Rien de ce que j'ai vécu ♦ Aqui & Sam [L2]

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Samaël
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Samaël
Rang Classique : Chevalier
Nombre de messages : 765
Rôle : Chevalier d'Irianeth

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Âge: 33 ans
Race: Demi-elfe
Ven 20 Mar 2020, 12:34

Jamais je n'aurais pu croire que j'en arriverais là
Je tourne en rond dans le noir et je ne pense plus qu'à toi
Comment pourrais-je te l'expliquer ? Et par où commencer ?


Il était fatigué. C’était un sentiment qui ne l’avait plus quitté depuis la fin des combats. Il dormait mal, pouvait parfois rester éveillé des nuits durant, hanté par un regard vermeil qui perdait de son éclat, par un corps adolescent dont une fleur bourgeonnait au côté, étalant ses pétales écarlates dans toutes les directions sur la plaine piétinée. La présence de Daug auprès de lui était une aide précieuse, lorsqu'il se réveillait en sursaut, désorienté et fiévreux. Plus que jamais, le grand chien noir dormait auprès de lui, déterminé à ne pas laisser son humain plus démuni qu'il ne l'était déjà. Cependant, et malgré tout le réconfort que sa présence  pouvait apporter, Daug ne pouvait pas empêcher les réminiscences de revenir, encore et toujours, avec la même intensité, la même réalité... Certes, Sam avait fait purger les dernières traces de toxines dans son sang et soigner les marques d’étranglement sur son cou, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir, souvent, le réflexe de poser la main sur sa gorge, comme pour se convaincre que tout allait bien. Le fait est que tout n’allait pas bien. Apprendre qu’Ylvä était ressortie indemne des combats avait retiré un poids de sa poitrine, mais ce n’était pas suffisant. Il ne savait pas ce qui était suffisant. Partout il revoyait les incendies de Turquoise, les flammes rouges qui dévoraient le paysage et la fumée noire qui engloutissait le ciel. Il se doutait que cela finirait éventuellement par passer, mais le souvenir de cette gamine, de ses yeux vermeil et de son corps mourant… il savait trop bien qu’il  y avait des regards qui ne partaient jamais de sa mémoire, peu importe les efforts qu’il pouvait déployer dans ce but.
En route pour le grand port d’Argent, il voulait tout oublier. Les batailles, ses cauchemars, il ne voulait plus y penser. Il ne voulait plus penser qu'à elle. Aquila. A la fin des combats, ils avaient convenu de se rejoindre sur place, pour prendre le bateau ensemble. Il ne pouvait exprimer à quel point la jeune femme lui avait manqué. C'était un sentiment bizarre, en vérité... un pincement dans la poitrine qui ne le quittait pas quand elle n'était pas près de lui, une sorte de malaise persistant... Il ne savait pas encore quoi en penser. Il y avait toujours eu cette... connexion, avec Aquila. Il avait essayé de se convaincre que ce n'était que de la tension physique, une attirance comme une autre, simplement plus intense que ce qu'il pouvait expérimenter habituellement - et il n'y aurait rien eu d'étrange à cela, car le moindre contact de cette fille faisait crépiter des milliers d'éclair sur sa peau. Mais ce qu'il ressentait quand elle était là... et ce qu'il ressentait quand elle n'était pas là... c'était autre chose... quelque-chose d'entièrement différent. Peut-être refusait-il simplement de mettre les mots dessus. Mais cela ne changeait rien à ce qu'il ressentait, pas vrai ? Cela ne changeait rien à ce qu'ils partageaient tous les deux... Après tout, cela ne l'empêchait pas d'avoir besoin d'elle, de cette façon qu'elle avait de soulager sa honte, ses blessures, ne serait-ce que momentanément, par sa présence, par ses mots, par cette façon qu'elle avait de le calmer, sans qu'il comprenne vraiment comment. Il faisait lui-même de son mieux pour la soulager de ses tourments avec chaque sourire, chaque geste tendre, chaque promesse de la serrer contre lui et de murmurer doucement à son oreille, d'une voix basse et chaude, jusqu'à ce que le reste du monde disparaisse. Oh oui, il avait besoin d'elle. Il n'avait même jamais eu autant besoin d'elle. Et quelque-part, dans un coin de son esprit, il espérait, timidement, d'une toute petite voix, que peut-être, elle ait aussi besoin de lui.
Un léger sourire éclaira son visage fatigué lorsqu'il approcha du bord de mer. Il s'était déjà séparé du reste des troupes, saluant une dernière fois ses hommes avant de partir de son côté, Daug sur les talons. Le soleil était déjà bas dans le ciel, qui commençait à se teinter d'une faible lueur orange. Le port était calme en cette fin de journée ; tous les départs étaient prévus au plus tôt pour le lendemain matin. Il n'y avait pas de trace d'Aquila, aussi Sam choisit-il d'aller s'asseoir au bout du ponton principal. L'eau était suffisamment haute pour se tremper les pieds. C'est avec un soupir de contentement  que le chevalier retira ses bottes et laissa d'abord ses orteils, puis son talon plonger dans l'eau froide. Il ferma les yeux, laissant le soleil réchauffer sa peau. Daug vient naturellement s'allonger près de lui. Il hésita à défaire son chignon avant de se raviser. Il n'avait pas la force de se lancer dans un démêlage minutieux, il s'occuperait de cela plus tard... Il en allait de même pour sa barbe à retailler, plus indisciplinée et fournie que d'habitude. Il croyait se souvenir que cela avait bien plu à Aquila, à Béryl... Au final, son physique ne changeait pas beaucoup de d'habitude. Des cicatrices en plus, bien sûr, et un certain laisser-aller qui n'était pas très commun chez lui. Ce qui le changeait surtout était la grande fatigue qu'il témoignait, l'usure perceptible dans son regard, les cernes sous ses yeux. Il préférait encore ne pas chercher à faire semblant, qu'Aquila sache qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Elle comprendrait, sans doute. Ils avaient tous les deux traversé la même épreuve et elle n'était probablement pas été plus épargnée que lui. Les batailles de Zénor avait éreinté tout le monde, physiquement comme psychologiquement, et ils ne faisaient sans doute pas exception à la règle, l'un comme l'autre.
Sam rouvrit les yeux. Ses oreilles d'elfe s'étaient dressées, aux aguets, au son d'un bruit de pas derrière lui. C'était la démarche d'Aquila, il en aurait mis sa main à couper. Il se redressa tranquillement avant de se tourner vers elle. Un sourire sincère étira ses lèvres lorsqu'il croisa son regard bleu sombre. Elle semblait bien se porter. Pour l'amour du ciel... elle semblait aller bien. Elle. Allait. Bien. Et Ylvä allait bien. Elles allaient toutes les deux bien, alors les choses iraient pour le mieux, pas vrai ? Ce n'était qu'une question de temps.
Ses bras s'enroulèrent dans son dos et il la serra contre lui. Sans un mot, il se contenta de l'étreindre quelques instants, de sentir son poids peser sur sa poitrine et son souffle chaud dans son cou. Elle était là. Enfin, elle était là. Par les dieux, il ne se souvenait pas avoir été jamais plus heureux de la voir... Les mains posées sur sa taille, il se recula légèrement pour poser son front contre le sien, refusant de briser tout à fait le contact. Il était si proche qu'il pouvait sentir quelques mèches blanches balayer son visage. Dans un souffle, il murmura sobrement:

- Tu m'as vraiment manqué.
Aquila
Rang Classique : Assassin / Mercenaire
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Rôle : mercenaire / chasseuse de tête / messagère du dieu de la discorde

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Âge: 32 - 37 ans
Race: Maître-Magicienne/ Quscpasseribus
Sam 28 Mar 2020, 14:12
année 1578 - mois 6
Rien de tout ce que i'ai vu, ne m'incite à rester..
Mais je suis là, je n'attends que toi
Et je perds, mes repères, dis-moi où est ma terre?
Eh, c'est si fort et ça ne ressemble, oh non, à rien de ce que j'ai vécu

Les batailles étaient terminées, enfin. Pourtant, Aquila pouvait encore entendre le bruit des épées qui s’entrechoquent, des genoux qui craquent ou de la foudre qui s’abat sur le champ de bataille. Ces bruits résonnaient dans son esprit et l’empêchaient encore plus qu’à l’ordinaire de trouver le sommeil. Et puis il y avait l’odeur, celle du sang, celle de la mort qui s’étaient emparées de ses narines et n’en étaient toujours pas partie. Elle avait l’habitude pourtant, de faire couler ce liquide vermeil, de prendre la vie à ses victimes. Elle n’avait jamais rien ressenti de particulier à l’idée de prendre le faire, elle avait toujours pris ça comme un travail, une réalité banale qui faisait partie de son quotidien et qui n’était donc pas moins ni plus triste qu’autre chose. Elle ne tuait pas pour le plaisir, mais ne rechignait pas à le faire, et pouvait tout de même, parfois, laisser exprimer un certain intérêt à la chasse et la poursuite d’une nouvelle victime. La Blanche avait toujours mis ce petit détail sur le dos de la folie et donc de son père. Elle-même était une femme plutôt de marbre, impartiale et froide. Certains se demandaient si elle était capable de ressentir les choses ou s’il n’y avait guère que l’ennui ou l’appât du gain qui avaient grâce à ces yeux. La mercenaire, elle, n’avait pas de temps à perdre pour cela. Tout du moins, elle n’en avait pas eu, jusqu’à maintenant. Maintenant que les combats étaient achevés et que les troupes commandées par le chevalier Uthred avaient échouées, elle avait un temps remarquable.

Après la retraite annoncée par leur commandant, les troupes du front le plus éloigné sur le territoire de Turquoise avaient reculé lentement. Prises à l’assaut par les forces de la confrérie, la fuite n’avait pas été aisée et nombreux étaient ceux qui étaient tombés. La mercenaire avait essayé de retenir les forces ennemies grâces à ces pouvoirs, mais même la puissance d'une maître-magicienne avait ses limites. Et si les foudres de la Qucspasseribus avaient envoyées bon nombre de soldats dans les plaines de lumières, cela n’avait pas été suffisant. Et la fuite, bien plus que les combats eux-mêmes, avait été épuisante et interminable. Le repos n’avait été accordé que bien plus tard, lorsque toutes les forces de l’empire s’étaient retrouvée dans les terres impériales, sous la chaleur de Fal. Aquila en avait presque été soulagée, malgré le peu d’intérêt qu’elle accordait à ce pays et les fortes chaleurs qui y rendait le repos aussi catastrophique.

La mercenaire en avait besoin, pourtant. Elle n’était pas en état de voler, et n’avait pas assez de puissance magique pour se retrouver seule dans le monde qu’était le sien. Elle préféra attendre et avancer avec les autres. Curieusement, il régnait dans les rangs impériaux une ambiance plus agréable qu’elle n’aurait put le croire. Les regards qu’on lui accordait jusqu’à maintenant avaient changés, et ce depuis qu’elle avait ramener Uthred au camp, sauf et encore en vie, comme si ce sauvetage avait fait évoluer l’opinion que les troupes avaient d’abord eu à son égard. Etrangement, cela lui plaisait assez, comme un sentiment d’accomplissement et de bien-être, malgré la crasse et la fatigue. Elle n’en dit mot à personne, bien évidemment et trouva ce repos qu’elle méritait tant dans une petite tente à l’extérieur du camp. Ce dernier ne resta pas longtemps arrêté. Uthred souhaitait rentrer au plus vite, et désirait surtout trouver une source d’eau digne de ce nom pour ces hommes qui non seulement sentaient aussi bon qu’une troupe de pirates – Aquila trouvait l’odeur des équipages marins bien plus supportable que celle qui régnait chez les troupes impériales – mais manqueraient d’eau d’ici peu. Ils s’étaient remis en route, plus serein, déçu et en colère d’avoir échoué, mais soulagé d’être encore en vie et de rentrer chez eux.

Aquila aussi, avait envie de rentrer. Elle n’avait pas vraiment de chez elle. Elle aurait put aller voir si Drew allait bien, mais avait comme le sentiment que l’aubergiste allait lui poser un tas de question auxquelles la mercenaire n’aurait pas envie de répondre. Non, Aquila avait envie de voir Samaël, purement et simplement. Elle avait envie de se caler dans ses bras et de laisser le temps passer ainsi. Il n’y avait rien de compliqué entre eux. Tout était simple. Le chevalier devait être la seule chose simple dans la vie de la mercenaire. Pas d’obligation, pas de menace, pas de paiement. Il était tout ce qu’elle n’aurait jamais eut l’idée d’espérer. Et elle avait bien tenté à plusieurs reprises de s’en débarrasser, sans toutefois jamais y parvenir. Parce que la simplicité de leur relation – Aquila n’était pas capable de nommer tout cela comme il se devait – lui revenait à l’esprit sans arrêt. Cette tranquillité d’esprit lui manquait lorsque le chevalier se trouvait loin d’elle et si elle avait été exaspérée et agacée de ce sentiment au début, les choses étaient différentes à présent. Et Aquila avait bien assez de soucis à régler ou s’occuper, Samaël n’en fait pas parti, ou plus. Ce fût lui, toutefois, qui avait soumis l’idée, par télépathie, de s’attendre au port d’Argent, avant de retourner à Irianeth. Et la Blanche avait acceptée, espérant arriver rapidement, sans toutefois être capable de forcer l’allure.

Argent.. La colonie lui paraissait si loin de la où son campement s’était arrêté. A Fal, auprès de la seule rivière digne de ce nom du pays ? Uthred, alité, avait estimé pouvoir reposer ses troupes ici. Celles qui étaient arrivée jusque-là, tout du moins. Aquila, elle, s’était contentée d’un long bain dans l’eau fraîche et propre du pays. Le chevalier avait pour objectif de retrouver Zénor. La mercenaire elle, préférait couper par les cieux au-dessus de Perle et rejoindre le port d’Urianos. Une fois toute la crasse qu’elle avait accumulée sur sa peau blanche éliminée dans l’eau de la rivière, la maître-magicienne, aussi propre qu’elle pouvait espérer l’être, et après avoir mangé un bout, avant pris congé auprès de celui qu’elle avait sauvé. Elle avait fait de nombreuses pauses sur le chemin qui la menait à Argent et son port. La fatigue était là, le traumatisme des combats aussi. Lorsqu’elle s’accordait quelques heures de repos, en haut d’un arbre, le bruit des épées et l’odeur de mort du champs de bataille lui revenait comme si elle y était encore.  Elle quittait alors son abri de fortune, et reprenait la route. Elle faisait tout pour s’économiser, suivant les vents favorables, planant autant qu’elle le pouvait. Et lorsqu’elle arriva enfin à Argent, elle plana au-dessus du port, le regard rivé sur la terre à la recherche de Samaël. Elle se demanda un instant s’il était déjà arrivé, ou si, peut-être, l’empereur ne l’avait pas autorisé à rentrer. Elle fut rassurée, cependant, lorsqu’elle posa son regard sur une chevelure noire ramenée en un haut chignon sur la tête d’un homme aux épaules carrées et à l’uniforme de chevalier.

La jeune femme descendit en cercles de plus en plus restreints avant de poser pied à terre. Si elle était fatiguée, être enfin arrivée lui redonnait un petit gain d’énergie et les courbatures qu’elle traînait depuis quelques jours semblaient légèrement s’atténuer. Elle s’avançait alors doucement, en direction du chevalier, assis au bord du ponton, très certainement les pieds dans l’eau. Daug était à ses côtés, mais la blanche ne lui prêtait pas attention. Si elle n’avait rien contre lui, il n’en restait qu’un chien et si en plus de se sociabiliser avec quelques humains, elle devait faire la causette à la gente canine, elle n’en avait pas terminé. Elle s’arrêta, détaillant l’homme de son regard perçant. Il était fatigué, les traits de son visage étaient tirés, et sa barbe n’avait pas été taillée depuis un moment. Son regard manquait de cette lueur qui y brillait habituellement et Aquila compris que pour lui non plus, ce n’avait pas été facile. Et pourtant, il lui souriait, de ce petit sourire tranquille dont il avait le secret. Elle-même resta immobile, le laissant venir, se demanda quelques secondes si tout cela était vraiment une bonne idée. N’aurait-il pas mieux valu rester auprès d’Uthred ? S’assurer de son retour à Pikay et recevoir, en même temps, sa prime de bataille ?

Aquila oublia tout cela lorsque les bras de Samaël vinrent l’attraper dans son dos. Quelques-unes de ses plumes noires frémirent, et elle posa sa tête sur le torse du chevalier. Elle inspira, s’imprégna de son odeur et resta silencieuse, profitant de ce moment de tranquillité. Pas de bruits d’estocs, pas d’odeur de sang ou de mort. Juste elle et lui, une petite odeur d’iode et un calme ambiant qui l’apaisait. Et puis, il se recula de quelques centimètres, posa son front sur celui de la jeune et lui souffla quelques mots. Elle lui avait manqué.. Et elle. Elle..  Elle avait été prise dans la bataille, dans une guerre qui n’était pas la sienne. Tuer une personne de temps en temps, cela pouvait aller, en tuer des centaines en une journée avait de quoi peser, même pour elle.

- Je ne pensais pas que ce serait si dur, souffla-t-elle, alors que ces mains étaient venues se poser sur les pectoraux du chevalier, et ses larges ailes noires les enveloppaient tous les deux, les éloignant encore du monde extérieur, créant une petite bulle de tranquillité, rien qu’à eux.

Elle s’éloigna de quelques centimètres, afin de l’observer de plus près. Ces mains aux ongles longs et peinturés de noires passèrent tendrement sur le visage du chevalier, à la recherche d’une égratignure. Mais rien, tout du moins sur cette partie du corps, le reste, elle aura bien d’autres occasions de l’examiner. Ses lèvres s’étirèrent timidement dans un léger sourire, et elle s’approcha de nouveau de lui, et déposa une nouvelle fois sa tête contre son torse, afin de faire taire le reste.

- Je suis contente de voir que tu vas bien, souffla-t-elle, à voix basse, à peine audible, sincère dans ses mots. Elle ne lui posa aucune question, elle voulait simplement rester là, dans ses bras, à profiter d’un calme qu’elle attendait depuis de nombreux jours. Un calme que lui seul semblait en mesure de lui apporter, pour elle ne savait quelle raison.
Samaël
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Samaël
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Rôle : Chevalier d'Irianeth

Plus sur le personnage
Âge: 33 ans
Race: Demi-elfe
Sam 12 Sep 2020, 10:22

Tu es celle que j'attendais
Celle qu'il me fallait
Tu es celle qui me donne, une raison d'espérer


Sam se sentait bien, enveloppé dans les larges ailes noires d'Aquila. Il se sentait en sécurité, dans cette bulle d'intimité qui n'appartenait qu'à eux. Le monde se remettait soudain à tourner un peu plus rond. Il ne voulait pas l'expliquer ou le décrire davantage, c'était simplement ce qu'il en retirait.
Les mains posées sur son torse, elle souffla quelques mots à la dérobée, tout contre lui. Elle ne pensait pas que ce serait si dur. Sam sentit son cœur se resserrer un peu plus dans son poitrine, pris d'une envie immense de la serrer encore plus fort contre lui. Même pour une mercenaire de la carrure et de la réputation d'Aquila, la guerre n'avait rien d'une partie de plaisir. Elle confirmait ce qu'il savait déjà : oui, ça avait été dur. Ça l'avait été pour tous les deux. Ils avaient beau être entraînés, préparés... on était jamais vraiment préparé à une guerre, pas vrai ? Personne n'était épargné, et même les victoires avaient un goût de cendre.
Il laissa la jeune femme s'écarter un peu de lui, sans daigner la lâcher pour autant. Ses yeux bleus perçants commencèrent à le scruter minutieusement, et il en profita pour l’imiter. Aquila paraissait fatiguée, lasse, mais aussi heureuse de le revoir. Elle souriait. Légèrement, timidement, elle souriait, tandis que ses doigts parcouraient doucement son visage. Sam frissonna sous le geste, somme toute chaste et innocent. C'était toujours comme ça quand elle le touchait : son corps ne restait jamais insensible.
Lorsque Aquila parût satisfaite de son inspection, sa tête retrouva a place sur son torse. Il ne s'en plaignait pas. Comme un automatisme, sa grande main brune passa sur ses longs cheveux blancs.

- Je suis contente de voir que tu vas bien.

C'était à peine un souffle, un murmure, tout juste audible. Le visage de Sam s'illumina d'un sourire aussi discret qu'irrépressible. Il éprouvait toute la sincérité de ces quelques mots. Le chevalier écarta une mèche d'Aquila derrière son oreille et déposa un tendre baiser sur son front.

- On ne se débarrasse pas si facilement de moi, ironisa t-il dans un murmure chaleureux.

Ça n'était pas faute d'avoir essuyé les coups, et le chevalier jadois... celui qui avait une telle haine à son égard... il avait bien manquer de l'abattre à plusieurs reprises. C'était sans compter sur l'obstination de Sam à rester en vie. Il avait Aquila, il avait Ylvä... il ne pouvait pas les laisser derrière. Il ne pouvait pas mourir quand la femme ailée lui promettait la douceur de ses étreintes. Il voulait plus de moments comme celui-là... Il voulait tout ce qu'elle voulait bien lui donner.

- Je suis content aussi, finit-il par chuchoter à son oreille.

Content n'était même pas un terme assez fort pour décrire le soulagement qu'il avait éprouvé de la trouver entière et bien portante. Il ne voulait même pas imaginer un futur où elle... Non. C'était au dessus de ses forces. Ça l'était aujourd'hui, ça le serait probablement pour longtemps. Très longtemps.
Plus finaud que son maître, Daug savait fort bien qu'il valait mieux rester à bonne distance des retrouvailles des deux humanoïdes, et allait son propre chemin, explorant le ponton et ses alentours. Il ne se sentait pas concerné par les épanchements sentimentaux de son humain, ou demi-elfe, ou quoiqu'il fût...
Sans se presser, Sam finit par s'écarter lentement du corps chaud et accueillant d'Aquila. Cependant, il lui offrit une grande main brune à laquelle s'accrocher alors qu'ils parcouraient le port, longeant le bord de l'eau. Le calme ambiant était un luxe que le chevalier n'avait pas eu l'occasion de se payer depuis longtemps, et il profitait de la douce chaleur de cette fin de journée.

- Est-ce que tu vas faire une pause dans ton boulot, pour te reposer un peu ? Je sais que j'aurais quelques idées pour te garder occupée, plaisanta t-il. Je pense que tu le mérites, après... tu sais... tout ça.

Son visage s'assombrit quelques peu, le faisant paraître instantanément plus vieux. Tout ça. Les combats, Turquoise en feu... Lui aussi avait besoin d'une pause.
Aquila
Rang Classique : Assassin / Mercenaire
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Âge: 32 - 37 ans
Race: Maître-Magicienne/ Quscpasseribus
Jeu 17 Sep 2020, 07:38

Comment pourrais-je te l'expliquer?
Et par où commencer?

Aquila appréciait le silence et plus encore maintenant, lorsque le bruit des épées et les gémissements des blessées l’avaient suivie sur la totalité de son voyage jusqu’à Argent. Ses quelques moments de repos passés en haut d’un arbre n’était rien comparé à la tranquillité qu’elle trouvait à présent, son visage posé contre le torse de Samaël. Elle se sentait bien, rassurée, tranquille. Son esprit ne divaguait plus sur ce qu’elle avait fait où sur ce dont elle avait été témoin. Il se concentrait sur le rythme rassurant des battements de cœurs du Fallois. Une musique douce aux oreilles de la jeune femme qui ne se demandait ni pourquoi, ni comment et préférait de loin profiter. A quoi servirait-il de savoir ? De comprendre ? Il était tellement plus simple de se contenter de savoir que cela existait, que cette chose entre elle et lui, cette tranquillité naturelle leur permettait à tout deux un refuge du cœur et de l’esprit. La mercenaire n’était pas du genre à se poser des questions, et elle ne s’en poserait pas davantage sur le sujet. Poser des questions – en sus de lui compliquer la vie de manière terrible – n’apportait jamais rien de bon. S’interroger sur un sujet supposait d’obtenir des réponses, des éclaircissements et la blanche n’en avait ni l’envie, ni le besoin. Alors elle appuyait sa tête sur le torse du chevalier, s’imprégnait de son odeur, sentait sous sa peau fine et pâle, le cuir épais du soldat. Enfermé tous les deux dans une bulle que personne ne pourrait – ni n’oserait – briser, les mots d’Aquila s’échappèrent de sa bouche, un soulagement incontrôlé qui tira un sourire au jeune homme. Un sourire que la magicienne ne put voir, mais qu’elle fût toutefois en mesure de sentir. C’était bien là toute la beauté de la chose. Elle ne voyait pas, elle ressentait. La sécurité, la tranquillité, l’humour. Ah, l’humour. La légèreté dans la voix grave et suave du chevalier. Une légèreté qui pousse les lèvres rose de la blanche à s’étirer. Un sourire furtif, rapide qui ne reste pas longtemps. Comment était-il capable de la faire sourire ? Une autre question que la maître-magicienne ne se poserait pas. Pas honnêtement, tout du moins. Pas à voix haute. A personne. Pas même à lui. Personne. De toute évidence, cela ne devrait pas intéresser grand monde. Ce lien qui les unissait si naturel et étrange n’était important que pour eux. Même Daug ne s’en mêlait pas, et il était pourtant le premier à récupérer la place encore d’Aquila lorsqu’elle quittait, à l’aube, le lit du chevalier.

Et, tranquillement, Samaël s’éloigna d’elle, lui offrit une main, dont elle se saisit. Elle aurait pu resté contre lui longtemps, trop, peut-être. A présent elle voyait autre chose. Le port, les marins qui, au loin, s’activaient à débarquer des provisions d’un bateau provenant d’Irianeth à destination des nouvelles terres conquises. Elle pouvait entendre le clapotis de l’eau sur les coques des bateaux amarrés. Elle se surpris même à observer vagabonder Daug au gré de ses envies, suivant certainement une piste olfactive intéressante. Mais son regard revenait toujours à Samaël. Elle l’observait, en coin. Il marchait normalement. Un peu de raideur, peut-être, mais tout était en place.

Elle cessa ses observations lorsqu’il lui demanda si elle allait faire une pause dans son travail. Elle observait l’agitation sur le port, pensive. Arrêter son boulot ? Elle n’avait jamais songé à cela. Était-ce une possibilité qu’elle avait ? L’empire allait-il la lâcher quelque temps ? Son père allait-il lui accorder du répit ? Et ses autres clients ? La question était légitime, mais surprenante et inédite : elle ne se l’était jamais posée avant. S’arrêter ? Peut-être. Elle n’était pas certaine, cela dit, que ce qu’elle avait vécu à Turquoise était vraiment une excuse pour s’arrêter un temps dans ses affaires. Comme tout le reste, elle s’y ferait. Comme tout le reste, elle encaisserait. La Blanche n’avait pas bien vécu la guerre de Turquoise, trop de mort au même endroit. Une odeur de sang lui avait imprégnée les narines, le bruit métallique des épées s’étaient mué en une mélodie entêtante qui refusait de quitter son esprit. Et tout cela était amplifié par la fatigue, par la dureté du combat. Mais elle savait à quoi s’attendre, à présent. Elle savait ce que cela faisait de voir tant de mort, de tuer autant d’adversaire d’un coup. Le choc passé, cela ne serait plus qu’une mission de plus, elle en était convaincue. Elle avait juste besoin de temps. Et.. Si..

- Tout dépend de ce que tu as à me proposer, laissa-t-elle échapper, sans sourire. Son regard trahissait tout du fois son air mutin. Oh, elle avait bien quelques idées également mais est-ce que celle de Sam serait à la hauteur des siennes ? Il n’y avait qu’un moins de le vérifier : qu’il lui dise. Elle pouvait toujours aller dans son esprit, s’il venait l’envie de la faire mijoter. Un semblant de sérieux retourna sur son visage, et le ton qu’elle employa par la suite se fit plus grave. Tu penses que l’empire nous lâcherais comme ça ? questionna-t-elle, en doutant grandement de ce que Samaël espérait. Il était chevalier. Elle était, malgré elle, à la botte de l’empire, d’un père envahissant, d’un « boulot » prenant et indispensable. Ce n’était pas que son travail, c’était elle.

Elle avait un sens des responsabilités, peut-être pas les bonnes, mais certaines, professionnelle. Une profession mal vue et sur laquelle beaucoup crachait. Elle s’en moquait. Elle faisait ce qu’elle savait faire.

- Faire une pause, murmura-t-elle pensivement.

Saurait-elle seulement le faire ? Elle pouvait profiter de quelques moments de calme et de repos. Elle appréciait les moments en compagnie du chevalier qu’ils soient perdus au fond d’un grand lit ou autour d’un bon repas, mais jamais ces moments ne duraient plus de quelques heures. Elle ne s’était jamais arrêtée, elle n’avait jamais essayé. Perplexe à l’idée d’essayer, elle grimaça légèrement. Tout en marchant au même rythme que le soldat, elle se pressa davantage contre lui, comme si ce contact allait lui permettre d’avoir une réponse à fournir au chevalier.

- Je n’ai jamais fait de pause, tu sais.

Elle s’apprêta à rajouter quelque chose, lorsque Daug s’arrêta. Il jappa doucement avant de tourner un regard vers son propriétaire. Aquila retint un sourire. Elle n’en avait pas grand-chose à faire de l’animal de compagnie de Samaël, pour être honnête. Mais il y avait ce lien entre eux. Ce fil invisible qui les reliait. Une confiance aveugle, une loyauté acquise. Est-ce que c’était la même chose entre elle et lui ?
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