Battre le fer tant qu'il est chaud - Pv: Brynhildr

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Ulfric
Rang Classique : Prince
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Rôle : Prince et Général de Diamant - Inquisiteur Suprême

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Âge: 30-35 ans (L3)
Race: Humain
Mer 04 Déc 2019, 14:04
[An 1576 – mois 5]

L’hiver était passé depuis des mois déjà et la nature verdoyante reprenait ses droits au sein du royaume de Diamant. Distrait par le vent qui soufflait contre la fenêtre, Ulfric tourna la tête. Les champs entourant la citadelle commençaient lentement à se dorer suite à la croissance des nombreux plants de blés s’y trouvant. Le prince laissa son attention se porter plus loin. Au nord, au delà de son champ de vision, à presque une centaine de kilomètres se trouvait le château. Son frère Orion s’y trouvait très certainement. Après tout, où serait-il le cas échéant ? Parfois, le borgne se demandait à quoi sa vie aurait ressembler s’il avait accepté de prendre le pouvoir. Cependant, dès lors qu’il y songeait sérieusement, la honte revenait rapidement le tirailler. Il était mieux ici, au sein de la grande citadelle de Skeln, plus grande place forte du royaume. Depuis qu’il était général, c’était ici qu’il passait le plus clair de son temps. La pierre noircie du haut lieu constatait énormément avec les constructions blanches de la capitale. Derrière d’immenses murailles vivaient en permanence des centaines de soldats. La plupart assuraient leur service militaire au sein de l’Alliance, le reste en avait fait son métier. L’endroit avait été bâti sur une immense colline et rendait toute idée de siège affreusement stupide. Ulfric était particulièrement fier de commander une telle caserne.


Assis derrière son bureau en orme, le général consultait une liste de rapports. Sa plume d’oie dans la main, il répondait à ses messages et faisait des annotations sur les pages qu’on lui donnait. Par chance, sa dose de travail était si grande qu’il n’avait pas souvent le temps de s'apitoyer sur son sort. Plus il cravachait, moins sa culpabilité était grande. Plusieurs officiers défilèrent devant lui pour faire leur compte rendu et lui demander des instructions. Après plusieurs heures éreintantes pour l’esprit, il fit mander son aide de camp. Cette dernière n’était autre que sa demie-soeur Brynhildr. L’adolescente n’était pas ici depuis très longtemps. Lorsqu’elle était entrée dans l’armée de l’Alliance pour effectuer son service obligatoire, Ulfric avait fait tiré quelques manches pour qu’elle soit affectée sous son commandement. En public, le prince borgne était ouvertement anti-magie et sa haine des races considérées inférieures n’était plus à prouver. À ses subordonnés et son entourage, il faisait croire que son intention était de dresser une bonne fois pour toute la demie-elfe.


La réalité était cependant bien différente. S’il était vrai qu’il n’avait jamais été proche de sa soeur, il n’avait aucune animosité à son égard. Pour tout dire, elle lui était même plutôt sympathique. Sa joie de vivre et son sourire perpétuel ravissaient le coeur meurtri du général. Bien sûr, nul n’en avait le moindre doute, surtout pas elle. Il n’avait aucune envie de la matter, simplement de la faire progresser et de faire d’elle un élément solide de l’armée diamantoise. Comme le voulait le protocole, il attendit qu’elle entre dans la pièce et se mette au garde à vous. Toujours assis derrière son bureau, Ulfric lui fit signe de se mettre au repos de la main droite. Dès lors qu’elle était entré, il avait enfilé son masque habituel. Aucune émotion n’était plus visible sur son visage, il était seulement le général que tout le monde connaissait.


« On a porté à ma connaissance qu’une troupe de mercenaires a élu domicile sur les terres du comte Aflred, dit-il en pointant un rapport de la main. Ils seraient une cinquantaine à en croire ses dires. J’ai ici une lettre destinée au roi, fais la envoyer et dépêche toi ensuite de préparer tes affaires, nous partons dans une heure. Au pas de course petite chose ! » cracha le militaire avec hargne.


Jouer ce rôle lui coûtait bien plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Traiter ainsi cette pauvre fille lui déchirait le coeur, cependant, il n’avait pas le choix. L’image qu’il cultivait était particulièrement importante pour lui. À ses yeux, c’était elle qui le protégeait. De plus, si les gens avaient peur de lui, ils avaient moins tendance à vouloir se rapprocher et donc avoir la possibilité de percer ses secrets.
  




Brynhildr
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Brynhildr
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Âge: 26-29
Race: Demi-elfe
Jeu 05 Déc 2019, 07:46











An 1576, Mois 5

L'aurore pointa à l'horizon et fut ravi de nous voir tous déjà debout à l'accueillir alors que nous nous affairions avec entrain à notre routine journalière à la citadelle. Le vent frissonnant du printemps et la voix rauque du quartier-maître ne nous permettaient point de rester statique dans ce défilé d'hommes et de femmes apprenant l'art de la guerre. Après nos ablutions et notre repas matinal, nous entamions l'échauffement d'un tour de caserne en chantant à l'unisson. Après quoi se dérouleraient nos leçons et exercices de soldat jusqu'à l'aube. Dès la première année où ce quotidien s'était mis en route, j'avais eu l'impression que je ne survivrai point longtemps à ce cirque. Le fait étant que je n'étais point seule à souffrir de cette métamorphose et que la camaraderie qui s'installait entre les recrues effaçait toutes nos divergences pour faire face ensemble à ces cinq années de service militaire.


Il en fut cependant autrement pour mon cas dès lors que mon demi-frère Ulfric prit le commandement de la caserne. Je fut assignée en tant que son aide de camps, ce qui me donna beaucoup de responsabilités alors que mon expérience laissait à désirer, et ce qui ne laissa point de marbre mes supérieurs directs. De mon côté, j'étais persuadée que c'était grâce au peu de sang royal qui coulait dans mes veines qu'une telle « promotion » m'était accordée. À croire que les nobles étaient tous destinés à devenir officier très tôt. En réalité ce n'était pas exactement cela puisque ma lanterne fut éclairée dès lors qu'on m'expliqua que cette nouvelle tâche qui m'incombait ne me dispensait point de l'entraînement de recrue. « Ah ! », m'étais-je exclamée d'un air stupide ce moment là. Je restais donc en bas de l'échelle avec mes camarades, devant en plus me rendre disponible pour les besoins urgents du Général Valorion. Je sus dès cette instant que je passerai ma vie à courir dans ce fort pour un « oui » ou pour un « non ».


Je ne me déconcertais point pour autant. À vrai dire plus j'étais quémandée et plus la joie me submergeait. J'étais heureuse que l'on ait besoin de moi même si parfois Sveter récompensait ma naïveté par des péripéties peu enviables. Cependant j'adore l'humour de la déesse et je suis sûre qu'elle rit aussi grâce à moi. Ulfric, lui, ne riait point. Mes premières dépêches furent si mal exécutées que j’héritai de bien de surnoms colorés. Mon quartier-maître s'en donnait aussi à cœur joie lorsqu'il confirmait à toute la bande les rumeurs qui me concernaient. Ma première erreur fut de rire avec lui la première fois et me donna bien des corvées supplémentaires à faire. J'en suis sûre, lui et le général se font passer le mot. Le plus ironique est que moi seule est la messagère de mes propres mésaventures.


Aujourd'hui encore le Général Ulfric requit ma prompt présence. Sans tarder et souriante comme toujours, je démarrai au pas de course. Les escaliers de la tour de commandement me connaissaient maintenant par cœur. Fut un temps je voulais les compter mais il y en a bien trop. Arrivée à destination, la porte était déjà grande ouverte, signifiant que mon patient demi-frère ne voulait point attendre d'avantage. Je me mis au garde à vous devant lui en m'annonçant.


« Vous avez demandé à me voir, Général. »


Il me fit signe de me mettre au repos avant d'énoncer la raison de ma présence, avec clarté et autorité. Je m'approchai de son bureau pour me saisir de la missive posée en évidence. Faire tout cela bien sagement aurait été suspect, aussi je me permis de lui poser une question à laquelle il me serait bien curieux d'en connaître la réponse. Ma voix coquine trahit cependant le sérieux avec lequel je considérais l'affaire.


« Et où allons-nous tous les deux, Général ? »













Dernière édition par Brynhildr le Mer 05 Fév 2020, 16:39, édité 1 fois
Ulfric
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Rôle : Prince et Général de Diamant - Inquisiteur Suprême

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Âge: 30-35 ans (L3)
Race: Humain
Jeu 05 Déc 2019, 11:45

La bonne humeur de la jeune demie-elfe était particulièrement contagieuse. Ulfric sentait son coeur se réchauffer en la sa présence réconfortante. Elle irradiait de sa joie de vivre habituelle. Malheureusement, à l’extérieur, les premiers signes de l’agacement du général faisaient leur apparition. Avec mépris il plongea son regard dans le sien. Il voulait la rendre mal à l’aise.


« Notre destination n’est-elle pas suffisamment claire après ce que je viens de dire ? Serais-tu réellement aussi stupide que tu n’en as l’air ? Ce serait prodigieux. »


À fond dans son personnage, le prince de Diamant se leva de sa chaise. Les trais durs et le regard froid, il vint se poster devant sa demie-soeur. Les bras croisés dans le dos, il la toisait avec tout le dédain dont il était capable.


« À quel moment exactement t’ai-je donné la permission de poser des questions ? demanda-t-il de manière rhétorique. Tu vas me faire le plaisir de faire ce que je dis en SILENCE. Rompez soldat ! »


Même la jeune Brynhildr n’était pas assez bête pour ne pas comprendre qu’il valait mieux se taire à présent. Le général attendit donc qu’elle quitte son bureau. Une fois cela fait, il rangea les affaires qui trainaient sur son bureau avant de se rendre quelques étages plus bas. Son second, le commandant Hans, se trouvait dans son propre bureau.


« Général, que puis-je pour vous ? demanda-t-il en se levant quand Ulfric pénétra dans la pièce.


- Rassemble une centaine de cavaliers. Des mercenaires font leur loi sur les terres du comte Alfred.


- C’est à un peu moins de quatre jours d’ici, devons nous voyager lourd ou léger ?


- Nous irons vite, annonça le général. Que les hommes ne prennent que le strict nécessaire.


- À vos ordres. » répondit Hans en saluant son supérieur


Le commandant était un homme d’une quarantaine d’année au crâne dégarni. Il avait une large balafre en travers du visage et léger strabisme pour ne rien arranger. Malgré sa laideur, le militaire était un guerrier rompu à l’art du combat et un solide meneur d’hommes qui avait toute la confiance du prince Ulfric. Une fois ses ordres donnés, le général prit la direction de ses quartiers. Comme toujours, ses affaires étaient prêtes, au cas où il aurait besoin de partir urgemment, comme c’était à présent le cas. Après avoir fait mandé un jeune serf, il enfila sa tenue et mit en place les plaques de son armure. Il changea son cache-oeil pour celui qu’il mettait au combat et coiffa rapidement ses cheveux. Les minutes suivantes, il s’empara de sa guisarme, de ses deux épées et enfin de son stylet. Contrairement aux fois où il traquait les mages avec les Miliciens, il laissa derrière lui sa petite arbalète et ses couteaux de lancer. Aujourd’hui, il se battrait comme un noble, pas comme un vulgaire assassin. Bien que la frontière puisse parfois sembler bien étroite dans ce domaine.


Quand l’heure butoir approcha, Ulfric prit la direction de la cour. Son destrier, un bel étalon émérien, l’attendait déjà. Il s’approcha de la monture et lui donna quelques tapes sur l’encolure. Les cavaliers avaient déjà été rassemblés par Hans. Le général les observa et avança rapidement dans les rangs pour vérifier l’état de leur tenue. Il ne vit rien de trop dérangeant et décida de se montrer souple pour une fois. Quand il décida qu’il était prêt, il fit un signe à son second.


« Garde à vous, ordonna ce dernier.


- Repos, dit Ulfric après quelques secondes. Des mercenaires résident illégalement sur les terres du comte Alfred. Une telle chose ne saurait être permise. Nous chevaucherons vous et moi jusqu’à trouver ces hommes. Il est important que nous allions vite, sachez cependant économiser vos montures. Nous partons dans cinq minutes. Garde à vous ! Aux ordres du commandant Hans. »



Rapidement, les cavaliers se mirent en mouvement. La plupart montaient déjà sur le dos de leurs chevaux. D’autres encore regardaient une dernière fois l’état de leur matériel avant de partir. Au loin, Ulfric entendit les portes de la citadelle s’ouvrir. Avant de partir, il prit sa jeune aide de camp à part. Arrivé à son niveau, il vérifia l’état de sa tenue avant de resserrer une sangle en grimaçant.


« Prépare toi mieux que ça la prochaine fois, la blâma-t-il. J’espère que tu n’as pas pas oublié de prendre mes rations pour le voyage. En plus des tiennes, cela va sans dire. »


Brynhildr n’avait jamais chevaucher en compagnie de son demi-frère. Ce serait pour elle une première. Il n’était donc pas impossible qu’elle ignore qu’en tant qu’aide de camp, il lui revenait effectivement d’avoir avec elle le nécessaire de voyage du général. La réprimander pour cela serait purement malhonnête de la part du prince mais c’était un moyen de la brimer rapidement. Cela ne lui faisait nullement plaisir mais il savait que la technique était efficace.  
  




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Âge: 26-29
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Lun 09 Déc 2019, 19:30











An 1576, Mois 5

« Glups ! » pensai-je. Le Général me fusilla du regard avec un mélange de colère et d'exaspération. Je sentis comme des frissons me parcourir la nuque. Ce moment qui précédait l'orage était à chaque fois enivrant, puis venaient ensuite les remords bien entendu. Je n'aimais point particulièrement me faire crier dessus, cela je m'en moquais bien. Cependant je louais la créativité de mon cher demi-frère lorsqu'il s’agissait de s'en prendre verbalement à ma personne. Cela rendait ces scènes théâtrales, où sa prestance le tirait vers le haut du respect et où moi, et bien, je me sentais heureuse d'y contribuer même si cela était à mes dépends. Après avoir souligné de manière pointilleuse mon imbécilité, il se leva de son fauteuil et me rejoignit pour me juger de toute sa hauteur, tout en continuant de me sermonner. Mon sourire s'en tenait au strict minimum pour paraître le moins provocant possible mais ce n'était point l'envie qui m'en manquait. Sur l'intonation finale « SILENCE ! », j’obtins enfin la permission de m'en aller en sous-entendant la promesse que la tâche serait bien accomplie.


« À vos ordres, mon général ! »


Je quittai de la pièce en élargissant mon sourire qu'Ulfric ne pouvait point voir alors que je lui tournai le dos en m'en allant au pas de course. Je dévalai les escaliers à toute vitesse en prenant garde à ne point vexer un autre officier si subitement rencontré dans le colimaçon de la tour de commandement. Le quartier-maître fut sarcastiquement heureux de me revoir enfin et s'apprêta à me faire transpirer comme jamais. Cependant sauvée par les ordres du Général, l'officier vétéran prit lui-même l'initiative de faire venir un messager pour que je lui transmette l'importante missive à faire parvenir au roi. Sur un second coup de semonce, je fus remise au travail par mon supérieur direct et me dirigea vers l’armurerie. Ici je pris soin d'enfiler mon set d'armure, un arc, un carquois bien rempli et une épée. Ce serait tout, sinon je m'en voudrai de ralentir le Général lors de... Oh ! Je vins de réaliser que ce serait ma première véritable mission !


Après un passage à la réserve où je récupérai mon lot de ration, je me précipitai vers les écuries pour seller mon cheval. Oui, « mon » cheval, celui qui me fut attribué peu après mon entrée à la caserne. Il fallait en prendre soin constamment à défaut de quoi la sanction serait lourde. En tout cas, ma monture arborait une robe d'un brun uni. C'était un animal docile contrairement à moi. Je l'ai nommé ainsi « Pomme-fruitée » parce qu'il aimait les pommes et que la pomme était un fruit. J'étais assez fier d'avoir trouvé ce nom du premier coup. Bref, une fois prête et la papouille du jour donnée, je fit de même avec le destrier du général. Je voulais lui donner un nom aussi mais Ulfric m'aurait fait nettoyer son box à mains nues si j'avais osé. Je commençai à me diriger vers la cour où Commandant Hans annonça le rassemblement des soldats. Diantre que nous étions beaucoup à partir !


Général Ulfric fit enfin son apparition, signant l'imminence du début de l'opération. Le commandant capta toute notre attention et notre chef à tous nous briffa de la mission. Au signal, le cortège se mis en route lentement vers la sortie de la citadelle, mon demi-frère me prit soudainement en aparté. Il ne manqua pas de vérifier que je m'étais bien préparée. « Ouf ! » m'exclamai-je lorsqu'il resserra fort une des lanières de mon armure. Lorsqu'il évoqua le sujet des rations, je dus descendre de mon cheval avant qu'il ne se fâche encore inutilement. Les sacs en question que j'avais fixé sur sa monture furent retirées pour finir à ma charge. Au final, je n'avais rien oublié et l'erreur était corrigée... N'est-ce pas ? Je n'osai point lui demander, après-tout il savait faire savoir sa déception sans point avoir besoin de mon aide en le mécontentant. Je remontai sur Pomme-fruitée comme si tout fut enfin en ordre. Pour ma première mission, je me permis tout de même une dernière interrogation à l'attention de mon révéré chef suprême.


« Je sais qu'avec vous je ne risque point le danger, mon général, mais est-ce normal de tout de même avoir peur alors que nous partons ? »













Dernière édition par Brynhildr le Mer 05 Fév 2020, 16:39, édité 1 fois
Ulfric
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Mar 10 Déc 2019, 06:32

Le général Ulfric regarda la jeune femme s’exécuter sans rien dire. Il lui offrait son regard le plus mauvais. Silencieux, il ne la quitta pas du regard pendant qu’elle déplaçait les sacs. Suivant le mouvement des yeux, il la vit ensuite monter sur le dos de sa monture. Alors qu’il s’apprêtait à tourner le dos pour rejoindre son propre destrier, elle l’arrêta pour faire par de ses inquiétudes. Elle avait peur. Quoi de plus naturel pour une jeune fille de son âge qui partait vers son premier véritable combat ? Malheureusement, elle ne trouverait pas l’oreille attentive qu’elle espérait, pas plus qu’une tape dans le dos pour la rassurer. Le prince serait sans pitié. À pas lents, il se rapprocha de son cheval en la méprisant du regard. Arrivé à son niveau il posa un avant bras sur sa cuisse pour s’approcher d’elle.


« Détrompe toi, vermine. Je n’ai que dégoût pour toi, lui cracha-t-il au visage. Si les mercenaires que nous allons affronter viennent à menacer ta vie, je ne lèverai pas le petit doigt pour te sauver. Nous sommes une centaine mais tu n’as jamais été si seule qu’en ce jour. Considère rapidement le fait que tu n’es qu’un cadavre en sursis. Ta mort est inévitable, plus vite tu l’accepteras, plus vite tu oublieras ces inepties. À présent garde bouche close si tu ne veux pas que je m’occupe de te coudre les lèvres. » conclut le général avec un air menaçant.


Il n’y avait rien de plus à ajouter. Sans attendre une quelconque réponse de la part de sa demie-soeur, Ulfric s’éloigna et monta sur le dos de sa monture. Il mit fermement ses pieds eu fond des étriers et attendit qu’un homme ne lui donne sa guisarme. Les quelques minutes qu’il avait donné à ses subordonnés pour se préparer passèrent vite. Quand sonna la fin de court laps de temps, chaque soldat était à cheval, fermement paré.


« En avant ! » ordonna-t-il à la troupe.


Les cavaliers s’élancèrent au trot. En un rien de temps, ils passèrent les portes de la citadelle de Skeln et descendirent le sentier qui menait aux plaines diamantoises. Les hommes avançaient rapidement. Ils firent quelques pauses pour se reposer mais aucune ne dura très longtemps. Quand le soleil commença à décliner dans le ciel lointain, Ulfric ordonna que la troupe ne monte le camp. S’il était vrai qu’il voulait avancer vite, il fallait tout de même préserver les bêtes et laisser les hommes en état de se battre une fois arrivés. Le camp de fortune fut rapidement mis en place. Le général serait le seul à avoir une petite tente. Bien que modeste, elle conviendrait pour la nuit et bien sûr son aide de camp aurait le plaisir de la mettre en place. Le temps qu’elle s’en occupe, il laissa son cheval à l’un de ses hommes et alla se perdre un moment aux abords de la forêt. Quand il revint, son bivouac était prêt. Il entra sous la tente, vérifia que son duvet pour la nuit était en place et que rien ne manquait. En compagnie de ses hommes, il alla s’assoir prêt du feu et se laissa servir une assiette de ragout. Voyant que la jeune elfe s’apprêtait à manger elle aussi, il lui fit signe de venir.


« Tu vas monter la garde, demie portion. Sans cette assiette je te prie. Tu es jeune, t’as pas besoin de manger autant. N’est-ce pas ? »


Du coin de l’oeil, il voyait que certains de ses hommes désapprouvaient tandis que d’autres semblaient s’en amuser. Les tours de garde avaient en réalité déjà été mis en place par le commandant Hans et le sort réservé à la princesse illégitime ressemblait plus à une punition qu’autre chose. 
  



Brynhildr
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Mar 10 Déc 2019, 10:11











An 1576, Mois 5

Ulfric n'avait jamais vraiment fait preuve de tact avec moi, même si ses pointes d'ironie montraient qu'il en avait le potentiel. Oh, il savait parler et je l'avais vu à l’œuvre de nombreuses fois déjà, mais point une seule fois envers moi. Il se montrait toujours le plus sec et incisif possible, au point d'en faire un véritable art tellement je pouvais sentir sa passion haineuse à travers les mots qui m'étaient destinés. Malgré la lourdeur de ses dires, je me sentis soulagée de savoir que je ne constituais point un poids pour mon inébranlable général. D'ailleurs, en réflexion à ce qu'il me disais, je me demandais à quel point il serait furieux si c'était moi qui levait le petit doigt pour lui sauver la vie, lui qui est le meilleur élément de tout Diamant, avec le roi. Bien sûr, je l'aurais fait puisque c'était mon devoir de soldat. Je ne lui en disais rien cependant car je ne voulais point finir la bouche cousue, je l'en sentais capable même si cela s'avérerait plutôt extrême à mon goût.


La petite troupe de cavaliers marqua son départ de la caserne fortifiée par la guidance d'Ulfric. Notre progression était rapide et aisée dans les champs agricoles de Diamant. Pendant notre trajet, je ne pouvais point m'empêcher de repenser à ce que mon demi-frère m'avait dit. Malgré mes efforts à ne point dramatiser sur ses terribles paroles, je consentais au prince qu'il avait raison, et ce à une portée bien au-delà de la mission elle-même. Depuis que notre père était parti pour les Plaines de Lumière, un hiver froid et rugueux s'était emparé de la cour royale. Une réorganisation avait été établie bien rapidement pour que ce soit Orion et point Ulfric qui épouse la prétendante et hérite du trône. Ma mère était partie à Elfes et je ne me sentais plus vivre dans un doux foyer mais une prison dorée. J'avais accepté ma situation de bête de foire pour qu'il me soit moins douloureux de survivre. Ulfric avait raison : depuis la nouvelle régence, je n'étais qu'un cadavre en sursis et celui ou celle qui me soutiendrait subirait le même sort que moi. Quoiqu'il pouvait en être, je n'affichait point mauvaise mine et j'allais de l'avant. Si je pouvais respirer dans ce long tunnel sombre de haine, c'est qu'il y avait quelque part une sortie d'où provenait cet oxygène.


Nous nous arrêtâmes pour établir un campement passager. Le repos était le bienvenu et je commençais à avoir faim. Nous nous afférâmes rapidement à organiser tout le manège et lorsque j'eusse terminé de m'occuper des chevaux, il fut temps de se mettre à souper. Je me fis servir une assiette point trop copieuse mais suffisante pour calmer les tréfonds de mon estomac. Mais Sveter avait susurré d'autres instructions au Général qui me sommait de laisser mon repas pour aller monter immédiatement la garde. Diantre que cela me rendit triste ! En effet, je n'avais pensé qu'à ma propre petite personne et mon général devait avoir faim lui aussi, si ce n'était encore plus que moi. Je lui remis donc mon assiette comme si cela me fit plaisir.


« Bon appétit, mon général ! » lui dis-je d'un air enjoué avant d'aller rejoindre mon poste.


Cela me faisait plaisir, je mangerai après mon tour de garde. Ce fut à l'endroit où les chevaux étaient rassemblés que je commençai à surveiller. L'horizon était dégagé sur un large périmètre, nous n'avions rien à craindre d'une attaque surprise de la part de bandits. Sauf... Sauf si un magicien était présent dans leur rang. Qui savait ce dont il pourrait être capable ? Une centaine d'homme pourrait-il suffire ? Finalement, monter la garde seule m'angoissait quelque peu. Heureusement les chevaux étaient là pour m'écouter parler de tout et de rien. Eux au moins ne me répondaient point. Le temps passait lentement au rythme de mes gargouillis, je me jurais que si les bandits s’amenaient ici, c'était moi qui les détrousserai. Bien que l'ennuie me guettais, ma concentration restait intacte. J'avais l'espoir de pouvoir savourer le ragoût avant de rejoindre mon duvet, si j'accomplissais correctement ma tâche pour une fois...













Dernière édition par Brynhildr le Mer 05 Fév 2020, 16:40, édité 1 fois
Ulfric
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Mer 11 Déc 2019, 13:07


Malgré la sanction, la demie-elfe restait fidèle à elle même. Rien ne semblait jamais vraiment l’atteindre. Ceci étant, il était dur de savoir s’il ne s’agissait pas là que d’une façade. Ce ne serait pas la première fois que le général verrait une telle chose arriver. Si c’était bien le cas, elle craquerait un jour ou l’autre. Sinon, elle ferait assurément un bon soldat dans un avenir proche. Avec avec son assiette, Ulfric mangea à sa faim avant de boire un peu de vin coupé à l’eau. Cela lui faisait toujours du bien et l’aidait à mieux dormir. Malheureusement, il savait que son sommeil serait aussi agité qu’à l’accoutumée. La simple idée d’aller s’enfoncer dans la bras de Morphée le faisait frissonner. Il décida donc qu’il en serait autrement. Après avoir terminé son repas, il prit congé sous sa tente. Avec précaution et minutie, il retira son armure. Malgré la fraicheur relative de la nuit, il ne tarda sur lui qu’une simple tunique de couleur sombre. Seulement armé de son stylet, il ressortit de ses quartiers.


« Général ? l’interpella le commandant Hans.


- Je t’écoute.


- Que faites vous dans cette tenue ?


- Préfèrerais-tu me voir nu ? demanda-t-il avec une certaine ironie rare chez lui.


- Qu... ? Mais non enfin. Sans votre armure, vous allez quelque part ?


- La jeune doit être testée.


- Vous pensez pas que vous y allez un peu fort avec elle ?


- Je t’aime bien, Hans, mais occupe toi de tes affaires.


- Oh c’que j’en dis moi... Bonne soirée, général. » conclut-il en tournant les talons.


Quelques cavaliers regardèrent le prince avec interrogation, se demandant bien ce qu’il faisait. Seul et sans escorte, il sortit du camp en évitant soigneusement de se faire remarquer par sa jeune aide de camp. Lentement, les hommes prévus pour être de garde se mirent en place, cependant, la jeune recrue resta à son poste comme le lui avait demandé son supérieur. Tapi dans l’obscurité, Ulfric resta de longue minutes à observer sa protégée. Bien que le temps passait, elle ne semblait pas se laisser déconcentrer par l’ennui ni la fatigue. Il était content de voir qu’elle tenait bon. Malheureusement pour elle, il allait une fois de plus tester ses capacités. Depuis des années, le général, lorsqu’il agissait avec son groupe de miliciens, était devenu un véritable tueur. Il excellait dorénavant comme assassin et savait s’infiltrer assez proche de sa cible pour lui porter un coup fatal. Généralement, il utilisait son arbalète pour cela. Cependant, il ne l’avait pas avec lui et son but n’était de toute façon pas de tuer la demie-elfe. Armé d’un petit caillou, il se mit à bonne distance, comme s’il se préparait à tirer avec son arme. D’un geste vif et puissant, il arma son bras et envoya le projectile droit vers la recrue. Comme il n’était pas si sadique qu’il voulait bien le faire croire, le coup visait son torse et non son visage. Allait-il se faire surprendre ? Ce ne serait pas étonnant mais il restait curieux de voir ce qu’il en était.
  



Brynhildr
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Âge: 26-29
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Jeu 12 Déc 2019, 20:10











An 1576, Mois 5

Mon impression du temps se dilatait au fur et à mesure que celui-ci passait. La faim grandissante couplé à l'ennui mortel de cette « punition », car je ne pouvais point le voir autrement désormais, m'empêchaient de conserver un esprit sain dans un corps sain. Il y avait certainement un but dans cette mascarade que le général s'efforçait tant à orchestrer. Sveter m'en soit témoin, je tiendrai bon jusqu'à en voir la finalité de cette barbarie !


« Kyaa ! » échappai-je d'un cri de surprise.


Quelque chose me frappa au ventre sans que j'eusse pu y prendre garde. D'un rapide coup d’œil, j'identifiai l'objet comme une petite pierre pouvant tenir dans le creux de la main. Nul doute qu'une personne me l'avait lancée délibérément. La pénombre était gênante pour un humain mais moins pour la demi-elfe que j'étais, le coupable ne devais point être bien loin. Sans bien chercher plus que d'un balayage du regard, je portai mes doigts à la bouche et sifflai-je si fort que les chevaux devinrent en alerte avant les autres soldats postés plus loin.


« Qui ose défier la protégée du général ? Montrez-vous, pleutre !» raillai-je en dégainant ma lame.


Malgré ma tentative de coup de théatre, j'eus trop peur de quitter mon poste et tenter de trouver moi-même l’intrus. Je sifflai une deuxième fois pour être sûre que les autres n'eussent point imaginé mon signal. Le premier renfort ne tarda guère et fut dépité lorsqu'il réalisa que ce ne fut que moi. Il s'agissait de mon camarade Ganael Guilcher, une recrue de mon âge qui me fuyait comme la magie elle-même tellement trouvait-il ma présence problématique à attirer toute sorte d'ennui.


« Bryn ?! Qu'est-ce t'as encore fait ? C'est quoi ce raffut ? T'es dingue ?


- Ma foi, Gana ! Ce n'est point un exercice, on m'a lancé ce caillou !


- Sans blague ? Tu fais chier Bryn, j'ai pas à quitter mon poste pour ça.


- Par tous les dieux, je te jure qu'il y a quelqu'un ! Aides-moi à chercher au lieu de te morfondre dans ta douteuse complaisance ! Je crois que ça venait de par là, je m'en occupe. Vas plutôt chercher de l'autre côté.


- Ce que tu peux être lourde... » soupira-t-il finalement avant de m'aider à chercher, torche à la main.













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Ulfric
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Sam 14 Déc 2019, 07:40


Le coup fit mouche. L’adolescente laissa échapper un petit cris de surprise. Ulfric était déçu qu’elle n’ait pas vu la chose venir, cependant comment l’en blâmer. Le général était devenu un véritable assassin avec le temps et elle ne faisait que débuter. D’autres hommes bien plus expérimentés seraient eux aussi morts s’il en avait montré le désir. En soit, ce n’était pas bien grave, malheureusement il serait contraint de faire croire le contraire. Alerté, une autre recrue fit son apparition. Il avait visiblement quitté son poste de quart pour venir à la rescousse de la jeune fille. Lui aussi serait puni. Voyant que le garçon venait vers lui, il se tapi dans l’ombre. Avec sa torche, il ne tarderait pas à le découvrir. Cependant, alors qu’il n’était plus qu’à quelques mètres, Ulfric bondit hors de sa cachette. Armé de son seul stylet, il prit la recrue par surprise. Il la désarma sans le moindre mal et la fit tomber au sol. Le choc coupa la respiration de l’adolescent et avant qu’il ne comprenne quoique ce soit, il était entièrement sous contrôle. Face contre terre, il pouvait sentir une douleur à l’épaule pendant que le général le maitrisait. Voyant sa demie-soeur se tourner vers eux, le prince porta la pointe de son arme contre sa jugulaire.


« Vous êtes morts, tous les deux. » dit-il avec sévérité.


Se tournant comme il le pouvait, le garçon comprit qu’il s’agissait du chef de son armée et il sembla s’affoler.


« G... Général... C’est...


- Silence.


- AHHHHH !!!! » hurla la recrue


D’un geste vif et précis, Ulfric venait tout juste de lui déboiter l’épaule. Son cris retentit dans la nuit et les hommes ne tardèrent pas à se rassembler. Les plus entrainés s’armèrent et dix hommes encerclèrent le général avant de voir de qui il s’agissait. Hans, quelque peu l’esprit dans le vide approcha une épée à la main.


« C’est rien les gars, rangez vos armes. Général ? Il s’est passé quoi ?


- Nos recrues manquent d’entrainement et de discipline.


- J’crois comprendre...


- Commandant Hans, la recrue Ganael a quitté son poste sans en avoir reçu l’ordre. Remettez son épaule en place avant de lui donner cinq coups de fouet.


- Cinq ? C’est un peu sévère géné...


- Je ne crois pas avoir demandé ton avis. Exécution !


- À vos ordres.


- Non pitié ! » implora en vain le garçon.


Hans était ouvertement en désaccord avec son général mais il n’était pas le genre d’homme à remettre les ordres en question, aussi obéit-il en emmenant Ganael avec lui. Les hommes prirent congé en voyant que leur supérieur leur faisait signe de partir. Contents de retourner dormir, ils ne posèrent pas de questions. Ulfric baignait en extérieur dans une colère froide et dangereuse. Les traits emplis de haine, il s’approcha de son aide de camp. Avant qu’elle ne comprenne, il envoya vers elle un terrible crochet du droit. Il voulait y mettre assez de force pour lui casser le nez et le faire tomber au sol.


« Si j’étais un ennemi tu serais morte. Tu es complètement inutile ! Je ne sais même pas si tu peux avoir le moindre intérêt pour notre armée. Peut-être devrais-je me débarrasser de toi ici même. » la menaça-t-il en faisant miroiter la lame de son stylet.


Ulfric voulait lui faire peur, inscrire en elle une terrible leçon pour qu’elle s’améliore. Il était conscient qu’il dépassait les bornes et que ses méthodes étaient cruelles mais il savait qu’en agissant ainsi elle deviendrait meilleure. Malheureusement, elle finirait par le haïr pour cela. Pour le moment, il se demandait quelle serait sa réaction.
  



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Dim 15 Déc 2019, 05:20











An 1576, Mois 5

La source des perturbations ne mit pas longtemps à se faire débusquer, ou plutôt à embusquer mon camarade. Le temps que je me rendis compte de ce qu'il se passait, celui-ci était déjà en mauvaise posture. Alors que je m’apprêtai à le secourir en dégainant mon épée, je dus me figer à la vue du Général Ulfric, prenant en otage Ganael. Que nous étions morts disait-il, je fus rassurée qu'il ne s'agissait point de véritables bandits même si ceux-ci auraient été beaucoup plus cléments à notre égard que le général lui-même. Le campement fut alerté par le cri de douleur de l'otage, ceci ressemblait de moins en moins à un exercice. Ganael fut emmené se faire fouetté après que notre incompétence fut dénoncée par notre chef, puis les soldats qui avaient accouru se dispersèrent.


Seule avec le général, je baissai ma garde pour ne pas le défier mais il ne le vit pas de cet œil - Sveter, pardonnez-moi pour cette boutade - et se dirigea hostilement vers moi. Mon intuition ne me trompa pas, il m'asséna un coup de poing au visage. Il ne me fit guère mal, du moins beaucoup moins que prévu, puisque je me défilai subtilement de son attaque en amortissant la puissance de son coup. Je commençai à tomber avant que celui-ci ne m'atteignit et me projetai au sol avec suffisamment de crédibilité, je l’espérai tout du moins. Jusqu'ici je m'en tirai avec un simple saignement de nez.


Encore une fois, il me réprimanda ma faiblesse, mon inutilité et proposa même de se débarrasser de moi sur le champ en jouant avec son arme. Je me relevai, dépoussiérant mon uniforme de la précédente chute. Toujours l'arme à la main, il ne me vint pas l'idée de me mettre en garde ou de la rengainer, je ne sus point ce que mon demi-frère me réservait. Je souriais toujours, comme une enfant ne comprenant pas qu'elle avait fait une bêtise. Je ne savais point comment démarrer une réponse convenable face à mon supérieur en colère. Ce fut mon ventre qui me devança en émettant un gargouillis des tréfonds, je supportai sa cause en élargissant mon sourire.


« Mon estomac et moi abdiquons. Vous nous avez bien eu, mon général. »













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Ulfric
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Dim 15 Déc 2019, 05:57


L’arme à la main, Ulfric était prêt à donner une bonne leçon à la demie-elfe si elle souhaitait se battre. Au lieu de ça, il entendit son ventre émettre un bruit parfaitement disgracieux. Le prince haussa un sourcil en baissant les yeux. La faim la tiraillait, quoi de plus normal après une longue journée à cheval. Ce n’était rien. Sa réaction en revanche était inqualifiable. Le général la dévisagea quelques instants avant de ranger son arme derrière son dos. Il ricana légèrement avec l’air dépité.


« Je vois. Tout ceci n’est rien de plus qu’un jeu pour toi. J’avais raison depuis le début, tu n’as rien à faire ici. » dit-il presque pour lui même.


L’homme soupira longuement. Après s’être avancé lentement, il attrapa l’adolescente par le col et l’amena vers lui. Son visage était à présent collé au sien et il l’observait de son unique oeil valide.


« Écoute moi bien maintenant. Après ce qui vient juste de passer tu ferais mieux de faire profil bas. Tout cela n’a rien de drôle, si l’attaque avait été réelle non seulement tu serais morte, mais bien d’autres membres de notre troupes auraient perdus la vie, expliqua le général l’air austère. Tu n’as pas l’air de comprendre. Que tu sois une batarde inutile passe encore mais je ne te laisserai jamais menacer la vie de mes fidèles soldats. »


La colère explosive du prince était à présent froide et maîtrisée. Au delà de la haine, il y avait dans son regard un profonde déception. Bien que la jeune fille ne semblait pas mesurer la gravité de la situation, elle avait fait une erreur grave. Bien que cela lui déchire l’âme, Ulfric avait une idée pour la punir efficacement.


« Tu ne sembles pas te soucier de ce qui peut t’arriver, mais ne crois pas t’en sortie aussi facilement. Suis moi. »


Sans la regarder, il la mena vers le centre du campement de fortune. Quelques hommes observaient la scène morbide qui se jouait devant eux. Ganael était attaché à un arbre, son dos nu déjà recouvert de sang. Les trois blessures laissées par le fouet étaient profondes et saignaient abondamment. La recrue sanglotait et son corps se tortillait mollement. Le commandant Hans tenait le fouet et cela ne semblait guère lui faire plaisir. Les deux derniers coups furent portés, accompagnés par les hurlement de douleur de l’adolescent. Alors que le vieux soldat se retournait, il vit le général. Ulfric lui tendit la main pour s’emparer du fouet. Tandis qu’Hans s’en allait détacher Ganael, le général l’interrompit.


« Laissez le là.


- Général ?


- Rompez Hans, répondit Ulfric sèchement.


- Ce n’est pas bien... tenta-t-il de convaincre son supérieur


- Allez vous coucher. »


Le vétéran désapprouva du regard mais ne chercha pas à aller contre les ordres. Plusieurs autres cavaliers prirent congé mais certains demeurèrent, curieux de voir comment tournerait la suite des évènements. Avec détermination et la cruauté se lisant sur les traits de son visage, Ulfric se mit devant Brynhildr. Il lui tendit le fouet en cuir.


« La recrue Ganael va recevoir les cinq coups que tu mérites. J’espère qu’ainsi tu comprendras qu’au sein de cette armée tu dois arrêter de penser à ta seule petite personne, dit-il sévère. Ne cherche même pas à discuter, si tu refuses je te fais exécuter pour insubordination et lui avec. Et si tu veux jouer la petite maligne en n’appuyant pas les coups portés tu recommenceras jusqu’à ce que je sois satisfait. »


Bien évidement, Ulfric ne comptait pas tuer sa soeur, en revanche s’il devait lui apprendre les dures réalités des la vie en ôtant la vie de ce garçon, il le ferait. Son âme était déjà souillée jusqu’à la base, une atrocité de plus n’y changerait rien. Malgré l’affection qu’il avait pour Brynhildr, elle devait apprendre à obéir et se conduire en véritable soldat. Une recrue ne se pliant pas au moule était inutile et les inutiles n’avaient pas leur place dans l’armée de l’Alliance.
  



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Dim 15 Déc 2019, 09:18











An 1576, Mois 5

Le général fut fort déconcerté par ma réaction. Espérait-il jouer plus longtemps dans cette attaque orchestrée ? Je n'en avais point envie de toute manière. J'avais faim, sommeil et envie de me défouler pour oublier cette épisode mais il n'était point terminé. Ulfric aimait faire durer son malin plaisir peu importait ce que j'en pensais. Fort heureusement que je n'avais point l'envie de rire lorsqu'il m'avoua avoir raison de penser que je n'avais rien à faire ici, dans l'armée. Lui avait-on crevé le mauvais œil ? C'était pourtant évident, l'armée n'était point ma tasse de thé, la violence disgracieuse non plus et le pessimisme de la survie encore moins.


Lorsqu'il colla son visage au mien en m'expliquant plus en détail la rature que j'étais, je fis une mine boudeuse en détournant mon regard de celui du Général. S'il m'avait laissé manger comme les autres, s'il ne m'avait point ordonné de rester poiroter des heures au lieu de me laisser faire quelque chose de vraiment utile, et bien tout se serait mieux passé. Ce ne fut en aucun cas ma faute mais celle d'Ulfric, cet irresponsable de bout d'homme qui ne sut prendre les bonnes décisions pour assurer la sécurité de ses soldats qu'il chérissait tant. Quel hypocrite quand même que de me donner les mauvaises responsabilités pour me juger ensuite comme le maillon faible de son carnaval.


Tout cela était injuste, Ulfric avait assurément un problème et je n'en étais point la source. J'étais son défouloir, il voulait me voir brisée et je ne le savais que trop bien. Cependant je ne savais point pourquoi il éprouvait un tel besoin d'extérioriser sa haine sur moi. Il m'ordonna de le suivre. Le chemin était celui vers où Ganael fut emmené plus tôt, je devinai facilement ce qui pouvait m'y attendre une fois arrivée : le fouet.


Le commandant Hans termina sa besogne puis le général rouspéta de nouveau. Mon camarade était en piteuse état et toujours attaché à l'arbre. Cette vue ne me réjouit guère mais je me senti prête à subir le même sort. Il en fut autrement puisque l'imagination de mon demi-frère excellait dans ces situations. Il m’intima d'infliger ma propre sanction à Ganael, sinon quoi lui et moi serions immédiatement exécutés. Mon cher général ne faisait point les choses à moitié. Il me tendit le fouet et je le saisis sans hésitation. Après tout, nos vies en dépendaient, Gana' me haïra sûrement pour ce qu'il lui arrivait et ce qui lui arrivera. Mais je n'avais point peur d'être haïe, je nageais dans le mépris depuis un moment déjà. Il ne restait qu'à me résoudre à obéir pour survivre et à délaisser toute culpabilité des actes qui ne sont pas les miens. Je ne me sentais nullement responsable et je n'étais point désolée de ce qui allait arriver. Je me positionnai à bonne distance, tel un bourreau derrière un condamné. J'arborai une expression ni joyeuse, ni triste. Un sourire neutre me mettait à l'abri de toute peine et pitié, mystifiant mes pensées les plus secrètes. Je mis tout ce qui me restait de force dans ces cinq coups de fouet. Je ne voulais point recommencer du début alors il fallait que le sang gicle, que les cris raisonnent et que les larmes coulent pour Ganael, qui depuis le début n'avait rien demandé. Moi non plus n'avais-je rien demandé de tout cela.


La première note de la sentence ouvrit la symphonie de cette torture d'un claquement violent. Cela rafraichissait la présence d'esprit de mon camarade lorsque la douleur fut plus vive que la mélodie du prélude. Le deuxième de même intensité marqua le rythme soutenu de ce concert sanglant. Le troisième fut moins fort car je commençai à fatiguer, le cri moins prononcé de mon camarade en témoignait. Le quatrième fut alors aussi virulent que le premier, entament un deuxième couplet de plaintes et de gémissements de la victime. Enfin, le cinquième claqua peut mais repassa parfaitement sur une des plaies ouvertes, l’agrandissant au passage. Je commençai à enrouler le fouet autour de ma main, mécaniquement, et sans prêter attention au sang qui perlait du bout de l'appendice de cuir. Toujours d'un air neutre, je tendis le fouet à Ulfric.


« C'est fait, mon général. Dois-je aussi lui infliger les cinq coups que vous méritez ? »


La fin de ma réponse m'avait échappé. Elle aurait dû rester enfouie dans mon esprit pour ne jamais surgir mais passa à travers une faille dans les mailles du filet, sans doute dû à la fatigue. D'un autre côté, être punie ou non ne me faisait plus peur désormais. Je laisserai le général profiter de mon insubordination et laisser libre cour à ses fantaisies, juste cette fois-ci. Il l'a bien mérité après tous ses efforts.













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Ulfric
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Dim 15 Déc 2019, 09:52


À chaque coup de fouet, une nouvelle petite partie de l’âme d’Ulfric se détachait. Cette cruauté dans laquelle il ne pouvait à présent plus sortir le rongeait à petit feu. Sa demie-soeur avait décidé d’obéir. Sans émotion, elle avait prit le fouet et commencé son office. La jeune recrue hurlait de plus belle. Ses blessures étaient graves et profondes. Pour lui, la chevauchée était terminée. Une fois le petit matin venu, le général n’aurait d’autre choix que le faire rapatrier, perdant ainsi deux cavaliers pour le combat à venir. Il pouvait s’en passer, mais la simple idée des traces indélébiles sur le dos de l'adolescent le rendait malade. Pourquoi devait-il vivre ainsi ? Pourquoi n’avait-il pas le courage d’être la personne qu’il voulait être ? Rien ne changeait jamais. Impassible, il prit le fouet que lui tendait Brynhildr. La pique qu’elle lui lança le toucha en plein coeur. Il n’en montrait rien mais cela l'affectait bien plus que de raison. Le borgne soupira en la regardant.


« Je mérite bien plus que ça petite. Mais les gens comme moi ne récoltent pas ce qu’ils sèment. C’est là toute l’absurdité de ce monde, expliqua-t-il avec lassitude. Détache le et occupe toi de ses plaies. Quand ce sera fait tu iras te coucher. Sans manger... Du vent à présent. » conclut-il en la chassant d’un signe du menton.


En silence, le général observa le fouet recouvert de sang entre ses mains. Cette vue lui donnait envie de vomir. Il se rappelait toutes les horribles choses qu’il avait déjà fait pour la Milice. Le borgne prit subitement congé et se rendit dans sa tente. Il prit son pot de chambre à deux mains et rendit ce qui se trouvait dans son estomac. Quelques larmes coulèrent le long de ses joues en repensant à ce qu’il venait de faire. Il s’essuya les lèvres et but une gorgée de vin pour faire passer le goût. Plusieurs suivirent ensuite, afin de l’aider à passer une meilleure nuit, bien qu’il sache par avance que ce ne serait pas le cas.


Au petit matin, avant les premières lueurs du jour, Ulfric se réveilla couvert de sueur. Comme toujours, il avait particulièrement mal dormi et ses chaumards étaient plus intenses du fait des évènements de la soirée. Il prit un repas fugace et quelques rasades d’eau avant de sortir. Il fit ensuite réveiller son aide de camp pour qu’elle ne range ses affaires. L’air blafard, le général demanda à son commandant de faire escorter Ganael jusqu’à la citadelle de Skeln. Quand le campement fut entièrement démonté, la troupe amputée de deux de ses membres reprit la route. Il ne leur restait qu’environ trois jours de voyage avant d’arriver aux abords des terres du comte Alfred.
  



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Dim 15 Déc 2019, 22:01











An 1576, Mois 5

Ce fut mon tour de hausser un sourcil. Sa réponse fut étrangement humaine, avec un mélange de sincérité et de sagesse. Il aurait dû me punir, il se devait de le faire, pourquoi ne le faisait-il point ? Qu'était-ce que cette remarque relevant plus de la confidence que du reproche ? Où était passé mon général ? Il s'éclipsa en laissant Ganael à mes soins et en continuant de me priver de repas. Bien que je ressentais toujours l'appel du ventre, je n'eus plus vraiment l'envie de goûter quoi que ce soit après tout ce sang. Je gravais les douces paroles de mon demi-frère dans un coin de mon esprit tout en détachant ce qu'il restait de mon camarade. Je fus soulagée de constater qu'il ne sera pas irrécupérable. Il ne mourra point à cause de moi, point cette nuit tout du moins. Il était encore éveillé, me maudissant alors que je le pris sur mes épaules et le conduisis à sa couche près du feu. Je partis avec un sceau vers le ruisseau le plus proche.


Malgré tout ce que j'avais pu me dire pour me convaincre de ma non-culpabilité, je ne me reconnaissais plus cette nuit là. Je me voyais de l'extérieur sans comprendre ce que ressentait la personne qui remplissait son sceau. Pourquoi la demi-elfe résistait-elle à s'abandonner à son sort ? Pourquoi ne voulait-elle point se laisser dégoûter par l'injustice et la souffrance ? Qu'avait-elle à prouver qui serait sûrement réfuté instantanément par son demi-frère ? Je partageais ma destinée avec celle de cette carcasse qui n'était autre que la mienne, condamnée à être témoin des actes que l'on me faisait faire. Ulfric disait que les gens comme lui ne récoltaient point ce qu'ils semaient, et ce fut mon camarade qui subit ma punition à ma place. Devais-je en conclure que j'étais en train de devenir comme le général ? Pourquoi se donnait-il tant de peine pour que je devienne ainsi ?


Je revins au campement avec mon eau, du linge et ma trousse de secours. Ganael se tenait sur le côté, dos au feu. Lui,semblait s'être abandonné à son sort, du moins il grommelait dans sa fièvre. Je commençai à lui parler d'un ton rassurant alors que je nettoyai ses blessures avec la plus grande douceur. Il ne voulait certainement ni entendre ma voix, ni ressentir mon toucher, moi qui l'avait entraîné dans toute cette histoire. Une fois son dos dégagé, je l'allongeai sur le ventre et lui donnai un chiffon dans lequel il pourrait mordre et me maudire avec zèle si la douleur se faisait trop insistante.


« Il est sûrement un peu tard pour que je te prévienne, mais je vais te faire mal.


- Sans rire, va te faire... »


Son juron fut étouffé dans un grognement alors que j’appliquai le peu d'alcool à ma disposition pour désinfecter ces crevasses sanguinolentes. Je les recousu une à une avec vitesse et précision. Je le redressai pour le bander et mon camarade fut enfin réparé. Poursuivant dans l'exagération, je repris un sourire radieux et le bordai en chantonnant malgré ses protestations. Par contre, je ne saurais me rappeler lequel de nous deux s'était endormi le premier...




***

Le matin suivant fut éprouvant. Je me réveillai avec des crampes dans l'estomac et le goût de la bile dans la bouche. Ceci sans compter la fraicheur de l'eau usée qui m'avait été jeté au visage non sans un ricanement coupable, on m'informa qu'il fallait plier bagages sur le champ. Je me dépêchai de prendre mon repas avant qu'Ulfric ne se montre pour m'en priver mais mon ventre, toujours vexé, n'était point d'avis à s'occuper de cela et je rendis plus tard ce que j'avais avalé. Lorsque je serai dans les Plaines de Lumière, je le jure Sveter, je viendrai te mettre une claque. Enfin, je mis un morceau de ration dans ma poche puis allai me débarbouiller avant de terminer de ranger mes affaires. J'avais la pâleur d'un cadavre, les cernes d'une acharnée et un sourire abruti sans joie. Bref, j'étais fin prête à partir au côtés du Général Ulfric.













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Ulfric
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Mar 24 Déc 2019, 05:50


La troupe de cavaliers ne tarde pas à repartir. Le silence régnait, maintenu par le général qui ne tolérait pas que ses hommes bavardent. L’ambiance était morose mais les diamantois avançaient à bon rythme. Les haltes suivantes furent bien plus calmes que la première. Ulfric se désintéressa de son aide de camp, même s’il s’il la contraignit aux corvées les plus avilissantes par principe. Il n’avait pas envie de la voir se ramollir. Les nuits suivantes furent aussi troublées que la première et les cernes du prince grandissaient à vue d’oeil. Malgré tout, les soldats arrivèrent à destination alors que le ciel était au plus haut dans le ciel. Les terres du seigneur Alfred étaient riches et prospères. A perte de vue s’étendaient des champs de blé. Ulfric avait toujours particulièrement aimé ces paysages mais il n’était pas là pour cela. Au pas de course, la troupe prit la direction du château où résidait le comte. Les hommes furent accueillis avec joie par la population. Un homme d’une cinquantaine d’années s'approcha de la monture du général. Il avait l’air désespéré. Son aspect semblait indiquer qu’il était fermier ou tout du moins avait l’habitude de travailler la terre. Ses mains sales et calleuses se posèrent sur la cuisse du prince dont il agrippa les vêtements.


« M’sire ! Je vous en supplie, sauvez ma fille. Ils l’ont enlevé ! » supplia-t-il avec désespoir.


Ulfric baissa les yeux sur lui avec mépris. Son bras se leva et il envoya son poing gantelé vers le visage de l’homme. La force du coup le fit tomber dans la boue. Les mains sur sur son nez brisé et ensanglanté, il leva les yeux vers le général avec incompréhension.


« Reste à ta place manant. »


Faisant fi de l’existence de cet individu aussi vite qu’il était apparut, le prince fit de nouveau avancer son cheval. Non loin, vers les portes du château, le comte Alfred était déjà présent. Une foule de quidam était réunie et inclinait la tête à mesure qu’Ulfric avançait. Le général posa le pied à terre laissant les brides de son destrier à un jeune palefrenier. De sa démarche militaire imposante, il alla se poser devant son hôte.


« Altesse, vous nous honorez de votre présence, affirma-t-il en faisant la révérence.


- Trêves de palabres. Dites m’en plus sur les hommes qui vous spolient.


- Bien sûr, oui. Le capitaine de la garde m’a indiqué qu’ils étaient une cinquantaine. Ils sont ici dep...


- Je sais déjà cela, le coupa-t-il avec agacement. Où sont-ils ? Que dois-je savoir sur la topographie de l’endroit ? Des informations utiles par Parandar !


- M... Mes excuses. Les hommes ont établis leur campement à une lieue d’ici vers l’ouest. Ils sont à la lisière d’une forêt et ont planté des barricades et des pics. Je n’en sais pas plus.


- Très bien. Comte Alfred, faites parvenir à mes hommes de quoi se rafraichir et remplir leur panse avant que nous partions vous débarrasser de ces indésirables.


- Bien entendu votre Altesse. Souhaitez vous prendre un peu de repos ? J’ai préparé de somptueux appartements pour vous, proposa-t-il avec un léger sourire.


- Nous ne resterons pas longtemps. » conclut finalement le général en lui tournant le dos.


Peu de temps après leur brève discussion, le comte Alfred fit mettre ses hommes à la disposition des soldats. Une grande table fut dressée, rapidement remplie par toutes sortes de victuailles et de boissons non alcolisées, conformément aux instructions du général qui ne tolèrerait pas que l’on boive en service. Comme ses hommes, Ulfric alla se désaltérer. Il prit un grand verre de jus de pomme et quelques morceaux de pain avec du fromage. Comme cela était à prévoir, la plupart des hommes restaient loin de Brynhildr. Son assiette à la main, Ulfric s’approcha d’elle, affichant son air habituel.


« J’espère que tu es prête. Il ne s’agit pas d’un entrainement. Des hommes mourront aujourd’hui. Si tu n’es pas à la hauteur reste ici, je ne veux aucun boulet dans mes rangs. »


Pensait-il qu’elle resterait ici ? Absolument pas. Il voulait titiller son orgueil. Faire en sorte qu’elle soit remontée à bloc afin de donner le meilleur d’elle même une fois les combats commencés. Bien évidemment, il ne pouvait le faire que son masque de général froid. Cela le désolait mais il n’avait pas le choix.
  




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