandragore. Elle lui montra la lune qui se coucha et du soleil se levant, puis le groupe improvisé repartant à la recherche de plants de mandragore pour terminer leur longue marche en bordure du royaume de Fal.
Uthann
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Ven 22 Mar 2019, 11:33
Le regard porté sur l’horizon entre les immenses arbres de la forêt Interdite, le sauvageon se remit à déambuler à travers la végétation, choisissant un itinéraire différent pour se rendre à bon port sans forcément croiser la route inopinée d’un ours affamé ou en rut. Après tout, peut-être possédait-il des défaillances évidentes en matière d’interactions sociales, mais il avait néanmoins une grande âme et aider ses compagnes à se rendre à destination (pour peu que ce soit également l’objectif de cette drôle de Daffodil) lui importait réellement. La forêt Interdite regorgeait de dangers pour qui ne la connaissait pas et il n’avait absolument pas envie de ressentir ce pincement au creux de son estomac si caractéristique lorsqu’il agissait contre sa conscience… parce que oui, il en possédait une! Tendant le bras pour écarter une immense feuille qui pendait sur leur trajectoire, l’elfe ne porta que très peu d’attention aux jeunes femmes derrière lui qui, assurément, discutaient entre elles dans un dialecte qu’il ne saisissait à peu près pas.

Alors qu’il contournait un rocher imposant, le sauvageon haussa les sourcils de surprise en sentant quelques petits coups portés à son épaule assurément destinés à attirer son attention. Et bien… c’était réussi! Tout naturellement, Uthann se retourna pour faire face à son interlocutrice et sursauta en constatant qu’elle ne touchait littéralement plus le sol! Dans son dos délicat, les membranes transparentes semblables aux ailes d’une libellule (mais en plus joli, avouons-le) s’agitaient à une vitesse ahurissante, hypnotisant Somandil pendant quelques instants. Évidemment, elle tentait de lui communiquer un message évident, mais au vu du mouvement sans cesse des ailes cristallines irisées, le sauvageon ne pouvait faire autrement que d’être distrait. La bouche ouverte, Daffodil sembla vouloir lui dire quelque chose, mais se ravisa non sans un soupir d’irritation. Bah quoi! Elle n’avait qu’à ne pas agiter ces joyaux scintillants dans tous les sens et, ainsi, elle aurait son attention! Assurément, elle avait lu dans ses pensées d’une quelconque manière, car elle se posa au sol devant lui, puis prononça des mots trop inconnus avant de pointer sa poitrine et celle de Khanrell. Ayant tout de même un minimum de discernement, l’elfe sylvestre comprit rapidement qu’elle désirait qu’elle le suive et il obtempéra sans la moindre résistance.

S’arrêtant aux abords d’une petite clairière dégagée (ce qui permettait d’avoir une bonne vue d’ensemble sur les environs, et donc, d’éviter de se faire surprendre par des prédateurs opportunistes), le sauvageon s’installa sur un tronc d’arbre renversé, à la demande du petit oiseau aux longs cheveux dorés. Cette dernière posa donc ses genoux au sol et tendit les mains en sa direction, paumes vers le haut. Naturellement, Somandil fronça des sourcils, se questionnant assurément sur le but profond de ce geste si banal. C’est alors qu’il fut surpris par une apparition soudaine, prenant naissance à même les mains délicates de la jeune femme. Wow… Comment faisait-elle?? C’était… terriblement fascinant tout ça! Au cours de cette apparition imagée, l’elfe centenaire put voir un trio qu’il reconnaissait trop bien déambuler à travers la forêt : lui, Khanrell et Daffodil, en l’occurrence. C’est alors que, pendant cette prestation surprenante, la représentation de Khanrell sembla se tenir le ventre sans crier gare… Ah ouais, des gaz… ça lui arrivait parfois, et c’était vraiment énervant. Ah, non ce n’était pas ça! À les voir poursuivre un sanglier avec ferveur, puis se délecter de la chair de cette proie, Somandil put très facilement comprendre l’enjeu actuel : elles avaient faim.

Même s’il était réellement enclin à chasser pour elles, le sauvageon ne put s’empêcher de porter sa fascination pour l’apparition étrange au point de vouloir y toucher. C’était étonnant de voir à quel point ses doigts ne faisaient qu’effleurer l’air sans pouvoir percevoir le moindre contact avec cette représentation époustouflante d’eux-mêmes. Daffodil sembla malgré tout s’amuser de son comportement presque juvénile et esquissa un sourire en prononça un simple mot : magie. C’était comme ça que ça s’appelait? Il aimait bien la magie dans ce cas. Peut-être pourrait-elle lui montrer autre chose? D’autres tours?

- Magie… répliqua-t-il tout bonnement en souriant doucement.

Les traits du petit oiseau s’illuminèrent soudainement, alors qu’une idée évidente lui parcourait l’esprit. Elle se remit à parler rapidement, probablement soucieuse de garder son attention, bien qu’il ne pouvait suivre un traître mot de ce qu’elle disait. Wow, wow, wow! Doucement! Elle s’emballait et il ne savait même pas pourquoi! Devant son air confus, la jeune femme désigna à nouveau ses mains et il y porta tout simplement son regard couleur acier, les sourcils froncés sous la concentration. Une nouvelle image y apparut, démontrant Daffodil farfouillant la forêt, sans grand succès. C’est alors que la scène se dissipa, laissant ainsi apparaître une plante toute particulière, feuillage et racine inclus. Oh ça… Il en avait vu quelques-unes oui. Certaines poussaient non loin de sa grotte, dans une zone particulièrement exposée à la lumière et aux intempéries lors des belles saisons, mais aussi plus près de la limite méridionale de la forêt Interdite, sans toutefois pousser aux abords du désert, tout au sud (puisque l’air ambiant y était trop sec et trop aride). Ces petites fleurs bleutées aimaient les températures plus chaleureuses, mais également très pluvieuses… Il n’en avait vu que très peu et s’en tenait loin, vu l’odeur puissante qu’elles dégageaient. Pourquoi s’intéressait-elle autant à une plante qui, somme toute, semblait plus que banale? Malgré tout, elle semblait tenir à cette histoire et il pouvait bien la guider vers l’endroit tout indiqué, mais avant, il devait aider Khanrell…

Devant son air songeur, Daffodil secoua soudainement de la tête, puis changea l’image apparente pour une représentation fort réussie du trio dormant à la belle étoile. La lune céda sa place au soleil, puis le trio se remit en marche, vers le sud cette fois. Oh elle voulait qu’ils partent à la recherche de cette plante dès le lendemain? Heu… okay. Mais Khanrell voulait se rendre à la limite septentrionale, ce qui était opposé au lieu indiqué par Daffodil. Était-elle moindrement d’accord pour changer d’itinéraire, comme ça? Il jeta un regard incertain vers la flamboyante femme qui, assurément, n’avait en rien perdu le fil de la discussion silencieuse qui s’effectuait devant elle. Bon… Faute de pouvoir réellement discuter ouvertement avec elles, le sauvageon songea qu’il serait plus judicieux de les laisser démêler tout ça entre elles. Pour sa part, il était prêt à s’occuper de la portion chasse. Seulement, ça allait peut-être prendre un certain temps. Vu la journée déjà assez entamée, il allait surement revenir au crépuscule, si la chasse était bonne. Faire un feu serait judicieux, assurément. Toutefois, il était hors de question qu’il dorme à même le sol, beaucoup trop dangereux… Ces arbres étaient immenses et matures… Ils feraient des nichoirs parfaits pour la nuit. Il fallait dire que la forêt Interdite regorgeait de créatures étranges de toute sorte et rester sur la terre ferme faisait d’eux des proies facilement repérables… Et encore! Il ne parlait pas des insectes rampants et des serpents qui pouvaient parfois se cacher dans les fourrés…

Se redressant de toute sa grandeur sous le regard de ses compagnes du moment, Uthann dégaina sa lance rudimentaire, prêt à partir en chasse. Pouvaient-elles s’occuper d’allumer un brasier? Il désigna les bois d’un mouvement de menton, puis, pour ponctuer son idée, se pencha pour agripper quelques pierres rondes dans le but d’entamer la formation d’un cercle. Assurément, elles allaient comprendre là où il voulait en venir. Hochant de la tête en leur direction, il tapota son ventre pour leur faire comprendre qu’il allait chercher de quoi se nourrir, puis, sans un mot supplémentaire, détala sous le couvert des arbres, ses pas étant étonnamment silencieux à travers la végétation luxuriante.

****************

Le temps avait passé à une vitesse folle et le soleil avait fini par décliner à l’horizon. Il avait mis un moment à suivre la piste d’une proie, remontant finalement jusqu’à elle alors que la pauvre créature s’abreuvait à un étang. Un coup de lance bien placé, l’animal s’écroula sous l’assaut et la douleur. Peu soucieux de voir son futur repas agoniser plus longtemps, l’elfe s’empressa de lui trancher la gorge avec son poignard en os taillé, puis apposa gentiment une main sur le flanc de la biche, plongeant son regard dans le sien afin d’éviter qu’elle ne meure dans la solitude et l’incompréhension. Il soutint ces magnifiques prunelles couleur terre avec sérénité, caressant le pelage dans un mouvement apaisant jusqu’à ce que l’étincelle de vie ne quitte le regard du cervidé. Uthann ne tuait jamais pour le plaisir, considérant intérieurement que chaque vie avait sa valeur et son but. Toutefois, manger était une priorité pour sa survie et il s’affairait à chasser dans le plus grand respect de ses proies. Il n’aimait pas l’idée de les laisser mourir seuls, dans la terreur la plus totale… alors il restait près des agonisants, quand l’occasion le lui permettait. Une dernière caresse à l’encolure de l’animal fut prodiguée, puis il essuya ses armes dans les fourrés avant de ranger le tout. Heureusement, la biche n’était pas SI grosse, alors il n’eut pas vraiment de mal à la ramener sur ses épaules, revenant sur ses pas et guettant les environs dans le processus.

Au but d’un moment, il sortit enfin du couvert des arbres, puis se dirigea directement vers le brasier bel et bien allumé qui crépitait chaleureusement dans la petite clairière. Les deux femmes l’y attendaient, vacants à leurs occupations en attendant son retour. Certes, il était presque sûr que Khanrell et Daffodil savaient se débrouiller en matière de chasse, mais il préférait agir seul… par habitude. Une fois à quelques mètres d’elle, le sauvageon déposa son lourd paquetage (parce qu’il commençait à fatiguer, surtout!) au sol et poussa un soupir de soulagement. Naturellement, il fit des mouvements circulaires de sa tête et de ses épaules dans le but évident de détendre le tout, puis nota des branches taillées en pointe qui allaient servir de broches pour la viande. Bonne idée… peu importe qui avait fait une telle chose. Dégainant sa dague en os, Uthann s’installa en position assise sur l’herbe, puis lacéra la chair de leur repas, histoire de dépecer le tout et d’en détacher les morceaux les plus délectables. Il s’occuperait d’enterrer les vestiges, plus loin, histoire d’éviter de guider les prédateurs environnants directement sur eux.

Somandil tendit les pièces de viande à ses interlocutrices afin qu’elles s’occupent d’embrocher le tout et de les installer au-dessus des flammes. Un regard en coin lui permettait de détailler ses compagnes improvisées, notant également la fatigue qui ponctuait leurs traits délicats. Certes, Khanrell devait être épuisée en vue de ce qu’ils avaient vécu aujourd’hui et Daffodil avait surement voyagé beaucoup. Il pouvait les comprendre et était prêt à prendre le premier tour de garde, au besoin. D’ailleurs, il devait les informer pour la suite des choses… Mais comment?

- Khanrell? Daffodil? Fit-il tout bonnement pour attirer leur attention.

Puis, il détourna la tête vers les arbres, désignant l’immense chêne imposant du menton. Sans trop s’en rendre compte, une image télépathique fut balancée vers les deux femmes, démontrant l’elfe qui sommeillait, étendu sur une branche large, le dos apposé contre le tronc derrière lui. Il porta ensuite sa main gauche vers le sol, tapotant l’herbe pour désigner la terre ferme, puis secoua doucement de la tête.

- D-Danger.

Puis il pointa l’arbre avant d’opiner du chef. Le mieux était qu’ils mangent, éteignent les flammes, enterrent les restes de la biche, puis qu’ils y grimpent rapidement, pour éviter de se faire surprendre par un prédateur opportuniste. Assurément, le message avait fait son chemin, ce qui le rendit plutôt satisfait. Somandil tourna son regard lunaire vers Daffodil, puis hocha de la tête.

- Fleur. Il savait où trouver quelques-unes de ces drôles de plantes. Mais d’abord, ils allaient guider la flamboyante mercenaire jusque chez elle. Il pointa donc la femme aux cheveux écarlates. Khanrell, avant.

Tiens, c’était étonnant de voir que certains mots – très rudimentaires, certes – pouvaient lui revenir. Enfin… pas de quoi tenir une conversation, assurément. Mais l’idée était là? Portant son regard vers les vestiges de la biche, le sauvageon fut satisfait de voir qu’il en avait extirpé suffisamment de viande pour tout le monde. Il allait donc se débarrasser immédiatement de la carcasse. Il se redressa, agrippa le corps assurément en mauvais état, puis fit signe à ses compagnes qu’il allait revenir alors qu’il s’éloignait vers la forêt. Il marcha pendant plusieurs mètres, à la noirceur des bois, et distançait les arbres qui allaient leur servir de nichoir pour la nuit. Dès qu’il trouva l’endroit idéal, Uthann déposa les restes de sa proie au sol, puis se pencha pour creuser à même la terre meule. Une fois le trou suffisamment grand, il poussa la carcasse dans celui-ci et jeta la terre par-dessus, histoire d’enterrer le tout. Le sauvageon se redressa, secoua ses mains, puis revint sur ses pas, en direction des deux femmes qu’il accompagnait dans leur périple global.

Bon assurément, c’était un travail salissant, hein! Il était couvert de sang et de terre, mais il fallait bien que quelqu’un s’y colle! De toute façon, bien qu’il aimait particulièrement patauger dans l’eau quand l’occasion se présentait, il ne répugnait pas la saleté. Ça faisait partie de la vie en milieu sauvage, et puis… sa masquait son odeur face au flair aiguisé des prédateurs de la forêt Interdite. Une fois près du feu, il se contenta de s’accroupir, restant malgré tout aux aguets, puis hocha de la tête alors qu’on lui tendait un morceau de cerf bien fumant. Il mordit donc dans la chair à pleines dents, son appétit étant considérable. Naturellement, il porta une main à son visage, frottant ses yeux fatigués au vu du crépitement apaisant des flammes. Oh il n’y avait pas de crainte à avoir. Malgré sa lassitude du moment, il pourrait aisément tenir bon pour permettre à Daffodil et Khanrell de dormir un peu. D’ailleurs, il balança de nouvelles images télépathiques vers elles, démontrant ces dernières, allongées sur des branches d’arbre alors qu’il était réveillé, scrutant les environs.

Elles pourraient se reposer un peu… La route allait être longue, assurément.
Khanrell
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Khanrell
Jeu 13 Juin 2019, 15:29
[ On serait mieux d’emmener ce rp vers sa conclusion si on veut RP dans le Lustre 2 :) ]`

Une magicienne noble suffisamment imprudente pour s’aventurer dans un lieu interdit juste pour une fleur, donc? Voilà le genre d’histoires peu banales qui pouvaient mériter d’être creusées… éventuellement… peut-être, s’ils s’en sortaient tous les trois. Pour l’instant, rien ne tentait d’avantage la mercenaire plus que de rentrer vers la civilisation et finir la soirée une chope à la main dans une taverne aussi miteuse que possible. C’était toujours dans les pires endroits qu’on faisait les meilleurs rencontres, la preuve, elle ne serait jamais tombée sur Uthann dans une soirée mondaine. Quoi que, ça pouvait être le cas de Daffodil, avec ses belles tournures de phrases toutes sophistiquée et son petit air supérieur, nul doute qu’il n’était pas dans ses habitudes de se tenir avec des gens en marge de la société comme Khanrell!

Bien que l’idée que son nouveau copain sauvageon avait toujours vécu dans la forêt semblait l’hypothèse la plus probable concernant son manque flagrant de vocabulaire et de vêtements, la demie-démone préférait ne pas attarder trop longtemps ses pensées sur ce fait, n’aimant pas particulièrement la tournure de son hypothétique histoire. Probablement beaucoup trop dramatique et cruel, et franchement l’envie de le prendre soudain en pitié n’était pas vraiment là. Après tout, elle le fréquentait beaucoup plus pour des raisons pratiques, et même si elle le trouvait assez sympathique, elle n’avait pas non plus envie de s’attacher émotionnellement à ce petit être étrange… après tout, elle ne le reverrait sans doute jamais à partir du moment où ils atteindraient Béryl! De toute façon, il ne pourrait même pas être capable de lui dire si oui ou non elle avait raison, n’ayant même pas la faculté de parole, alors aussi bien reléguer ces questions au fin fond de sa mémoire, là où elles n’allaient pas l’embêter. De toute façon, il s’était bien débrouiller quand même, hein?

La fée semblait elle aussi songeuse, jusqu’à ce que Khanrell la tire de ses rêveries en lui demandant si elle pourrait communiquer avec lui avec sa magie, ce qui ne sembla pas être un problème. Daffodil entreprit immédiatement d’attirer l’attention du sauvageon pour l’emmener à l’écart, suivie de la rouquine, et tous s’installèrent au sol, prenant une pause de leur progression dans ce que la démone espérait comme étant un futur repas en devenir. Flottant au-dessus des mains tendues de la fée, des silhouettes immatérielles apparurent, les représentants avec une précision assez étonnante, au point où même la pyromane fut fascinée… par la beauté de sa propre représentation, aux courbes magnifiquement dessinées qui n’avaient heureusement pas été omis. Sa copie miniature démontra non-verbalement sa faim, et s’en suivi une scène imaginaire représentant le trio en train de faire cuire un sanglier. Même sans l’odeur, la simple vue de cet animal rôtissant joyeusement au-dessus d’un feu crépitant fit grogner l’estomac vide de la mercenaire.

Difficile, en revanche, de savoir ce qui se passait dans la tête d’Uthann à cet instant, car s’il semblait être intéressée par l’apparition soudaine, c’était seulement pour y toucher. C’est-à-dire passer ses doigts au travers, puisque l’illusion n’était pas matérielle, bien sûr. Un peu béat, il répéta le nouveau mot qu’il venait d’apprendre, même si Khanrell aurait trouvé plus pertinent qu’il apprenne à dire «sanglier», s’était déjà du progrès. Avait-il seulement compris que c’était l’heure de manger ou était-il juste heureux de jouer avec l’apparition ? Comme si ça ne suffisait pas, au lieu de se concentrer sur sa véritable mission, Daffodil eut l’idée de lui faire part également de son besoin de trouver sa fichue fleur, distrayant l’elfe de ce qui était véritablement important en cet instant et ajoutant à sa confusion.

-Tu ne vois pas qu’il a déjà assez de mal comme ça à suivre? Une seule instruction à la fois lui suffirait je pense… grommela Khanrell, sans être capable de ne pas être elle aussi intéressée par les illusions. Et puis je n’en ai pas besoin, moi de ta fleur, et Uthann doit déjà d’abord me ramener à Beryl avant de t’aider. Enfin… j’espère qu’il a compris ça…

Il faut dire que Daffodil expliquait assez bien ce qu’elle souhaitait, rendant justice à l’expression «une image vaut mille mots», mais Uthann possédait-il l’intelligence nécessaire pour comprendre qu’elles voulaient manger, dormir, et chercher sa fleur le lendemain? Ça, c’était une autre histoire, car même avec la meilleure des professeurs, l’élève le plus stupide n’allait certainement pas briller. Comme s’il était déterminé à prouver qu’il n’était pas complètement bête, sembla demander l’approbation de Khanrell, qui soupira en roulant des yeux vers le ciel.

-Tant que ça ne retarde pas notre route vers Beryl, vous pouvez bien jouer les botanistes tant que vous le voudrez, lâcha-t-elle d’avantage en s’adressant à Daffodil qu’à Uthann, d’abord parce que ce dernier ne comprendrait rien, et ensuite parce que c’était à elle de traduire, la fée s’était révélée plus compétente que la demi-démone pour communiquer avec lui.

Avant de partir bien armé vers les bois, visiblement pour chasser, le sauvageon tenta de leur faire comprendre qu’elles devaient essayer d’allumer un feu, ce qui fit rire Khanrell. Elle repoussa du pied les roches qu’il avait envoyées dans leur direction pour qu’elles tentent de faire des flammèches, et entreprit plutôt de réunir tout ce qui lui semblait combustible dans une pile immense. La logique voudrait qu’elle commence par un petit tas d’amadou d’abord, pour créer une flamme, puis qu’elle rajoute quelques brindilles, et enfin des branches, afin de s’assurer que le feu était bien pris. Mais quand on était capable de magie, ce n’était pas toujours nécessaire d’être logique. Par exemple, une grosse buche au diamètre impressionnant n’aurait pas dû s’enflammer aussi aisément, mais il le fit pour la pyromane, lorsqu’elle y apposa les mais avec une concentration évidente. Oh, il lui fallut quelques instants pour y arriver quand même, réussissant plus facilement à utiliser ses pouvoirs raciaux sous la force d’impulsions émotionnelles, mais lorsqu’elle y mettait beaucoup d’efforts, elle pouvait se passer de sa crise de colère pour enflammer tout sur son passage. Le tronc d’arbre renversé ayant servi de siège à l’elfe quelques instants plus tôt crépitait joyeusement.

-Magie, répéta-t-elle à l’intention d’Uthann, le regard plutôt pétillant de malice, mais celui-ci avait déjà disparu et avait tout maqué de son spectacle… Dommage, elle avait mis trop de temps, apparemment. Oh vraiment? Et puis il me laisse avec toi? C’est quoi cette attitude macho selon laquelle les femmes devraient préparer la cuisine pendant que môssieur va chasser? Gronda-t-elle, ce qui fit immanquablement gonfler les flammes qui léchaient avidement son tronc d’arbre, agrémenté par sa mauvaise humeur.

Est-ce qu’il croyait vraiment que les armes qui la couvraient n’étaient là que pour faire joli? Non mais, elle était une tueuse, elle, pas une bonne petite noble qui ne savait pas se contenir à la vue du sang. Khanrell soupira, déçue de ne pas savoir la direction qu’il avait prise, car elle l’aurait suivie pour lui dire sa façon de penser, même en sachant qu’il ne comprendrait rien, et aurait laissé Daffodil s’occuper des «tâches ménagères» en leur absence. Au final, la fée était assurément chanceuse de l’avoir à ses côtés, pour la protéger , car sa petite taille et sa fragilité donnaient évidemment l’impression qu’elle était faible et sans défenses. De mauvais gré, la démone décida donc de rester, se sentant le devoir de protéger la magicienne bien que, honnêtement, elle n’en avait rien à cirer et ne lui avait jamais demandé de les accompagner… Simplement parce que ça lui donnait un petit «power trip» de se sentir importante. Quand bien même elle l’aurait voulu, de toute façon, elle se serait perdue à essayer de retrouver Uthann, mais ça, elle n’allait pas l’avouer!

Lorsque le sauvageon fini par revenir, les deux femmes avaient installé un campement plus que respectable malgré leurs maigres possessions, et s’étaient fabriqué des ustensiles de fortune divers, ne sachant pas trop de quoi le trio aurait besoin, faute de connaître le menu. Elle avaient même réussi à récolter quelques plantes comestibles (mais on va avouer ici que Khanrell n’y était pas pour grand-chose) afin d’agrémenter la bonne viande que leur rapportait Uthann.

Étonnant comment, avec si peu de mot, l’elfe arrivait à se faire comprendre, d’abord en leur expliquant qu’ils dormiraient en hauteur, ce qui ne semblait occasionner des problèmes pour personne, ce n’était quand même pas la première fois de sa vie que la Rose Brûlante passait une nuit en forêt, mais aussi en assurant à la fée qu’il savait où trouver sa fleur… mais seulement lorsque Khanrell serait rentrée au cœur de la civilisation. Celle-ci soupira de soulagement, tardant de plus en plus à retrouver une taverne bondée et bien bruyante où l’alcool coulait à flots. Non pas que sa compagnie actuelle lui était totalement désagréable, elle appréciait de plus en plus ce drôle de sauvage et commençait à reconnaître l’utilité des talents de la magicienne, mais ils n’avaient clairement pas les aptitudes requises pour faire la fête… Et soyons honnête, ils n’avaient pas la gueule de gens qui pourraient s’envoyer en l’air avec elle. Hors, depuis le tout début de son expédition dans le cœur du désert, c’était aussi resté… pas mal aride à ce niveau-là, et ça commençait à l’énerver d’être aussi inactive. Et quand la demi-démone s’énervait…

Il fut ensuite décidé, sans même un seul mot et pas les seules capacités télépathiques du sauvage, qu’il prendrait le premier tour de garde. Khanrell ne se fit prier pour aller dormir sur l’inconfortable, mais sécuritaire, branche bien haut perchée d’un arbre robustre et probablement centenaire. Un vrai sommeil ne lui avait pas été accordé depuis des semaines, n’ayant pu se reposer que sur une seule oreille lorsqu’elle était seule à l’aventure, et pire encore avec son escorte peu fiable. Il ne lui fallut que quelques secondes pour s’assoupir, et elle ne se réveilla que lorsque la main d’Uthann vint la secouer pour changer de tour de garde. La mercenaire se retint de grogner de mécontentement, songeant qu’elle aurait bien dormi plus, et s’efforça de tenir debout le temps que vienne le tour de Daffodil et qu’elle retourne se coucher.

Malheureusement, tout ne pouvait pas se passer dans le calme, et un grognement animal lui fit dresser les poils dans sa nuque. Rapidement, elle désarma sa lame, l’adrénaline lui faisant oublier toute fatigue, et se retourna brusquement vers le son inquiétant avant de constater que… En fait, ce n’était qu’Uthann qui ronflait comme un ours. Roulant des yeux vers le ciel (magnifiquement) étoilé, un léger sourire aux lèvres, Khanrell se détendit en prenant place près de son feu, dont elle sentait à peine la chaleur la caresser doucement. Ces doux effleurements l’accompagnèrent pendant les heures qui suivirent, agrémenté des sons bestiaux produits par le sauvageon, auquel elle prêtait plus ou moins attention. Ce fut cette absence de vigilance envers son environnement sonore qui permit à la bête, une vraie cette fois-ci, de s’approcher de leur campement sans qu’elle ne le repère, quelques minutes avant la fin de son quart de garde.

-Merde! Enragea-t-elle, davantage par frustration que la créature n’ait pas attendu quelques minutes de plus que ce soit Daffodil qui l’accueille. Uthann! Daffodil! On a de la compagnie…

Les crocs de la bête, toujours partiellement invisible, dégoulinaient du sang de son dernier repas. Assurément, elle avait dû trouver les restes de la biche enfouie par le sauvageon, mais ça ne lui avait pas suffi, et maintenant elle voulait un dessert. Plus que la peur, c’était la colère qui emplissait le cœur de Khanrell, et si pour beaucoup, celle-ci est mauvaise conseillère, pour la démone… c’était son arme la plus fatale. D’un seul geste du bras, elle guida les flammes qu’elles possédaient à sortir du foyer de fortune construit plus tôt, et les propulsa vers le buisson où se tapissait leur ennemi, enflammant drastiquement celui-ci et faisant couiner la créature, qui s’enfuit de son brasier, sans pourtant sembler abandonner…
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Ven 19 Juil 2019, 09:50
Il semblerait que de fil en aiguille, la magicienne se soit retrouvée dans la position d’interprète entre le sauvage et les civilisées. C’était sans doute un dénouement naturel quand on prenait un instant pour considérer ses talents magiques. Ce n’était, après tout, pas donné à tout le monde de pouvoir créer des images de toutes pièces, fracassant ainsi les barrières linguistiques qui pouvaient se lever entre interlocuteurs. D’un autre côté, ce n’était pas pour lui déranger… Cela lui donnait quand même un certain contrôle sur l’information véhiculée dans le groupe et elle avait aussi l’impression d’être juste un peu plus importante que les autres.

Bon, d’accord, mieux ne valait pas trop s’attarder sur le fait que ses deux comparses semblaient relativement bien se comprendre avant son arrivée… Ce n’était qu’un détail sans importance.

Cependant, le plaisir de transmettre les requêtes fur légèrement diminué face à l’impatience de la mercenaire. Cette dernière n’était pas particulièrement heureuse de l’ajout de Daffodil à la liste de choses à faire. Il était évident qu’elle n’avait pas envie de partir en quête de fleur de mandragore et ne voyait aucunement l’utilité de la plante. Elle reprocha d’ailleurs à la fée d’en demander trop à leur guide. La blondinette lui jeta un regard courroucé, n’appréciant pas cette manifestation plus que flagrante de désaccord tandis qu’elle n’avait que posé une toute petite question, mais n’oublia pas la nature belliqueuse de Khanrell. Celle-ci n’était rien de moins qu’une tueuse qui, pour tout ce qu’elle savait, pouvait être excellente dans son travail. C’est pourquoi elle se contenta de répondre un simple : « Notre ami n’est pas aussi bête que vous semblez le croire. » Ça ne valait pas la peine de se créer un ennemi en plein milieu de la Forêt Interdite pour une maigre divergence d’opinion.

Le plus important dans toute cette histoire demeurait qu’Uthann semblait comprendre à merveille ce qu’on demandait de lui, et ce, même s’il pouvait prendre un moment à assimiler l’information qu’il recevait. Une étape à la fois, comme on dit, pas vrai?

Le langage corporel de l’elfe, lorsqu’il se releva, ne laissa aucune place à la confusion. Il indiquait clairement : « Uthan chasser, femmes faire feu. Uthann remplir bedons. » C’était un message simple, mais efficace. Celandine haussa les épaules, n’ayant rien contre le fait de préparer le campement avec la rouquine. Ce n’était pas si mal de ne pas avoir à traquer une proie dans des conditions inconfortables, faisant possiblement de grands efforts physiques et se décoiffant outre mesure. Elle n’allait pas insister pour faire le travail le plus sale, hein!

Khanrell mis ensuite très peu de temps avant de commencer sa récolte de morceaux de bois. On ne pouvait pas tant parler de brindilles… La jeune femme amassait une sérieuse quantité de branches, toutes plus grosses les unes que les autres aux yeux de la magicienne. Cette dernière observait sa compagne d’un air méfiant. C’était un peu… beaucoup… affreusement exagéré pour partir un feu. Elle s'apprêtait à dire quelque chose, au risque d’énerver la guerrière, lorsqu’elle reconnu le signe de quelqu’un possédant de la magie : la plantureuse rousse plaça ses mains sur le tronc d’arbre et se concentra visiblement. Daffodil observa la scène, les bras croisés et adossée contre un arbre. Elle fit un signe d’au revoir au sauvage, qui n’attendit pas la suite des choses avant d’abandonner les demoiselles… Ce qui fit pouffer de rire la fée quand la mercenaire se rendit compte qu’Uthann avait tout manqué de son spectacle et l’avait laissée toute seule avec elle. « Il ne faut pas trop lui en demander, comme tu l’as fait remarquer tout à l’heure. Le féminisme, c’est un concept bien au-delà de ce qu’il connait, je crois. » Par la suite, elle ne fut pas sans noter l’intensification des flammes selon la colère montante de son acolyte. Les émotions pouvaient donc jouer un rôle important sur son contrôle… Intéressant. « Pas si mal, » fit-elle en pointant le feu du menton. « Ça doit être plutôt pratique… dans plusieurs contextes. »

Question de ne pas être entièrement inutile, la fée se lança dans une exploration des environs. C’était ça ou regarder Khanrell ruminer que leur guide était sexiste et tout le tralala dans son coin pendant une durée indéterminée. Après tout, elle ne savait pas si sa comparse était du genre à s’attarder longtemps sur ce genre de chose... Elle ne le croyait pas, mais ne sait-on jamais! De toute façon, le temps passerait infiniment plus vite si elle faisait quelque chose de sa peau. Cela éviterait qu’elle aussi devienne de mauvaise humeur.

Elle prit alors son temps pour regarder ce qu’il y avait autour. Elle chercha à trouver divers matériaux pouvant servir au groupe, notamment en matière de fourchettes et cuillers de fortune. Heureusement, tout le monde avait une bonne dague, alors ça faciliterait la préparation de peu importe ce que ramènerait Uthann.

« Oh, mais que vois-je là? » s’exclama-t-elle joyeusement en voyant une talle de thym sauvage. C’était le type d’herbe qui pouvait facilement s’agencer à une grande variété de viande et qui donnerait un meilleur goût à leur futur repas. Ce fut ensuite plus fort qu’elle que de partir à la recherche de légumes sauvages. Au fond, elle avait déjà été surprise par cette première trouvaille. Ce n’était pas impossible qu’elle en fasse d’autre! Et si la chance était vraiment de son côté, peut-être tomberait-elle sur des plants de mandragore? Une fille pouvait bien rêver, non?

Elle se plut énormément dans son rôle d’aide-cuisinière, si l’on considère que l’elfe était celui à préparer éventuellement l’élément principal de leur repas. Elle trouva quelques champignons qu’elle savait être comestibles et des têtes de violon qui perdraient leur toxicité après un brin de cuisson. Elle parvint même à se faire une petite réserve de bleuets qu’elle partagerait peut-être avec ses compagnons, s’ils continuaient d’être le moindrement sympathique avec elle.

Lors de son retour au campement sommaire, elle prépara un mélange à appliquer à la viande. Ce n’était rien d’extraordinaire, mais ça donnerait un petit plus au niveau de la saveur. Après tout, manger en pleine nature ne voulait pas forcément dire sacrifier la succulence d’un repas.

Celandine se joint ensuite à Khanrell dans la confection d’ustensiles, de brochettes pour faire cuire la future viande et toutes ces choses banales, mais ô combien utiles pour la préparation de nourriture.

Elle put se permettre de se détendre lorsque les tâches importantes furent terminées et qu’il ne restait plus qu’à attendre le retour de leur compagnon. Elle se retrouva à un certain moment à remuer le feu… plus par plaisir de regarder les flammes danser que par nécessité de garder le feu vivant. Les pouvoirs de la mercenaire suffisaient amplement à assurer la pérennité de leur feu.

C’est alors qu’elle entendit un bruit inhabituel à proximité. Immédiatement, elle porta discrètement la main en direction des branches taillées… dans l’éventualité où elle aurait à se défendre. Elle guetta aussi la réaction de sa compagne, car cette dernière avait des des instincts non-négligeables. Par chance, les femmes reconnurent assez vite le sauvageon revenant de sa chasse. Celui-ci, dans toute sa délicatesse, laissa tomber son fardeau protéiné sans plus de cérémonie et entreprit d’étirer ses muscles. « Bon retour? » pensa la fée.

Le trio entama ensuite un travail d’équipe : Uthann dépeçant la viande, Daffodil lui appliquant son mélange d’épices et empalant viande et légumes en alternance sur les brochettes, puis Khanrell supervisant la cuisson.

La seule chose venant interrompre la tranquillité de Daffofil durant la consommation du repas fut la prononciation de son nom. Son esprit était parti si loin qu’elle sursauta. Elle fut également un peu déboussolée par l’image mentale que lui envoya l’elfe, se dépictant en train de roupiller haut dans un arbre. La communication se termina avec un rappel en matière de sécurité nocturne.

Elle hocha de la tête à la mention de la fleur de mandragore, chose qui viendrait après le raccompagnement de la mercenaire à la civilisation. C’était tout à fait acceptable comme proposition. Elle sourit d’ailleurs face au soupir de soulagement de la rouquine. « Petite peur de se faire oublier? » la taquina-t-elle, tout en donnant un petit coup d’épaule à la principale intéressée. Clairement, elle oubliait sa méfiance et la distance qu’elle tentait de garder avec la guerrière avec la fatigue accumulée au cours de cette rude journée.

Ce fut par ailleurs sans scrupule que la magicienne laissa Uthann enterrer la biche par lui-même. Il avait voulu prendre le rôle de l’homme viril qui faisait tout comme un grand, qu’il assume!

Pour sa part, Daff termina de ramasser le reste des aliments après les repas pour que rien ne traîne et n’attire de visite non désirée durant la nuit, laissant Khanrell se coucher en premier. Étrangement, elle prenait cette dernière un peu en pitié… Non pas parce qu’elle l’avait « sauvée » un peu plus tôt; elle était consciente qu’elle n’avait donné qu’un coup de main. Toutefois, elle imaginait que même pour une mercenaire endurcie, ça ne devait pas être évident d’être constamment aux aguets dans une situation d’infériorité numérique, en plus d’être royalement perdue et sans savoir comment s’y prendre pour retourner à un environnement familier.

La fée s’assura enfin que le mâle du groupe était suffisamment éveillé pour tenir le premier tour de garde, car il avait communiqué son intention de le faire.

Rassurée, elle s’envola vers une branche assez haute pour qu’elle soit en sécurité de tout prédateur au sol, mais pas trop élevée non plus parce que… parce qu’elle bougeait allègrement dans son sommeil, bon! Elle n’y pouvait rien. Elle n’avait d’autre choix que de faire avec. C’était donc pourquoi il valait mieux ne pas trop ambitionner en matière de perchage. Elle sursauta assez brusquement quand elle senti un insecte gigantesque se poser sur son bras… Lequel, par contre, elle n’aurait jamais pu dire. Il faisait trop noir pour qu’elle puisse identifier la dégoûtante bestiole. N’empêche que ce petit dérangement fit en sorte qu’elle prit un bon moment avant de trouver le sommeil. Elle envia quelque peu la facilité de la rousse à côté à roupiller dans n’importe quelle circonstance… Mais bon, une fille ne pouvait pas tout avoir dans la vie!

La première chose que la magicienne sut par la suite, c’était qu’elle se faisait subitement réveiller par un cri… Qui, évidemment, la fit tomber lourdement de l’arbre… ses ailes s’activant seulement à la dernière seconde… Ce qui ne l’empêcha pas de percuter brutalement le sol. Cet atterrissage laisserait des traces plus tard, c’était plus que certain.

La pauvre petite blondinette laissa échapper un petit cri de peur en voyant des flammes passer près d’elle. Par tous les dieux, qu’avait-elle manqué pendant les trois secondes et quart qu’elle avait fermé l’oeil?

Heureusement, son instinct de survie se décida finalement à se mettre en branle et la propulsa dans les airs, question d’avoir une vue d’ensemble de la situation. C’est ainsi qu’elle put comprendre que le groupe avait de la compagnie et que la mercenaire essayait de faire fuir une mystérieuse bête grâce à son pouvoir enflammé. L’elfe, quant à lui, venait de disparaître dans un buisson…. Sans doute pour remédier à la crise actuelle avec une de ses tactiques barbares.

Cela n’empêcha pas Daffodil de vouloir se mêler à l’action! Elle aussi avait tout un éventail de talents à mettre à la disposition du groupe… Talents qui ne mettraient pas le feu à toute la Forêt Interdite, d'ailleurs.

Elle se trouva promptement une autre branche où se percher et elle créa un fil d’air la reliant à Khanrell et Uthann, permettant ainsi de leur transmettre ses paroles sans que quoique ce soit d’autre puisse percevoir sa voix. « C’est un ocelot… et un gros! Oh… » fit-elle, laissant la fin de sa phrase en suspens. elle venait de voir que la créature qui s’en prenait à leur campement n’était pas seule… Elle avait des petits! Pire encore, elle en avait été séparée à cause des flammes. « C’est une mère! Khanrell, calme ton feu! Eh merde, elle tente de grimper dans un arbre! »

La fée se concentra afin de localiser Uthann… qui lui facilita la tâche en grondant, ayant pris sa forme animale. Elle s’empressa de lui faire apparaître des images représentant l’endroit où se trouvait chacun des ocelots et le besoin de les conduire un à l’autre. La mère animale ne cesserait jamais son agressivité tant qu’elle serait loin de ses petits, qu’elle atteigne les restants de biche ou pas.

Dès que la famille de bêtes à poils se retrouva à proximité, Celandine fit apparaître un ours kodiak de taille démesurée, accompagné d’un grognement proportionnellement menaçant. Le son inhabituel pour les environs fit réagir les ocelots. Un peu d’encouragement les pourra à déguerpir, ne voyant pas comment anéantir l’ours, en plus de s’en prendre au trio d’humanoïdes.

Une fois la situation risquée contrôlée, la magicienne descendit au sol rejoindre ses camarades. Elle soupira de soulagement à voir que tous étaient sains et saufs, puis plaça les mains sur ses hanches. « Je ne sais pas pour vous, mais je ne crois plus être en mesure de dormir après ça… » Elle nota que ça semblait être de même pour le reste du groupe. « Que diriez-vous de reprendre la route vers la civilisation? » Elle transmit alors des images du trio se remettant en marche, question d’inclure Uthann dans la prise de décision. Après tout, c’était quand même lui le guide! Ultimement, il était celui qui connaissait le mieux la forêt, ses dangers, ainsi que la façon de quitter les lieux.
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Uthann
Mer 21 Aoû 2019, 16:09
Son regard couleur acier fixait les flammes qui dansaient devant lui. Cette scène était presque hypnotisante et, pour dire vrai, Uthann ne s’en lassait jamais vraiment. Il y avait quelque chose à la fois terriblement effrayant et magnifique dans l’ondulation typique des flammes. Oh il n’était pas idiot : il savait que le feu brûlait, s’étant déjà fait prendre une fois. Alors mieux valait garder ses sales pattes loin du brasier, pas vrai? Poussant un soupir d’aise, Uthann jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et vit Khanrell qui, visiblement, s’était rapidement assoupie. Toutefois, le geste brusque et soudain que venait d’esquisser Daffodil laissait entendre que cette dernière venait de se faire importuner par quelconque insecte, ce qui témoignait bien de sa difficulté à s’endormir. Hmmm… Le sauvageon espérait intérieurement que le petit oiseau blond allait trouver une façon de sommeiller un peu, car il avait la ferme intention de parcourir un maximum de distance dès le lendemain, histoire d’atteindre les limites de la forêt, comme demandé par Khanrell. Après tout, cette dernière semblait tenir mordicus à l’idée de sortir de la forêt Interdite au plus vite. Uthann, n’étant pas apte à juger de cet empressement, préférait simplement apporter son aide à la jolie femme écarlate, par simple altruisme. Daffodil ne semblait pas incommodée par l’idée d’attendre un peu pour accomplir sa quête de trouver ces jolies fleurs tant désirées, alors… elle passerait en second dans sa liste de priorités.

Le temps passa et une douce brise fit virevolter quelques mèches de sa tignasse marron, le berçant au même rythme que les feuilles dans les arbres, tout près. Bon sang… Il avait si sommeil! Levant la tête vers le ciel magnifiquement étoilé, l’elfe sauvage nota la position de la lune. Hmm. Il était temps de léguer son tour de garde à la femme éclatante! Après tout, s’il voulait mener à bien cette expédition, prendre quelques heures de repos était primordial. Sans le moindre scrupule, le sauvageon se redressa, puis s’approcha de l’arbre où étaient juchées ses deux compagnes. Avec l’agilité d’un singe, il grimpa sur les branches avec une vitesse surprenante jusqu’à atteindre celle où se reposait sa remplaçante de garde. Tendant la main, Somandil secoua cette dernière sans le moindre remords, ignorant royalement sa protestation grommelée. Au bout d’un moment, Khanrell accepta finalement de se lever, puis descendit de son perchoir pour rejoindre le feu. Pour sa part, l’elfe décida de s’allonger à plat ventre sur la branche encore chaude où avait préalablement trôné sa compagne, puis sombra rapidement dans un sommeil profond, ignorant même le fait qu’il devait ronfler comme un ours.

Pour dire vrai, il était si crevé que son esprit n’avait même pas pris la peine de le faire rêver. C’était le néant total entre ses deux oreilles et franchement, ça lui faisait carrément un bien fou! Ne pas réfléchir… Parce que mine de rien, même si CERTAINES PERSONNES le prenaient pour un idiot sans la moindre notion de réflexion, le fait était que Somandil réfléchissait toujours énormément, parfois trop même. Surtout depuis qu’il avait croisé la route de Khanrell et Daffodil. Il n’avait aucune pour quelle raison il se souciait tellement d’elles. Il… Il avait envie de leur faire plaisir, même s’il ne comprenait pas réellement le fondement de cette nécessité profonde. Bref, trêve de tergiversation.

Un cri fusa, le faisant sursauter sur sa branche. Ouvrant rapidement les yeux et agrippant la branche sous lui pour éviter de chuter, l’elfe put néanmoins voir une ombre fondre vers le sol pour atterrir lourdement avec un bruit mat. Un air curieux au visage, il jeta un coup d’œil vers la base du chêne dans lequel ils avaient élu domicile et put remarquer que Daffodil n’avait pas eu autant de réflexes que lui. La pauvre avait fait un face-à-face brutal avec la terre sous leurs pieds. Mais bon sang, que se passait-il?! Secouant rapidement sa tête aux cheveux marron, l’elfe sauvage retrouva ses esprits et constata non sans une once de surprise qu’une odeur de sang embaumait les environs. Certes, il était lui-même toujours barbouillé de terre et d’hémoglobine de biche, mais cela n’était pas l’origine de l’effluve ferreuse que ses narines sensibles percevaient. Portant ses prunelles lunaires en direction de Khanrell, il remarqua rapidement qu’elle fixait un point devant elle, prête à combattre. Uh? Il suivit donc l’œillade de la guerrière et remarqua ce félin géant qui rôdait dans les environs, bien que l’obscurité de la nuit l’empêchât de bien le discerner. De toute façon, il n’avait pas besoin d’en savoir davantage pour comprendre qu’il ne pouvait pas rester là sans rien faire!

Vive comme l’éclair, la mercenaire écarlate effectua un mouvement du bras et – à la grande stupéfaction d’Uthann –, une langue de feu jaillit du brasier, immolant les buissons dans le but évident d’effrayer la bête sauvage. Oh bon sang! Comment avait-elle fait?!! Enfin, le moment n’était pas venu de pouvoir s’embêter de quelconque détail! Il tenterait d’en savoir davantage à un moment ultérieur! Daffodil s’était rapidement remise sur pied et avait fait un bond impressionnant dans les airs, histoire de prendre de l’altitude. Pour sa part, Uthann émit un grondement, puis se jeta en bas de son perchoir improvisé pour s’enfoncer dans la forêt environnante. Si initialement on avait pu croire qu’il fuyait le danger, la réalité était toute autre. Son instinct prenant le dessus, le sauvageon retira brusquement son short rapiécé, puis l’accrocha à une branche tout en y déposant ses maigres effets personnels. Ni une, ni deux, il fit un bond en avant et se métamorphosa dans le processus. Un énorme jaguar fusait à travers la végétation, contournant l’ocelot géant qui feulait bruyamment en direction de Khanrell. Ralentissant la cadence, le félin tacheté s’accroupit à travers les fourrés entourant l’ocelot, puis rabattit ses oreilles sur son crâne alors que ses pupilles se dilataient sous l’effet de l’excitation. Il était prêt à passer à l’attaque… quand la voix de Daffodil se fait soudainement entendre, l’interloquant au passage. Naturellement, le jaguar redressa son imposante tête, puis jeta des regards aux environs, cherchant à détecter l’emplacement de la fée, en vain. Certes, ses instincts primaires étaient très puissants, mais il était tout de même apte à raisonner. Une femelle ocelot, hein? Alors la progéniture se trouvait bien de l’autre côté du campement… voilà qui changeait la donne.

Afin d’éviter de se faire lécher par les flammes, la femelle ocelot grimpa à l’écorce d’un arbre tout près et s’apprêta à bondir par-dessus le brasier pour s’en prendre directement à Khanrell. Certes, la guerrière écarlate était redoutable, mais Uthann crut judicieux de s’occuper lui-même de la maman ocelot, évitant ainsi toute confrontation fatale avec la mercenaire (soyons honnêtes, la femme ne laisserait que peu de chance à la bête féroce qui, assurément, répliquerait avec hargne). Le prédateur ennemi s’élança donc depuis le tronc de son perchoir et atterrit au sol, directement devant Khan. Pour sa part, le jaguar poussa un rugissement, puis fondit hors de sa cachette, profitant de sa vitesse nouvellement acquise pour bondir par-dessus le brasier. Toutes griffes dehors, il happa la femelle ocelot directement au flanc et les deux félins roulèrent dans la poussière. Des feulements furieux fusèrent ici et là. Rapidement, les deux prédateurs se retrouvèrent sur leurs pattes et se firent face, oreilles plaquées sur leur crâne respectif et tournoyant en arc de cercle, l’un autour de l’autre. L’ocelot – de par sa nature géante – était plus imposant qu’Uthann, mais ce dernier ne se laissa en rien démonter. Fendant l’air de sa patte griffue, le sauvageon tenait la mère ocelot en respect, cherchant par le fait même le meilleur angle pour mener son assaut. Il grondait et feulait… Puis des couinements se firent entendre, plus loin, signe que Khan venait de débusquer les petits et poussant ces derniers à se réunir avec leur génitrice. Profitant donc de cette diversion, le jaguar bondit sur la mère et lui mordit l’encolure avec force, histoire de la dissuader de vouloir s’en prendre à eux. Ses crocs percèrent l’épiderme épais de la génitrice ocelot qui feula bruyamment et qui tenta de lacérer l’omoplate tachetée d’Uthann au passage à l’aide ses griffes, sans grand succès. Le sauvageon n’avait pas utilisé sa pleine capacité, puisque les jaguars étaient réputés pour posséder la mâchoire la plus puissante de tous les félidés. Il aurait pu la mordre à la tête et lui défoncer une partie du crâne avec ses crocs, mais il n’en voyait pas l’intérêt.

Grondant alors qu’il refusait de lâcher, Uthann vit une silhouette se dessiner juste devant lui : une forme immense à la fourrure dense et à la gueule dégoulinante de bave. Mais d’où sortait-il, cet ours colossal?!!! Alors cette fois, le jaguar ouvrit la gueule et relâcha la femelle ocelot qui, tout comme lui, n’y vit que du feu. Le grondement poussé par l’ursidé titanesque était à glacer le sang!! Sans demander leurs restes, maman et bébés ocelots détalèrent à travers la forêt, la queue entre les jambes. Se ramassant sur lui-même, le jaguar sentait son instinct lui crier de faire de même, mais avant qu’il ne puisse agir, l’illusion se dissipa. Hmmm? Une ombre gracile se dessina dans le ciel et, rapidement, Daffodil vint se poser près de Khanrell. Mains sur les hanches, elle déblatéra certains propos inaudibles pour le jaguar qui, forcément, s’était calmé de sa surprise précédente. Une image mentale fusa rapidement dans son esprit, lui faisant ainsi comprendre qu’elle désirait reprendre la route immédiatement. Déjà? Zut… Il aurait dormi plus longtemps, pour dire vrai… Mais il comprenait bien le pourquoi d’une telle requête. Si ça se trouvait, ses compagnes n’avaient plus sommeil.

Léchant instinctivement sa fourrure maintenant que le danger était passé, Uthann réfléchissait en même temps à la route la plus propice à emprunter pour se rendre à bon port. Il continua son manège quelques instants, puis arrêta net son geste alors qu’il sentait des regards peser sur lui. Soit elles attendaient qu’il termine, soit elles n’appréciaient pas forcément la façon évidente avec laquelle il se dirigeait vers son entrejambe pendant sa toilette. Quoi? Elles ne se lavaient jamais? Lors du nettoyage, toutes les parties du corps devaient y passer, y compris la région génitale et la globalité de l’arrière-train… Enfin, il n’allait pas leur apprendre ça, si? Et voilà que c’était maintenant lui qui les dévisageait avec un peu de jugement… M’enfin, ça ne devait pas transparaître tant que ça, vu son apparence animale! Suspendant donc son activité actuelle, le jaguar s’ébroua, puis se lécha les babines avant d’ouvrit la marche à travers la végétation. Oh il savait qu’il laissait ses effets derrière lui, mais il préférait bénéficier de sa métamorphose qui offrait de nombreux avantages. Et puis, de toute façon, il saurait retrouver ses armes sans le moindre souci.

Le félidé progressa à travers la végétation, tous ses sens aux aguets et relevant ponctuellement la tête dès qu’il entendait un bruit un tant soit peu suspect. Les vibrisses ornant son faciès démontraient bien toute l’attention qu’il portait à son environnement, usant allègrement de ses sens surdéveloppés. Au final, les heures s’écoulèrent et le soleil fit son apparition. Le trio continua sa progression sans trop d’encombres, s’arrêta à une ou deux reprises pour se reposer, boire un peu d’eau ou se nourrir un peu. Les arbustes regorgeaient de petits fruits juteux à ce temps-ci de l’année et Uthann – toujours sous forme jaguar – pu ramener un dindon sauvage bien gras, pour nourrir ses deux amies. Pour sa part, il ne rechigna pas face à l’idée de se repaître des restants ou de la carcasse.

Finalement, c’est vers la fin de l’après-midi que le trio arriva enfin aux limites extrêmes de la forêt Interdite, là même où Khanrell désirait se rendre. Évidemment, cette dernière semblait s’extasier devant l’opportunité de pouvoir effectuer un grand retour à la civilisation! C’était à peine si ses yeux ne brillaient pas à la vue lointaine d’un village humain. Reprenant contenance, la mercenaire glissa une main dans sa somptueuse tignasse écarlate, puis remercia son guide pour avoir tenu sa part du marché. Évidemment, Uthann ne comprit pas grand-chose à ses propos et la traduction imagée fut attribuée à Daffodil, sans grande surprise. Effectuant une brève courbette (cynique ou pas, allez savoir!), Khanrell, tourna finalement les talons, balançant au passage à ses anciens compagnons qu’elle se ferait un plaisir de s’abreuver à la taverne, en leur compagnie, si un jour le cœur leur en disait. Le jaguar resta assis là, un instant, fixant la mercenaire qui venait d’atteindre le sentier de terre battue qui louvoyait les champs en direction du bourg lointain. Un toussotement le soutira rapidement de ses pensées et le félin tourna son imposante tête en direction de Daffodil qui lui demanda, d’un ton doux, s’il était toujours enclin à lui donner un coup de main pour la suite. Ah! Oui, bien sûr.

Pour toute réponse, le sauvageon émit un ronronnement sonore. Se redressant sur ses quatre pattes, il s’inclina légèrement vers l’avant, puis balança une image mentale à sa compagne, l’invitant ainsi silencieusement à grimper sur son dos. Elle était si petite et délicate… Les chances qu’elle nuise à sa course étaient plutôt minces! Évidemment, elle hésita pendant quelques instants, puis devant les images insistantes et répétées qui heurtaient assurément son esprit, elle capitula. Au final, elle grimpa sur le dos de l’énorme félin, puis enserra son encolure de ses bras graciles… juste à temps alors qu’il détalait à pleine vitesse à travers la forêt.

Ils en auraient pour quelques jours à voyager à travers la forêt Interdite, puisque les mandragores se trouvaient diamétralement opposées à leur position actuelle… Mais franchement, y avait-il réellement quelconque presse?

[FIN DU RP]
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