Première impression - PV Cybard

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Lun 16 Sep 2019, 21:16
Première impression
FT. @Cybard

1577 Mois 1
Cela faisait un an déjà que je résidais à Pikay. La nouvelle qu’Aurore nous eût appris il y un an m’avait alors bouleversée : comment pourrais-je atteindre mon but si je ne l’avais pas devant moi ? Qu’est-ce qui nous arriverait ? Qu’allions-nous faire, ici ? Est-ce que nous serions libres de nos mouvements, du moins dans la Capitale ? Toutes ces questions sans réponses immédiate m’avaient profondément angoissé. Heureusement, ce ne fut pas long avant que j’obtienne les réponses à ces questions, atténuant un peu mes craintes et mes peurs. Les premiers mois furent donc un dur moment d’adaptation Il fallait que l’on s’adapte à notre nouvel environnement. La Capitale n’était pas aussi verdoyante que Fée. J’étouffais entre ces murs, et l’air frais n’aidait en rien. Elle était sec et chaude, contrairement à l’air revigorante et rafraichissante de Fée. Père et Mère était les plus touchés par cette isolation. Ils étaient tellement habitués maintenant à vivre dans la nature que de se retrouver entre quatre murs les insupportait. Quant à mon frère… Et bien, il restait égal à lui-même : il ne paraissait pas autant touché que nous par cette situation, comme s’il se trouvait toujours ailleurs, dans son propre monde. Pour ma part, je me consolais en me disant qu’au moins j’étais toujours libre de mes mouvements, même si je ne pouvais sortir de cette ville infernale. Au départ, j’avais complètement oublié le premier but que je m’étais donnée en arrivant ici ; ce but que je m’étais fixé avant de savoir la raison de notre présence à tous. Trois mois s’étaient écoulés avant que je me ressaisisse quelque peu et que je commence mes recherches. Ces trois mois furent parsemés de rêves, et l’un d’entre eux revenait presque systématiquement. Sans entrer dans les détails, je ressentais toujours ce sentiment de panique, d’affolement et d’isolation que provoquait ce rêve en moi, ou plutôt en la personne que j’incarnais. J’essayais, au travers de mes recherches, de chasser ces pensées. Ces rêves, sans toutefois s’arrêter, diminuèrent par la suite.

Ce matin même de l’an 1577 – qui venait à peine de s’entamer –, je m’étais doucement réveillée d’un de ces rares réveils où je me sentais réellement reposé.  Je n’avais pas fait de rêves, et donc, j’avais dormi d’un sommeil serein. Ah ! Que cela faisait du bien, de temps en temps… Je concevais que mes rêves pouvaient parfois m’aider, mais dernièrement, ils étaient plus pénibles qu’autres choses. Enfin bref, la matinée se passa sans anicroche et sans déroger à ma routine : après avoir pris un petit quelque chose à grignoter, j’allais me dégourdir les ailes jusqu’à midi. Après cela, je me dirigeais vers la bibliothèque de la forteresse, soit la seule pièce où je me sentais un tant soit peu à l’aise. Tous ces livres remplis de savoirs m’appelaient à les lire les uns après les autres. Évidemment, je portais un plus grand intérêt à tous ceux touchant le domaine de la médicine et de la magie. J’avais quémandé quelques journaux dans lesquelles je pouvais inscrire toutes informations pertinentes que je recueillais dans ces livres afin de pouvoir les ramener à Fée – si j’y retournais un jour. Je ne savais pas quand cela arriverait, mais j’avais espoir que je puisse y retourner.

Cette pensée me déprima un peu, et je soupirai devant le livre que j’étais en train d’étudier. Je tournai la tête vers l’interstice qui servait de fenêtre. À cette heure, la bibliothèque était très calme, paisible même. Bien que les gens fassent d’ordinaire attention à ne déranger personne, il y avait anormalement moins d’animation aujourd’hui. Je ne m’interrogeais pas plus que ça, après tout, il y avait toujours des journées moins animées que d’autres. Mes pensées dérivèrent de mon étude pour s’égarer dans le ciel bleu. C’était une journée magnifique. Je me dis qu’elle aurait été davantage merveilleuse si je la passais à Fée. Mon cœur se serra. Mon Royaume me manquait. Tout de Fée me manquait. Ma sœur me manquait aussi. Bien que j’aurais pu la blâmer, je n’arrivais pas à lui en vouloir pour ce qu’il nous arrivait. L’amour que je portais pour ma sœur dépassait ce sentiment de trahison, même si, pour être tout à fait honnête, je lui en avais voulu au courant des premiers mois. Je savais que son projet était une mauvaise idée. J’avais espéré qu’elle retrouverait la raison, mais je ne pouvais rien y faire : je n’avais aucun contrôle sur les décisions de la Reine de Fée, ou devrais-je dire gouverneure… À Fée, nous considérions encore qu’elle avait le titre de Reine. Seulement, lorsqu’on se retrouvait à l’extérieur de Fée, il fallait constater que son réel titre était celui de gouverneure. En ces termes, elle avait été chanceuse de s’en tirer vivante. Après mûre réflexion, je trouvais la décision de l’Empereur très clémente. Il n’avait pourtant pas cette réputation lorsque j’étais à Fée. Je ne le connaissais pas vraiment, mais on disait que c’était un homme qui, bien qu’honnête, était très dur avec ses sujets. Qu’est-ce qui l’avait poussé à prendre cette décision ? Je ne le savais pas, et seul lui le savait. Je n’avais toutefois pas cherché à le confronter sur ce sujet. Après tout, qui étais-je pour contester ses décisions ? Je préférais largement me contenter de vivre selon mes buts et mes principes plutôt que d’interférer dans les affaires royales. La politique sera toujours quelque chose d’étrange à mes yeux…

En parlant de l’Empereur, cela faisait maintenant quelques mois déjà que j’avais entendu l’atroce nouvelle de la mort de l’Impératrice. Elle aurait apparemment été empoisonnée… Cela me mettait hors de moi, malgré qu’elle soit une étrangère à mes yeux. En vérité, ce qui me choquait, c’était que quelqu’un puisse attenter impunément à la vie d’autrui. La raison ne m’intéressait guère, mais je me doutais, qu’encore une fois, cela avait un lien avec ce qu’on appelle « les jeux de pouvoirs ». À croire que tous ce qu’il y avait dans la vie était de dominer les autres… J’étais toutefois désolé pour l’Empereur. Je ne savais pas quelle était leur relation exactement – était-ce un mariage arrangé ou un mariage de coeur, avait-il de vrais sentiments l’un envers l’autre? etc. Qu’importe, la mort d’un proche, avec qui on a partagé un plus ou moins long moment de sa vie, devait être dure à accepter. J’avais entendu quelques rumeurs comme quoi l’Empereur batifolait par-ci par-là, ou défoulait sa colère sur ces sujets. Ce n’était que des rumeurs, mais y avait-il un fond de vérité ? Cet homme devait être au plus haut point blessé pour agir ainsi. Oui, ce sont là les actes d’un homme blessé, à qui l’on a arraché une partie de son être. C’est du moins la conclusion à laquelle j’étais parvenue. Je ne pouvais toutefois rien faire pour lui. Ce n’était, de toute façon, pas mon rôle.

Mes yeux revinrent sur la page à laquelle j’étais rendue. Ce livre – intitulé Milles herbes et champignons aux propriétés miraculeuses – m’informait sur les différentes flores d’Enkidiev et d’Irianeth. Certaines plantes attisaient ma curiosité. J’aimerais pouvoir les cueillir afin d’expérimenter moi-même leurs effets… C’était toutefois impossible puisque je me trouvais coincé à Pikay. Cela me peinait, mais je ne pouvais rien y faire. En attendant, j’inscrivis une nouvelle herbe dans mon journal en indiquant bien ses différentes utilisations et effets. À mesure que j’écrivais, mes ailes battaient derrière moi. C’était un tic que j’avais, comme si mon corps ne pouvait s’empêcher de bouger en tout temps. Il est vrai que je me sentais tendu après mes sessions d’études, ce pour quoi j’allais toujours me défouler dans à l’extérieur par la suite. Je finis d’écrire ma page, referma le livre, pris mon journal sous le bras et sortie de la bibliothèque. Je passais alors par nos appartements communs pour y déposer mon matériel, ne manquant pas de saluer mon frère, puis je me dirigeai vers une aire ouverte sur l’extérieur. Je tournais à peine l’intersection rejoignant l’aire la plus proche que je bousculais par inadvertance quelqu’un qui passait par là au même moment. Qui était-ce ? Je ne le reconnus pas. Toutefois bien élevé, je m'inclinais de façon à m'excuser proprement.

- Toutes mes excuses, Sir. Je n'ai pas fait attention.

Je relevais alors la tête, m'assurant que l'homme allait bien. Je ne pouvais pas faire autre chose, alors je voulus reprendre mon chemin, mais je n'en eus pas l'occasion.











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Cybard
Mar 17 Sep 2019, 15:20

Cybard avançait dans un couloir sombre et humide. Au loin, une lumière aveuglante lui hurlait d’approcher. L’ancien chevalier avait beau courir de toutes ses forces, rien n’y faisait, il ne semblait pas pouvoir l’atteindre. Alors qu’il plissait les yeux, il distingua une silhouette familière. De longues ailes blanches dansèrent et il vit son visage, le seul qu’il avait vraiment envie de voir. L’homme se mit à sprinter pour la rejoindre, pourtant, plus il avançait, plus il avait l’impression de s’éloigner. Une ombre menaçante de dessina au dessus de la femme qu’il convoitait tant et d’immenses griffes se refermèrent sur elle.


« ZERO !!! » hurla-t-il


Se réveillant en sursaut, l’Empereur mit quelques secondes à comprendre où il se trouvait. Le corps trempé de sueur et le souffle court, il regarde autour de lui avant de se mettre à pleurer. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait ce cauchemar. À mesure que le temps passait, il en faisait de moins en moins mais il savait ne pas être encore guéri. La mort de Zero était encore relativement récente et il savait que le plus dur n’était pas encore derrière lui. Alerté par le cri de son souverain, un garde pénétra dans sa chambre accompagné d’un domestique. Cybard les regarda un moment sans rien dire.


« Sortez, je vais bien. »


Les deux hommes s’inclinèrent avant de prendre congé. L’ancien général essuya les larmes sur ses joues et sortit de son lit. Il enfila une robe de chambre et avança vers un miroir disposé au dessus d’une commode. Éclairé à la lueur d’une bougie, il regarda son double dans les yeux. Il avait d’immenses cernes et un air lugubre. Sans trop savoir pourquoi, il se laissa emporter par la colère et envoya son poing contre la glace. Le verre se brisa, lui entaillant les phalanges au passage. Il grimaça tandis que son sang se mettait à couler sur le meuble en bois précieux. Sans dire un mot, il retira les éclats avec dépit.


Sa matinée commença ensuite par un bain qu’il prit dans ses appartements privés. La chaleur lui fit du bien mais ne calma pas sa peine. Il savait que la journée ne serait pas des plus agréables. Quand il sortit de l’eau, il laissa le médecin impérial s’occuper de la blessure qu’il avait à la main. L’homme l’avait prié de le faire avant son bain mais il n’avait pas eu gain de cause. Des bandages sur la main gauche, Cybard avait ensuite laissé ses domestiques lui préparer une tunique noire. Pour faire face au froid de l’hiver, il enfila par dessus une cape épaisse rembourrée avec de la fourrure. En serrant sa ceinture, il se rendit compte qu’il avait perdu quelques kilos à force de négliger ses repas. Il fallait dire que depuis quelques mois il n’avait plus aucun appétit. Pour ne rien arranger, il avait sans cesse peur de se faire empoisonner lui aussi, raison pour laquelle il avait multiplié ses gouteurs par trois.


L’un de ses corbeaux vint se poser sur son épaule lorsqu’il quitta ses quartiers pour se rendre en direction de son bureau. Dans le calme, il lut son courrier et répondit à plusieurs missives. À plusieurs reprises, il s’arrêta pour caresser l’animal au plumage sombre. Depuis la mort de Zero, la fidèle bête ne le quittait presque plus. L’empereur resta un peu moins de deux heures dans la pièce avant d’en sortir. Escorté comme toujours par une troupe de gardes et de domestiques, il avançait dans les couloirs du château pour se rendre aux écuries. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas chevauché et il n’était pas bon de délaisser trop longtemps l’équitation. Alors qu’il tournait à une intersection, une jeune femme lui entra dedans. Largement plus grand et musclé qu’elle, Cybard ne broncha pas mais s’arrêta tout de même. Quelques domestiques étouffèrent une remarque mais il en tendit certains chuchoter entre eux. Tandis que la demoiselle inclinait la tête pour s’excuser, l’Empereur fit signe à ses gardes de rester calmes. Il n’y avait aucun mal, nul besoin d’envenimer les choses.


Si la jeune femme ne semblait pas le reconnaitre, la réciproque n’était pas vraie. Le dirigeant de l’Empire était présentement en face de Lily-Anna, petite soeur de la reine Aurore et donc princesse de Fées. S’il ne reconnaissait pas de tels titres, il savait bien qu’il était reconnu au sein de son peuple. Cybard n’avait pas eu l’occasion de réellement se présenter à elle depuis qu’elle était à Pikay. Il l’avait vu de loin et n’avait échangé que quelques mots avec. La réalité était qu’elle n’était rien de plus qu’une otage entre les mains de l’Empereur. Le but était de museler Aurore en gardant sa famille captive, ce qui avait fonctionné au delà de toutes espérances.  


« Cela faisait bien longtemps que l’on ne m’avait pas appelé ainsi, jeune fille. Un tel manquement à l’étiquette pourrait vous valoir des ennuis, ajouta-t-il presque pour lui même. J’accepte néanmoins vos excuses. »


Laissant le temps à la fée de comprendre qui il était, l’homme garda le silence quelques instants. Il en profita pour l’observer plus en détail. Elle était jeune, certes, mais déjà particulièrement attirante. Malgré les soucis que son espèce causait à l’Empire, Cybard devait reconnaitre avoir toujours trouvé un grand charme aux femmes de cette ethnie. À bien y penser, Aurore n’était pas concernée. Lily-Anna ne ressemblait en rien à sa traitresse de soeur. Elle semblait plus pure, plus innocente. Le souverain avait d’elle l’image d’un oisillon tombé du nez et il n’avait aucune envie de lui faire du mal. Sachant bien que la troupe qu’il trainait derrière lui pouvait parfois se montrer intimidante, il leur lança un regard lourd de sens avant de faire un signe de tête pour leur intimer de déguerpir. Ils s'exécutèrent sans chercher à discuter car personne n’ignorait ce qui arrivait aux gens désobéissant à Cybard ces derniers temps.


« Ce doit être la première fois que nous nous retrouvons seuls vous et moi. Parvenez-vous à prendre vos marques à Pikay ? »


L’empereur n’était pas sot, il savait bien que la jeune femme ne devait avoir pour lui que mépris. Il était son geôlier, l’homme qui l’avait arraché à son domicile et la gardait captive, faisant planer une menace de mort au dessus de sa tête. Elle n’avait aucune raison de l’apprécier, pourtant il savait également que si elle n’était pas stupide elle ne chercherait pas à le provoquer. Cybard voulait discuter et apprendre à la connaitre. Non seulement cela allait lui changer les idées mais avec un peu de chance il se rendrait également compte qu’elle était peut être plus intéressante qu’il ne le pensait. Dans le pire des cas, il ne perdrait que quelques minutes de son temps, ce qui était parfaitement acceptable.
  




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Mer 18 Sep 2019, 15:03



- Cela faisait bien longtemps que l’on ne m’avait pas appelé ainsi, jeune fille. Un tel manquement à l’étiquette pourrait vous valoir des ennuis. J’accepte néanmoins vos excuses.

Des ennuis ? J’observais plus en détail l’homme qui me faisait face. Il était grand – bon, après, tout le monde était plus grand que moi ici – portait la barbe, avait des tatouages à la place des cheveux… Ce détail me fit réaliser son identité. L’Empereur. J’avais bousculé l’Empereur… Enfin, il n’avait pas beaucoup d’un pouce. Après tout, j’étais une plume à côté de lui. Mais tout de même. Je déglutis, me sentant rougir. J’avais déjà assez de problème avec lui… Heureusement pour moi, il semblait bien disposé.

- Votre Majesté…

Dans un signe de soumission, je m'inclinais de nouveau. Je ne savais pas trop comment agir, ni où me mettre, mais je ne voulais pas commettre davantage de bévue. Après tout, ma vie ne tenait encore qu’à ses décisions, et aux agissements de ma sœur. Je ne pouvais me permettre d’agir de manière inconvenante envers lui. Pourtant, bien qu’éduquée dans une famille royale, je me sentais peu à l’aise avec l’étiquette. Pourquoi tout ce brouhaha pour un simple titre ? Ne pouvions-nous pas discuter entre gens civilisés ? Quand j’étais encore dans mon royaume, outre les événements plus officiels, je refusais que l’on s’adresse à moi par mon titre. Ce n’était rien qu’un mot. Il ne voulait rien dire. Heureusement, je ne m’attendais pas à avoir ce genre de relation ici. Je n’avais aucun titre en ces lieux. Le peuple des Fées et les tanieths n’avaient pas tout à fait la même hiérarchie. Au mieux, je faisais partie de la noblesse. Mais peu importe. Je me relevais pour pouvoir regarder mon interlocuteur en face lorsqu’il reprit la parole. Évidemment, je n’avais point remarqué son manège pour que ses gardes déguerpissent.

- Ce doit être la première fois que nous nous retrouvons seuls vous et moi. Parvenez-vous à prendre vos marques à Pikay ?

Cette question me dérouta. Celui qui nous gardait captif se souciait-il réellement de notre adaptation à la vie à la Capitale, ou était-ce seulement une façade ? Il était certes vrai que nous n’avions jamais vraiment eu l’occasion de discuter seule à seul, mais je n’avais jamais vraiment cherché à le faire. À quoi bon ? Nous n’étions que des outils d’oppression à ces yeux. C’est du moins ainsi que je le voyais. Ma surprise devait se lire sur mon visage. Je repris vite contenance et je joignis mes mains.

- Pour être tout à fait honnête, il m’a été difficile de m’adapter. Il faut avouer que vous n’avez pas tout à fait le même climat qu’à Fée.

Détournant le regard, je ne savais plus trop où me mettre. Je refusais de prétendre que tout allait bien, mais je n’avais pas à approfondir mon malaise, si? Et puis, je ne voulais pas trop prendre de son temps. Vu sa position, il devait être fort occupé. Mon regard revint vers l’Empereur pour mieux analyser sa réaction. Je me rendis compte qu’il était habillé chaudement ; se rendait-il à l’extérieur ?

- Pardonnez ma curiosité, mais ne vous rendiez-vous pas à l’extérieur? Je ne voudrais pas trop prendre de votre temps… Je m’y dirigeais également, mais je peux faire le chemin avec vous, si vous le voulez bien.

Je m’étais en effet changé lors de mon cours passage dans mes appartements. On nous avait fabriqué des tenues spéciales pour l’hiver, car aucune des nôtres ne convenait à la température. Nous ne pouvions pas nous plus porter des vêtements ordinaires ; cela gênait nos ailes. On nous avait donc fabriqué des vêtements qui laissaient passer nos ailes par des fissures assez larges pour pouvoir bouger. Sur cette pensée, je battis un peu de celles-ci, par simple réflexe. J’avais hâte de pouvoir les dégourdir, après tout. Je n’avais pas l’habitude de ne pas en user pendant un aussi long moment…












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Cybard
Sam 21 Sep 2019, 07:38

Lily-Anna était visiblement mal à l’aise. La présence de l’Empereur ne la laissait pas de marbre et elle devait se demander comment se comporter. Impossible de lui en vouloir, Cybard savait bien qu’il pouvait se montrer particulièrement acerbe ces derniers temps, sans compter le fait que sa position à elle seule l’éloignait souvent du commun des mortels. La fée corrigea rapidement son étourderie par la formule de politesse adéquate, ce qui n’était pas nécessaire étant donné que le souverain venait tacitement de l’en dispenser pour cette occasion. La maladresse de la jeune femme ne manqua pas de lui tirer un bref et léger rictus. Même lorsqu’elle lui répondit, il continua de sentir qu’elle ne sentait pas à sa place. Comment lui en vouloir après ce qui s’était passé avec sa famille. Après tout, elle n’était rien de plus qu’une otage entre les mains de Cybard.


« Le climat peut effectivement se montrer rude sur le continent noir, j’en conviens. »


Comptait-elle vraiment parler beau temps et chiffons ? À bien y penser, Cybard estimait que ce devait être une façon pour elle de faire connaissance en douceur. Elle n’allait pas lui dire qu’elle le détestait lui et son château de malheur de but en blanc après tout. La fée conclut en lui proposant de l’accompagner dehors. L’ancien chevalier remarqua qu’elle était effectivement habillée chaudement elle aussi. Voyant qu’elle avait toujours du mal à le regarder directement, il avança vers elle. De sa main droite, il posa quelques doigts sur son menton et l’obligea à lever la tête pour plonger son regard azur dans le sien.


« Jeune fille, gardez la tête haute. Ne montrez ni vos craintes ni vos doutes. Restez fière et prenez soin de regardez vos interlocuteurs droit dans les yeux. Particulièrement ceux qui vous intimident le plus, rajouta-t-il avec une pointe d’ironie. Vous leur inspirez bien plus facilement le respect. »


Ne s’attardant pas plus longuement sur le sujet, l’Empereur lâcha la jeune fée. Il pensa quelques instants à sa proposition et il en conclut que l’idée était bonne. Il aurait l’occasion de faire un peu plus connaissance avec elle. Même si cela était trop tôt pour le dire, il avait le sentiment qu’elle ne le haïssait pas, même après ce qu’il avait fait subir à sa soeur. cette donnée lui paraissait encore très étrange et il préférait rester souple afin de pouvoir mieux se retourner.



« Je me rendais aux écuries, vous avez vu juste. Accompagnez moi. »


Les deux se mirent alors en route. La route qui les séparait de leur destination était longue et passait par moult couloirs et escaliers. Cybard savait qu’ils auraient l’occasion de converser allègrement avant d’arriver. Il avança quelques minutes sans rien dire avant de ralentir le pas pour se retrouver à ses côtés. Il tourna la tête et l’observa quelques instants. Plus que sa beauté, ce furent ses ailes qui attirèrent son attention. Depuis toujours il les aimait, qu’elles viennent de fées ou qucspasseribus lui importait peu. Considérant qu’il y avait plus intéressant à faire que l’épier sans rien dire, le monarque se reprit rapidement.


« Devoir vous habituer de force à un tel environnement ne doit pas être évident pour vous qui n’avez que rarement quitter Fées jusqu’à présent. Parlez franchement, que pensez vous de ma décision ? Vous n’êtes pas sans savoir que vous représentez un moyen de museler votre soeur. Pourtant, vous n’avez personnellement rien fait contre la Couronne ou l’Empire. Une telle situation doit vous semblez bien injuste. Peut-être même cruel non ? »


Au fond, Cybard se moquait bien de ce qu’elle pourrait dire. Il s’attendait à ce qu’elle s’incline comme le ferait tous les autres face à une telle question. Il était fort probable qu’elle essayait d’arrondir les angles pour ne pas se mettre son ravisseur à dos. L’empereur lui avait certes dit de parler franchement mais elle ne pouvait pas savoir s’il comptait lui tenir compte de ses paroles ou non. La réalité était qu’il avait vraiment envie d’entendre la vérité sortir de sa bouche, pas ce qu’il voulait entendre. Il savait pourtant que les chances que cela arrive étaient faibles. cette discussion ressembleraient certainement à toutes les autres et il l’oublierait vite.
  




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Sam 21 Sep 2019, 16:04


La première chose qui m’était venu en tête était la température, mais j’aurais pu mentionner plein d’autres choses. Je ne trouvais simplement pas très pertinent de faire part de mon acclimatation à l’Empereur. Portait-il vraiment attention à mon opinion sur le sujet ? Je ne voyais pas pourquoi il prendrait cela en considération, surtout maintenant. Cela faisait un an déjà. J’aurais pu lui dire que je m’étais trouvé des hobbys, que je trouvais la vie différente et bien des choses encore. Mais à quoi bon ? J’avais donc opté pour le sujet le plus simpliste, et voilà que l’on commençait cette conversation sur le climat. Il ne devait pas trouver cela bien intéressant… Et mon but n’était pas de l’être.

Toutefois, sa réaction me prit par surprise. Mes mains qui étaient alors jointes retournèrent à mes côtés, dans un geste de crispation. Je n’avais plus le choix que de fixer mes yeux rouges dans ceux bleus de l’Empereur puisqu’il maintenait mon menton de ses doigts. Quelle belle couleur… Je l’aurais davantage imaginé avec des yeux sombres, autrefois. Toutefois, je comprenais que cela faisait également son charme.

- Jeune fille, gardez la tête haute. Ne montrez ni vos craintes ni vos doutes. Restez fière et prenez soin de regarder vos interlocuteurs droits dans les yeux. Particulièrement ceux qui vous intimident le plus. Vous leur inspirez bien plus facilement le respect.

Je déglutis et hochai de la tête. Ses paroles trouvèrent un écho en moi que je n’imaginais pas possible. Il est vrai que nous avions tous tendance à juger plus digne une personne qui se comportait avec assurance. Toutefois, sa présence m’avait surtout prise au dépourvue. Sa réaction me permit de remettre mes idées en place. Lorsqu’il agréa à ce que je l’accompagne, je lui emboitais alors le pas, le suivant plutôt que de me tenir à ses côtés. La route vers l’écurie était longue, et je n’avais pas l’habitude de marcher autant. Je m’essoufflais donc rapidement. Je fus tentée de voltiger, mais la configuration des couloirs de me le permettait pas, d’autant plus que je n’étais pas seule. Je continuais cependant d’avance au rythme de l’Empereur jusqu’au moment où il ralentit pour se placer à ma hauteur. Nous n’avions prononcé aucune autre parole jusqu’à ce moment où il me questionna enfin.

- Devoir vous habituer de force à un tel environnement ne doit pas être évident pour vous qui n’avez que rarement quitter Fées jusqu’à présent. Parlez franchement, que pensez vous de ma décision ? Vous n’êtes pas sans savoir que vous représentez un moyen de museler votre soeur. Pourtant, vous n’avez personnellement rien fait contre la Couronne ou l’Empire. Une telle situation doit vous semblez bien injuste. Peut-être même cruel non ?

Puisque nous continuions de marcher, je me contentais de regarder mon chemin. L’envie de dévisager mon interlocuteur était forte, mais il fallait également que je me concentre sur mes pas. Posait-il ces questions pour la forme ou voulait-il vraiment savoir ce que j’en pensais ? Depuis quand s’intéressait-il vraiment aux opinions face à ses décisions ? Surtout aux opinions de ceux que ses décisions touchaient le plus. Je serais malhonnête de lui mentir, et puis, il m’en avait donné la permission. Je le prenais donc au mot. Je continuais de regarder devant moi, avançant plus lentement que précédemment.

- Je ne sais pas si cela vous sera vraiment utile de connaître mes pensées sur le sujet, Votre Majesté, mais soit.

Je laissais quelques secondes s’écouler, rassemblant mes idées. Nous étions presque arrivés à destination lorsque je repris parole.

- Peu importe les circonstances, il m’aurait été difficile de m’habituer à n’importe quel autre environnement que celui de Fée. Néanmoins, je l’aurais fait un jour ou l’autre. Votre décision n’a que précipité ce fait incontournable.

Je pris de nouveau une pause, voulant choisir mes mots avec soin.

- Quant aux agissements de ma sœur, il m’apparaissait clair qu’elle s’attirait les ennuis avant même que vous n’agissiez. Cela m’a simplement surpris d’apprendre que vous ayez été si clément envers elle. Pourquoi la laisseriez-vous gouverner encore – ou même, pourquoi la laisseriez-vous vivre encore ? C’était la question qui m’a tourmenté les trois premiers mois.

Nous arrivions devant les portes nous menant à l’extérieur. Je m’arrêtais alors pour me tourner vers l’Empereur, le fixant sans gêne dans les yeux, comme il m’avait conseillé de le faire plus tôt.

- Cette situation est certes injuste pour ma famille. Or, je ne pense pas qu’elle soit cruel, simplement rationnelle et rusée. En toute objectivité, vous n’auriez pas pu trouver pire sentence pour ma sœur que de la séparer de sa famille, laquelle elle chérit plus que tout.  

Je m’interrompis, hésitant à partager mes dernières pensées. Je pris toutefois la liberté de le faire. Après tout, ma vie était déjà entre ses mains, alors pourquoi m’empêcher de parler ? Je n’avais plus rien à perdre.

- Il serait malhonnête de ma part d’affirmer que je ne vous en ai pas voulu dans les premiers temps. Cela vaut également pour ma sœur.

Sur ces paroles, je me tournais pour ouvrir la porte donnant sur l’extérieur et m’avançais dans l’air crue et froide. Une fois à l’extérieur, je voltigeais enfin pour me dégourdir les ailes, bras croisés derrière mon dos, en dessous de mes ailes. En fixant le ciel, je partageais alors la fin de ma pensée.

- La conclusion à laquelle j’en suis arrivée est qu’il était inutile d’avoir ce genre de ressentiment. Je me contente de suivre mon but et mes principes, et vous ferez de même, ce qui implique aussi de faire de ma vie ce que bon vous semble.

J'avais prononcé ces derniers mots plus pour moi-même que pour lui. Après tout, c'était la réalité. Il pouvait bien disposer de moi à tout moment, et je n'aurais rien à redire. Je n’ajoutais rien, me contentant alors d’admirer le paysage hivernal, voltigeant à hauteur d’homme.













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Sam 21 Sep 2019, 17:15

Quelle ne fut pas la surprise de Cybard en entendant la jeune princesse affirmer que sa soeur avait obtenu ce qu’elle méritait. Elle reconnaissait qu’Aurore avait largement cherché les ennuis et que son sort n’était en rien injuste. Plus encore, elle s’étonnait de la clémence de l’Empereur. Cette punition était, à croire Lily-Anna, la pire qu’elle aurait pu avoir. La priver de sa famille semblait être le summum de la cruauté. Pourtant elle ne semblait pas tenir Cybard en grippe pour cette décision. Si elle se plaignait du climat et avait eu du mal à s’habituer à sa nouvelle vie au départ, elle semblait bien plus épanouie à présent. Il était difficile alors pour le souverain de démêler le vrai du faux. Rien ne lui disait qu’elle ne cherchait pas simplement à s’attirer ses faveurs en lui disant ce qu’il voulait entendre. Pourtant, le regard plongé dans le sien, il ne décelait pas la moindre trace de mensonge. Son instinct lui hurlait qu’elle disait la vérité et il s’en réjouissait. Nombre de personne le craignaient et il avait le sentiment que ce n’était pas vraiment le cas de la jeune fée. Pour être précis, elle semblait résignée à son sort plus qu’autre chose.


Alors que Lily-Anna lui parlait, les deux compagnons de fortune ne mirent pas longtemps à atteindre les portes de la forteresse. La jeune femme les ouvrit avant de sortir et se mettre à voler. Cybard écouta ses dernières paroles avec attention. Elle débordait d’innocence, presque même de naïveté. Ce qu’elle disait était vrai, pourtant elle manquait encore d’expérience. L’empereur ne lui avait rien fait à elle ou sa famille qui soit réellement grave ou cruel. Qu’elle ne soit pas rongée par la haine à son jeune âge était compréhensible. Il doutait cependant qu’elle garde une telle mentalité tout au long de sa vie. Avec une certaine mélancolie, il se remémora sa propre jeunesse. Il ne parvint pas à se rappeler une époque où il avait été lui même aussi naïf. Même l’époque bénie où il ne pensait pas devoir prendre un jour le pouvoir ne lui semblait pas si douce. L’ancien chevalier avança de quelques pas, foulant la neige peu présente sur le chemin de pierre qui se dressait devant lui. Avec soin, il ferma sa cape et serra le col rembourré de fourrure contre sa gorge. La dernière chose dont il avait envie était de tomber malade.


« Vous êtes plus maligne que je ne le pensais, jeune fille. »


L’empereur se laissa alors happer par le spectacle qui s’offrait à lui. Avec une admiration ni feinte ni dissimulée, il admirait la jeune fée qui voletait. Depuis qu’il était jeune, il avait toujours eu envie de voler. Peut-être que sa passion pour les oiseaux, plus particulièrement les corbeaux, venait de là. D’une main, il caressa le plumage du fidèle volatile posé sur son épaule sans quitter Lily-Anna du regard. L’animal le quitta alors pour voler aux côtés de la princesse. Bras croisés dans le dos, il ne perdait pas une miette de la scène. Avec nostalgie et une certaine tristesse, il se remémora la fois où sa défunte épouse l’avait emmené avec elle dans les airs. La gorge serrée, il réprima sa douleur avant de se faire craquer la nuque. Il chérirait ce souvenir jusqu’à son dernier souffle.


« Vous attisiez depuis quelques minutes ma curiosité, chère demoiselle, vous avez à présent toute mon attention. Quels sont les buts et principes auxquels vous faites allusion ? »


Cybard n’avait aucun besoin de se forcer pour lui poser cette question. La jeune femme l’intéressait réellement de plus en plus à mesure qu’il parlait avec elle. Malgré son jeune âge, elle semblait plus mature que ce qu’il ne pensait de prime abord. Il était plus que curieux de savoir ce qu’elle attendait de la vie, particulièrement au vu de la situation dans laquelle elle se trouvait. Qui sait, peut-être jouerait-elle une place de choix à ses côtés si elle venait à gagner sa confiance ?  
  




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Sam 21 Sep 2019, 23:38



- Vous êtes plus maligne que je ne le pensais, jeune fille.

Ce fut sa réponse à la mienne. J’y interpréta que ce que je lui avais dit n’était pas ce qu’il attendait au départ. J’appréciais cependant le compliment. Je devais, dans une certaine mesure, l’avoir surpris par ma réponse. Je ne lui répondis pas, trouvant simplement qu’il n’y avait rien à dire de plus. Je continuais de voltiger, le regard porté vers le ciel. Seul le corbeau précédemment perché sur l’épaule de l’Empereur vint me soustraire à cette contemplation. Je tendis une main et il vint s’y percher, me fixant de ses yeux noirs. Je lui souris et lui chatouillais le cou. Il reprit vite son envol, car tout comme moi, il devait avoir l’irrépressible envie de se dégourdir les ailes. Je me retournais alors vers le souverain au même moment où il reprit la parole, sans avoir vraiment remarqué ses yeux précédemment admiratifs.

- Vous attisiez depuis quelques minutes ma curiosité, chère demoiselle, vous avez à présent toute mon attention. Quels sont les buts et principes auxquels vous faites allusion ?

Oh ? Je décelais chez lui un véritable intérêt. Je m’avouais qu’il n’était pas désagréable de converser avec lui, et je n’avais aucun problème à lui dévoiler mes objectifs. Cependant, je décidais de ne pas les dévoiler de but en blanc, préférant contourner le sujet autrement. Après tout, pour qu’il puisse comprendre et se situer, il fallait qu’il se fasse une idée de la situation actuelle.

- Votre Majesté, êtes-vous déjà allé à Fée ?

Je voulais m’assurer, par cette simple question, s’il avait vu de ses propres yeux la forêt de brouillard que tous redoutaient. Il pouvait être ardu d’imaginer ce phénomène sans y avoir assister soi-même. J’attendis donc qu’il me donne sa réponse avant de poursuivre.
Si la réponse est oui:
 
Si la réponse est non:
 

Si ce n’avait été de son statut, je lui aurais lancé une illusion pour lui montrer de quoi je parlais. Or, il serait inconvenant de ma part d’user de magie sur l’Empereur. Il pourrait interpréter cela comme une attaque. Je me contentais donc des mots pour lui décrire la chose. Je tournais d’ailleurs la tête vers l’horizon pour prononcer ces mots suivants.

- Plusieurs fées s’y sont perdu depuis son apparition. Certaines reviennent, d’autres non. À quel prix reviennent-elles ? Plusieurs ont perdu la raison. Et il n’y a aucun remède pour les aider.

Je pris une pause, fermant les yeux et prenant une grande inspiration. J’avais côtoyé quelques-unes d’entre elles. Bien que les fées s’égarant dans le brouillard soit de plus en plus rare, cela arrivait encore aujourd’hui. Combien de temps avaient-elles passé à cet endroit ? Parfois, nous l’ignorions. Certaines fées revenaient vieillies. Était-ce un effet du brouillard, ou avaient-elles passé de trop nombreuses années à l’intérieur ? Mystère. J’avais donc pris l’initiative de les rencontrer, autant pour les aider que pour faire avancer mes recherches. Cela avait été infructueux, malheureusement. Elles n’étaient trop souvent pas assez lucides pour que je puisse donner du crédit à leurs paroles.

Cette forêt était embêtante. On ne savait d’où elle apparaissait. Je savais pertinemment qu’elle n’existait pas il y a 300 ans, avant la tentative de conquête de l’Empire. Cette entité était tout bonnement apparu pour chasser tout être menaçant les terres, y compris les fées. Je le voyais dans mes rêves. Le protagoniste que j’incarnais se baladait souvent devant ces paysages, qui n’y ressemblaient plus. En vérité, j’étais un peu jalouse. Je voulais avoir la possibilité d’admirer ces mêmes paysages dans la réalité, mais c’était impossible. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’avais décidé de trouver une solution, en plus de l’envie d’aider le peuple de Fée. Mon regard revînt sur l’Empereur tout en me posant sur le sol.

- Vous devinez donc où je veux en venir. Je cherche à trouver un remède pour toutes ces fées, mais aussi à trouver une solution pour que ce brouillard disparaisse. J’ai… ouïe dire que les paysages d’autrefois étaient époustouflants.

Je souris en pensant à toutes ces heures que j’avais consacré à l’étude de la médecine et de diverses autres branches. En réalité, je prenais vraiment plaisir à apprendre toutes ces choses. Cela me permettait de me sentir plus utile. D’ailleurs, j’en avais appris davantage ici en un an qu’à Fée. Il faut dire que leurs documentations étaient davantage fournies.

- C’est d’ailleurs pourquoi je passe le plus clair de mon temps dans vos bibliothèques. Vous avez une collection impressionnante sur les sujets qui m’intéressent.

Je devrais d’ailleurs y retourner demain pour compléter mes notes, mais passons. Je réalisais soudain que nous parlions que de moi, et cela me gêna quelque peu. Pourquoi je n’essaierais pas de lui retourner la question ? Évidemment, en tant qu’Empereur de l’Empire, son premier but devait être de vaincre la Confrérie. Mais il devait bien avoir des buts plus… personnels. À lui de voir s’il les partageait, ou non. Je n’avais rien à perdre à lui poser la question…

- Et vous, Votre Majesté ? Quelles sont vos aspirations ? Je suis tout à fait au courant des visées de l’Empire, mais vous devez avoir autre chose que cela en tête, non ?

Je ne savais pas quelle réaction il aurait. Je l’appréhendais quelque peu. Étais-je trop indiscrète ? Devrais-je m’excuser ? Le prendrait-il mal ? Ou, au contraire, cela lui plairait-il ? Je ne savais que penser, mais j’avais pris un risque. De toute façon, je n’étais pas du genre à ne parler que de moi. Il faut également avouer que plus notre conversation avançait, plus ce personnage m’intriguait. Il semblait à l’opposé de l’idée que je m’en étais faite. Après tout, cette idée n’était basée que sur des rumeurs et des ouïes dire…














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Sam 28 Sep 2019, 13:39

Cybard ne s’attendait pas à ce qu’une si jeune princesse puisse montrer un tel intérêt pour une forêt maudite. S’il était vrai qu’il était déjà allé au royaume de Fées par le passé, il n’avait effectivement jamais mis les pieds dans cette zone interdite. Tous lui avaient conseillé de ne pas trop approcher. Malgré sa curiosité naturelle, il avait cru bon de les écouter. La malédiction qui pesait sur cet endroit était pour lui un véritable mystère. Bien sûr, il avait des théories sur le sujet. Toutes semblaient sans fondement, pourtant l’une d’entre elles lui était plus chère que les autres. Bien que cela ne repose que sur de simples conjectures, il se demandait si le brouillard ne cacherait pas en réalité la célèbre Tour des Mages qui avait elle aussi disparue de la surface du continent. Rien n’étayait sa théorie, pourtant il ne pouvait se la sortir de la tête. Malheureusement pour lui, il avait déjà fort à faire avec la gestion de l’Empire et la guerre contre la Confrérie jadoise pour ne pas se rajouter plus de travail sur les bras.


« Vous me voyez ravi de l’intérêt que vous portez aux bibliothèques de ma forteresse. Ceci étant, sachez que s’il y avait quoique ce soit de réellement utile dans l’un des ouvrages qui s’y trouve, il y a fort à parier que l’information aurait déjà été trouvée depuis longtemps, expliqua-t-il en croisant les bras. Je ne cherche pas à détruire vos espoirs, sachez simplement garder les pieds sur terre. Aussi ironique que cela puisse être pour une fée, j’en conviens. »


L’empereur savait se montrer pragmatique et s’il était vrai qu’il ne voulait pas la désespérer, mieux valait qu’elle sache baser ses plans sur l’hypothèse où la chance serait contre et non l’inverse. Cela évitait aisément les mauvaises surprises et la déception causée par un échec inopiné.


Le sourire qu’arborait Cybard disparut quand la jeune femme s’intéressa à ses rêves. La triste réalité était que l’empereur n’aimait pas sa vie. Il n’aimait pas le pouvoir ni son poste. Il n’aimait pas la politique et ses affres. Plus que tout il haïssait de ne plus être chevalier. Il avait le sentiment d’être un imposteur dans les bottes de son ainé. Pourtant, s’il avait été plus ou moins en mesure d’accepter cette vie avec le temps, il ne pouvait accepter la mort de sa femme ni celle de son frère quelques années plus tôt. La Confrérie lui avait tout pris, il le savait au plus profond de lui. Il voulait les faire payer, les faire souffrir comme lui avait souffert. Rien d’autre n’avait de sens. Il regarda la jeune fée avec bien plus de sérieux que les minutes précédentes.


« Mes aspirations personnelles importent peu. L’Empire et moi ne faisons qu’un, je ne désire rien d’autre que sa pérennité et la déchéance de la Confrérie. »


Le souverain bottait volontairement en touche. Il ne connaissait pas assez cette jeune princesse pour lui confier ses doutes les plus profonds. Elle n’avait pas besoin d’en savoir spécialement plus à son sujet. Cela n’était pas juste, certes, mais s’il avait droit d’en connaitre à son sujet, la réciproque n’était pas vraie. D’un sifflement, il rappela son corbeau à lui. L’animal obéit et se posa sur son épaule.  
  




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Lun 30 Sep 2019, 22:57



- Vous me voyez ravi de l’intérêt que vous portez aux bibliothèques de ma forteresse. Ceci étant, sachez que s’il y avait quoique ce soit de réellement utile dans l’un des ouvrages qui s’y trouve, il y a fort à parier que l’information aurait déjà été trouvée depuis longtemps. Je ne cherche pas à détruire vos espoirs, sachez simplement garder les pieds sur terre. Aussi ironique que cela puisse être pour une fée, j’en conviens.

Mes explications solitaires venaient d’avoir une réponse à laquelle je ne m’attendais qu’à moitié. Je percevais dans l’intervention de l’Empereur un ton qui se voulait bienveillant, presque… paternel. Cela me fit d’ailleurs rire lorsqu’il souligna l’ironie de sa remarque. Je souris à ses mots qui se voulaient à la fois encourageants et réalistes.  Je savais pertinemment que je ne trouverais pas la réponse à mes questions sur un plateau d’argent. Ce n’était strictement pas mon but, de toute façon. Je voulais trouver une solution par mes propres moyens. Seulement, je n’avais pas toutes les connaissances requises pour ce projet. Il est vrai que je n’avais que 16 années de vie et d’expériences derrière moi – presque 17. Cela n’était pas suffisant pour rassembler assez de connaissances dans divers domaines pour résoudre le problème de la forêt hallucinogène du jour au lendemain – surtout quand 300 ans n’avaient pas suffi. Toutefois, si personne ne se penchait sur la question, cela ne risquait pas d’arriver. Je passais donc mes jours et mes nuits à étudier et à réfléchir à une solution. Il est toutefois bien plus difficile d’expérimenter des remèdes loin de l’objet en question… J’en profitais donc pour affiner et accumuler de nouvelles connaissances, notant tout dans un journal.

Je repris vite mon sérieux en voyant le visage de l’Empereur se fermer après ma question quelque peu indiscrète. Je savais que j’avais bien peu de chance d’avoir une réelle réponse- qui étais-je pour lui demander des informations aussi personnelles ? – mais je n’avais pu m’en empêcher. Sa réponse ne tarda pas à venir, et je n’y ajoutais rien, ne voulant pas brusquer les choses ou déclencher une situation où je serais en une mauvaise position. Je trouvais cela quand même triste de voir à quel point cet homme semblait seul, jucher à la position la plus importante de la société. Je percevais dans sa voix et dans sa gestuelle la perte de ses rêves et de ses espoirs. Ses paroles reflétaient la vie d’un homme qui n’avait connu rien d’autres que la souffrance et la perte. Les derniers événements des mois passés devaient bien encore l’affecter, et je ne sais quoi d’autres encore. J’avais simplement l’impression qu’il s’était abandonner lui-même. Dans un murmure, en joignant les mains comme dans un signe de prière, je prononçais dans ma langue natale  sans trop y réfléchir ces mots, le regard baissé à mes pieds :

- [Féerique]Cela doit être bien triste que de s’abandonner soi-même…

Ne voulant pas m’attarder sur ce sujet davantage – surtout qu’il semblait inconvenir à Sa Majesté, je tournai mon regard vers l’écurie vers laquelle nous étions sensés nous diriger sans accorder d’importance au rappel de son corbeau. Voltigeant toujours à hauteur d’homme, je m’avançais un peu vers la porte. Cela me fit penser que je n’avais jamais chevaucher auparavant. Je n’en avais jamais eu le besoin, après tout, les animaux étaient faits pour vivre en liberté, à Fée. Et puis, à quoi bon utiliser une bête lorsqu’on pouvait voler ? Pensive, je laissais défiler à voix haute mes pensées

- Si je me souviens bien, vous étiez en route pour vous exercer aux écuries. Je n’ai jamais eu la chance de monter ces bêtes. Après tout, pourquoi chevaucher un cheval lorsque vous pouvez voler ? C’est ridicule, vous ne trouvez pas ?

J’étouffais un rire derrière ma main. Je ne savais pas si l’Empereur trouverait ce changement de sujet trop soudain, mais je n’en avais actuellement que faire. J’étais soudainement très curieuse de voir ces bêtes en action. Je ne comprenais pas comment il était possible de les dresser à obéir. Je comprenais leur utilité pour les races sans aile, mais n’était-il pas possible d’utiliser d’autres moyens ? Je trouvais triste de voir ces animaux enchainés, privés de leur liberté. Je me tournais vers mon interlocuteur pour savoir ses intentions.

- Je vous en prie, Votre Majesté, ne vous empêcher pas d’aller vous dégourdir pour me tenir compagnie. J’avais, de toute façon, l’envie de me dégourdir les ailes également.

À ces mots, je battis des ailes un peu plus rapidement tout en lui souriant. Cela fit que je m’élevai un peu plus dans les airs, le dépassant largement. Cela se fit un peu par réflexe, et m’en rendant compte, je ralentis la cadence pour revenir à une hauteur un peu plus convenable, attendant sa décision.















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Dim 06 Oct 2019, 12:07

L’empereur haussa un sourcil en écoutant les remarques de la jeune fée. Elle était encore bien naïve et peut être un brin trop moqueuse pour son propre bien. Ceci étant, il n’était pas de mauvaise humeur et n’avait aucune envie de la remettre à sa place. Après tout, c’était bien lui qui l’avait encouragé à se montrer si honnête. Pour ne rien arranger, il devait admettre avoir pour elle un certain intérêt. Quittant finalement Lily-Anna des yeux, il se remit à avancer. La neige se tassait sous ses pieds en un craquement très reconnaissable. Son corbeau manifesta son ennui mais il ne lui accorda pas un regard. D’un geste de la tête, il intima la fée de le suivre.


« Pourquoi marcher lorsque l’on peut voler ? Ne marchez vous jamais jeune fille ? J’en doute fort, dit-il avec un air plus sévère qu’auparavant. Les chevaux sont des outils comme les autres. Nous ne les utilisons pas parce que nous ne pouvons faire autrement. Nous les utilisons car ils permettent autant un gain de temps que d’énergie. Si demain vous décidiez de voyager jusqu’au tréfonds du monde connu, vous pourriez le faire en volant, certes. Pourtant, l’utilisation d’une de ces braves bêtes vous économiserait bien des efforts. Pour répondre à votre question, non je ne trouve pas cela ridicule. J’ai par ailleurs été témoin en de multiples occasions de fées cavalières. Aucune ne tenait un discours comme le votre. »


La main sur le pommeau de son épée, l’empereur continuait d’avancer vers les écuries. Au loin, il voyait que le cortège qui l'accompagnait plus tôt l’attendait patiemment. Il était vrai qu’il pouvait se permettre quelques moments de solitude, mais cela ne durait jamais longtemps. Il s’arrêta avant de soupirer longuement. De sa main libre, il gratta le cou de son animal. Cette vie le fatiguait bien plus que de raison. Une idée lui traversa alors l’esprit. Il leva la tête vers la fée qui continuait de voleter.


« Jeune fille, rejoignez moi. » ordonna-t-il en tendant la main vers elle.


Il attendit quelques instants qu’elle s’exécute et lui offrit sa paume pour atterrir. Ce spectacle était grandiose et il n’en perdait pas une miette. S’il devait être honnête, il devait avouer être quelque peu jaloux du fait qu’elle puisse voler et non lui. Délaissant le pommeau de son épée, il montra les écuries de l’index.


« Faites moi une faveur, accompagnez moi. Vous aurez tout le temps de dégourdir vos ailes plus tard et je dois avouer qu’il m’est difficile d’admettre qu’une demoiselle de votre rang ne soit jamais montée à cheval. Me ferez-vous ce plaisir ? »


Malgré un léger sourire qu’il laissait transparaitre, il était clair qu’elle n’avait pas le choix. refuser serait très mal vu et il se doutait bien que vu son jeune âge elle n’aurait pas envie de se mettre l’empereur à dos. Pas après ce qu’il avait déjà fait à sa famille. La réalité était qu’il ne comptait pas le forcer à le suivre, mais elle l’ignorait évidemment.  
  




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Lun 07 Oct 2019, 00:10



Selon sa réaction, je compris que mes propos le surprirent. Je me doutais que cela ne soit pas concevable pour lui qui usait de ces bêtes comme monture de voir les choses de la même manière que moi. J’étais bien au fait qu’il existait des fées qui s’accompagnait de chevaux et qui les montaient. Je n’en avais vu que très rarement à Fée, car nous n’avions pas le besoin de nous déplacer souvent sur de longue distance. Quant à moi, je n’en avais jamais eu le besoin, préférant largement user de mes ailes pour me déplacer sur de plus longues distances. Je l’observais tandis qu’il reprit son chemin vers sa destination première. Je remarquai son corbeau qui semblait être dérangé par je ne sais quoi. J’aimerais lui dire de voler librement, mais je doutais fort que l’Empereur apprécie ce geste soudain et indiscret puisque ce corbeau semblait être le sien. Je me contentai de le suivre à la suite de son signe, voltigeant toujours à ras le sol, toute ouïe.

- Pourquoi marcher lorsque l’on peut voler ? Ne marchez-vous jamais jeune fille ? J’en doute fort. Les chevaux sont des outils comme les autres. Nous ne les utilisons pas parce que nous ne pouvons faire autrement. Nous les utilisons car ils permettent autant un gain de temps que d’énergie. Si demain vous décidiez de voyager jusqu’au tréfonds du monde connu, vous pourriez le faire en volant, certes. Pourtant, l’utilisation d’une de ces braves bêtes vous économiserait bien des efforts. Pour répondre à votre question, non je ne trouve pas cela ridicule. J’ai par ailleurs été témoin en de multiples occasions de fées cavalières. Aucune ne tenait un discours comme le vôtre.

Il soulevait un point auquel je n’avais jamais vraiment pensé, car je n’en avais jamais vraiment exprimé le besoin. Certes, il était plus convenant d’économiser ses forces lorsque l’on voyageait plus loin… Mes propos étaient dans ce cas déplacés. Toutefois, je n’approuvais pas encore totalement l’utilisation d’être vivant comme de simples outils. Cela m’était inconcevable. De mon point de vue, ils étaient tout autant fait pour vivre librement que toutes autres races. N’étions-nous pas tous des créations divines, après tout ? Je ne concevais pas le fait de nous placer supérieur à un autre, ce pour quoi je ne concevais pas non plus la hiérarchie et le pouvoir. Cette incompréhension tendait presque vers un dégoût de la chose, mais je ne pouvais rien y faire. Je n’eus cependant pas le temps de répliquer que mon interlocuteur m’intima de le rejoindre en me tendant la main. Sans un mot, mais quelque peu hésitante, je m’approchai et posa ma main doucement dans la sienne, puis me posa au sol. Mes ailes se secouèrent dans quelques derniers battements et une fine pluie en tomba. Une fois posée, je retirais ma main tout aussi doucement que je l’avais donné, ne voulant pas paraître impolie non plus. Ce toucher me rendait quelque peu inconfortable, mais je n’avais pas voulu paraître impolie face à la galanterie de ce geste. Puis, de son autre main, il m’indiqua les écuries du doigt, et je suivis celui-ci du regard.

- Faites-moi une faveur, accompagnez-moi. Vous aurez tout le temps de dégourdir vos ailes plus tard et je dois avouer qu’il m’est difficile d’admettre qu’une demoiselle de votre rang ne soit jamais montée à cheval. Me ferez-vous ce plaisir ?

J’avais suivi sa demande, et j’avais remarqué l’attroupement de garde. Ce rassemblement de personne m’intimida quelque peu, mais je n’en laissais rien paraître. J’eus même l’envie de refuser l’offre de l’Empereur pour cette raison, mais pouvais-je vraiment faire cela ? De toute façon, les chevaux m’intriguaient. Je voulais m’approcher de ces bêtes, je voulais découvrir quelque chose de nouveau. Je voulais voir ces chevaux en action de mes propres yeux. Peut-être pourrais-je mieux comprendre la vision de leurs chevaucheurs ?

Je trouvais la situation cocasse, toutefois. Qui aurait cru que ce serait l’Empereur qui m’apprendrait cela ? J’aurais ri à la face de celui qui m’aurait dit ça. Perdre son temps à montrer à monter à cheval à une petite fée sans importance comme je l’étais… Je trouvais la situation assez ironique. Cette pensée me fit soudainement rire. Qu’il me prenne pour folle, je n’en avait cure. Je m’avançai alors un peu plus en avant, me tourna vers lui en continuant de marcher à reculons et lui souris.

- Cela sera mon plaisir, Votre Majesté, que vous me montriez comment vivre aux côtés de ces charmants destriers.

Toujours le sourire aux lèvres, je lui fis dos pour continuer à marcher vers les écuries. Je prenais de plus en plus mes aises, et cela me surprit moi-même. Je ne trouvais pas sa compagnie si désagréable que je l’avais imaginé, finalement. Je me doutais qu’il devait être de bonne humeur à ce jour, et heureusement pour moi. Je n’aurais pu agir ainsi s’il avait été d’une toute autre humeur, à mon avis. Il aurait été plus sévère qu’il l’est à ce moment-même, et cela m’aurait moins surpris que la situation actuelle. Or, cela ne me déplaisait pas. Je me sentais davantage libre d’être moi-même, et cela me faisait du bien. J’avais presque l’impression qu’un poids disparaissait de mes épaules.
















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Lun 07 Oct 2019, 17:20

L’empereur hocha légèrement la tête, visiblement satisfait de l’entendre lui répondre par la positive. Lorsque que la jeune fée lui emboita le pas, il la suivit dans le calme. À mesure qu’ils avançaient, il vit la troupe près des écuries s’agiter. Les domestiques se remettaient en place et les gardes levaient haut leurs lances. Depuis des années maintenant, Cybard imposait le respect et après la mort de son épouse, il pensait même que ses sujets avaient peur de lui. Il ne releva pas ce détail auquel il était de toute façon terriblement habitué. Le chef de la garde impérial avança à son approche. Il inclina légèrement la tête comme à son habitude. Sans dire un mot, il posa son regard sur la fée puis revint vers le souverain. Cybard comprit ce qu’il voulait dire.


« Allez trouver le palefrenier et faites lui préparer un cheval pour mon invitée.


- À vos ordres, Majesté. »


Le militaire inclina une nouvelle fois la tête et prit congé. Cybard délaissa la fée pour quelques minutes. Après avoir discuté avec la troupe, il laissa ses pas le mener vers Étoile de minuit, son pur-sang perlois. Il avait beaucoup d’affection pour cette brave bête qu’il connaissait depuis des années à présent. C’était en sa compagnie qu’il avait mené ses dernières batailles. Aujourd’hui l’animal avait un peu plus d’une dizaine d’années et il commençait à sentir peser sur lui les affres du temps. Cybard ne savait pas s’il aurait de nouveau l’occasion de le monter sur le champ de bataille mais il savait qu’il prendrait soin de lui jusqu’à sa mort. Tandis que son corbeau crossait, il caressa le coup de son fidèle destrier. Comme à l'accoutumée, il avait été préparé avant qu’il n’arrive et l’empereur n’avait plus qu’à le monter. Il confia les rennes de sa monture à un jeune page et lui ordonna de le faire se dégourdir à l’extérieur. Théodran, le palefrenier de la famille impériale, arriva peu de temps après. Il tirait derrière lui un jeune poney de Zénor. Un tel animal serait effectivement plus indiqué pour une fée. Après s’être saisi des rennes, il avança vers Lily-Anna.


« Votre monture, jeune fille. Avancez je vous prie. N’aillez pas peur de lui, il ne vous fera aucun mal, vous avez ma parole. »


Même si cela n’était pas vraiment nécessaire, Cybard aida la fée à monter sur l’animal. Il posa une de ses mains rugueuses sur la crinière du poney et la frotta avec force. Avec précaution, il amena les rennes entre les mains de la jeune princesse. L’animal était particulièrement calme et le souverain félicita intérieurement le palefrenier pour ce choix.


« Vous n’aurez nul besoin de tirer sur les rennes. Contentez vous de les lever légèrement dans la direction où vous souhaitez aller et l’animal fera le reste, expliqua-t-il en tapotant le cou du poney. Autre point important, suivez mon conseil et évitez de rester assise mollement sur votre selle. Lorsque l’animal avancera et se mettra au trot, suivez ses mouvements. Accompagnez le en vous servant de vos jambes. Quand il descendra, faites de même, quand il remontera, poussez sur vos mollets. Tout devrait bien se passer si vous agissez. Le cas échéant... Disons simplement que votre fessier ne vous remerciera pas, s’amusa Cybard. Vous êtes prête à y aller, jeune fille ? »


L’empereur recula de quelques pas dans l’attente d’une réponse. Il observa du coin de l’oeil son corbeau aller se poser sur le devant de la selle de son propre destrier. Il avait conscience qu’il lâchait la fée dans le grand bain, mais de son point de vue, il n’y avait pas meilleure façon d’apprendre les choses.
  





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