Chaque goutte de ton sang, sera mon élixir de vie. [Pv: Sam]

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Mar 02 Juil 2019, 09:46
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Le soleil s’est déjà levé sur Fal, la chaleur commence à monter rapidement dans les rues pavés. Certains commencent à grogner en tirant leurs habits, sûrement des étrangers. Me concernant, il pourrait faire excessivement froid, et terriblement chaud, je ne le remarquerai sûrement même pas. Tout mon être n’est concentré que sur une seule chose, ma mission du jour. Appuyé contre le mur encore frais, installé confortablement à l’abri du soleil pour encore quelques temps, je ne bouge pas, telle une statue de sel. Mon visage est parfaitement neutre et malgré les quelques personnes passants devant moi, je ne les regarde nullement. Aujourd’hui, personne d’autre que Sam n’aura le droit à mon attention. Il est mon objectif du jour. Mon obsession pour lui prendra fin aujourd’hui, en même temps que ce traître perdra la vie sous ma lame.

Je sais qu’il a cette nuit dormi dans cette auberge. Je sais qu’il ne se réveillera pas tard grâce à la chaleur et quand bien même. Je pense que je serai capable d’attendre ici, sans faiblir, ni même m’impatienter. Un frisson d’excitation court sur mon échine, mais mon visage, impassible, ne laisse rien apparaître. Mon regard est fixé sur l’entrée devant moi. Ma stratégie n’a pas de faille. Je suis certain qu’il a reçu tout ce que j’ai prévu pour le tourmenter et que mon souvenir dans sa mémoire doit être bien frais. Le dessin sur la main de son écuyère ayant été le premier signe… Aujourd’hui, j’ai fait en sorte qu’il ne me rate pas. Installé à ma place, mes yeux dorés fixant la zone où il est censé apparaître, les bras et la gorge entièrement décorés de multiples dessins au henné… je n’attends plus que lui.

Même si tout est loin dans ma mémoire trafiquée, tout semble limpide. Je sais que Akim a tout fait pour que je vois Samaël comme un ennemi. Mais son intervention n’a pas eu pour effet de totalement me retourner contre lui, ça non. Avant même qu’il ne tente de me convaincre, j’étais déjà bien conscient de ce qu’était Samaël. Un traître, un lâche, un manipulateur et un sale con. Pourtant, je suis sûr que je devrai le remercier en un sens. Après tout, en m’abandonnant littéralement aux chiens et aux perversions d’Akim, il m’a transmi toutes ces merveilleuses qualités qui me permettent de vivre dans Fal, une ville assez grande, que je connais assez bien pour pouvoir y vivre correctement et tranquillement. Bien que deux personnes qui me pensent mort, y vivent, je suis toujours là, et je les surveille dans l’ombre. Tel un Fantôme venu pour les hanter. Ce mot me plaît, fantôme… Il représente ce que je suis depuis si longtemps, que mon nom, n’a plus de sens à force de l’entendre. Malek, Malek… J’ai hâte. J’ai profondément hâte,  de l’entendre prononcer mon nom, réaliser que je suis bien face à lui.

Sans avoir bougé une seule fois, je me suis raconté milles situations, milles rêves, divers manières de le tuer. Sa présence et le fait qu’il me remarque, sont les deux seules choses qui me manquent. Et soudain, sans que je n’aie eu le temps de m’impatienter, sans que je ne sache combien de temps j’ai attendu, le brun fait enfin irruption. Aussitôt, mon regard d’or se fige sur lui et mon air neutre, devient soudain insensible. Comme si je ne ressentais rien de le voir et pourtant, un ouragan se déchaîne dans ma poitrine. Je me contrôle bien, n’affichant aucune de mes émotions. Je n’attends qu’une chose, qu’il lève son regard sur moi. Je ne prête pas attention à ce qu’il fait, mes yeux sont rivés sur les siens avec intensité. Tout à coup, son regard croise le mien. Le monde semble s’être évanoui autour de nous, je ne fais plus attention à rien d’autre qu’à lui. Même le sol sous mes pieds n’a plus d’importance. Je crois le fixer une décennie, peut-être deux. Mais enfin, je me décide à bouger tant qu’il est encore loin. Décroisant les bras pour les laisser pendre le long de mon corps, j’amorce mon pas pour partir et je tourne dans la ruelle qui m’avoisine.

Je marche activement, ne doutant pas que Samaël se lance déjà à ma poursuite, fermer les yeux à peine deux secondes me laisser facilement identifier son pas actif. Je connais un genre de cul de sac, un endroit dont les gens se servent de dépotoir pour matière première. Des caisses fendues ou explosées, des tissus déchirés, de longues planches abandonnées là. Beaucoup de gens s’y rendent pour récupérer des débris pour s’aménager un recoin de fortune pour la nuit mais si tôt le matin, l’endroit et ses alentours seront désert, parfois pour commettre le meurtre de mes rêves. Restant parfaitement attentif à sa course, je garde toujours la parfaite distance entre nous, juste assez pour qu’il puisse m'apercevoir à chaque tournant et suivre ma progression. Je ne veux pas qu’il se perde, ça serait dommage de rater le rendez-vous de sa propre mort. Enfin, je descends les six petites marches qui nous emmènent dans ce cher cul de sac, piégé entre plusieurs hauts bâtiments. Comme prédit, de nombreuses caisses en bois éventré sont là, des tonneaux fendus et autres débris mais le lieu est désert. Repoussant ma cape courte d’un mouvement d’épaules, je dégage l’accès à mes armes et je croise les bras sur ma poitrine. Enfin Sam apparaît.

- Bonjour, Samaël.
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Mar 09 Juil 2019, 21:45

"In your life, you meet people. Some you never think about again. Some, you wonder what happened to them. There are some that you wonder if they ever think about you. And then there are some you wish you never had to think about again. But you do."

C.S.Lewis




Allongé sur son lit, il n'avait pas été capable de fermer l’œil, trop pensif, trop anxieux pour faire autre chose que tourner et se retourner dans ses draps, serrer son oreiller trop fort contre sa poitrine, se lever soudain, faire les cent pas, jeter des regards fiévreux sur la nuit froide de Fal, par la fenêtre et, fatigué, se laisser retomber sur sa couche. Il n'aurait pas dû accepter cette mission, pour commencer. Il aurait dû savoir que retourner à Fal n'était jamais une bonne idée ; ce pays était dangereux, pour lui plus que personne, et la capitale trop lourde de souvenirs à chaque coin de rue, chaque couleur chatoyante, chaque odeur trop vive et caractéristique.  Il faisait tout pour refouler, ne plus y penser. Ne plus penser à lui. A toutes les coïncidences étranges de ces dernières semaines. Il revoyait malgré lui la main de Ylvä fraîchement couverte de tracés trop reconnaissables, la gorge sèche et le cœur lourd, l'incrédulité inscrit dans ses yeux clairs, le souvenir, la douleur puis la résignation. Il ne savait même pas comment il avait pu s'imaginer une seule seconde... Il était probablement mort. Il serait totalement stupide de penser que peut-être...

- Tu sais ce que tu as vu, Sam.  


Il ferma les yeux et secoua la tête.

- Non, murmura t-il. J'ai cru que peut-être... peut-être le tatouage venait de toi... Mais c'est impossible.

- Tu es un abruti, Samaël de Fal.

Ces mots lui firent rouvrir les yeux. Il vit deux pupilles d'or braquées sur lui, des pommettes brunes d'enfant, un sourire malicieux. Nonchalamment installé sur la commode, il remuait des jambes dans le vide, il avait l'air à la fois désespéré de son cas et compréhensif. Il était comme dans ses souvenirs, son visage précieusement conservé intact dans les fantômes de sa mémoire.

- Tu n'es pas réel, souffla t-il.

Il grimaça, une main posée sur son cœur.

- Aouch. C'est comme ça qu'on traite son ami ? Son meilleur ami ? Pratiquement un frère.

Non. Il avait déjà emprunté ce chemin. Une fois, deux fois, mille fois. Il n'y retournerait plus. Il avait tant cherché, en vain. Il n'avait plus la force de chercher encore, d'être déçu. Encore.

- Tu es mort.

Et c'était froid, définitif... fictif. Il essayait de se convaincre, comme à chaque fois, mais le garçon de ses souvenirs revenait toujours le hanter.
Le gamin soupira, secoua la tête et se pencha en avant, comme pour prendre le ton de la confidence.

- Je t'ai connu plus combatif.

Sam serra les dents, tendu et frustré.

- Va-t'en. Laisse moi tranquille.

Il eut l'air véritablement étonné, ses yeux d'or s'élargissant comme des billes.

- M'en aller ? Mais on s'est promis de toujours rester ensemble, tu te souviens ?

- Non.

- Sam...

Il pressa fermement ses paupières l'une contre l'autre, refusant de rouvrir les yeux, les mains crispées sur son visage.

- J'ai dit va-t'en ! Sors de ma tête !

- J'ai peur, Sam...

Sa voix était soudain faible, pleine de sanglots refoulés et ce n'était pas ce qu'il avait envie d'entendre. Il ne voulait plus rien entendre du tout.

- Ne m'abandonne pas ici tout seul, Sam...
Il dût se faire violence pour ne pas hurler.

- Ne m'abandonne pas encore... S'il te plait... SAM !

Il se réveilla en sursaut, haletant, les membres tremblants et couverts de sueur. Instinctivement, il chercha le contact de Daug sous ses doigts, mais il lui fallut encore quelques instants pour se rappeler qu'il ne l'avait pas emmené à Fal avec lui. C'était sensé être une mission de routine de quelques jours, pas plus. Attraper les méchants, les jeter en prison, rentrer au bercail, rien de plus compliqué. Il s'étonna de voir les premiers rayons du soleil filtrer par sa fenêtre. L'épuisement avait dû avoir raison de lui, finalement. C'était pour le pire... Encore frissonnant, il porta les mains à son front comme pour effacer les dernières images de son rêve ou de son hallucination... il ne savait plus très bien, à force. Un pas après l'autre, il s'approcha du miroir, ne s'étonnant pas de trouver son visage luisant, des cernes violettes s'étalant sous ses yeux. Il se sentait lessivé, nullement reposé par cette nuit terriblement agitée. Ce n'était pas comme s'il songeait à se rendormir ; il devait à tout prix sortir de cette chambre.
La sensation de l'eau froide sur sa peau brûlante lui fit du bien. Puis, machinalement, il attacha ses cheveux et s'habilla, enfilant à contre-cœur son équipement malgré la chaleur. Il ne fût pas surpris de trouver toute son équipe déjà attablée dans la salle commune pour prendre le petit-déjeuner. Il s'assit silencieusement à côté de son lieutenant, Marcus, qui le scruta longuement de son regard bleu perçant mais ne pipa mot. Il fût convenu de commencer l'opération avant que la chaleur ne devienne trop épuisante, et aussi, tous les Tanieths quittèrent-ils l'auberge en un rien de temps.
L'esprit ailleurs, Sam passa la porte le dernier, n'ayant décroché que quelques mots de rigueur depuis son réveil. S'il devait se montrer honnête, il n'était pas du tout concentré sur les objectifs de la mission. Ses propres mots de briefing ne trouvaient qu'un faible écho à son oreille. Il était en train de séparer ses hommes par groupes de deux quand il le vit. Soudain, les mots restèrent coincés dans sa gorge.

- Sam ?

C'était la voix de Marcus. Il ne lui accorda pas un regard, pas un geste ni une pensée. Il croyait bien avoir été foudroyé sur place. Rien n'existait plus. Le soleil au dessus de sa tête, l'azur sur ciel, l'ocre criard de la ville, ses hommes, son propre corps, ses membres figés, son souffle coupé. Rien n'existait plus sinon lui. Son corps noirci de symboles et ses yeux... ses yeux dorés, brûlants, vivants, plantés dans les siens, reconnaissables entre mille. C'était impossible... C'était...
Avant qu'il ait pu former une pensée cohérente, l'homme disparut dans une ruelle adjacente. Et Sam, le militaire Sam, Sam le réfléchi ne fît rien de ce qu'il aurait fait d'habitude, à son âge adulte de pleine maturité. Tout d'un coup, le chevalier d'Irianeth céda la place à l'enfant orphelin de Fal, lancé à la poursuite d'un spectre.

- Sam !

Déjà, il n'entendait plus Marcus. Seule comptait la silhouette qu'il suivait à bonne distance, et qu'il ne parvenait à rattraper malgré sa course effrénée, zigzaguant entre les ruelles sombres et étroites, bousculant les passants sans un regard, évitant chaque obstacle sans y penser, entièrement captivé par l'autre, par lui... jusqu'à ce que la course prenne fin. Il descendit les marches d'un seul bon, débouchant dans un nouveau couloir urbain. C'était un cul de sac et quelque-part au fond de son crâne, Sam pût entendre la voix de Ossian le mettre en garde. L'endroit était étonnamment calme, isolé si profondément dans les boyaux de la vieille ville que personne n'aurait pu s'y aventurer par hasard. Sam savait ce qui se passait dans ce genre d'endroit. Depuis l'enfance, il savait ; depuis qu'il avait vu Akim traîner les traîtres jusque dans les recoins sombres et déserts. Ils ne ressortaient jamais par eux-mêmes.
Toutes ses alarmes étaient enclenchés mais il n'écoutait pas, captivé par les yeux dorés dardés sur lui. Il restait à une bonne distance, incapable d'avancer, comme si un seul pas pouvait suffire à faire disparaître l'apparition miraculeuse.

- Bonjour, Samaël.

Son cœur se serra dans sa poitrine, ses yeux s'écarquillèrent comme deux grosses billes verte et brune. La voix était différente de ses souvenirs et il était beaucoup plus vieux que dans ses souvenirs, ayant largement atteint l'âge adulte. Si c'était une illusion, alors... ça ne collait pas. Il... Il avait toujours neuf ans dans ses hallucinations. Il n'avait jamais arrêté d'avoir neuf ans, depuis que...

- Ma-Malek...

Le nom était lourd sur sa langue et lui fit l'effet d'une gifle. Il ne le nommait plus jamais, pensant naïvement que ce serait plus facile de le garder désincarné s'il n'était plus que ça. Un fantôme dépourvu d'identité. Mais cette fois-ci... cette fois-ci... les choses semblaient différentes. Cette fois-ci les choses semblaient... réelles ?

- Tu... Tu es là ? Tu es vraiment là ? Je te croyais... je croyais que tu étais...

Sa voix était faible, cassée, hésitantes. Il dût prendre une seconde avant de prononcer ce mot maudit, ce mot qui lui avait donné tant de sueurs froides, tant de sources de malheur.

- Mort.

Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait même pas si tout cela était réel. Si seulement ça pouvait être réel...
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Mar 09 Juil 2019, 22:33




Samaël. Cet abrutit, ce traître, cet incapable se tient face à moi. D’une voix chevrotante et bégayante, il prononce péniblement mon nom. Bien, au moins il s’en souvient. Je ne peux m’empêcher d’étirer un fin sourire le long de mes lèvres, en voyant la détresse dans ses yeux. Je ricane, croisant les bras sur mon poitrail svelte. Décidément, il ne finira jamais de me décevoir. J’espérais une toute autre réaction. Mais bon, mon lot de consolation, c’est surement la tête qu’il tire. Il a une sale gueule, la gueule d’un type qui dort peu. Peut-être que mes tourments ont fini par l’atteindre ? Je suis sûr de mon coup, concernant le tatouage au henné. Ça a dû être un retour brutal à la réalité, ma réalité. Rien ne me ferait plus plaisir que de le voir se mettre à chialer je crois bien.

- Bah alors Samaël. On dirait que t’as vu un fantôme.

Lentement, je prends une longue et lente inspiration. Tout mon corps frissonne d’une excitation sans pareille. Je ne me serai jamais cru si fou de joie à l’idée de tuer quelqu’un. Le meurtre est globalement pour moi plus une obligation qu’un plaisir mais le vol, c’est autre chose. Pourtant aujourd’hui, je n’ai pas l’impression de commettre un meurtre, mais bien un acte de paix. Détruire cet homme si dangereux, cet homme qui ressemble tant à Akim, même s’il l’a quitté jeune. Bien plus jeune que moi.

- C’est vrai que normalement, c’est ce que je suis censé être. Peut-être est-ce le cas ? Il faudrait interroger les chiens qui m’ont lacéré la peau grâce à toi, il y a plusieurs années de ça. La mort, aurait été mon souhait. Une douce étreinte que j’aurais acceptée avec grand joie, si seulement j’avais eu le choix, quand Akim m’a rattrapé. Et que toi, tu m’as abandonné.

Je me mets à marcher, à pas lents, m’amusant à rôder, tel un loup analysant un lapin, bloqué contre les rochers, blessé et incapable de fuir. L’occasion est presque trop belle, me rendant presque hésitant. Est-ce trop simple de le tuer sans le faire souffrir ?

- Quand on veut tuer quelqu’un Samaël, vraiment, tuer quelqu’un. La première règle, c’est de le faire soi-même. Sinon, le travail pourrait être bâclé.

Je souris finement, dégainant lentement ma lame, laissant son bruit métallique glisser lentement à mes oreilles, plus harmonieux qu’une harpe des Dieux. Du bout du doigt, je caresse la longueur tranchante de mon arme. Peut-être que je pourrais l’empoisonner de mon sang mais… Serait-ce vraiment amusant ? Le tuer immédiatement, serait pour moi une satisfaction supplémentaire et un réel gage de réussite. Une récompense méritée de plusieurs années. Je suis la preuve vivante, que tuer par le biais d’un autre, ne marche pas réellement.

- Je suis presque déçu en réalité. Je m’attendais à ce que tu le sois aussi. Pourquoi j’ai l’impression de reconnaître dans tes yeux, l'éclat futile et extrêmement léger d’un soulagement ?

Je ris jaune, roulant doucement des épaules, comme pour m’échauffer. Je connais son style de combat. Lourd, et lent par rapport au mien. Il est parfaitement le genre d'adversaires que j’aime affronter, parce que mon style plus fluide et plus rapide, m’offre très souvent l’avantage. Surtout, lorsque j’ai autant de rage de vaincre qu’aujourd’hui. L’adrénaline et le plaisir devraient sans mal me donner plus d’endurance et de puissance qu’à mon habitude. Je me sens plus à l’aise, plus échauffé que je ne l’ai jamais été.

- Aujourd’hui, mon cher Sam, tu vas avouer. Je vais t’écouter et une fois que j’aurais eu tes aveux… Je pourrai te tuer avec un plaisir, démesuré.

Ma mâchoire est crispée, alors que j’arrête d’avancer, pour m’immobiliser juste en face de lui.

- Tu m’as manipulé, menti et trahi. Tu m’as entraîné dehors pour avoir un morceau de viande à jeter aux chiens d’Akim. Tu m’as, délibérément abandonné là-bas et mes cris de terreur et de douleur ne t’ont même pas fait jeter un seul regard en arrière. Pour le frère que j’étais censé être, j’étais terriblement sacrifiable on dirait. Ensemble, tu disais. Ensemble, nous allions fuir et vivre heureux. Hé bien, après des années de tortures et d’humiliations, je suis enfin libre. Mais ce n’est pas grâce à toi. Et je suis loin d’être heureux. Mais aujourd’hui, te planter ma lame dans le ventre et remonter jusqu’à ta gorge, serait pour moi un réel plaisir. Et là enfin, je serai vraiment heureux. Mon frère.
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Mar 16 Juil 2019, 00:26
- Bah alors Samaël. On dirait que t’as vu un fantôme.

Il ferma les yeux, incapable de distinguer la réalité du rêve. Il était bien trop confus, il avait besoin de se concentrer, de se recentrer sur la situation, aussi dingue qu'elle pût paraître. Oui, il voyait des fantômes maintenant, et si la chose n'était pas tout à fait nouvelle, il fallait bien reconnaître que cette fois était très différente et il pensait être encore - approximativement - sain d'esprit. Ce n'était pas un rêve ou une hallucination. C'était son frère, en chair et en os, loin des méandres enfiévrés de son esprit. C'était le karma qui lui revenait dans la jugulaire. Il avait été naïf de croire qu'il pourrait y réchapper éternellement et il était peut-être bien fou à lier, finalement. Pourtant, si c'était un rêve, il ne voulait pas se réveiller. Quelle qu'en fût l'issue, il était bloqué, corps et âme.
Sam ne bougeait pas, il respirait à peine, le visage figé, indéchiffrable. Il fixait les lèvres de Malek, s'accrochait à chaque mot, prêt à encaisser tous les coups pour obtenir la moindre bribe d'information. Il avait tellement de questions qu'il ne pouvait pas poser. Quel genre de vie son ancien frère avait-il dû mener après sa fuite ? Une vie de fantôme, d'après ses dires. Cela ne l'étonnait qu'à moitié, voire pas du tout, en y réfléchissant un peu. Il n'y avait pas beaucoup de façons de survivre pour un ancien gamin des rues à Fal. Devenir invisible était encore l'option la plus raisonnable.
Malek avait perdu sa voix d'enfant et son ton enjoué. Ses paroles n'avaient plus rien de bienveillant à son égard. Elles étaient dures, accusatrices, et surtout, bien trop proches de la vérité. C'était sa faute si les chiens l'avaient attaqué. Sam se souvenait de cette nuit maudite dans les moindres détails. Les cris des hommes de mains d'Akim, sa course effrénée, les aboiements fous des chiens de Dukasse à leurs trousses. Il était tellement sûr que Malek était derrière lui... Tellement sûr qu'ils s'en étaient sortis tous les deux... Shaïla avait tort, Akim n'avait pas tué Malek ce soir-là et ce qui aurait pu apparaître comme une chance inouïe n'était ni plus ni moins qu'une source d'effroi lorsqu'on connaissait l'envers du décors. Akim l'avait brisé ; il 'avait brisé Malek comme il brisait tout ce qu'il touchait. Parce que c'était ce qu'il faisait. Et il en était le seul responsable.

- ...tu m'as abandonné.

Sam sentit la nausée le gagner. Il referma les yeux, comme il le faisait toujours, tâchant de rester calme malgré tout. Il sentait des sentiments contraires l'assaillir de toutes parts. La joie de revoir Malek en vie, mais aussi la honte, la culpabilité, le manque. Il pouvait à peine réaliser à quel point son frère lui avait manqué... A quel point il continuait de lui manquer.
Malek tournait comme un lion en cage, entraîné par sa frénésie, extatique. Dangereux, lui soufflaient ses instincts ; mais il n'en avait cure. Il continuait sa tirade hargneuse sans que Sam ne pipe mot.
Ses mots se faisaient toujours plus inquiétants alors qu'il s'arrêtait sur le sujet du meurtre. On était jamais mieux servi que par soi-même quand il s'agissait de tuer ; ce n'était pas le genre de travail qu'on pouvait confier à autrui lorsqu'on souhaitait la mort de quelqu'un du plus profond de son cœur.
Sam avait bien une idée de ce qui allait suivre. Il ne s'étonna même pas de voir le couteau de Malek glisser hors de son fourreau. Par habitude, il posa la main sur la poignée de son sabre et le sortit de son fourreau. Il n'aurait aucun mal à le maîtriser magiquement si l'envie lui en prenait, mais le voulait-il seulement ?


- Je suis presque déçu en réalité. Je m’attendais à ce que tu le sois aussi. Pourquoi j’ai l’impression de reconnaître dans tes yeux, l'éclat futile et extrêmement léger d’un soulagement ?

Malek éclata d'un petit rire mauvais et amer. Abasourdi, Sam le regarda sans comprendre. Il ouvrit la bouche pour la refermer aussi tôt, les mots refusant obstinément de franchir ses lèvres. Était-ce vraiment ce qu'il s'imaginait ? Qu'il serait ennuyé de le revoir ? C'était insensé... Bien sûr qu'il était soulagé ! Comment aurait-il pu en être autrement ? Comment Malek pouvait-il seulement... Pensait-il qu'il n'avait jamais regardé en arrière ? Qu'il n'avait jamais cherché à le retrouver ? Qu'il avait juste... continué sa vie comme si de rien n'était ? C'était une part de son âme qui était restée à Fal, avec son frère, et il ne pensait pas pouvoir la récupérer un jour.
Si Malek voulait des aveux, alors il les lui offrirai si c'était la dernière chose qu'il devait faire. S'il voulait le tuer... Sam ne savait pas quoi dire, quoi faire. La main toujours crispée sur le pommeau de son arme, il n'avait pas le cœur de se battre. Malek s'approchait toujours plus de lui, vengeur, menaçant et il ne pouvait penser à rien d'autre qu'à cette seule réalité. Il ne voulait pas se battre.
A présent, le visage de Malek était juste en face du sien, et leurs souffles saccadés se mêlaient presque.
Il continuait de parler, furieusement, vomissant sa rage et sa haine, avec une telle virulence que Sam sentit presque ses jambes flancher. Après tant d'années à repense ces derniers instants ensemble jusqu'à s'en rendre malade, il avait finalement la version de l'autre, de celui qui avait vécu cette nuit de cauchemars à ses côtés, une dernière fois. C'était finalement la vérité de Malek qui éclatait au grand jour, à Fal, là où tout avait commencé. Tout cela avait quelque-chose de terriblement poétique... La boucle était enfin bouclée.
Ce que Malek disait... Ce qu'il feulait presque... C'était tout ce que Sam n'avait jamais voulu entendre, tout ce qu'il avait toujours refusé de reconnaître : les conséquences de ses actes. Comment donner tort à Malek ? Il n'avait jamais voulu le trahir et les dieux savaient qu'il ne s'était pas servi de lui pour en réchapper vivant, mais les faits parlaient d'eux-mêmes. Pris dans sa propre panique, il n'avait rien vu, rien entendu. Il voulait tant dire à Malek qu'il n'était pas sacrifiable... Il était le seul frère qu'il ait jamais eu, son unique famille. Tout aurait pu être si différent, ce soir-là... Tout aurait pu se passer comme prévu. Ils auraient pu s'enfuir tous les deux, être heureux... Oui, ils auraient été heureux... ensemble. Si seulement il avait tourné la tête... Si seulement... Il aurait dû être celui à libérer Malek. Il aurait dû le sauver. Il n'aurait jamais imaginé devenir la main qui le mènerait à sa perte.
Aucun d'eux n'était vraiment heureux, à présent, et il méritait tous les blâmes. Il méritait ces derniers mots :  

- Mais aujourd’hui, te planter ma lame dans le ventre et remonter jusqu’à ta gorge, serait pour moi un réel plaisir. Et là enfin, je serai vraiment heureux. Mon frère.


Sam sentit une larme rouler sur sa joue. Lentement, ses doigts se déserrèrent sur son arme. Il restait là, les bras ballants, immobile comme une statue. Il faisait une cible parfaite pour la lame de Malek. Il s'en foutait. Qui le regretterait s'il venait à mourir ? Ylvä était assez grande pour se débrouiller sans lui, et Daug resterait avec elle jusqu'à ses vieux jours. Personne n'avait besoin de lui.

- Je n'ai jamais voulu t'abandonner.

C'était à peine un souffle rauque, brisé. Toute la force qu'il avait mis tant d'années à bâtir, toute cette carapace de calme et de confiance s'était saturée nuit après nuit sans sommeil, cauchemar après cauchemar, jusqu'à ce moment d'apogée.

- Je suis revenu... Je suis revenu pour toi et tu n'étais plus là. Je t'ai cherché... je n'ai jamais arrêté de chercher... mais tu avais disparu... tu avais disparu, Malek.

Quelques larmes creusaient silencieusement des sillons salés sur son visage. A présent qu'il avait retrouvé la parole, il ne pouvait plus empêcher les mots de franchir ses lèvres. Il secoua la tête.

-  Je n'ai rien voulu de tout ça... mais j'ai tout foiré. Je suis désolé.

Sans un mot, il laissa tomber son sabre. Ce dernier toucha le sol avec un bruit mat. Il rendait les armes. Quelle que fût l'issue, il ne voulait pas se réveiller. Quelle que fût l'issue...
Un sourire triste étira ses lèvres et il murmura comme une promesse :

- Je suis vraiment heureux de te revoir.

Malek
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Jeu 18 Juil 2019, 16:39




Les mots sortent sans que je n’ai besoin de réfléchir. Pourtant, j’ai vu et revu cette scène dans ma tête, des centaines et des millions de fois. Chaque fantasme était différent en tout point. J’avais préparé milles discours, j’étais prêt à le réduire en miettes sans la moindre hésitation et pourtant, aujourd’hui, rien ne se déroule vraiment comme je l’espérais. J’imaginais, que Sam serait désemparé de me retrouver en vie face à lui, mais pas soulagé. Son regard exprime un sentiment que je ne déchiffre pas et lentement, je remarque une larme, qui glisse le long de sa joue. Mon visage n’exprime que du dégoût, de la rancœur. Moi qui pensais quelques instants plus tôt que le voir pleurer me ferait frétiller, en réalité ce n’est pas le cas. Le seul en droit de pleurer ici, serait éventuellement dans le dernier des recours, moi-même. Mais je pense que mon cœur est asséché, voilà bien des années que je n’ai plus laissé couler la moindre larme. Et mon absence de sentiments dans des situations comme celles-ci, je ne le dois qu’à une personne et c’est bien lui.

Il continu ses palabres, ses paroles n’atteignent pourtant pas mon cœur. Je m’attendais à les entendre, ces mots dans l’une de mes versions de ce fantasme. Je m’attendais à l’entendre se défendre, nier, dire qu’il ne voulait pas ça, que ce n’est pas sa faute, et qu’il avait tout fait pour empêcher ça... A ses dernières paroles, un petit rire raisonne.

- C’est vrai. Je ne peux pas t’enlever au moins ça, au moins une parole honnête. Tu as vraiment l’air heureux de me voir, ça veut dire que tu n’as commis aucun fratricide, ta conscience doit en être soulagée. Peut-être qu’avec le bras ou la jambe en moins, j’aurais pu attirer davantage de remords mais que veux-tu, j’ai préféré perdre juste un doigt pour toi et rien que ça, c’est déjà trop, crois-moi.

Je me calme un peu, je baisse doucement en tension. J’ai attendu si longtemps, il serait idiot de ma part d'accélérer si brutalement les choses.

- Hé bien laisse-moi te dire Samaël, que même si à mes yeux tu ne vaux pas mieux que ton chien, tu es loin d’avoir son flaire. Moi je t’ai trouvé, je t’ai trouvé après avoir galéré plusieurs années, mais je t’ai bien trouvé.

Je me redresse totalement et je continu à le dévisager. Décidément, Samaël n’arrête pas de me décevoir.

- Je m’attendais à plus de combativité. Pourquoi t’es si moue, t’es pourtant chevalier ! Tu n’es pas capable de dégainer ton arme quand on menace ta propre vie ?? Je te connais, sale lâche. Tu as des pouvoirs, tu seras capable de me briser les os du revers de la main. Alors pourquoi tu décides de me mentir plutôt que d’agir. Me tuer de tes propres mains.

Mon regard est dur, froid comme les contrées éloignées. J’attends avec impatience ses réponses, avec ses réactions pour le moins énigmatiques, il a réussis à me rendre curieux. Je ne pensais pas avoir envie de parler pourtant. Simplement de l’égorger...
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Sam 17 Aoû 2019, 02:33

Il fallait qu'il se calme. Il savait que c'était mission impossible, mais il le fallait. Peu à peu, il sentit les larmes se tarir sur ses joues. La fièvre reprenait ses droits, écartant toute trace de lucidité de ses yeux rougis. Son regard disparate et embrumé ne quittait pas Malek une seconde, de peur que qu'il ne s'évanouisse soudain dans un éclat jaune. Il n'était toujours pas persuadé de ce qu'il voyait, ce qu'il ne voyait pas et de ce qui pouvait bien être réel ou non. La sueur recommençait à perler à son front pâle. Il devait être malade, si malade que la voix d'Ossian devenait de plus en plus nette à son oreille.
Que vas-tu faire, Sam ? Le laisser te tuer ? Ne sois pas stupide ! Défend toi, grand imbécile !
Il secoua légèrement la tête. Il ne voulait rien faire. C'était sa responsabilité et il ne voulait rien faire. Malek pouvait planter sa lame où bon lui semblait, la chose lui était bien égale. Il voulait juste... Il voulait... Il ne savait pas ce qu'il voulait au juste. Il n'espérait pas faire pénitence. Était-ce la fièvre qui le rendait si confus ?
Le visage de Malek dansait comme une flamme devant ses yeux. Il avait cette moue dégoûtée que Sam se souvenait lui avoir déjà vue, mais il ne savait plus en quelle occasion, et ses lèvres bougeaient mais les mots qui en sortaient ne faisaient aucun sens - ou peut-être était-ce lui qui délirait ?
Soulagée ? Sa conscience ? Non... Par les dieux, non...
Par réflexe, Sam chercha le doigt que Malek disait avoir perdu à cause de lui, faute d'avoir perdu plus. Un doigt, c'était déjà bien trop, songea t-il, le cœur serré.
Lâche. Traître.
Tant bien que mal, il tâchait de s'accrocher aux paroles de Malek perdues dans les échos de son esprit malade. Ça n'était pas un hasard si son vieux frère l'avait retrouvé. Sans le savoir, ils s'étaient tous deux cherchés, habités par des sentiments puissants qui les ramenaient l'un vers l'autre. La douleur, la haine... un désir de justice ou de vengeance... la culpabilité...  et le manque.
Malek se hérissa soudainement, se redressant de tout son long. Il n'arrivait pas plus haut que son menton. Il y avait des choses qui ne changeaient pas. De eux deux, il avait toujours été le plus grand. C'était lui le grand-frère, lui le protecteur attitré. Il avait pourtant toujours pris son rôle très à cœur, comment les choses avaient-elles pu foirer à ce point-là ? Comment en étaient-ils arrivés ici ? Dans ce coin paumé de ce pays maudit où même la putain d'herbe se refusait à pousser ?
Malek cherchait à le provoquer de plus bel et lui ne bougeait pas. Il n'en avait aucune intention, d'ailleurs. Il admettait seulement en son for intérieur que son ami avait raison. Même affaibli, même pâle et délirant, l'avantage était de son côté. La magie affluait dans ses veines et à dire vrai, il n'avait même pas besoin d'un revers de main pour causer des dégâts mortels. Il lui suffisait d'une pensée cohérente.
Mais Malek avait tort. Il ne mentait pas. Il ne jouait aucun jeu et ses yeux s'écarquillèrent d'une surprise qui lui donnait un air presque dément alors que Malek lui demandait sans douceur ce qui pouvait bien l'empêcher de le tuer de ses mains.
Défend toi, s'énervait la voix d'Ossian - et il ne s'énervait jamais. Pour l'amour du ciel, Samaël, défend toi !
Ça ne serait pas la première fois qu'il n'écoutait pas son ancien mentor. Tout au plus, ce serait peut-être la dernière.

- Te... tuer ? Je n'ai jamais voulu te tuer...

Sa gorge était sèche, sa voix faible et rocailleuse.

- Je ne voudrai jamais te faire de mal, murmura t-il.

Qu'importe ce qu'il avait voulu ou non, les faits étaient là et ils étaient accablants.
Il ne voulait pas mourir... pas vraiment...  Il voulait seulement faire ce qui était juste... ce qu'il croyait être juste.
Son regard trouva celui de son ancien frère, empli d'une nouvelle détermination. Et toujours la voix d'Ossian, forte et impuissante, raisonnait dans son esprit :
Sam, arrête ce petit jeu, tu m'entends ? Sam !
Trop tard, il était bien trop tard pour arrêter. Déjà, le poignet de Malek ne lui appartenait plus et son bras se levait, plaquant sa lame contre le cou de Sam. Non, il ne voulait pas vraiment mourir, se répéta t-il. Mais la mort ne serait jamais pire que la culpabilité qui le crevait de l'intérieur.

- Je t'ai promis des choses que je n'ai pas pu te donner et je sais... je sais que je ne peux pas me racheter pour ce qui s'est passé, reprit-il.

Il sentit le métal froid couper la chair tendre de sa gorge en mouvement. Oui, il n'avait pas su à donner mais à présent, il pouvait faire ça pour lui ; il pouvait lui offrir sa vengeance. Une goutte de sang roula sur son cou et il se demanda ce qu'il faisait là, où son délire l'avait encore porté. Ses yeux fiévreux ne lâchaient pas les pupilles d'or de Malek.

- Fais le. Si c'est ce que tu veux alors... fais-le. Je promet de ne pas utiliser ma magie.

Il était peut-être bien taré, en fin de compte.
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Mer 11 Sep 2019, 15:59




En colère. Je suis totalement furieux. Ce type qui est censé être un fier combattant, n’est en cet instant rien d’autre qu’un frêle et faible geignard. Je ne voulais pas, je n’ai jamais voulu, jamais je ne voudrai… Que des mots, pour éviter d’assumer ses réelles envies à l’époque. Peut-être qu’avec le temps, les remords ont fini par le gagner. Mais je refuse de le croire. Je veux du concret. Soit un affrontement bien violent, soit, une supplication lamentable de sa part. Quelque chose qui fasse vibrer à nouveau mon petit cœur de franc détraqué. Mais plus je le vois agir comme un type à l’esprit complètement défoncé, plus je me sens… Troublé ? Je n’aime pas ce sentiment. Je n’aime pas être entravé par mes pensées, mes sensations, mes instincts ou même… Mes émotions. On peut pas dire, que je sois un tueur dangereux, sans foi ni loi. Mais je pense que je suis quand même un peu au-dessus de la norme en termes de coups bas. Et malgré mes besoins, mes envies et mes fantasmes, la situation m’échappe peu à peu. Sam est docile, à ma merci, pathétique. Mon envie de le tuer, s’envole de plus en plus loin, et je commence à me sentir vide, j’irai même jusqu’à dire, vulnérable. Après tant d’années, comment se peut-il qu’il parvienne encore à avoir une influence sur moi, alors que je me pensais complètement… Insensible le concernant. Toute la haine que j’ai remué toutes ces années, devaient me donner la force de le tuer, lors de nos retrouvailles. Pourquoi, je n’y arrive pas. Si j’avais une telle opportunité pour Akim, je n’hésiterai pas. Alors pourquoi, alors qu’il a détruit ma vie, tuer Sam est si compliqué ?

- LA FERME !

Voilà quelques secondes qu’il avait fini de parler. Mais son regard planté dans le mien, comme si j’étais un esprit divin venu abréger ses souffrances. Mais non. Je ne suis pas, divin. Et je ne suis pas son sauveur, loin de là, je suis son plus lointain Fantôme. Une violente vague de rage descend brutalement de mon estomac jusqu’à mes talons. De toute ma force, je lui envoie un profond coup de botte dans le sternum, le choc de l’impact, le jette sur le dos. On ne peut pas dire que mon plus gros atout physique, soit ma puissance et pourtant, je pense qu’un éclaire frappant, n’aurait pas su être plus violent. Je m’approche de lui, gardant une certaine distance pour qu’il ne puisse pas m’attaquer aux jambes, bien conscient qu’avec un tel coup, il est sonné et en manque d’air pour plusieurs secondes au moins.

- Ne me donne aucun ordre, tu n’as aucun choix à prendre pour moi !! Si ce que tu dis est vrai, tu as des remords, tu es triste de m’avoir infligé CA ?! Alors c’est parfait ! Tu vivras avec ça pour l’éternité !! Et si le cœur m’en dit, c’est pas toi, que j’attaquerai. Mais tes proches !!

Je ponctue mon dernier mot, par un coup de pied bien placé au niveau des côtes, pile au-dessus des poumons. Tout est bon, pour l’empêcher de reprendre son souffle pour cracher son venin.

- Ta petite écuyère, est naïve comme pas permi. T’as vu son tatouage, j’ai pas perdu la main hein ?!

Je racle le sol de ma botte, lui envoyant un beau nuage de sable dans la tronche. Rien de douloureux cette fois. C’est plus pour le côté humiliant, et indolore. J’aurais pu lui donner un brutal coup dans le nez, mais j’aurais pu le faire perdre connaissance et je veux qu’il entende mes mots, un à un. Je me calme doucement, et me contente de m’immobiliser. Le silence revient dans notre cul de sac, alors que mes poings, se serrent à en devenir pâle. Seule ma respiration haletante, surmonte les petits hoquets étouffés de Samaël, qui doit bien avoir envie de vomir.

- Tu mérites même pas que je te pisse dessus pour achever le peu d’honneur qu’il te reste. Sale chien.

Je tourne les talons, rangeant ma lame. Il ne mérite plus que je m’attarde sur son cas. Incapable de le tuer. Je me pensais plus renforcé que ça. Pourtant, chaque coup que je lui ai donné… M’ont fait mal, à moi aussi. J’espérais atteindre un vrai bonheur, en le massacrant, en découpant joyeusement sa chaire. Au lieu de quoi, je me suis contenté de lui porter quelques coups et le choc de leur impact, résonne encore dans ma tête, tant ça ne m’a pas soulagé.

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Lun 07 Oct 2019, 19:48

La violence du choc le projeta à terre. Il crispa une main sur sa poitrine, haletant et cherchant son souffle. Il devait bien admettre... il n'aurait pas cru que Malek serait capable de le mettre au tapis un jour. Plus que jamais, la tête lui tournait et la bile lui brûlait la gorge. Il n'était pas dans son état normal, et Malek... la rage décuplait ses forces. Sam avait vu la fureur passer dans ses yeux d'or ; un éclair de frénésie pur. Il n'avait pas appuyé sur la lame, il avait seulement hurlé. Il avait voulu le faire taire, mais pourquoi ? Pourquoi ne pas simplement se contenter de le tuer ? Sam pensait que c'était ce qu'il voulait alors pourquoi ne pas en finir une bonne fois pour toutes ?  
Le chevalier ouvrit les yeux sur l'azur absolu du ciel de Fal. Un repère figé, immuable. De quoi lui redonner un peu de concentration. Les mots de Malek résonnèrent à son oreille, empreints d'une haine nerveuse. Sam avait envie de rétorquer qu'il ne lui donnait pas d'ordre, il n'avait pas voulu prendre un choix à sa place... l'avait-il fait ? Il n'avait pas enfoncé la lame... juste... dirigé son arme... Et bien sûr qu'il était triste, il avait des remords. Et peut-être bien que Malek pensait qu'il devait faire pénitence en portant ce fardeau jusqu'à la mort. Mais la vérité... la vérité c'était qu'il n'en guérissait pas mais il avait appris à l'ignorer. Il vivait avec. Il... vivait. Quand bien même aurait-il voulu se faire du mal, enfoncer la culpabilité et le dégoût de soi dans sa chair, les laisser empoisonner chaque instant... et pendant longtemps, il l'avait voulu... ça n'avait pas empêché la vie de reprendre le dessus. Il n'était pas assez vieux pour qu'elle ne reprenne pas le dessus, une fois encore. Il ne pouvait pas faire pénitence.

- Et si le cœur m’en dit, c’est pas toi, que j’attaquerai. Mais tes proches !!

Son cœur sembla se geler dans sa poitrine. Il se redressa péniblement sur un coude. Aussitôt, le pied de Malek le cueillit aux côtes. Son dos se cloua au sol et un grognement étouffé passa ses lèvres. Bordel... Sam contracta les muscles, préparé à encaisser la suite de coups qui ne manquerait pas de pleuvoir, mais rien n'arriva, pas la moindre frappe assassine, pas le plus petit coup bien placé. Son ancien partenaire se contenta de racler le sol, soulevant un nuage de sable près de son visage - à peine de quoi lui faire détourner la tête. A moins de considérer les mots comme des coups... ce qui était définitivement le cas de Sam.

- Ta petite écuyère, est naïve comme pas permis. T’as vu son tatouage, j’ai pas perdu la main hein ?!

Merde ! Ce foutu tatouage ! Il avait refusé d'écouter ses soupçons ; ils étaient dingues et déraisonnables. Ça ne pouvait pas être Malek, qu'est-ce que Malek aurait fait dans les pattes d'Ylvä ? Il aurait dû se faire confiance. Inconsciemment, il avait compris que quelque-chose se préparait. Les pièces du puzzle commençaient à s'emboîter. Le tatouage sur le bras de son ancienne écuyère était une menace qu'il n'aurait pas dû ignorer. Sa mâchoire se contracta. Il ne referait plus jamais une telle erreur. Il aimait Malek, de tout son cœur, de toute son âme ; mais plutôt le crever que de le laisser poser une main sur Ylvä. Plutôt avoir ça sur la conscience. Elle ne serait pas la victime de ses erreurs passées, et si ce n'était pas elle, ce ne serait pas non plus Aquila, ni aucun de ceux qu'il aimait. Personne n'avait le droit de toucher à ses proches, même pas son frère.
D'une main, Sam se relevait déjà alors que Malek crachait son dernier venin.

- Tu mérites même pas que je te pisse dessus pour achever le peu d’honneur qu’il te reste. Sale chien.

Les mots glissèrent sur lui comme de l'eau, le laissant de marbre. Ça ne prenait pas ; plus maintenant. Toutes ses pensées étaient pour Ylvä.
Son adversaire lui tournait le dos, et lui, il était debout. Son arme avait retrouvé sa place dans le creux de sa main et il la serrait à s'en faire mal. Qu'importait. Les traits de son visage s'étaient durcis. Il se tenait là, stable sur ses appuis, rigide comme un rock. Tout le contrôle qu'il avait laissé s'évaporer, partir en fumée ses derniers jours était revenu à lui. Fébrile, il le sentait bouillonner dans ses veines.
Malek n'eut pas le temps de faire trois pas. Immobilisé, il ne pouvait plus faire le moindre geste. Le moindre de ses vaisseaux sanguins, la moindre parcelle iriguée de ses muscles, la moindre goutte d'hémoglobine était sous son emprise. La sensation devait être oppressante, mais il n'y avait rien de réellement douloureux, à proprement parler. Juste une pression sanguine un peu plus élevée que d'ordinaire. Muni de tout le sang-froid du monde, Sam força Malek à se retourner, à lui faire face de nouveau. Les traces d'épuisement n'avaient pas disparu de son visage, mais son regard disparate étincelait d'une volonté nouvelle. Si regrets il y avait, ils s'étaient barricadés derrière une façade impénétrable. L'heure n'était plus à la pitié et aux états d'âme.

- Tu sais Malek, tu peux me faire ce que tu veux. Me traiter de chien, me pisser dessus, me battre à mort et me laisser crever, ça m'est bien égal. Je sais ce que je mérite.

Il s'approcha de quelques pas, son regard brûlant affrontant celui de son ami sans faillir. Sa parole, elle, était de glace :

- Mais ne t'approche pas de mes proches. Ne t'approche pas d'Ylvä ni d'aucune personne que j'aime. C'est entre toi et moi. Si tu t'en prends à elle, je te détruirai. Je t'anéantirai si c'est la dernière chose que je dois faire avant de me trancher la gorge.

Car même nécessaire, la chose lui serait insoutenable, il le savait. Il en crèverait. Mais au moins, il ne serait pas mort en vain.
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Mar 15 Oct 2019, 18:46




Le mot déception ne serait qu’un euphémisme, pour décrire ce qu’il se passe dans mon esprit en cet instant. Un pur et total fiasco, se déroule autour de moi. J’avais tant espéré, tant misé sur cette simple journée. Au lieu de quoi, ce qui devait être une libération, le renouveau d’une vie entière, se transforme en amère déception, en boulet que je vais devoir tirer plus longtemps que prévu. Toute ma vie, ne suffisait déjà pas à priori. Ma rage est totale. Je serai capable de trancher la gorge au premier venu pour le simple prétexte qu’il aurait croisé ma route. Pourtant, ma fulmination ne peut même pas avoir lieu tranquille. Mon corps se bloque entièrement. Immobilisé, mon sang ne fait qu’un tour. Je sens une horrible pression courir mes veines et aussitôt, je n’ai pas la moindre hésitation au sujet de ce qui est entrain de m’arriver, bien malgré moi. Mon corps pivote de lui-même, jusqu’à ce que je me retrouve face à ce cher Samaël. Son regard a changé, le brun semble s’être finalement réveillé. Que de plaisir que cela ne se produise, lorsque je lui ai tourné le dos, en décidant qu’il n’était d’aucun danger significatif.

Il me menace. Et étrangement, je sens que ma rage s’en va, tout doucement. Son emprise ne dure pas bien longtemps et à mesure qu’il parle, je sens son emprise magique quitter mon corps. Je me détends un peu.
Enfin.
Peut-être qu’il n’est pas aussi minable que je le croyais. Voir qu’il a encore un peu d’énergie me rassure. Qu’il se la joue chevalier protecteur, me fait rire et ravive mes envies passées. Mon coeur se serre et un sourire fin étire mes lèvres. Finalement, ce grand débile, a fini par s’attacher à des gens ? Peut-être qu’il m’aurait moi aussi défendu jusqu’à la mort s’il n’avait pas joué un rôle tout ce temps. Akim nous a décidément si bien éduqué dans l’art de tromper, que je le trouverai presque convaincant quand il parle de suicide. Mais ce type n’a pas suffisamment de couille pour faire une chose pareille.

- Bien. Soit. Restons sur une histoire qui ne concerne que nous.

Je me redresse et range mon arme, avec toujours, ce fin sourire au coin des lèvres.

- A partir de maintenant dans ce cas, je te conseille de vérifier le contenu de ton verre à la taverne. De bien fermer ta fenêtre quand tu dors, de vérifier derrière toi quand tu slalome dans les petites ruelles étroites. Tu es si fort Sam. Akim t’adorait pour ça. Mais s’il y a un truc que j’ai su apprendre depuis le temps, c’est à jouer de mes faiblesses. Ma faible force brute s’est changée en rapidité de frappe. Ma petite taille en efficacité de camouflage. T’attends pas à ce que je te préviennes la prochaine fois que j’aurais à t’attaquer. Après tout, je ne suis qu’un pauvre humain sans pouvoirs, faut que je sache jouer de mes dons les plus communs.


On a tous les deux bien changés. Les choses ont entièrement évoluées et nous avons tous deux, de nouvelles cordes à nos arcs, que l'autre ne connaît pas encore forcement. La prochaine fois que j'aurais à me mesurer à lui, je devrai miser sur les facultés qu'il ne connaît pas encore...

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