Jamais l'premier soir! ♦ Samila [-16]

 :: Neutre :: Béryl
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Aquila
Sam 06 Juil 2019, 19:21
Aquila avait eu besoin d’une longue semaine de repos avant de pouvoir voyager. Elle volait maintenant dans les airs, planant au gré des courants d’air, montant ou descendant, frais ou chaud. Cette sensation de liberté lui faisait un bien fou. Si seulement sa destination n’était pas si périlleuse. Béryl ? Mauvaise idée, très mauvaise idée. Mais, avait-elle le choix ? Avait-elle déjà eu le choix ? La Quscpasseribus se le demandait parfois. Après tout, si elle avait réellement son un mot à dire, elle aurait conservé sa belle chevelure blanche et ses ailes noires, mais visiblement non, c’était bien trop demandé. Elle arborait maintenant une chevelure brune des plus communes et des plumes rousses qui la faisaient encore frissonner de dégoût. Est-ce que cette écuyère l’avait fait exprès ? Ou était-ce une suggestion bien bancale de son maître ? La mercenaire ne savait pas, et ne voulait certainement pas savoir. Cette mission à Béryl s’annonçait déjà mal, peut-être n’était-ce pas la peine d’en rajouter ? La Blanche s’était donc contentée d’un roulement de ses pupilles – qu’on l’avait laissé garder bleues – et s’était mise en route, par la voie des airs. Samaël, quant à lui, avait fait le trajet à dos de cheval, mais il était hors de question pour Aquila de poser son précieux popotin sur l’une de ses créatures. Bien trop dangereux aux extrémités et fourbe au milieu ! Et puis il fallait avouer qu’avoir une vue dégagée n’était pas du luxe, surtout que le chemin qu’ils empruntaient longeait la frontière entre Fal et Turquoise. De Perle, ils avaient mis quelques jours à atteindre leur destination.

- On serait allé beaucoup plus vite en volant tous les deux, laissa tomber Aquila, lorsqu’elle vint atterrir à quelques mètres du chevalier.

Le jour se couchait doucement, et ils étaient maintenant à la frontière entre Fal et Béryl. Un endroit que la jeune femme connaissait bien et par lequel ils avaient besoin de passer pour la suite de leur aventure. Si Aquila ne venait plus se promener vers Béryl très souvent, elle y avait toujours quelques contacts, quelques anciens contacts, qu’elle espérant encore digne de confiance. Elle avait quelques doutes, mais n’avait guère envie de faire demi-tour afin d’expliquer à l’empereur qu’elle n’était pas la bienvenue à Béryl, et qu’il ferait mieux de se trouver un autre guide touristique. Aquila savait donc ce qui lui restait à faire et aussi prit-elle un petit chemin caché au milieu des arbres, sans prendre la peine de préciser à Samaël qu’il devait lui aussi continuer à pied.

Pendant leur marche, la Quscpasseribus se surpris à jeter de rapide coup d’œil au chevalier. Il avait laissé sa barbe pousser durant toute la durée de leur voyage lui donnant un petit air sombre et mystérieux qui n’était pas pour déplaire à la jeune femme. L’homme avait aussi fait changer la couleurs de ses yeux, afin de passer à quelque chose de plus discret. Mais les pupilles chocolat de Samaël étaient à peine visibles, caché par ces cheveux noirs laissé libres pour l’occasion et Aquila s’était demandé si ce changement avait réellement été nécessaire. Elle reporta son attention devant elle lorsqu’elle cogna l’une de ses ailes à une branche un peu trop basse. Ce petit retour à la réalité lui permis d’observer le chemin devant elle, qui s’élargissait légèrement. Elle se mordit légèrement la langue lorsque la petite auberge qu’elle cherchait se dessina devant elle. Elle s’arrêta un instant, laissant le temps à Samaël de la rattraper.

- Vous.., commença-t-elle, avant de planter son regard bleu dans ses prunelles. Quoiqu’il arrive, ne dites rien, cela vaudra mieux.

Et sans plus attendre, elle couvrit rapidement la distance qui la séparait de la porte d’entrée de cette petite auberge accessible seulement à pied, et entra. Au moment même où son pied se posa sur le vieux parquet de l’établissement, les chants et la musique cessèrent, et une vingtaine de regards se posèrent sur eux. Ca y est. Ils étaient morts. N’est-ce pas ? Aquila balaya la salle du regard, soutenant le regard des plus féroces mercenaires présents. Et, après quelques minutes d’un silence tendu, la musique repris, les chants aussi et la Quscpasseribus fit quelques pas en avant. Elle s’installa à une table vide, invitant d’un regard Samaël à la rejoindre. Elle s’apprêta à lui expliquer son plan lorsque la personne même qu’elle cherchait vint s’installer à côté d’elle.

- Ben alors, on s’est perdu ?, lança dit-il, imbibé d’un alcool à la qualité douteuse.

Aquila fronça ses sourcils, et planta son regard dans celui du mercenaire, qui cessa de rire après quelques secondes d’observations.

- Oh bah merde, dit-il, surpris. Oh bah merde, c’est l’ptit piaf. Il l’observa davantage, avant d’ajouter. Ben ouais, c’toi, Aqui-
- Chhhh. Pas de ça ici. On a simplement besoin de toi pour entrer à Béryl, dit-elle.
- Ah nononononononon. Sans moi, marmonna-t-il, dans un haussement d’épaule.
- Oh si, répondit-elle, une lueur dans le regard qui ne présageait rien de bon pour ce pauvre ivrogne. Pourquoi n’iriez-vous pas réserver deux chambres pour cette nuit, pendant que je discute avec ce monsieur?, suggérât-elle, bien trop polie, alors que son regard s’appuya un instant sur le chevalier.

Et lorsque le chevalier quitta la table, Aquila reporta toute son attention sur cette vieille carne qu’elle connaissait depuis une dizaine d’année. Elle posa sa main gauche sur le haut de la main de l’ivrogne et planta ses prunelles bleues dans les siennes.

- Rohan, nous avons besoin de toi pour entrer discrètement à Béryl. Tu pourrais faire ça, n’est-ce pas ? Il y a une récompense à la clef, bien évidemment, susurra-t-elle à l’oreille du mercenaire. Une belle récompense…
- Je...
- Tu vas nous aider. Et tu vas arrêter de boire à partir de maintenant, ajouta-t-elle, d’une voix suave, n’ayant guère peur d’en demander encore plus.

Elle observa ainsi longuement son ancien collègue, sans une seul fois briser le contact physique. Ce contact était encore indispensable pour que son pouvoir de persuasion soit efficace. Et, après de longues secondes, la réponse de l’ivrogne se fit enfin entendre.

- Nous partons demain matin, à l’aube.
- Parfait.

Et après ce simple mot, Aquila attrapa la bouteille de Rohan et alla retrouver Samaël.

- Nous partons demain matin au lever du soleil. Vous nous avez trouvé des chambres ? demanda-t-elle, pas mécontente de finalement dormir dans un endroit relativement correct.

Enfin, cela restait une auberge de mercenaires, ils étaient loin du château de Zénor, mais restaient tout de même à un niveau au-dessus des geôles que l’on pouvait y trouver. Et Aquila savait de quoi elle parlait, puisqu’elle avait testé les deux.
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Sam 20 Juil 2019, 08:06
A mesure qu'ils approchaient de la frontière de Béryl, le climat aride et la poussière de Fal laissaient place à une brise légère et à une nouvelle fraîcheur qui n'auguraient rien de bon aux yeux de Sam. Avec une grimace, il songea à tout ce qu'on lui avait dit de cette contrée redevenue sauvage, de son froid mordant et de la neige qui s'invitait avec l'altitude. De la neige... Il détestait la neige et le pire ? C'était bien là le moindre de ses soucis. Aquila planait toujours au dessus de sa tête, ses ailes nouvellement rousses déployées pour se laisser porter par le vent. Il se souvenait de façon limpide de son expression renfrognée quand Ylvä avait changé la couleur de ses ailes noires, puis de ses cheveux blancs, remplacés par un brun sans prétention, autrement plus passe-partout. Il n'avait pas été question, en revanche, de changer la couleur de ses grands yeux bleu cristallin - ce qui ne le dérangeait pas le moins du monde, s'il se montrait un peu honnête. Sa jeune écuyère avait eu moins à faire avec lui. Somme toute, elle ne pouvait rien pour ses oreilles d'elfe, qu'il s'escrimait à cacher derrière un rideau de boucles noires. Elle s'était seulement attelée à changer son regard vairon, trop reconnaissable, et avait camouflé son œil vert derrière le même brun chaud qui remplissait déjà sa seconde pupille. C'était un peu étrange au début, certes, mais on s'y faisait vite. Pour les besoin de la mission, il portait maintenant ses cheveux bruns en dessous de l'épaule, constamment détachés, et avait laissé pousser sa barbe plus que de raison. Le moins on en voyait de sa tête de mis à prix, le mieux il se porterait dans ce pays d'assassins et de mercenaires.
Perché sur le dos de sa monture, le capuchon de sa cape rabattue sur son visage, il avait plus l'air d'un voyageur errant que d'un chevalier de l'Empire, ce qui arrangeait bien ses affaires. Aquila, quant à elle, avait formellement refusé de monter à cheval, et malgré le dégoût évident qu'elle avait témoigné à cette idée, Sam soupçonnait que la peur jouait un plus gros rôle dans sa décision qu'elle ne voulait bien l'admettre, mais il n'irait pas la confronter sur le sujet. Il serait, de toute évidence, totalement stupide de se mettre à dos quelqu'un supposé couvrir ses arrières, aussi s'était-il contenté de rétorquer qu'une paire d'ailes était déjà suffisamment voyante comme ça, lorsqu'elle s'était plainte qu'ils iraient plus vite en volant tous les deux. Puis d'ailleurs, aux dernières nouvelles, il n'était pas encore capable de se faire pousser des plumes...
Le soleil disparaissait à l'horizon, déployant ses derniers rayons d'or et ses éclats roses lorsqu'il entendit un chuintement en hauteur. Est-ce que Aquila venait sérieusement de se cogner à une branche d'arbre ? Malgré lui, Sam esquissa un sourire amusé. Il ne tarda pas à remarquer que le sentier s'élargissait devant lui et bientôt, il rejoint sa partenaire arrêtée près d'une auberge. L'endroit paraissait, somme toute, sans prétention, et Sam prit le temps de déposer sa monture à l'écurie de fortune, de le nourrir et de le nettoyer brièvement avant de rejoindre Aquila, presque serein – le cheval avait été dressé à ne répondre qu'à certains signaux que seuls connaissaient les membres de l'Empire, aussi, serait-il on ne peut plus compliqué à voler.
Aussitôt de retour, la jeune femme ailée s'approcha et le fixa avec sérieux, lui intimant de ne rien dire, quoi qu'il arrive. Il se contenta d'incliner la tête, une expression purement neutre plaquée sur le visage. D'autres chevaliers auraient pris la mouche de se voir dicter leur conduite par une simple mercenaire, mais lui n'en avait cure. Seule lui importait la réussite de la mission, et puis, il n'était pas spécialement l'homme le plus bavard d'Irianeth, même pas dans le top 10. De fait, Sam n'était pas mécontent de pouvoir se taire et observer.
L’accueil n'était pas exactement chaleureux. Alors qu'ils passaient le seuil de l'auberge, tous les regards se posèrent sur eux, parfois méfiants, souvent menaçants et le chevalier eut la désagréable impression de se retrouver dans une fable pour enfants. Stoïque, il se contenta de soutenir les regards qui croisait le sien, sans sourciller, tandis que les yeux d'Aquila jetait des éclairs. Ouaip. Il n'avait aucun doute sur le fait qu'elle allait démolir tous ces gros bras, s'ils approchaient de trop près, et même les prostituées, posées lascivement sur leurs genoux.Sans un mot, il se contenta de suivre Aquila dans un coin sombre – d'accord, l'auberge n'était pas spécialement lumineuse à l'origine et il commençait sérieusement à se demander si Béryl était autre chose qu'un ramassis de clichés empilés pèle-mêle dans les montagnes – et s'installa avec elle à une table vide, qui ne le resta pas bien longtemps, alors qu'un homme un peu titubant se laissa tomber près d'eux, déjà bien aviné. Aquila sembla le connaître, ce qui lui fît lever un sourcil sceptique. C'était ça, ses contacts ? Pas très reluisant. Il sembla mettre quelques instants à reconnaître la jeune femme, ce qui n'avait rien d'étonnant étant donné son récent changement de style. Ses yeux s'écarquillèrent, il commença à bafouiller son nom et Aquila le fît aussi tôt taire. C'était... comique. L'homme était très audible, et aussi récalcitrant, s'écriant que non, il ne les emmènerait pas à Béryl. Son regard se durcit soudain et Sam comprit qu'elle savait parfaitement ce qu'elle avait à faire quand elle posa sur lui deux yeux bleus insistants, lui intimant, avec une politesse qui ne lui était pas coutumière, d'aller réserver une chambre.
Magnanime, Sam se leva et se frayât un chemin jusqu'au comptoir, repoussant sans douceur une rouquine qui s'était plantée sur son chemin, une main sur son bras, tâchant de son mieux de l’appâter avec de grands yeux de biche et une poitrine qui ne laissait guère place à l'imagination.

-Pas de temps pour ça, gamine, se contenta t-il de grogner d'une voix rocailleuse avant de la contourner sans plus de manières.

Malgré lui, il eut une pensée pour Shaïla et un pincement au cœur qu'il écarta bien vite de son esprit. Ce n'était ni le temps, ni l'endroit pour penser à ses anciennes connaissances de Fal.
Il atteignit finalement le comptoir sans plus d'interruption. Le patron ne tarda pas à venir à sa rencontre. C'était un homme corpulent, presque chauve, le visage dur et carré.

-Qu'est-c'qu'vous voulez ?, demanda t-il d'une voix lasse.
-Une chambre pour deux, deux lits simple.

Il sortit un petit carnet de la poche de son tablier et se gratta la tête en fronçant les sourcils.

-J'ai pu ça, dit-il simplement. J'ai qu'des lits double de disponibles.

Bon. Décidément, cette mission commençait bien. Il aurait dû s'en douter, ils n'étaient pas dans une des grandes auberge étoilées de Zénor avec thermes intégrées.

-Ça ira, soupira t-il en récupérant les clés de la chambre.

Il attendit qu'Aquila le rejoigne avant de monter les escaliers, grinçant à chacun de ses pas, et de trouver leur chambre attitrée. La nuit était tombée à la lisière de Béryl, comme il pouvait le voir à travers la petite fenêtre. Il repéra bien vite une grande bassine d'eau réservée dans un coin de la pièce qui était étroite, sous les toits et par conséquent, mansardée. Certaines lattes semblaient avoir été voûtées par l'humidité et le lit paraissait... petit. Sam n'était même pas sûr que ses pieds ne dépasseraient pas du matelas. Il laissa tomber sa sacoche avec un grognement avant de finalement baisser son capuchon. Il ne tarda pas non plus à se débarrasser de sa cape, révélant une chemise blanche en coton, taillée très près de sa peau brune.
Cette journée avait été très longue et il devait admettre qu'il n'était pas exactement dans sa meilleure forme. Pour l'heure, il se contenta de se pencher au dessus de la bassine et d'asperger son visage d'eau, non sans un soupir d'aise. Ce faisant, il demanda à Aquila :

-Alors ? Est-ce que nous avons un guide ?

Il ne tarda pas à se redresser et enchaîna :

-Désolé, ils n'avaient plus de lits séparés. Il va falloir... cohabiter.

Un sourire plein d'amusement éclaira son visage. Les conditions n'étaient pas idéales, mais il voulait croire que la nuit serait bonne, pour lui, pour Aquila et pour le bien de leur mission. Il pouvait au moins espérer qu'elle serait pas mal, n'est-ce pas ? Sam promena de nouveau son regard sur la chambre, retenant une grimace. Bon, disons qu'il pouvait espérer que ce soit presque acceptable.
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Dim 21 Juil 2019, 17:49
La bouteille à moitié vide de leur tout nouveau guide en main, Aquila suivit Samaël sur les vieilles marches en bois de l’escalier de l’auberge. Le parquet grinçait à certains endroits et plus d’un ivrogne avait dû préférer dormir sur une table plutôt que d’affronter cet escalier visiblement plus meurtrier que l’auberge en elle-même. Et c’était quelque chose ! Mais les quelques clous qui dépassaient des lattes en bois n’était que la partie enfouie de l’iceberg, et la Quscpasseribus en était certaine d’une chose : cet endroit ne lui avait pas manqué. Elle y était déjà venue, plusieurs fois, lorsqu’elle avait encore sa place au sein de l’organisation de son mentor, Bronn. Mais lorsqu’elle avait tué le vieil homme, tout avait changé, et ses escapades à Béryl s’était réduite en temps et en nombre, sans que cela ne l’embête. Béryl était bien trop sauvage, elle y avait bien trop de compétition. Et puis, ses missions s’étaient affinées. Elle n’obéissait plus simplement à ces contrats, à présent, mais à son père, aussi. Et ce partenaire n’était en rien comme les autres. Béryl était donc passée au second plan, et c’était une bonne chose, puisqu’elle n’y était plus la bienvenue. Aquila avait assez à faire pour surveiller ses arrières, pas besoin de rajouter une bande de brutes encore plus malodorantes qu’un équipage de pirates. La mercenaire poussa un long soupir, alors qu’elle pénétra elle aussi dans la petite chambre qu’on leur avait louée, cette mission ne promettait rien qui vaille. Et pourtant, il y avait le goût du défi, la fierté, l’adrénaline qui ne manquerait pas de venir se verser dans leur veine, dans les jours à venir. Aquila ne savait pas ce qui allait se passer, pas exactement, mais elle avait une idée plutôt claire de ce qui pourrait leur arriver.  

La Quscpasseribus, ses ailes repliées dans son dos, referma la porte de la chambre derrière elle. Cette dernière était petite, et même si une fenêtre permettait à la lumière du coucher de soleil d’éclairer l’endroit, cela ne suffisait qu’à mettre en valeur ces défauts. Le parquet était aussi vieux et mal entretenu que celui des escaliers. Le plafond était si bas qu’Aquila n’essaya même pas d’étirer ses ailes, de peur de les raccrocher dans un clou égaré. Et puis, il y avait cette odeur de bois pourri et de poussière. La jeune femme ferma les yeux un instant et pris une grande inspiration. Peut-être aurait-il était plus sûr de dormir dehors ? Et non enfermée dans cette chambre à moitié pourrie qui ne promettait pas une once de confort pour la nuit. La Blanche n’avait rien contre le fait d’être en intérieur, lorsque ce dernier était confortable et en bonne état. L’auberge de Drew, par exemple, était un petit coin paisible, pas très grand, mais suffisamment pour qu’Aquila puisse y dormir. Ici, ce n’était pas le cas. Et il fallait ajouter encore un tas de chose : une troupe de mercenaires aux lames aiguisées en bas, un guide qui avait possiblement déjà trouvé une nouvelle bouteille, et un lit trop petit, mais c’était certainement le cadet de ces soucis. Aussi lorsque Samaël s’excusa, elle haussa simplement les épaules, et s’approcha de la fenêtre, près de laquelle elle posa la bouteille de Rohan.

Aquila tourna un instant sa tête vers le chevalier, observa quelques secondes son expression amusée, se demanda ce qui en était la cause, avant de rapidement reporter son attention sur ce qui se passait dehors, décalant d’un doigt le vieux rideau poussiéreux de l’ouverture.

- Nous n’aurons pas à cohabiter longtemps, la nuit sera courte, et je ne dors pas beaucoup.

Et tandis qu’elle parlait, son regard céruléen se promenait sur les silhouettes qui s’agitaient à l’entrée de l’auberge. Oh, leur chambre était donc bien située. Ils pouvaient surveiller les entrées et sorties de chacun. Un bon point de surveillance, en sommes, ce qui n’était pas pour déplaire à la jeune femme, qui reprit d’ailleurs la parole pour répondre au chevalier.

- Nous avons un guide, Rohan. Il n’est pas très fûté, mais connais bien Béryl, il saura nous guider, en espérant qu’il n’ira pas se resservir un verre au bar.

Aquila fronça un instant ses sourcils, pensant reconnaître un ancien membre de son organisation, mais une lanterne éclaira rapidement le visage du l’homme, et la rassura : il n’en était rien. Mais pourquoi la jeune femme avait-elle besoin d’un guide, exactement ? Elle connaissait Béryl, y était venu plusieurs fois, même, mais certainement pas assez pour cette mission dont la subtilité la gardait éveillée parfois la nuit.

- Enfin, je suppose qu’il ne nous reste plus qu’à attendre l’aube, dit-elle, dans un petit soupir, regrettant d’être entrée dans cette auberge, mais il était plus simple de garder un œil sur leur guide en étant ici.

Aquila quitta son poste à la fenêtre et s’approcha de la bassine d’eau, observant, durant ces quelques pas, le chevalier.

- Vous avez gardé votre belle chemise pour votre première nuit à Béryl, charmant, dit-elle, retenant difficilement un sourire amusé.

Et puis, une chemise blanche ? Pourquoi ? Faire le beau ? Oui, Aquila n’avait pas à se plaindre de la beauté de son partenaire de mission, mais était-ce vraiment nécessaire ? A croire qu’il mettait plus d’importance qu’elle dans ses tenues. La Blanche portait d’ailleurs une tunique en cuire noire, ouverte dans le dos pour ne pas gêner ses ailes, un pantalon et des bottes. Tous gracieusement fournis par l’empire, et ajusté à la dernière minute.  Avec sa nouvelle couleur de cheveux, la rouquine était en mesure de se fondre complètement dans les forêts de Béryl.  Et c’était bien là le but de la manœuvre.

La jeune femme se rinça le visage de la même manière que le chevalier, avant de s’asseoir sur le lit. Il était temps. S’il fallait attendre jusqu’à demain dans cette chambre, il était hors de question qu’elle garde ses bottes. Autant essayer de se mettre un peu à l’aise. Elle se redressa alors, et essaya d’enlever sa première chaussure. Elle s’agitait tellement dans l’entreprise qu’elle fit grincer le lit et manqua presque de faire sauter une latte, avant de s’arrêter.

Et tout naturellement, son regard bleu se leva sur Sam. Et tout naturellement, elle leva sa jambe dans sa direction.

- Est-ce ce que vous pouvez m’aidez ?

La question était simple, polie. Enfin, peut-être manquait-il encore quelque chose. Quelques mots, peut-être, qu’on lui avait appris il y a bien longtemps, sur son île volante ?

- Hm. S’il vous plait ?

S’il vous plaît. Il n’y avait aucune supplication de la part de la Quscpasseribus, elle voulait simplement s’assurer de l’obtention de l’aide du chevalier. Du preux chevalier, peut-être ? Son regard bleu planté dans le sien, Aquila s’attendait à devoir retirer ses bottes toutes seules, comme la grande et fière mercenaire qu’elle était. Mais, puisqu’elle avait un partenaire, pour cette mission si particulière, pourquoi ne pas en profiter ? Et une petite flemme, de défi et d’amusement, alluma le regard de la Quscpasseribus.
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Dim 28 Juil 2019, 09:07
Aquila porta un regard inquisiteur par la petite fenêtre et resta là un moment, à scruter minutieusement les va et viens à l'entrée de l'auberge. Son expression était sérieuse, parfois même soucieuse. Sam devait reconnaître qu'elle n'avait pas été autre chose que professionnelle depuis le début du voyage, ce qui était tout à son honneur. Elle râlait et pestait beaucoup, comme à son habitude, mais cela faisait son charme.
Le chevalier soupira en étirant ses muscles ankylosés, portant de nouveau un regard circulaire sur la pièce étriquée. Ce n'était pas le grand luxe, certes, mais le matelas n'avait pas l'air mauvais et si Aquila dormait peu, comme elle l'affirmait avec tant de conviction, il n'irait pas s'en plaindre ; c'était toujours plus de place pour lui... Sans compter que la jeune femme leur avait trouvé un guide, ce qui leur faisait un début de mission étonnamment bien mené. Sam n'était pas sûr que cela dure mais il s'accrochait tout de même à l'idée, estimant qu'avec un peu de chance, cette vadrouille dans les montagnes de Béryl se terminerait bien mieux qu'il n'aurait pu l'anticiper de prime abord.  
Aquila finit par décrocher les yeux de la fenêtre et s'approcher à son tour de la bassine d'eau. Il l'observa du coin de l’œil et... est-ce qu'elle se moquait vraiment de sa chemise ? Elle esquissa un sourire amusé en continuant de se rafraîchir. Sam fronça les sourcils et détailla son habit, sans comprendre ce qui pouvait déclencher l'hilarité de la jeune femme. Ce n'était pas une de ses belles chemises... Il avait de bien plus belles chemises que celle-ci ! Bien plus blanches !

- Ce n'est qu'une simple chemise en coton, protesta t-il avec une indignation perceptible.

Il n'avait jamais eu le sentiment de s'être embourgeoisé, depuis son arrivée sur Irianeth. Son maître avait fait un travail plutôt radical pour lui garder les pieds sur terre, mais voilà que sans crier gare,  Aquila le poussait à douter. Génial !
Il émit un léger grognement en enfouissant son nez dans le vêtement blanc. L'air était tellement chargé dans cette région que même sa chemise suintait l'humidité. Le tissu froid adhérait à sa peau de façon désagréable et il trouvait tout cela plutôt ironique. Pour un mage d'eau, il n'aimait pas avoir ses habits mouillés. Ce qu'il appréciait, lui, était une pluie franche et tiède de mousson mais ne pouvait pas voir de la neige en peinture - oh, cette mission était définitivement faite pour lui.
Il songeait sérieusement à retirer sa chemise lorsqu'Aquila réclama son attention. Elle s'était assise sur le lit, requérant son aide d'un ton étonnamment doux et poli - enfin, presque poli. Jambe tendue dans sa direction, elle levait sur lui des grands yeux de biche aux longs cils bruns, plus bleus que jamais, et il se demanda quelques instants comment on pouvait bien refuser quoi que ce soit à des yeux pareils. Son regard descendit sur sa botte et il ne pût retenir un sourire plus qu'amusé quand elle ajouta d'une voix mal assurée.

- Hm. S’il vous plait ?

Oh, c'était adorable. Vraiment adorable. C'était comme regarder un bébé faon faire ses premiers pas. Sam ne pût résister à la tentation de la narguer un petit peu.

- Oh, je suis sûre qu'une femme forte et indépendante comme vous peut retirer ses bottes sans l'aide de personne. Une mercenaire aussi renommée, la terreur des événements mondains de l'Empire...


C'était de bonne guerre, après tout.Pour sûr, elle avait fait forte impression, durant la dernière fête impériale. Il avait fini par avoir le récit détaillé des événements et vraiment, elle n'avait pas fait les choses à moitié. C'était ce qui l'avait menée jusqu'ici, après tout, ce n'était pas rien. Pas de Béryl, pas de partenariat improvisé. Sans ce désastre phénoménal, leurs routes ne se seraient sans doute même jamais croisées. Pas que cela eut changé grand chose à son existence...
Son sourire s'élargit jusqu'aux oreilles. C'était un bon moment, il s'amusait bien, mais il ne pouvait se défaire du sentiment de malaise que lui inspirait le contact du tissu glacé sur sa peau nue.

- J'arrive, ajouta t-il d'un ton plus sérieux, d'abord je voudrais juste... ça ne vous dérange pas si j'enlève ma "belle chemise", pas vrai ?


Sam passa le vêtement au dessus de sa tête avec un soupir d'aise. Oh, il avait vraiment besoin de ça. Aussitôt, il sentit sa peau commencer à se réchauffer. Il étira encore un peu ses muscles endoloris avant de poser un genou en terre, face à Aquila. Il étudia quelques instants la cuissarde avant de glisser une main ferme en haut de son mollet et l'autre autour de sa cheville. Tout en douceur, il fit glisser la botte le long de sa jambe, serrant la chair tendre entre ses doigts bruns. Le silence était tombé sur la chambre et Sam entendait juste le propre rythme de sa respiration et le chuintement du cuir le long de la peau d'Aquila. Quand il en eut fini avec la première botte, il s'attaqua à la seconde, ses doigts s'attardant sur la cuisse d'Aquila alors qu'il tâchait de trouver la meilleure position pour se remettre à la tâche. Ses mains glissèrent le long de son mollet, jusqu'en bas de son talon, accompagnant le mouvement de la botte et si il était honnête, il ne pouvait pas dire qu'il n'appréciait pas l'expérience. Il leva son regard brun sur son visage et un frisson d'électricité lui traversa l'échine. La dernière fois qu'il s'était retrouvé entre les cuisses d'une femme...
Il ferma les yeux et s'éclaircit bruyamment la gorge, soudain rattrapé par la réalité de la situation. C'était une mauvaise idée. C'était une très mauvaise idée. Il retira ses mains des jambes d'Aquila comme si son seul contact lui brûlait la peau et se redressa avec un sourire de façade convainquant.

- Voilà, dit-il en rangeant les chaussures dans un coin de la chambre. Si je peux faire autre chose...

Crétin, s'admonesta t-il aussitôt. Crétin, crétin, crétin...
Avec un grognement de fatigué, il se laissa tomber sur le lit, le visage enfoui dans ses mains. Fatalement, il était presque collé à Aquila, et les lattes émirent un crissement de protestation quand son dos rencontrant le matelas. Ses boucles noires éparpillées autour de son visage, il finit par étendre ses bras en croix, les yeux clos, la respiration régulière, prenant quelques instants pour profiter de ce moment de calme.
Quand il rouvrit les yeux, son regard croisa celui d'Aquila, et avant d'avoir le temps d'y penser, ses lèvres s'étirèrent en un sourire paisible. Yup. Elle avait vraiment de très jolis yeux.

- Est-ce que ça va ?, demanda t-il d'une voix très basse.

Son ton tenait du murmure, du velours. C'était la voix qu'il lui arrivait d'avoir quand il devenait plus détendu. Ce n'était qu'une question de routine pour remplir le silence entre eux qui devenait... étrange ? Oui, c'était sûrement le mot.
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Âge: 27 - 32 ans
Race: Maître-Magicienne/ Quscpasseribus
Aquila
Dim 28 Juil 2019, 15:39
Aquila n’était pas aussi optimiste quant au déroulement des journées qui les attendaient. Oh certes, elle pensait pouvoir compter sur Rohan pour les guider à travers les montagnes et les faire entrer aussi discrètement que possible sur le territoire qui les intéressait – enfin qui intéressait l’empire ! – mais la mercenaire connaissait le pays et les fripouilles qui y habitaient. Cette première nuit en territoire ennemi n’avait donc rien d’engageante. Et pourtant, cela n’empêcha pas la jeune femme de taquiner Samaël sur sa chemise. Taquiner.. Une nouvelle chose.. Depuis quand n’avait-elle pas fait ce genre de chose ? L’avait-elle vraiment déjà fait ? Ne s’était-elle pas contentée de tirer les cheveux des filles de sa classe, lors de sa jeunesse ? Ou de donner un coup d’aile aux garçons trop pots de colles ? La Quscpasseribus ne savait toujours pas d’où lui venait ce semblant de légèreté, cet amusement qu’elle avait. Ils avaient pourtant voyagé quelques longues journées, sans que de vraies phrases emplies de malice ne soit dites. Peut-être était-ce l’ambiance humide de cette petite chambre douteuse qui lui donnait ses idées ? La jeune femme n’était pas en mesure de le dire, mais l’indignation du chevalier lui tira un petit sourire, alors qu’elle s’asseyait sur ce lit, et tenta finalement d’enlever ces bottes en cuire qu’on lui avait si généreusement donné.

Les bottes qu’elle avait étaient confortables, mais chaudes et bien plus lourdes que ce dont elle avait l’habitude. Mais la mercenaire n’avait pas eut l’occasion de passer par son pied à terre favoris pour s’habiller à sa convenance, et s’était donc vu affublée d’habits en cuir noir adaptés au froid du pays, mais pas à leur porteuse, qui ne craignait nullement la neige des montagnes de Béryl. La « discussion » qu’elle avait eu avec l’empereur dans les cachots l’avait vacciné pour encore quelque temps contre son envie de discuter les ordres, et avait donc accepté tunique, pantalon, et bottes.  Ces pieds devaient avoir gonflés, pour que ces chaussures soient si compliquées à enlever, mais elle n’avait pas marcher. On ne lui avait pas donné la bonne pointure, très certainement. Ou l’un des sorciers de l’empire les avaient ensorcelées.

Heureusement, il y avait Samaël. Aquila planta son regard bleu sur lui. Ses pupilles contrastaient davantage avec le brun de sa chevelure et la mercenaire espérait bien qu’elles feraient leur effet sans qu’elle n’ait besoin d’utiliser une autre de ses capacités de persuasion. Oh, cela serait bien efficace et plus rapide de venir toucher le chevalier, entrer dans son esprit et le faire plier à sa volonté mais.. Mais tout cela l’amusait bien plus qu’elle ne le souhaiterais.. et la remarque du chevalier, railleuse, narquoise, alluma une flamme de défi dans le regard de la magicienne. Ses exploits de la soirée des fêtes de Parandar n’avait pas de quoi la rendre fière, mais de voir le chevalier la narguer de cette manière ne faisait que lui indiquer une chose : tout cela l’amusait lui aussi. Il avait d’ailleurs un grand sourire qui étirait ses lèvres jusqu’à ces oreilles, et si Aquila ne pouvait pas les voir à cause de son impressionnante chevelure, elle les imagina un instant, frétillantes. Est-ce que les oreilles des elfes frétillaient réellement ? La Quscpasseribus n’en savait rien. Enfin. Elle avait quelques idées pour s’assurer que oui, mais n’avait réellement jamais tester avec quelqu’un d’autre que Mallory. Aquila fronça un sourcil, et laissa l’image de son amant de pirate s’effacer.

Son attention fût de toute façon bien rapidement attirée sur Samaël, qui avait repris un ton plus sérieux afin de lui demander s’il pouvait retirer sa si belle chemise. Les yeux d’Aquila se plissèrent légèrement, n’eut même pas le temps de répondre que non, cela ne la dérangeait pas, que l’homme ôta son haut. Depuis le début de leur voyage, c’était surement ce qu’il avait fait de mieux, ou tout de moins, de plus intéressant. Les yeux de la jeune femme se promenèrent allègrement sur les muscles du chevalier. Ils glissèrent le long de ses bras, avant de se perdre un instant sur son torse. Oh non, elle n’y voyait absolument aucun inconvénient. Il aurait d’ailleurs dû la retirer bien plus tôt, cette chemise ! Il pouvait d’ailleurs enlever le reste, si l’envie lui venait, Aquila ne serait très certainement pas contre.

Mais le chevalier mis un genou à terre, et entrepris, dans un silence total, de la libérer de ses bottes. Lorsqu’il posa ses mains sur son mollet, Aquila ne put s’empêcher de se raidir, le temps de quelques secondes, avant de se détendre un peu. Elle poussa un petit soupir lorsque la première botte fût enlevée et choisi de rester silencieuse, observant les gestes du chevalier, sa concentration affichée sur son visage. La Blanche s’attarda quelques instants sur la main du chevalier, perdue sur sa cuisse. Une main de guerrier, mais si douce.. Si habile et si précise. Le cœur de la Quscpasseribus s’emballa quelques secondes, lorsque le regard brun, mais doux, du chevalier croisa le sien. Il y avait de l’électricité dans l’air, elle en était certaine. Et il n’était pas question de sa magie, ou de celle de quelqu’un d’autre non. C’était là, entre eux. Entre lui et elle. Et Aquila se surpris à en vouloir plus. Elle ne voulait pas se contenter des mains du chevalier sur ses cuisses, aussi lorsqu’il s’éloigna subitement, la jeune femme ne put s’empêcher d’être déçue voire même frustrée. Enfin, peut-être était-ce la norme avec les chevaliers ? Il n’était tout de même pas des moines, n’est-ce pas ? La Qusc’ se mordit discrètement la joue droite, alors que le chevalier s’étalait sur le côté du lit qu’elle n’occupait pas.

Toujours assise, Aquila l’observa. Ce silence lui allait bien, quoiqu’un peu étrange, mais il lui permettait de remettre son esprit en ordre. Un petit bain ne serait pas du luxe, après sa journée de vol, mais ce n’était visiblement pas au menu de l’auberge. Elle vola l’idée du chevalier, et s’allongea elle-aussi, sur le côté, laissant ses ailes rousses tomber derrière elle, et se reposer, au sol. Sa tête appuyée sur son coude droit, elle avait une vue parfaite sur le chevalier. Son torse, ses cheveux et son visage, tout y passait. Elle nota quelques cicatrices blanches et discrète à divers endroits du torse du chevalier, et quelques-uns sur ces bras. Son regard céruléen plongea sur le regard sombre du Falois dès que ce dernier ouvrit les yeux. Un sourire étira les lèvres de Samaël – sans qu’Aquila n’en comprenne la raison – et lui demanda, d’une voix grave mais douce, chaude, agréable.

- Est-ce que ça va ?

Un long soupir s’échappa des lèvres fines de la jeune femme. Était-ce une question qui attendait une réponse ? Voulait-il vraiment savoir ? Il n’y avait plus que Drew pour lui poser ce genre d’interrogation, et les entendre de la bouche de quelqu’un d’autre était quelque peu étrange.

- Il y a une armée de mercenaire juste en-dessous de nous, notre guide est très certainement retourné au bar, se fichant totalement de notre mission. Cette mission qui se terminera d’ailleurs très certainement par un échec cuisant, et j’ai bien compris que votre empereur n’acceptait pas ce genre de chose, avoua-t-elle, aussi naturellement que si elle avait connu Sam toute sa vie.

Se rendant compte de ces aveux, elle fronça un instant ses sourcils, et poussa un nouveau soupir.

- Je ne vois pas pourquoi je vous dit tout ça, encore moins pourquoi vous semblez si enclin à le savoir, ajouta-t-elle, plus sèche qu’elle ne l’aurait souhaitée.

Son regard quitta celui du chevalier pour se porter ailleurs, sur son torse, encore, oùu un petit trait blanc et fin attira son attention. Une blessure à l’arme blanche ? La curiosité piqua la jeune femme, qui changea alors de sujet de discussion.

- Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

Le ton était curieux, presque naïf, alors que la main de la mercenaire s’approcha des côtes du chevalier pour passer un doigt délicat sur la blessure de Samaël.
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Samaël
Ven 13 Sep 2019, 22:10

Aquila ne tarda pas à venir s'allonger à côté de lui. Il refusait d'admettre qu'il trouvait ça agréable. Cette... proximité qu'ils semblaient si aisément partager. Elle n'avait pas sa place dans leur relation et pourtant... pourtant... son existence lui apparaissait nettement, aussi tangible que la surface du matelas contre ses omoplates. Il croisa les bras derrière sa tête, songeant qu'il serait bon de ne pas trop s'y habituer. Cette quiétude n'était ni plus ni moins que le calme avant la tempête et il serait déraisonnable de se ramollir avant même le début des choses sérieuses. Aquila n'était pas là pour dire le contraire. L'optimisme chatoyant de la jeune femme lui arracha un sourire amusé. Bien sûr, ils dormaient au dessus d'une armée de mercenaires. Bien sûr, leur guide était un poivrot peu concerné par la réussite de leur mission. Bien sûr, la dite mission était peu ou prou vouée à l'échec. Et bien sûr, l'Empereur aimait à souligner que le succès était la seule solution envisageable. Oui, Aquila était une femme au tempérament décidément très positif - ses propres pensées ne se faisaient-elles pas l'écho de ses constatations ? Néanmoins, elle s'ouvrait à lui, et il ne demandait pas plus que son honnêteté piquante et, pour être parfaitement franc, hautement divertissante. Il s'étonnait déjà qu'elle lui offre cela ; cette facilité de dialogue. Elle semblait s'en troubler autant que lui. Les sourcils froncés, elle se renfrogna :

- Je ne vois pas pourquoi je vous dis tout ça, encore moins pourquoi vous semblez si enclin à le savoir.

Son ton était mordant, étonnamment froid.
Il eut un sourire indulgent. Un jour, peut-être, accepterait-elle sa réponse. Un jour...

- Parce-que j'en ai quelque-chose à faire.

Evidemment, il était enclin à savoir si elle allait bien, cela n'était pas un secret. Son sort ne lui avait jamais été indifférent et plus ils partageaient de temps ensemble et plus il se disait... enfin... plus il se résignait à l'attachement qui découlait fatalement de leurs interactions. Il ne pouvait pas y faire grand chose et cela n'était pas forcément un mal, il fallait seulement qu'il s'applique à ne pas lui accorder sa confiance plus que nécessaire. Après tout, il aurait toutes les chances d'être déçu. Peut-être pas aujourd'hui. Peut-être pas demain. Mais un jour...
Samaël se laissa surprendre par la sensation de la main d'Aquila sur son torse. Il ne pût retenir un frisson, dérouté. Ses yeux cherchèrent ceux de la jeune femme, qui ne sembla pas percevoir sa confusion - et ce n'était pas une mauvaise chose, n'est-ce pas ? Ses doigts s'attardèrent au niveau de ses côtes sur une vieille cicatrice qui n'était plus qu'un mince trait blanc, à présent. Il ne pouvait pas dire que la chose était... désagréable. C'était même plutôt l'inverse.
Aquila finit par le questionner sur l'origine de sa cicatrice. Aussi rapidement que son ton s'était refroidi, il retrouvait une certaine chaleur, mais s'en souvenait-il seulement ? Il n'avait jamais été un combattant excessivement prudent et avait fini par arrêter de compter. Il lui semblait pourtant se souvenir des conditions qui avaient mené à cette blessure.

- J'ai croisé la route d'un mercenaire. Celui-là était moins bienveillant que vous à mon égard, ironisa t-il.

Il ne tenait pas tant à épiloguer sur la raison pour laquelle il se retrouvait dans le viseur d'un bon nombre de mercenaires. Il concéda pourtant un semblant d'explication:

- Avant Irianeth... ma vie était... peu enviable. Compliquée, aussi. Je ne pouvais pas la quitter sans  représailles. Il y en a eues et... je ne crois pas que ça finira un jour. Je suis même... à peu près sûr que ça ne finira pas. Jamais.

Imitant Aquila, il se redressa à son tour sur un coude. Il n'avait pas réalisé que cela le rapprocherait aussi significativement de son visage. De ses yeux... De ses lèvres... Son regard glissa dangereusement vers sa bouche avant de se figer de nouveau dans le sien. Oh, grands dieux... à quoi jouait-il ? Les mots passèrent ses lèvres avant qu'il leur en donne l'autorisation.

- A vrai dire, je ne sais pas non plus pourquoi je vous raconte ça. Il doit y avoir quelque-chose dans l'eau, plaisanta t-il.

Et pourquoi pas, après tout ? Il pouvait bien y avoir quelque-chose dans l'eau de cette auberge, ce ne serait pas la chose la plus bizarre de ce pays. Mais aussi... C'était peut-être du fait de sentir ses yeux sur lui. Ses grands yeux bleu azur qui étaient pour lui un insoluble mystère. Ou bien était-ce l'absurdité de leur situation, ce sentiment puissant de danger qui rôdait comme une ombre noire au dessus de leurs têtes. Oui, c'était ça. C'était forcément ça.
Tant bien que mal, il se résolut à ne pas replacer une mèche de cheveu derrière son oreille, mais se trouva pourtant incapable de s'éloigner. Son regard parcourut son visage et quelque-part il savait, oh oui, il savait qu'il était sérieusement mal barré.
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Aquila
Sam 14 Sep 2019, 09:51

A look in somebody's eyes
To light up the skies
To open the world and send it reeling

Mettre des mots sur le malaise qui l’habitait n’était pas quelque chose de très courant pour la mercenaire, et elle ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi elle avait avoué toutes ces choses au chevalier. Etait-il en train de la manipuler ? Avait-il la capacité de lui faire dire ce qu’elle pensait au fond d’elle-même ? Ce qu’elle gardait caché à la connaissance de ses pairs, et parfois même, à elle-même ? Elle lui demanda d’ailleurs, froide, autre chose qu’elle ne saisissait pas réellement : pourquoi voulait-il savoir ? En quoi cela lui importait ? Tout un tas de chose se passaient dans l’esprit de la Quscpasseribus qui n’avait plus connus de bon sentiment depuis quelques longues années et même pendant sa jeunesse. N’avait-elle pas tout fait pour repousser l’amour de sa mère ? Celui de sa grande-sœur ? N’avait-elle pas cherchée, à chaque nouveau pas qu’elle faisait dans ce monde, à repousser les gens ? Les éloigner ? Aquila ne s’était jamais trop posée de question… Pour s’en posait-elle maintenant ? Elle ne savait pas non plus. Et voilà pourquoi elle se perdait rarement dans ses pensées, c’était une perte de temps, un bordel sans nom qu’elle n’était pas capable de mettre en ordre, quelque soit le moment. Rien n’avait jamais été claire, tout avait toujours été compliqué, et la découverte de ses origines n’avaient en rien aidé son affaire.

La réponse que lui souffla Samaël ne lui permit pas le moins du monde de calmer son malaise et ses inquiétudes quant à la suite de leur mission. Il en a quelque chose  faire... L’ironie de cette réponse la fit presque sourire. Son père ne lui avait-il pas dit la même chose, une fois ? Les mots avaient été différents certes, mais le message similaire et la suite ne lui avait pas plût. Et pourtant, pourtant, Aquila ne parvenait pas à détourner son regard de celui du chevalier qu’elle fit ensuite glisser le long de son torse, notant ça et là des blessures, certaines plus anciennes que d’autres. Aussi naïve et curieuse qu’une petite fille, son regard roula et sa question tomba. Voulait-elle réellement savoir ? Étrangement, oui. Et, plus étrangement encore, Samaël l’éclaira sur les origines de cette blessure en particulier. Sa remarque tira un léger sourire à la Quscpasseribus qui ne cessa pourtant pas ces observations. La blessure était vieille, et le mercenaire qui l’avait fait n’était pas le meilleur qui puisse exister. Après tout, sa localisation traduisait soit un manque total de capacité, soit une envie de blesser plutôt que de tuer. Des représailles ? La curiosité piquée, Aquila releva le nez de ses observations pour planter son regard clair dans celui, plus sombre, de son partenaire de mission. Il y avait une espèce d’acceptation de la part du chevalier. Était-il résigné ? En tout cas, il ne semblait pas inquiet, mais plutôt tranquille. Elle se demanda si tout cela était une façade, ou s’il était tout aussi calme et posé dans son esprit. L’envie d’aller vérifier par elle-même la titilla un instant, mais, pour une fois, la raison l’emporta sur son envie, et elle se tint. Et pourtant, avoir l’esprit d’un chevalier si près.. Il devait y avoir tout un tas de secrets politiques dans cette jolie tête, secrets qui devaient pouvoir se vendre à prix d’or. Une opportunité qui ne se présenterais pas de sitôt, peut-être devrait elle agir maintenant ? Et peu importait la mission. C’était celle d’Irianeth, après tout, et Aquila n’avait aucune allégeance envers l’empire, rien. Quant aux menaces de Cybard, que valaient-elle vraiment ? Il n’était qu’un insecte de plus, un humain qui pensait pouvoir avoir le pouvoir nécessaire pour la briser. Foutaises. Elle était la fille d’un dieu, elle était une Quscpasseribus. Un empereur ne faisait pas le poids.

Le chevalier était si près, elle n’avait qu’à le frôler, une fois de plus et puisqu’il semblait confiant, cela promettait d’être d’une facilité légendaire ! Elle s’apprêta d’ailleurs à engager l’attaque lorsque le Falois se redressa sur l’un de ses coudes, rapprochant son visage de celui de la mercenaire. Le regard d’Aquila se noya un instant dans celui de Samaël, avant de glisser sur son visage : ses pommettes, ses lèvres et de revenir à ses yeux. Il avoua lui aussi qu’il ne savait pas pourquoi il disait tout cela, et plaisanta sur le fait qu’il devait y avoir quelque chose dans l’eau. Cette nouvelle proximité fit oublier à la Blanche son plan. Elle était absorbée dans le regard du chevalier et sentait même son souffle chaud sur sa peau. Un frisson la parcouru et un certain calme gagna l’esprit de la mercenaire alors qu’elle ne parvenait pas à quitter le visage du jeune homme.

- Ou peut-être que vous en aviez envie, souffla-t-elle, le ton léger et calme, confiant.

Le visage d’Aquila s’avança alors lentement vers celui du chevalier et, comme tirée par un rail invisible, elle posa ses lèvres sur celles de Samaël. Elle l’embrassa, sereine alors que toutes les questions qu’elle pouvait avoir, toutes sombres pensées qu’elle pouvait produire s’en allèrent en l’espace de quelques secondes. Et instinctivement, son corps entier se colla à celui du chevalier. Et tout cela lui semblait être une évidence, la plus grosse de sa vie, et pourtant, elle savait que c’était une mauvaise idée. Et pourtant, elle était certaine, sûre d'elle. Aussi sûre que lorsqu'elle brisait la nuque de la personne que son divin père souhaitait voir morte. Sauf qu'il n'était pas question de tuer Samaël, mais d'autre chose. Quelque chose de nouveau, quelque chose d'excitant. Devrait-elle se méfier de tout cela ? Devrait-elle le tuer et mettre fin à leur étrange relation, leur intimité si facile, si évidente ? C'était surement ce qu'il y avait de plus logique à faire, mais depuis quand faisait-elle dans la logique ? N'était-elle pas la fille de son père, là ou on ne l'attendait pas ? Et pourtant, elle avait l'impression d'avoir attendu cela depuis une éternité. Sa venue aux fêtes de Parandar, son séjour en geôle, la mission de Cybard... Ces dernières semaines semblaient l'avoir conduite tout droit à ce jour. Etait-ce le destin ou une mauvaise blague ? Dans tous les cas, elle aussi était sérieusement mal barrée.
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Samaël
Sam 21 Sep 2019, 15:36

I don't care if I know
Just where I will go
'Cause all that I need is this crazy feeling
A rat-tat-tat on my heart

Les yeux bleus d'Aquila se plantèrent dans les siens et il manqua une respiration. Son cœur se mît à battre la chamade. C'était grotesque, se limogea t-il. Quel âge avait-il donc pour réagir de la sorte ? Quinze ans ? Ce n'était ni le lieu, ni l'endroit, ni la bonne personne, pour l'amour du ciel ! Cela ne l'empêcha pas de garder son regard accroché au sien. Ce n'était pas seulement ses yeux, c'était aussi tout le reste, tous ces petits détails qu'il remarquait si près d'elle. Le frétillement de ses paupières, la chaleur de son souffle sur sa joue, la courbe de ses cils, le dessin de sa mâchoire... de ses lèvres... et aussi ses cheveux un peu défaits par le voyage, auxquels les bougies donnaient un éclat d'or ;  jusqu'à cette mèche qui ne voulait pas rester en place et lui tombait sur le visage... jusqu'à la profondeur de sa voix.

- Ou peut-être que vous en aviez envie, souffla t-elle.

A ce stade, il n'était même pas sûr d'encore savoir de quoi elle parlait. Et à vrai dire... il n'était même pas sûr d'en avoir quelque-chose à faire, ce qui ne l'empêcha pas de hocher légèrement la tête. Objectivement, il avait dû en avoir envie, même inconsciemment. Envie de quelque-chose qu'il ne fallait pas chercher à avoir pour tellement de raisons toutes plus pertinentes les unes que les autres... Sam ignorait s'il aurait pris les devants. Un recoin de son esprit qui devait être sa raison pure continuait de lui souffler quelle terrible idée ce serait de se laisser porter par le moment et de l'embrasser, mais elle l'avait fait. Sans crier gare, c'était ses lèvres roses sur les siennes, c'était sa bouche qui répondait à la sienne et ses pensées qui se perdaient dans les sensations. Aquila ne lui laissait plus le temps de réfléchir et il réagissait d'instinct à son contact. En avait-il envie ? Bien entendu. Était-ce une bonne idée ? Bien sûr que non. Foutu, il était foutu. Cela ne l'empêchait pas de répondre au baiser d'Aquila. Lentement, tendrement. Il sentit le corps de la jeune femme se presser contre le sien. Il aimait la chaleur qu'elle dégageait, si paradoxale à l'air distant qu'elle arborait au quotidien. Ça n'était pas la première fois qu'il la voyait si détendue, mais c'était comme si elle n'appréciait pas de se montrer ainsi à la face du monde, comme si ses barrières fondaient quand ils se retrouvaient finalement tous les deux dans la même pièce. Seulement elle. Et lui.
Que dire de ses propres résistances ? Il les sentait mollir comme neige au soleil. Il y avait pourtant toujours cette voix, cette foutue petite voix qui réveillait toutes ses réticences. Ils étaient en pleine mission, à Béryl, dans une auberge de mercenaires et sa propre tête était mise à prix ! Pour ce qu'il en savait, celle d'Aquila l'était sans doute aussi. Rien ne tournait rond dans ce qu'ils faisaient, rien du tout. Il repoussa légèrement la jeune femme et se mit à balbutier, le souffle court :

- C'est une mauvaise idée, une terrible idée. C'est la pire... vraiment la pire des idées...

Sam réalisa que la chaleur d'Aquila lui manquait terriblement. Il avait froid, tout d'un coup, et pas uniquement du fait de l'isolation désastreuse de leur auberge ou de son torse nu. Il en voulait plus ; plus de son corps contre lui, plus de ses baisers, plus d'elle. Elle était consentante alors pourquoi arrêter ? Il ne s'était pas laissé aller comme ça depuis des mois, peut-être même plus... C'était effrayant, oui, mais aussi... très agréable.
De nouveau, il sentit ses yeux embrumés sur sa bouche. Il s'humecta les lèvres et il sût. Il sût que ce coup-ci, il n'y aurait rien qu'il pourrait y faire. Il en avait envie, et de toute évidence, Aquila en avait envie aussi. C'était sûrement une connerie, mais... comment disaient les midjins, déjà ?

- Tu sais quoi ? Screw it.

Sa main glissa sur sa nuque et il l'embrassa. Il réalisait à peine qu'il avait abandonné le vouvoiement à son égard, et pour cause. Le tutoiement semblait de rigueur, quand les langues en étaient à faire connaissance.  Malgré ses doutes, malgré leur situation compliquée, il savourait la sensation de ses lèvres sous les siennes. Il aurait tout le temps de méditer sur sa propre bêtise le lendemain. En attendant, il enroulait son bras autour de sa hanche pour l'attirer à lui. Sa main vagabonde finit par se perdre dans ses cheveux alors que ses lèvres redessinaient sa mâchoire avec ses baisers. Par habitude - et parce qu'il fallait bien que les choses soient claires -, il finit par souffler à son oreiller, le nez niché dans son cou :

- Dis le moi... si jamais... tu veux arrêter.

Une fois la chose bien établie, il s'affaira à la jointure de son épaule et sa gorge.
Aquila
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Dim 22 Sep 2019, 12:46

I don't know why
But I guess it's got something to do with you

La jeune femme s’était rapprochée du chevalier, sans inquiétude, certaine de ce qu’elle voulait. Et peu lui importait l’endroit ou la troupe de mercenaire qui trinquait au rez-de-chaussée. Peu lui important encore, l’appartenance de ce corps si chaud et attirant à l’ordre de chevalier et à l’empire, alors qu’elle-même n’était qu’une hors la loi, contrainte par quelques gros poings – et l’attrait de l’or – à réaliser cette mission. La Quscpasseribus ne prêtait guère plus d’importance aux statues et au rang de ses interlocuteurs, cela lui avait d’ailleurs joué quelques tours, par le passé. Pas comme celui-ci, cependant. Ce soir, c’était différent, instinctif et inévitable. Et bien rapidement, Aquila sentit une réponse de la part de son partenaire, ses lèvres qui se joignent d’elles même aux siennes, et ce corps, pour si puissant, semblait fébrile. La maître-magicienne en oubliait tout : ses soucis, la suite de leur mission, tout ce qui faisait que ce qui se passait actuellement ne devrait pas se dérouler. La jeune femme s’apprêta à en demander plus, lorsque son partenaire de mission s’arrêta, et la repoussa. Les sourcils de la mercenaire se froncèrent, et son regard s’assombris. Une mauvaise idée ? Une terrible idée ? Aquila grimaça. Tout cela était une terrible idée depuis le début, cette mission à Béryl était suicidaire, être au service de l’empereur et la pire chose qui pouvait lui arriver.

Et pourtant.. Pourtant..

Aquila avait envie du chevalier. Elle voulait sentir sa peau contre la sienne, respirer son odeur, balader ses longs doigts sur chaque muscle de son corps – et il y en avait un sacré paquet ! Il ne pouvait pas lui faire ça, la repousser de cette manière alors qu’elle se sentait si bien, sereine et calme comme rarement elle était capable de le faire. Chaque cellule de son corps était attirée par le Fallois. Elle n’avait jamais ressenti une chose pareille, et ne comprenait pas la réaction de Samaël. Car il ressentait la même chose, Aquila le savait. Les émotions n’étaient pas son fort, mais elle avait remarqué la façon dont il la dévorait des yeux, et la mercenaire ne savait que trop que le regard d’un homme ne mentait pas. Il y avait quelque chose entre eux qu’elle ne parvenait pas à expliquer, une tranquillité rassurante qui lui soufflait à l’oreille des mots qu’elle n’avait jamais pris la peine de noter dans son vocabulaire : confiance.

Alors qu’attendait-il ? N’était-il pas capable de prendre la vie telle qu’elle allait, et saisir l’opportunité ?

Nul doute que si Samaël persistait dans sa raison et ses étranges principes, Aquila ne prendrait pas les devants de cette manière une seconde fois. La jeune femme ne le quitta pas du regard, ces pupilles glissant des yeux sombres du chevalier, à ces pommettes, à ces cheveux, qui tombaient en batailles autour de ce si joli visage, et lui apportait encore plus de charme. Aquila se mordis l’intérieur de ses joues, comment résister à ce petit air perdu ? A cette confrontation silencieuse qui se déroulait devant elle dans l’esprit du chevalier. Mais qui, de la raison ou de l’envie, allait l’emporter ? La Quscpasseribus aurait aimé pouvoir s’avancer sur le résultat, mais n’était pas capable de trouver. Allait-il céder ? Ou allait-il s’enfuir ? Le regard de la jeune se plissa une nouvelle fois, alors que l’homme prononça quelques mots : Screw it.

Aucun sourire n’eut le temps de fleurir sur le visage de la mercenaire que le chevalier s’empara de ses lèvres. Aquila frissonna alors que le bras du chevalier s’était enroulé autour de sa taille pour la ramener tout contre lui. Tant de certitude et de puissance en un seul geste, elle senti la chaleur monter dans son bas ventre, et lorsque Samaël trouva bon de dire quelques choses, elle posa un doigt sur ces lèvres et murmura, dans un souffle, quelques mots.

- Shhhh… Tais-toi…

Et déjà, le chevalier redéposa ses lèvres dans le coup de la jeune femme qui ferma les yeux de délectation. Les mains de la Quscpasseribus glissèrent lentement dans la chevelure de chevalier avant de glisser dans le dos du soldat. Et puis, subtilement, Aquila s’aida de sa magie élémentaire pour retourner la situation et pousser Samaël sur le dos. Elle l’observa un instant, le regard brillant avant de s’emparer une nouvelle fois de ses lèvres qui dévièrent cependant bien rapidement vers le cou du chevalier. A califourchon sur Samaël, elle glissa alors doucement le long du torse de l’homme, déposant ses lèvres sur sa peau tannée par le soleil, jusqu’à arriver plus bas, au niveau de son bas ventre, au niveau de ce pantalon, qu’il portait encore et. Pourquoi le portait-il encore ? Elle remonta alors, un large sourire aux lèvres, et souffla à son partenaire.

- Il va falloir remédier aux problèmes vestimentaires…

et vite, car Aquila n'était pas patiente, et cette promesse sur laquelle elle était assise lui appelait en elle une fougue qu'elle n'était pas capable de retenir bien longtemps. Son regard brillait d’un désir évident, tandis qu’elle accordait au jeune homme un sourire, sensuel et emplis de promesse.

Attention, pour les plus jeunes et les plus sensibles, les choses pourraient s'enflammer dans la suite de ce rp !
Samaël
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Samaël
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Rôle : Chevalier d'Irianeth

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Âge: 28 ans
Race: Demi-elfe
Samaël
Sam 12 Oct 2019, 10:56

I'm in love with the shape of you
We push and pull like a magnet do
Although my heart is falling too


- Shhhh… Tais-toi…

Oh, il n'avait jamais été aussi heureux d'obéir à un ordre. Ses lèvres glissaient sur sa peau légèrement rosée, titillaient le creux de son cou. Il sentait ses mains dans ses cheveux, caressantes, prêtes à s’agripper à chaque instant. Aquila ne lui laissa pas le temps de comprendre et soudain, elle était au dessus de lui. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Il frissonna sous l'effet de l'excitation qui parcourait sa peau  par vagues irrépressibles. Son regard brillait, il devinait l'ébauche d'un sourire aux coins de ses lèvres et pour l'amour du ciel... avait-elle toujours été aussi désirable ? Il ne chercha pas à récupérer le contrôle - pas tout de suite -, choisissant de la laisser faire ce qu'elle avait envie de faire. Il avait toujours eu un faible pour les femmes qui n'hésitaient pas à prendre les commandes... Leurs lèvres s'entrechoquèrent et bientôt, il sentit son souffle sur son cou, sa bouche prête à marquer son empreinte sur sa chair tendre. Elle ne tarda pas à descendre le long de son torse. Il étouffa une plainte rauque alors qu'elle approchait dangereusement de son bas ventre, toujours désespéramment vêtu. Mille et une images s'insinuèrent dans son esprit. S'il gardait ce pantalon une seconde de plus...

- Il va falloir remédier aux problèmes vestimentaires…

Et vite. Toujours à califourchon, il sentait le poids de son corps de plus en plus pressant sur l'expression grandissante de son désir. Sans parler du surplus de matières qui lui barraient l'accès à Aquila, au corps d'Aquila. Il voulait tout voir, tout toucher, tout goûter. Elle posa sur lui ses grands yeux bleus et son sourire aguicheur, plein de promesses, lui retourna l'estomac.
Il se redressa légèrement et laissa ses doigts glisser de ses épaules jusqu'à ses flancs. Ses mains attrapèrent ses hanches et il roula rapidement au dessus d'elle. Il posa une main sur sa joue presque lentement, tendrement, comme s'il la forçait à attendre, prendre son temps et plongea sur sa bouche pour un nouveau baiser trop passionné pour être sage. Il ne pipait plus mot mais ses lèvres, elles, répondaient de façon plus qu'explicite. Oh oui, il comptait bien remédier à leurs problèmes vestimentaires. Son pantalon tomba au pied du lit et toute son attention se tourna de nouveau vers Aquila. Il s'appliqua à faire passer son haut au dessus de sa tête et s'attaqua à son bas, qu'il laissa glisser lentement le long de ses jambes, mémorisant le moment quelque-part dans un coin reculé de son esprit. Il n'avait définitivement pas prévu de tomber sur une pièce de dentelle. Des bas sombres étaient raccrochés à sa culotte noire par des lanières de la même couleur. L'ensemble était suffisamment opaque pour lui laisser le loisir d'imaginer le reste - et pour tout dire, il appréciait l'attention. Ses lèvres flottèrent, caressantes, sur la courbure de ses seins, épousant leur forme, puis celle de son ventre nu, offert. Il aimait sentir sa peau blanche, chaude et douce sous sa bouche. Surtout, il aimait être si proche d'elle qu'il percevait chacune de ses respirations mieux que les siennes. Il sentait le moindre frémissement qui parcourait son épiderme.  
Sam savait qu'il jouait avec elle. Il sentait son impatience grandissante. Il releva le visage vers elle, le regard ouvertement amusé. Un sourire diabolique flotta quelques instants sur ses lèvres avant que son expression ne se mette à changer. Le message était clair : il allait lui donner ce qu'elle voulait - ce qu'ils voulaient tous les deux. D'une main experte, il décrocha les bas noirs, les fit descendre le long de ses mollets comme il l'avait fait plus tôt pour ses bottes, sans brusquerie, sans élimer le collant.
Puis ses doigts passèrent sur le dernier morceau de tissu noir et il croisa le regard d'Aquila, demandant implicitement son assentiment. Sam se positionna entre ses cuisses et laissa sa bouche faire le reste. Sa langue explorait, passait, repassait, s'aventurait toujours plus loin. Ses lèvres suçotaient et parfois ses dents mordillaient, juste un peu, juste ce qu'il fallait. Ses mains étaient sur ses cuisses, ses doigts agrippés à la chair tendre, maintenant ses jambes en place. Il restait attentif à la moindre de ses réactions, au moindre soupir qu'elle laissait échapper, chaque gémissement ou tressaillement susceptibles de lui indiquer qu'il faisait quelque-chose qui lui plaisait. Il avait envie d'elle. A ce moment précis, il avait besoin d'elle. De la sentir, de la toucher. Il ne pouvait pas en avoir assez d'elle. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas ressenti ça. Cette connexion avec quelqu'un.  
Ses coups de langue se firent plus vifs, plus réguliers, cherchant à la pousser au bout de ses limites. Quand il sentit qu'elle n'était plus très loin de la libération, ses lèvres revinrent sur les siennes avant de finalement goûter sa chaleur.
Ses mains se perdirent dans ses cheveux et ce qu'il laissa échapper à son oreille n'était qu'un souffle rauque, un désir vibrant, consumant :

- Aquila...
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